La prose des Bâtards (les problématiques dans le Culte des Ancêtres)

Un dernier article avant un déménagement au loin… Je ne reviendrai pas avant un bon moment. 

Il n’y a plus que la Patagonie, la Patagonie, qui convienne à mon immense tristesse, la Patagonie, et un voyage dans les mers du Sud Je suis en route J’ai toujours été en route Je suis en route avec la petite Jehanne de France. (Blaise Cendrars – La prose du transsibérien)

Le culte des Ancêtres occupe une bonne place -sinon la place principale- dans les cultes traditionnels. C’est plus ou moins visibles suivant les groupes et les axes reconstructionnistes et autres, mais au niveau francophone, on assiste à une visibilité de plus en plus importante de cette pratique. Dans la théorie, il est facile de synthétiser rapidement le principe : celui d’honorer ses ascendants. Toujours dans la pratique, il est également relativement facile de de faire quelques synthèses de pistes pour les cas « problématiques » : vous avez été adopté(e) ? Tant mieux, vous avez à la fois vos lignées adoptives et vos lignées génétiques à honorer. Vous avez eu des conflits familiaux graves / familles abusives ? Concentrez-vous sur les « bons » ancêtres et de toutes façons, vous n’êtes pas un individu sorti de nul part, vous êtes sur terre parce que des gens se sont battus, ont survécus et que tout ne tourne pas autour de vous. D’accord, tout ca n’est pas faux, loin de là. D’accord cela ouvre des pistes.

Sauf que, tout ces pistes théoriques, prêtes à bouffer, c’est de la théorie justement. Et le sujet du culte aux Ancêtres, c’est toujours de la théorie, sauf quand il s’agit des nôtres. Quand il s’agit de notre histoire -ou non-histoire- familiale. Arriver la grande gueule en bandoulière avec des réponses toutes faites, c’est ce que vous pouvez vous permettre de faire quand vous n’êtes pas concernés, parce que la théorie prend tout en compte, sauf l’énorme potentiel explosif et sensible dont cette question est porteuse.

Pour certains, il est facile de s’exciter sur une image d’Épinal de sa famille (Parfois, « les fantasmes ancestraux », ca me fait penser au délire de Gardner qui a prétendu avoir été initié et avoir reçu des infos trop trues de Dorothy Clutterbuck, histoire de rendre plus crédible et plus badass ce qu’il avait reconstruit (remarquez, il y a peut-être des wiccans tradz qui s’ignorent. Ok, j’arrête de troller) que d’oublier ses paradoxes, d’oublier ses douleurs. Quelque part, tant mieux pour eux. Sauf quand ils se servent de leur vision (qui n’est jamais qu’un prisme lacunaire : chaque fois que nous considérons quelque chose, ce n’est de toute façon qu’un prisme lacunaire. C’est pareil pour les problèmes, sauf que c’est plus difficile d’échapper à un prisme problématique que de se mettre la tête dans le sable) pour essayer de l’imposer aux autres, ou pire de les rabrouer ou de les tancer sur ce qu’ils devraient faire et ne pas faire. Franchement, quand vous n’êtes pas directement concerné, soit vous y allez mollo, soit vous fermez votre putain de gueule avec vos généralisations sur qui / quoi / pourquoi on devrait honorer ci ou mi. Idem pour les discours du type « mais si tu né/e, c’est que tu l’as choisi, donc… » (les dérives du New Âge et ses ravages : avoir ce type de philosophie n’est pas intrinsèquement un problème, ce qui est un problème, c’est quand la personne s’en sert pour donner des leçons). Les gens qui arrivent la gueule enfarinée avec des discours tout fait sur ce type de question ont généralement une famille relativement simple, ou alors c’est ce qu’il aimerait croire (un peu comme quand j’entends les généralisations idéalistes/idéalisées pour correspondre à « un certain modèle moral », généralisations du type « nos ancêtres ne divorçaient pas ». Ou encore plus fendard quand cela implique les délires du style « l’homosexualité existait moins qu’aujourd’hui ». Haha. Mais bien sûr. Les divorces existaient, ils étaient peut-être moins fréquents effectivement, mais peut-être qu’ils étaient moins fréquents parce que les lois le rendait beaucoup plus complexe, pas parce que les gens avaient une morale « tellement différente de celle de nos jours sur la question. » Tout est relatif : ce type de question demande une énorme quantité de recherches pour ne pas sombrer dans le cliché bas de gamme. Quant à l’homosexualité, je n’ai pas assez de données pour y répondre (à part que les catégorisations hétéro/homo etc, semblent dater de l’ère victorienne), alors plutôt que de dire une connerie, je me contenterai de dire que cela demande des recherches. Peut-être qu’effectivement, elle était moins fréquente qu’aujourd’hui, peut-être pas (je dis bien « fréquente » pas « visible »).

Et que fait-on, quand il n’y a pas d’histoire familiale ? Parce que vos racines n’ont cessées de bouger au cours des quatre générations précédentes, qu’il n’y a eu aucune transmission ? Quand vous avez été coupé(e) de votre histoire par des parents / grand-parents qui pour X raisons ont refusés de transmettre « le flambeau » ? Et que fait-on, quand tout ce que vous découvrez, génération après génération, c’est la répétition d’une histoire dramatique, malsaine, et pas seulement le fait d’un individu isolé ? Et que fait-on quand on n’a pas de « terre natale », quand on appartient aux déracinés, à ceux qui passent leur vie, et dont les ascendants ont passés leur vie à devoir oublier le passé ? Quand les archives qui pourraient contenir votre histoire ont toutes été brûlées par les conflits successifs qui ont déchiré une partie de l’Europe ? Parce que cette région d’où certains de vos ancêtres viennent, a été une poudrière ? Ou quand vous êtes un(e) enfant « non conforme au cahier des charges familiales » et que par le truchement de votre éducation, on vous a non seulement fait comprendre que vous ne faisiez pas partie de la famille, mais que l’on vous a violemment fermé la porte à toute coutume, langue, histoire, culture, souvenir ? (Franchement, pour moi, des gens qui se sont conduits comme ça ne méritent ni que l’on fleurisse une tombe -qu’ils ne méritent pas-, ni qu’on les honorent.). Le problème du problème, c’est quand cela ne se résume pas une seule génération, mais quand l’on constate que ce type d’histoire se répète, des parents, des grands-parents, et encore avant. Après, il ne reste souvent pas grand chose de tangible, et pour moi, il y a une différence entre honorer des ancêtres « imaginaires » et avoir des souvenirs concrets de transmission. Quand on cumule toute une suite d’axes à problèmes, ça devient velue comme thématique. On pourrait imaginer que effectivement, retrouver quelques « ancêtres référents » aide, et d’une certaine manière, c’est le cas. Mais de manière un peu grinçante, j’ai eu l’occasion de constater que très vite parfois on vient vous dire que, quand même, ce n’est pas comme vos ancêtres de sang et que pourquoi vous ne… (« Merde ! » comme dirait Léodagan.) Parfois, on peut retrouver certains ancêtres qui se pointent, et petit à petit, retisser le lien. Parfois. Pas toujours. J’avoue que quand on constate que finalement, tout est mort à ce niveau là (parce que parfois,  il ne reste plus personne de vivant, histoire de bien couronner le tout), je vous avoue que je ne sais pas comment on fait. Je n’ai pas de réponse, et j’ai pu constater que cette problématique est beaucoup plus courante qu’on ne le pense. Comme pour beaucoup de sujets : on trouve beaucoup de sources quand cela se passe bien, moins quand ca se passe mal. Et généralement, les cas où il est fait mention de situations qui se passent moins bien, soit c’est quand la personne a résolu sa problématique, soit quand elle a décidé qu’elle ne ferait pas çi ou ça pour telles et telles raisons. L’entre-deux, faut gratter nettement plus pour avoir des infos. En même temps, je ne cherche pas de réponses toutes faites, justement parce que je crois que dans ce domaine, les réponses toutes faites ne marchent pas. Oui, on peut honorer ses ancêtres de manière généraliste, mais est-ce que, en terme d’impact et de force, cela suffit à compenser les autres défaillances ? En d’autres termes, est-ce que ce rempart suffit pour contenir toute l’étendue d’eau qui par ailleurs menace ?

Par dessus le marché, le pompon, c’est quand des gens viennent vous dire QUI vous devriez prier parce que vos ancêtres venaient de là, et qu’ils ont lus deux fiches wikipédia et pensent vous apporter la civilisation. Jusqu’à preuve du contraire, laissez une personne suivre son chemin. C’est le sien, pas le vôtre. D’autant que les évolutions arrivent au fur et à mesure d’un cheminement, à vouloir les forcer, on risque juste de « braquer » la personne et à la bloquer. Ou qu’elle peut avoir d’autres processus nécessaires à explorer au préalable, quitte à se rendre compte qu’en fin de compte, telle option n’en était pas une et qu’elle s’avère finalement caduque. De plus, des histoires « d’adoptions » peuvent arriver à plusieurs niveaux : non seulement les adoptions passées mais aussi toutes les adoptions actuelles : adoption par une terre, une région, un pays. Adoption par une lignée qui nous intègre, lignées perdues qui en fait rejaillissent sous forme d’un Allié, d’un panthéon etc. Je pense qu’en terme de « culte des Ancêtres », il y a autant de solutions, de problématiques, de parcours, de fonctionnement qu’il y a de personnes.

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Soul Map

Avant toute chose, un peu de contextualisation : Je suis loin d’être une fan inconditionnelle de Raven Kaldera, pour diverses raisons, mais notamment parce qu’il a une fâcheuse tendance à ne citer aucune source dans ses livres. Ils sont bourrés d’informations qui mêlent allègrement UPG et lore, mais sans distinction, de témoignages divers et variés qui ne sont pas sans intérêts, mais je n’aime pas que l’on me sorte tout et n’importe quoi sans indiquer clairement ce qui ressort de l’étude des textes et ce qui ressort du travail / ressenti personnel. La majeure partie de son travail est certes axé sur des figures sur lesquels les textes ne comportent que peu de mentions, mais à mes yeux, ce n’est pas une raison. Il écrit bien, et certaines histoires sont très joliment relatées, mais qu’on ne me fasse pas passer une vision personnelle pour un fait, merci.

La Soul Map ne fait pas exception à cette tendance : il s’agit d’une méthode de divination qu’il a mise au point (?) et qui trace en quelque sorte une « cartographie de l’âme, des corps », âme étant à prendre au sens large, étant donné la multiplicité des concepts nordiques à ce niveau là. Sauf que d’où sortent ces concepts ? En lisant le volume 1 de Our Troth, on retrouve des indications très précises sur ces différentes « parties de l’âme » (dans le chapitre Soul, Death & Rebirth) : hugr, munr, önd, hamr, hamingja, etc (note : là aussi, voir les ressources sur lesquelles ces passages s’appuient). Je suppose que ce n’est pas le seul ouvrage qui en parle, et putain, la moindre des choses, c’est de créditer ses sources. Prendre des concepts et s’appuyer sur le travail d’autres personnes pour en faire une méthode de divination, ca passe. Nous présenter ca comme un lapin bondissant du chapeau d’un magicien, nope. Bref, fin du quart d’heure casse-couille.

Cette méthode est une création moderne (mais de toutes façons, si ma mémoire est bonne, le fait de tirer les runes n’est pas non plus avéré. Le coup de Tacite parlant de bâtonnets de divination et que tout le monde se dit « ah ouais c’est des runes » : en fait on en sait foutrement rien. C’est une manie actuelle. * corrigez moi si je me trompe * Et passons sur le coup de la rune blanche, l’invention foireuse de Ralph Blum, ou sur les postures runiques (mises au point par Edred Thorsson ?). C’est juste pour situer : à une époque j’ai utilisé la rune blanche, et testé les postures pour voir ce que ca donnait -c’est-à-dire pas grand chose dans mon cas-.) mais j’avoue, c’est plutôt foutrement accurate. Un peu violent aussi. Un peu comme se prendre un TGV en pleine tronche. Ce n’est pas le genre de tirage que l’on fait souvent, plutôt un bilan de la situation, un peu comme un bilan de santé avec analyses sanguines et tout le tintouin. J’ai découvert ce concept en novembre 2012, et j’ai eu l’occasion de l’utiliser plusieurs fois, sur moi et sur d’autres personnes. Prévoyez du temps, de la tranquillité et une boîte de mouchoirs (et éventuellement de la gnôle, y’en a parfois qui ont soif pendant qu’on tire). De quoi manger aussi, et du temps pour vous reposer après coup. Je ne blague pas.

Ici, le lien (sur le site de Kaldera) qui explique la méthode en détails.

Après l’avoir fait deux ou trois fois (et m’être bien em…bêtée avec les petits galets pour le premier tour) j’ai chopé des galets de couleurs en verre, ceux qu’on met dans un aquarium. C’est déjà plus pratique que X sortes de mini cailloux. Et puis, j’ai décidé de broder la mienne (j’ai pas assez de trucs à faire).
C’était chiant. Mais c’était vraiment chiant. Et long. Et chiant. Surtout pour les noms en runes en dessous de chaque plot. Sans rires, une fois pas deux.

La bête, face endroit

Et comme je trouvais que l’envers serait tout nu, j’ai décidé de broder un dragon (tant qu’on y est, pourquoi s’emmerder à faire simple ?)

Le dragon vu de plus près (oui, il a une tête de… non je peux pas me résoudre à le dire) :

J’avais trouvé le motif en fouinant sur Pinterest, au cas où ca intéresse quelqu’un, voilà le dessin, si jamais vous avez envie de vous éclater par un mercredi pluvieux. [édit : à la base, c’est un flash pour les tatouages, il a été dessiné par cette personne]

dragon_broderie

Ce n’est pas très compliqué à faire, il faut juste du temps et de la patience (mon stock de patience est généralement assez limité). J’ai bidouillé des flèches brodées en « double faces » pour maintenir ensemble les deux pans de tissus, envers et endroit. La broderie est du coup réversible, on ne voit pas les nœuds. Tout a été monté et brodé à la main, avec des inclusions de tissus. Après l’avoir finie, il y a eu deux-trois bidouillages / procédures perso  (comme pour un tirage, histoire de dire « bonjour, s’il vous plait et merci » parce que j’essaie de ne pas me comporter comme une malotrue).

Au niveau des interprétations, je suis en train de faire des recherches complémentaires, d’abord histoire de savoir d’où sort chaque « plot », de comprendre quelles significations avaient / ont ces ces concepts, leurs évolutions, l’origine de leur nom, voir ce qui est « avéré »et ce qui est une supposition etc. Éventuellement, il me semble que certains (comme la « mægen ») peuvent même être « divisé » en deux, pour avoir des réponses / aperçus plus précis. Ca ne retire pas le fait que cette méthode fonctionne très bien, mais quand j’utilise quelque chose, j’aime bien comprendre comment ça marche, d’où ca vient, le pourquoi du comment, etc.

[PBP] N – Nuit noire de l’âme

L’expression « nuit noire de l’âme » est attribuée à Jean de la Croix. Elle désigne un sentiment de vide, d’absence de connexion à Dieu (nous on dirait aux Dieux :p).

Quand j’étais enfant, pendant une longue période, j’étais très connectée au spirituel, à Dieu. A tel point que je voulais me consacrer à lui et devenir religieuse, je n’imaginais pas une vie sans ce lien spirituel. Je passais pour une tarée auprès de mes rares copines de classe, et on m’avait dit que, de toutes façons, je changerai et que ca me passerai, ce qui me blessait énormément. Par la suite, avec l’adolescence, ca s’est arrêté, et j’ai traversé une phase complètement athée, vers l’âge de quatorze ans. Je n’ai redécouvert la facette spirituelle qu’au moment où j’ai découvert le paganisme et la wicca, vers l’âge de seize ans. C’était tout nouveau, tout beau, même s’il y a eu beaucoup de doutes, beaucoup de « non tout ca c’est dans ma tête », de « je suis toute seule comme ça, ca ne sert à rien. »

Et un jour, deux ou trois ans après le début, crac. Plus rien.
Ca ne s’est pas passé de manière aussi soudaine, et en y repensant, j’avais fait beaucoup de conneries et avec le recul, je ne suis pas sûre d’avoir emprunté certains chemins pour de bonnes raisons. J’étais en train de devenir inchiable : partie trop vite, trop loin, et je me suis pris un mur. J’ai du me le prendre plusieurs fois, et si ma pratique avait été différente, plus dévotionnelle, plus ouverte et moins « distribution de cadeaux, demandes en tous genres et « je me prends pour mieux que tout le monde parce que je suis une sorcière et j’en profite pour bidouiller ce que je ne devrais pas bidouiller » (oui j’ai été comme ça. Aujourd’hui, j’avoue que c’est un travail que je dois faire au quotidien : me rappeler comment j’étais et lâcher du lest quand je vois des attitudes qui m’énervent. Je n’ai pas fait mieux. Pire je ne sais pas, mais mieux certainement pas.) sans doute que ca ne m’aurait pas fait ca.

Connexion coupée. Plus d’antennes. Plus de rêves. Je n’arrivais plus à ressentir les dieux. Il n’y avait plus cette espèce de lien qu’il y avait avant, quelque soit ce que j’essayais de faire.

L’impression d’être amputée, morte. Une coquille vide, qui tente désespérément de renouer le contact avec le Divin. Mais de Divin il n’y a plus. Seulement le vide. Après avoir eu le sentiment d’être portée, entourée, on se sent seule, sans lumière intérieure, sans rien. C’est comme d’être enfermée dans une chambre noire, sans lumière et sans aucun bruit, même pas celui des battements de son propre cœur. On ne perçoit pas le moindre souffle d’air, les dimensions de la chambre noire nous sont inconnue et il est impossible de les appréhender. Toute notion du temps disparaît. On est là et quand on ouvre la bouche pour appeler, aucun son ne franchit le seuil de nos lèvres. Si on essaye de se palper pour se rassurer et se dire que notre corps est réel, c’est comme si on ne touchait rien (métaphoriquement parlant). Je crois que les trous noirs sont une bonne image.
Même si ma pratique était discutable, je sentais une connexion, quelque chose. Même si je n’appréhendais pas les déités comme je le fais maintenant, je sentais qu’elles existaient, peu importe la forme que je leurs donnais à l’époque.

D’après ce que j’ai pu lire, la nuit noire de l’âme sert en quelques sortes à nous purger spirituellement, elle est normale. Comme il est normal d’alterner période de connexion intense et des périodes plus creuses. Avec le recul, je me dit que c’était la meilleure chose qui a pu m’arriver, et que cela m’a sans doute évitée beaucoup d’autres conneries et complications.

Par la suite, c’est un peu revenu. Un peu, mais jamais comme dans mon enfance en tout cas. Quand on discutait de mystique avec E. (qui se définissait comme un mystique chrétien rationnaliste), j’avais envie de hurler et de me mettre en colère. J’avais ressenti cette connexion, cet amour là et il était perdu. Inaccessible. Je ne savais pas comment le faire renaître. Alors je me suis acharnée et plus je m’acharnais, plus je me rendais compte que les rituels, les codifications etc, ne servaient strictement à rien s’il n’y avait pas la source. Mais cette source là, j’en avais perdu le chemin.

Alexander L. Brown

Je me suis résignée, et j’ai retrouvé beaucoup, par rapport à la période noire. Mais encore une fois, pas tout. Je m’étais résignée, et je trouvais que c’était pas mal. J’en ai déjà parlé (dans mon post sur Beltane je crois) mais je m’étais convaincue que ce que j’avais ressenti dans mon enfance était dû à mon jeune âge, parce que « je n’avais rien d’autres dans la vie » et que j’avais grandi. Aujourd’hui je crois profondément que c’est faux : accuser sa vie, son âge, ses échecs et ses victoires pour justifier l’absence d’un ressenti, l’absence d’amour, c’est juste de la merde. C’est significatif d’une certaine souffrance, d’une certaine aigreur par contre.

Ce qu’on dit rarement, c’est que la reconnexion peut être extrêmement violente : comme de vouloir battre le record de l’apnée du premier coup (je n’ai pas voulu employer la métaphore de la caverne, parce qu’elle reprend une dichotomie ombre/lumière que je trouve moyennement pertinente). Dans la mesure où nos déités ont chacune des particularités, je ne pense pas que l’on puisse dessiner un schéma « de retrouvailles » qui soient valables pour toutes : certaines le feront doucement, d’autres brutalement etc. Pas pour nous nuire, mais parce qu’elles ont des motivations qui nous sont à mon avis inconnues. Je ne sais pas pourquoi elles viennent dans la vie de certains et pas d’autres, pourquoi ci, pourquoi ça. Au mieux j’ai des hypothèses. Le chemin de la source, on le retrouve parfois quand on pensais partir complètement ailleurs : je me souviens d’un proverbe (je ne suis pas certaine que ce soit vraiment un proverbe, je me méfie des on-dit) qui dit « on rencontre souvent son destin sur la route qu’on avait choisi pour l’éviter. »
En l’occurrence, je ne voulais pas éviter le chemin de la source, mais je pensais ne pas le trouver. Et le chemin de la déité qui m’a choppé par les pieds et m’a collé la tête dans l’eau jusqu’à ce que j’étouffe, je voulais l’éviter. J’ai trouvé que ca ne manquait pas d’ironie quelque part.
Finalement, on peut retrouver les sentiments de son enfance, même si le visage du Divin change avec les années.

Parfois, j’ai peur que ca m’arrive à nouveau. J’ai peur de reperdre à nouveau tout ca, et de ne pas le supporter.
Ca ne sert à rien de se prendre la tête ou de redouter de se faire mal avant que ca n’arrive. Je suppose, oui. Je sais aussi que c’est dans ces moments là que les « routines spirituelles » (j’ai horreur de ce terme à la con : comme si la pratique quotidienne était un pensum, une obligation dont se passerait. Mon travail moldu est une routine. Le travail spi’ non.) prennent tout leurs sens. Je devine que c’est dans ces moments là que c’est important de ne pas lâcher, de continuer, ce que je n’avais pas vraiment fait la première fois. Exactement comme il faut continuer à travailler sur les trucs qui nous font mal, parce que ca veut dire qu’il y a un problème, et qu’il ne faut pas dissimuler le sac de nœuds dans un coin mais le démêler patiemment.  C’est plus facile à dire qu’à faire, et j’avoue que même si je fais régulièrement mon Grumpy Cat, je suis bien contente de savoir qu’il existe d’autres personnes qui partagent leurs expériences, d’avoir des gens à qui parler, si/quand le « cas où » devient un « argh, au secours« .

[Loki Project # 1] Ancienne rencontre

Le mois de juillet sera consacré à Loki et nous allons participer tous les deux, Ulvaten et moi, chacun sur son blog respectif.
Je ne serai sûrement pas en mesure de poster chaque jour, mais je compte poster quelques articles consacrés au Trickster. =)

Loki est un dieu trèèèès polémique, non sans raison, bien qu’un certain nombre de groupes et de personnes aient récemment reconnu avoir adoucies leurs positions et leurs points de vues avec les années. J’ai appris, en glandant sur Tumblr -ca vaut ce que ca vaut : beaucoup de conneries mais aussi parfois des choses intéressantes, un réservoir d’images inspirantes et l’opportunité de fouiner dans une plate-forme hyper vivante- que Our Troth acceptait désormais des personnes « travaillant » avec Loki, bien que le saluer au cours des blots et sumbels « officiels » ne soient pas autorisés (l’honorer au cours de blots & sumbels privés étant soumis à la discrétion de chaque groupe si j’ai bien compris). (source) Apparemment, ca aurait foutu un sacré bronx et plusieurs kindreds auraient menacés de quitter l’organisation.

 Je crois que la première fois que j’ai entendu son nom, c’était en regardant le film The Mask, avec mes parents. Ma mère avait du aller chercher son Quid, le gros dico qui répondait à toutes les questions quand Internet et Wikipédia n’existaient pas et nous lire quelque chose dessus. J’ai deux ou trois bribes de souvenirs de mon père me parlant de Loki et d’Odin, mais c’était moins courant que les mythes grecs, auxquels j’avais droit tous les soirs pour m’endormir ou sous forme de bandes dessinées qu’il me faisait, avec des mecs à l’air débonnaire et au gros nez.

Je ne sais pas comment il est ressorti au moment où j’en suis venue consciemment au paganisme -bien que cette ancienne forme ait été très différente de celui que je pratique aujourd’hui. J’étais plutôt branchée panthéon celte à l’époque, le Nord ne m’intéressait pas du tout (ce qui m’avait valu des réflexions de ma mère d’ailleurs…). Pourquoi et comment Loki a ressurgi, je serais bien en peine de le dire. Je sais que je l’aimais bien justement, pour son côté outsider à la langue trop pendue, incontrôlable et rouquin mis de côté. L’adolescence et les processus d’identification et de recherches identitaires font parfois curieusement les choses.

Il a été le premier et pendant très longtemps le seul du panthéon nordique que j’acceptais. En fait, ca n’est que depuis pas tout à fait un an que j’ai ouvert ma porte aux autres, à une exception près (Hel).

© Viktoria

Beaucoup se méfient de Loki le Changeforme Fouteur de Bordel, beaucoup ne l’aiment pas, et je n’irais pas dire s’ils ont raisons ou torts : ils ont leurs avis et leurs raisons. Je me souviens que, a contrario, c’était le Vieux que je n’aimais pas. Et bien naïvement, je les avais placé aux antipodes l’un de l’autre, par ignorance et par commodité. J’étais convaincue que la « présence » de Loki me protégeait de l’autre, et je n’oublierai pas de sitôt le moment où j’ai eu ce message où une personne me dit « mais non, ils sont très proches et jamais bien loin l’un de l’autre ». Pour être honnête, j’ai eu le sentiment de m’être fait piégée. Je me souviens, encore presque un an auparavant, ce repas avec une amie particulière, dont je ne raconterai pas l’histoire puisqu’elle lui appartient, mais pendant le repas, alors que nous avions entamé cette discussion par rapport à sa très douloureuse histoire, j’ai eu froid. Tout est devenu gris et noir et je l’ai vue. J’ai failli hurler dans le restaurant, et je me suis demandé qui elle était. Et j’ai su. J’ai remonté le fil et posé une question à mon amie. Une intuition soudaine et désagréable. La réponse était oui, et j’ai su ou j’ai cru savoir, ou j’ai pensé savoir quelque chose.

Quand elle est partie, je l’ai longuement observée pendant qu’elle remontait le boulevard d’une ville que l’on dit une des plus belles du monde. Je l’ai regardé elle, je les ai ressenti eux, et je me suis dit qu’elle était accompagnée par des déités terribles, même si elle ne les sentait pas. Et ce faisant je me suis reculée et j’ai touché de la main gauche le fer de la barrière derrière moi, par peur et par superstition. Je me souviens avoir pensé que pour rien au monde je n’aimerais les avoir à mes côtés, que j’étais beaucoup plus heureuse avec Loki et Morrigan comme duo en tête de ma Joyeuse Garde.

C’était le 16 novembre 2011. Je m’en souviens encore.
Je me suis plantée.
Je me suis plantée et il est parti, me laissant là où je n’aurais jamais voulu aller. Chez qui je n’ai jamais voulu voir.

Loki est un farceur dit-on, et si ses blagues ne sont pas forcément destinées à vous blesser, certaines le font, nous ouvrant les yeux et le cœur. Peu importe ce que vous avez cru, voulu, pensé ou rêvé de voir, cela ne changera pas le résultat.

[PBP] J – Se faire jeter par une déité

Tout d’abord, rendons à César ce qui est à César : c’est l’article de Nemn qui m’a fait penser à cela. Petite précision : j’entend ici la pratique dans un sens « travail avec une déité », le contexte « uniquement » religieux (quand on honore une déité par exemple) ne nécessitant pas forcément « d’interactions ».

On parle souvent des déités qui occupent une place dans notre pratique, moins de celles qui l’ont jalonnés au fil des ans, et encore moins de celles avec qui nous avons tenté de travailler pour se faire claquer la porte au nez. La question du « établir un contact avec une déité » demanderait un article séparé à elle seule, tout dépend des personnes et de leurs pratiques, mais il est généralement admis que l’avoir honorée et la connaître un minimum est une sorte de pré-requis,   le respect de base. Après, il y a des personnes qui tentent d’établir un contact volontaire (elles souhaitent travailler avec telle déité pour telle(s) raison(s) ), celles qui restent « open » et attendent de ressentir qui se pointent pour démarrer une approche. Par le passé, je me suis trouvée au milieu de ces deux tendances, c’est moins vrai ces derniers temps, où pour ce qui est de démarrer un travail particulier ou de pratiquer avec une déité, j’attends de voir qui se pointe, d’avoir des indications et/ou des ressentis particuliers, généralement par le biais de mes rêves.

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[PBP] E comme les erreurs et les excuses…

… au sein de notre pratique. Ou « je comprend vite mais il faut m’expliquer longtemps« .

Il y a assez peu de temps que je travaille vraiment avec le panthéon nordique et que je suis à même de comprendre certaines subtilités. Si Loki est sans doute la déité la plus ancienne que j’ai approché dans ce panthéon là, pendant très longtemps, la plupart des autres ne m’intéressaient pas. Si j’avais lu quelques textes comme le Hávamál, et avait connaissance de certaines notions, l’ensemble restait flou pour moi. Je ne comprenais ni certaines nuances ni les rapports globaux. J’avais décrété que cela ne m’intéressait pas, et les quelques personnes dont la pratique était axée sur ce panthéon ne m’avaient absolument pas donné envie de creuser la question, au contraire. Cela avait provoqué une sorte de blocage qui, lié à mon caractère pas toujours subtile, a donné des résultats pas très heureux. Bien sûr, je connaissais les runes, plutôt bien même. Mais elles étaient désincarnés dans le sens où je les avais ôtés de leurs contextes respectifs. C’est un point sur lequel j’ai bien changé d’avis aujourd’hui, et je ne pense plus qu’on puisse vraiment essayer de les comprendre si on les coupe de leurs racines, elles sont, d’une certaine manière, l’opposé des outils factuels. Mais ce n’est pas vraiment la question non plus.

Je l’ai déjà dit pendant le Odin Project, mais je vais le redire aujourd’hui. Je n’aimais pas Odin. Je ne savais pas vraiment pourquoi, sans doute un mélange entre la façon dont il est présenté et son « opposition » à Loki (même si pense que cette opposition est davantage le résultat de certains points de vues qu’un fait, mais en la matière, les faits sont toujours des éléments discutables), le fait qu’il ait une importance prépondérante pour beaucoup de groupes. Le mélange de ces éléments avec ma tendance à prendre souvent, consciemment ou non, le contre-pieds des avis collectifs, j’avais décrété que je ne pouvais pas le blairer. Je pensais que le fait de travailler avec Loki, en plus de certains surnoms -quoique très factuels pour certains- peu élogieux et exprimer ma répugnance (c’en était) pour lui suffiraient à m’en tenir éloignée à vie. Las. C’était stupide, dans le fond comme dans la forme, et si j’avais mieux compris les interactions entre les déités nordiques j’aurais vite vu que c’était stérile (en plus d’être immature et débile, mais, il n’y a pas besoin de lire les Eddas pour s’en rendre compte. Il faut juste quelques coups de pieds au cul et quelques années de plus au compteur.) Quand il a débarqué, ca m’a vraiment fait chier. Oh, il a mis longtemps avant de se faire comprendre. Il a fallu plusieurs années pour que je me retrouve au pied du mur, et même au pied du mur, je lui ai dit que s’il voulait vraiment se pointer… et quand bien même, je ne l’apprécierais jamais. Jamais. Bon, finalement, j’ai eu de la chance parce que j’aurai vraiment pu me prendre une tarte en pleine poire, mais ca s’est bien passé, ceci étant, j’avais trop d’orgueil pour accepter vraiment certaines choses, alors il a fallut faire des choix. Soit j’acceptais que je m’étais royalement planté, je changeais mon fusil d’épaule et j’ouvrais ma putain de porte, soit je pouvais continuer à me draper dans mon orgueil à la con, et bref.

L’été dernier, j’avais fait un rêve avec Frigg, qui me gourmandait sur mon attitude. En gros, elle m’avait filé un livre avec la généalogie de tout le monde, et je devais apprendre. Et en voyant un certain nom, je m’exclamais « ah nan lui je peux pas le blairer ». Elle me demandait juste si je voulais les suivre, et je disais « oui ». Elle me répondait alors que, mes avis personnels, ils n’en avaient stricto sensu rien à carrer (elle l’a dit de manière beaucoup plus polie, elle parle bien Frigg) de mes avis perso, et que soit je voulais, soit je voulais pas. Que j’étais priée de connaître tout le monde et de fermer ma grande mouille. On ne me demandait pas d’apprécier tout le monde, juste de les connaître, de manière à pouvoir entretenir des « relations diplomatiques » avec eux, et que je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer pour moi. J’ai même pas oser moufté.
J’avais pas trop compris le rêve sur le coup. C’était avant le Odin Project, avant tout ca. Frigg est la première qui se soit pointé, je veux dire, vraiment pointé. Le genre où vous vous retrouvez à faire un autel à 4 plombes du mat’ parce que vous avez ca en boucle dans la tête et que, merde, vous aimeriez bien dormir. Et pendant que vous le faite, vous vous demandez si vous êtes subitement devenu barge ou bien quoi. J’ai au moins eu le « bon sens » de l’écouter, même si ce n’est pas vraiment du bon sens, plutôt la pétoche que l’on ressent quand on rentre au milieu de la nuit et que notre mère nous attends dans la cuisine parce qu’elle nous avait défendu de sortir, et qu’on sait que ca va barder pour notre matricule. On parle souvent des côtés creepy d’Odin, je peux vous dire que Frigg me fait carrément plus flipper.

Le dieu en question que j’avais désigné dans le fameux bouquin, c’était Tyr. On peut pas dire que mon attitude était factuelle, et on peut pas dire que c’était mes oignons non plus. De fil en aiguilles, je me suis mise à penser à tout ca de manière plus rationnelle, de regarder tous les liens entretenus et les relations complexes. Non seulement par rapport à lui mais aux autres. Et un jour, pendant un « blót » (je met le mot entre guillemets, parce qu’étant donné que mes seuls repères sont des textes, et que je n’ai jamais assisté à un « vrai » blót, même si nous nous basons sur des ressources fiables, de façon purement intellectuelles, il y a un doute, et je n’ai pas d’autres expériences me permettant d’établir des comparaisons factuelles), je lui ai présenté mes excuses (pas qu’à lui tant qu’à faire et c’était un peu plus complexe, mais passons.)

Tout récemment, je me suis retrouvée à « accompagner/guider » quelqu’un pendant un rituel, et il s’avère qu’une des déités faisaient parties de celles à qui j’avais présenté des excuses. Je me souviens de la sensation au moment des offrandes. Que, effectivement, certains panthéons sont plus « soudés » que d’autres, mais qu’en matière de panthéon nordique, entretenir des relations qui soient au minimum de courtoisie est une base fondamentale. Je me suis demandé ce qui aurait pu se passer « si ».

Cheminer aux côtés des Déités

Voici deux ou trois idées à ce sujet que j’ai souhaité partager. Ce n’est pas exhaustif (il faudrait être assez gonflé pour prétendre être capable de tout dire sur un tel sujet) ni forcément très approfondi. Comme ce sont des choses qui me paraissent très naturelles, j’ai du mal à expliquer en profondeur le pourquoi du comment (d’autant que, encore une fois, je ne suis pas habituée à parler de cela).

Les Déités font échos à quelque chose en nous

Les visages du divin qui croisent notre route ne proviennent pas de nul part. Nous ne choisissons pas vraiment ces déités : si nous les croisons, c’est que quelque chose en nous, dans notre histoire, notre parcours et notre vision du monde fait écho à ce qu’elles représentent. Elles se présentent parce que nous avons quelque chose à apprendre d’elle, et qu’elle peuvent retirer quelque chose de nous. Quand nous sommes attirés soudainement par une déité, j’ai l’impression qu’il est fréquent, après quelques recherches, de trouver des points communs que ce soit dans les mythes qui leurs sont rattachés, dans leurs attributs ou dans leurs fonctions.

Elles nous ressembles et nous leurs ressemblons. Elles sont là pour nous apprendre quelque chose de précis, ou pour nous accompagner, nous faire évoluer. Elles constituent, en quelque sorte, une représentation extérieur de ce que nous sommes à l’intérieur. En nous calquant sur elles, nous pouvons apprivoiser cet aspect et mieux nous comprendre, apaiser de vieilles blessures, trouver la force nécessaire pour continuer la route.

Une relation basée sur l’échange

J’ai dis plus haut que c’est une relation à double sens, parce que dans ma façon de voir les choses et en discutant avec plusieurs personnes, j’ai pu constater qu’il y a un échange : la déité nous apporte quelque chose dont nous avons besoin. En retour, notre énergie, parce qu’elle est en rapport avec cette caractéristique, nourrit cette déité. Comme si nous lui faisons offrande de nous-même. C’est peut-être un peu théorique dit comme cela, aussi je vais essayer de prendre un exemple concret sans être trop spécifique ou personnel. Par exemple, une personne qui appelle Hécate pour l’accompagner dans une phase intense de transformation peut se sentir guidée, protégée par elle. Comme elle se transforme elle-même et qu’elle se sent en lien avec Hécate, il y a de grandes chances pour qu’elle redirige -même inconsciemment- cette énergie de changement et de transformations vers Hécate, qui s’en trouve nourrit.

De l’inutilité des conseils à ce propos

Sous ce titre un peu provocateur, je voulais simplement développer une idée assez basique. Notre rapport avec les déités est quelque chose de très personnel. Parce que ces visages font écho à quelque chose en nous, la relation que nous entretenons avec eux est incomparable. Personne sur terre n’a vécu votre vie, pleuré vos souffrances, jouit de vos victoires. Personne. Personne ne peut savoir qui nous sommes vraiment, et la plupart du temps, nous ne le savons pas vraiment non plus. Nous essayons juste de le découvrir, de travailler sur nous, d’avancer. Par conséquent, les autres ne peuvent pas vraiment vous aider.
Ca me fait toujours sourire quand je lis des conseils du type « attention à cette déesse tu sais, elle n’est pas pour tout le monde, tu vas te faire rétamer ». C’est d’ailleurs quelque chose qu’on lis davantage par rapport aux déesses/dieux sombres. J’y vois surtout un problème d’égo. Dans le fait de dire à quelqu’un que tel ou tel aspect du divin n’est pas -encore- pour lui, qu’il faut « avoir le niveau pour », il y a un sous-entendu assez déplaisant qui semble dire « moi je sais, toi pas. » Hors, personne ne connait jamais personne. On ne voit que des strates, des paillettes d’un individu. Dans le même ordre d’idée, je suis perplexe quand une personne demande à une autre si « à son avis elle peut travailler avec Machin ou Bidulette. » Pourquoi avez-vous besoin de permission ? Vous ne pouvez pas savoir si Bidulette va lui ramasser la gueule, comme on dit. Et vous ne pouvez pas non plus être certain(e) que Machin soit finalement aussi bienveillant que vous l’assurez.

J’ai avec Hécate une certaine relation, qui est ce qu’elle est, mais Hécate ne m’a jamais « ramassé la gueule » pour le dire clairement. Oui, elle est claire, franche. Mais par certains côtés, je suis une vraie bourrine et comme je le dis souvent, je n’aurai pas eu la force d’encaisser certains chocs survenus dans ma vie si j’avais eu Séléné à la place de Morrigan, par exemple. Par contre, d’autres personnes ont des relations tout à fait différentes avec cette déesse, et il leur est arrivé de se faire ramasser. A contrario, je n’ai jamais entendu de mise en garde concernant Frigg, ca ne m’a pas empêchée de me prendre un putain de coup de pied au cul pendant mon premier voyage vers Fensalir. Ce n’est pas un jugement. Ce n’est pas une question de valeur, à quelque niveau que ce soit. C’est simplement le reflet de vous-même et de votre essence, de votre fonctionnement.

Comment débuter un travail avec une Déité ?

« Sortez-vous les doigts du cul » comme dirait Arthur dans Kaamelott.

[Note : il est bien entendu que je parle ici d’un travail d’approche avec les déités. C’est à dire de quelque chose de généraliste n’impliquant pas de grosses pratiques et autres, choses pour lesquelles il vaut mieux reagrder un peu avant de sauter à pieds joints, du moins en général]

Pour autant, je ne dis pas que tous les conseils sont inutiles. En matière de travail avec les déités, je distingue deux types : Ceux où l’une déité vous tombe littéralement dessus. Ceux où vous essayez de faire un cheminement vers telle Déesse ou tel Dieu, par curiosité ou pour diverses raisons « réfléchies ». Dans ce dernier cas, les conseils sont précieux. Si par exemple, demain je décidais de travailler avec Hathor ou Lakshimi, il est plus que probable que je demande autour de moi à des personnes travaillant/ayant une relation bien établie avec ces déesses, ne serait-ce que pour pas débarquer comme un gros chien mal élevé dans un jeu de quilles.
Par contre, si Hathor me tombait dessus demain et que j’éprouve soudainement le besoin impérieux de travailler avec elle, il est plus que probable que je me lancerais dans la bataille toute seule, à l’instinct, et que je ne me renseignerais plus précisément qu’une fois le travail déjà entamé. Une façon de garder les antennes et l’instinct largement ouverts. (Ceci étant dit, je doute très fortement que Hathor se présente demain XD).
Ce que j’essaye de dire, c’est qu’il n’y a pas de bonne(s) et de mauvaise(s) manière(s) de travailler/d’entamer un travail avec une déité. C’est à vous de voir, en fonction de votre fonctionnement, de votre personnalité.

Ma méthode n’est pas la meilleure, elle n’est pas la plus mauvaise : elle est simplement à l’image de ce que je suis. Trouvez la votre. Si je recevais un mail me demandant si je trouve risqué de travailler avec la Morrigan, il y a de fortes chances pour que je réponde deux phrases que je dis tout le temps : je ne sais pas et ca dépend. Ca dépend de vous, des raisons pour lesquelles vous prenez cette direction, des mensonges que vous vous faites (on s’en fait tous), des blessures que vous pensez avoir pansées alors que non, de la manière dont notre égo nous travaille (il nous travaille tous.). Je pense que les gens qui veulent s’adresser à une déité sont assez grands pour prendre leurs responsabilités, je pense que les déités sont assez grandes pour s’exprimer toutes seules et que le reste n’est pas de mon ressort. Si une personne se fait ramasser la tronche parce qu’elle a fait n’importe quoi, ca n’est pas mon problème. Si elle n’est pas stupide, elle comprendra. Si elle est stupide, ca n’est pas mon problème non plus.