Nous creusons dans le ciel une tombe où l’on n’est pas serré.

Artiste Krist Mort

Fini A la croisée des mondes. Enfin, fini, plutôt relu pour la cinquième fois.
Première lecture quand j’étais au lycée. Fini par un torrent de larmes, et cette foutue boule dans la gorge qui n’en finissait pas de se nouer. Relu à la fac, au fond de l’amphi, pendant les cours de grammaire. Passons.

Relu encore ici et là. Relu cette semaine. Et toujours la même boule dans la gorge. Sciée par l’érotisme brûlant dans un livre d’enfants, et par la volonté adulte de l’anéantir. A chaque fois que j’ai bossé en librairie, ca me surprenait cette manie des adultes d’exercer une censure sur ce que lisent les adolescents et les personnes âgées. Comme s’il y avait un âge approprié pour le désir. Passons ça aussi.

Et pendant cette lecture, réaliser brusquement qu’il se pourrait que l’on comprenne pourquoi cette trilogie a provoqué un foin du tonnerre de Zeus.

[Attention, spoiler]

Cette histoire avec le monde des morts, et du Paradis qui n’est qu’un mensonge, comme l’Enfer au passage. Le monde des Morts est aussi blindé et chiant qu’une salle d’attente de généraliste un mercredi après-midi. Et les morts se languissent. Ils se languissent du vent sur leurs visages. De la saveur des mets sur la langue. De leur corps.

Les Anges aussi. Ils ont beau être super méga fort, même Métatron se languit du temps où il était humain et où il avait un corps. Il se languit de pouvoir posséder une femme.

Alors, Lyra et Will ouvriront un passage pour que les morts remontent à la surface, qu’ils puissent se dissoudre. Que les atomes de leurs corps se mêlent aux arbres, aux étoiles, à ceux des daimons qu’ils ont tant chéri. Leur propre part d’âme externe,visible, palpable.
Et les harpies demanderont des histoires, des histoires vraies, en échange de leur aide pour rejoindre le passage.

[Fin du Spoiler]

Et pendant que je dévorais chaque ligne, chaque mot, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à pleins de parallèles. Déjà, l’histoire de Will et Lyra me faisait penser irrésistiblement à Balder et Hel. Oui, je sais, pas accurate. Le mythe est très différent du roman, mais, et ceci est absolument non-factuel, non mythologiquement correcte, n’importe quoi à donf, mais je ne peux pas m’empêcher de les voir en transparence dans ce réçit. Je suppose que n’importe quelle mythologie possède une histoire sembable, et Pullman a fait ce qu’à fait Tolkien avant lui : il a pris les mythes, certains grands textes, comme le Paradis Perdu de John Milton, et il a puisé dedans. Et si je vois Balder et Hela en Will et Lyra, c’est parce que la mythologie nordique est celle qui me parle le plus. Je transpose mes propres référentiels, et les humains donnent aux Dieux une profondeur bouleversante, que je suppose n’être pas capable d’appréhender autrement.

Et concernant les histoires vraies devant être racontées, je repense aux Dísir et aux morts. A raconter leurs propres histoires. A conter au coin du feu, sur les lignes d’un blog, dans le recoin d’un carnet les méandres de leurs vies. A prononcer leurs noms, le doigt posé sur des photos poussiéreuses, en les montrant à des enfants qui feront un jour de même. Et alors que je ne pensais jamais faire ca, pour des raisons qui me sont propres, il me vient en mémoire que je l’ai déjà fait, en parlant de ma grand-mère. Il me vient en mémoire ce moment où durant un blót, j’ai honoré R., dont le nom incertain est venue de manière improbable. Mais dans le fond peu importe, parce que la vrille au creux de la poitrine se moque bien de l’état civil, et que l’essence de la mémoire, elle, était là.
Et alors que je le fais pour certains de mes ancêtres -puisque les choses étant ce qu’elles sont, parfois c’est compliqué-, alors que je me bagarre pour qu’on n’oublie pas le nom de cet homme, suisse-allemand, qui a adopté mon grand-père après la Première Guerre Mondiale, et que ce combat fait parfois ricaner autour de moi  (au passage je vous emmerde), je me dis que la théologie autour de la vie éternelle, elle, me fait bien marrer.

Je me fous complètement de savoir s’il y a un truc ou pas. Je voudrais qu’il n’y ait rien. C’est censé nous rassurer, je ne vois pas ce qu’il y a de rassurant. Exactement comme quand les gens pensent vous aider ou vous réconforter en vous balançant que « la mort est juste le début ». M’ouais, et si moi ca m’arrange que ce soit la fin ?

Le problème, c’est que la vie après la mort, elle est partout. Sauf chez les athées. Merde, je suis pas athée. Je suis polythéiste. J’ai pas envie d’être athée, je l’ai été pendant mon adolescence. Trois ans, trois ans à vider mon stylo plume dans un geste gracieux pour maculer le mur de tâche d’encre noire, parce que je refusais d’écrire en bleu écolier/regular/effaçable.
Je crois que j’aime profondément les Dieux que j’honore. Maladroitement, oui absolument. Non sans révoltes ou blagues potaches pas très drôles. Non sans doutes. Mais… Ouais.
Elles devraient plutôt me réjouir, ces théories. Mais ce n’est pas le cas. Bien au contraire, je trouve qu’il n’y a rien de plus flippant, je ne sais pas expliquer vraiment pourquoi. Toujours dans le bouquin [Re-Spoiler] il y a ces chapitres où il est raconté que notre propre mort se tient toujours à nos côtés, que nous pouvons apprendre à la connaître, mais que la plupart des gens en ont peur. [Fin du Spoiler]
Je trouve que loin d’être effrayant, c’est plutôt génial. Au passage, ca me rappelle le Conte des Trois Frères, dans Harry Potter. Un de mes contes préférés. On ne peut jamais duper la mort, ni avoir le dessus sur elle. On ne peut pas la vaincre, on ne peut ni l’amadouer, ni la soudoyer, ni la corrompre. Mais on peut apprendre à la connaître, comme on fait connaissance avec un ami qui viendra un jour à notre rencontre.
Dés lors, je ne comprends pas pourquoi il faut « une terre promise emplie de béatitude » pour ne pas avoir peur de la mort (parce que c’est souvent la manière dont c’est perçu. Pour autant, chacun à sa propre compréhension, manière d’appréhender, je ne pense pas que le fait de considérer qu’il y a quelque chose après dénote automatiquement une crainte de la mort, c’est juste dans ma manière d’appréhender le phénomène, pas une vérité générale). Soit on a peur d’elle, et alors ce qu’il y a derrière est un promesse pour se rassurer, pour se donner du courage, pour masquer son doute et ses craintes. Soit on n’a pas peur de sa propre mort, et alors, qu’il y ait ou non quelque chose, peu importe. Dans ma façon d’appréhender les choses en tout cas, cela ne signifie pas que cela doit être pareil pour tout le monde, ni même qu’il y a une seule réponse possible, une seule voie envisageable rendant toutes les autres caduques. L’idée que ce qui nous attends après la mort puisse être un choix personnel et pas imposé par une croyance, après tout, pourquoi pas. Peut-être que ce serait ça la vraie liberté.
Je me doute qu’il y a dans certains cas de figures, une idée de récompense, mais je ne la comprend pas non plus. Intellectuellement disons que je comprends le principe, mais je n’y adhère pas, parce que de la façon dont je considère les choses, c’est inepte. La mort est un fait, c’est tout. Et ca ne sert à rien de flipper sa race devant un fait, c’est un peu comme si quelqu’un avait soudainement des crises d’angoisse parce que la terre est ronde, et qu’elle tourne autour du soleil. Je comprend qu’on ait peur de perdre une personne que l’on aime, qu’on s’inquiète de ceux qu’on laisse derrière soi, mais j’ai tendance à les considérer comme des dommages collatéraux. Avoir peur d’un dommage collatéral, c’est normal, c’est même logique puisque ses paramètres ne sont pas fixes, le cas de figure peut donc être très différent suivant les personnes, les moments, les endroits. On peut dans une certaine mesure avoir une influence relative sur eux. Mais la mort, en tant qu’acte performatif, c’est le noyau. Les circonstances et tout le bordel, on ne peut pas savoir comment ils seront disposés, on peut faire des suppositions. Mais ils tournent autour du noyau qu’est le phénomène de la mort.

Le souci, c’est que 7 fois sur 10 (et je suis sympa), quand vous essayez d’expliquer cela, les gens vous prennent soit pour une cinglée, soit pour une psychopathe, soit pour une personne suicidaire (voire les trois en même temps, co-co-co-combo breaker). Comme si, pute borgne, être un curieuse de sa vie et en profiter impliquait obligatoirement qu’on doive se pisser dessus devant la mort (c’est malpoli, ma mère m’a mieux élevée que ça). Nope.

(Le titre de l’article est tiré du poème Fugue de mort de Paul Celan)

Playlist pour Hel/a

Sans titre-1

Cela faisait un petit moment que je réfléchissais aux différentes musiques dont l’écoute me fait penser à certaines déités, à leur essence, leur énergie, quand Helja Leikkona a partagé sa playlist en l’honneur de Hel.
Je commence par Hel/a et il y en a une autre de prévue pour novembre (je vous laisse deviner pour qui ;o). J’ai volontairement ôté les groupes comme Wardruna ou Hagalaz qui reviennent la plupart du temps, à la fois pour sortir un peu des sentiers battus et parce que c’est surtout une question de ressenti, de feeling.

This Mortal Coil – I Come & Stand at Every Door 
Desiderii Marginis – Her name is poverty (il faut cliquer sur le bouton « play » de la liste, et fermer la fenêtre pop-up, on peut écouter quand même la chanson 🙂 )
Moon ate the Dark – Messy Heart
Nebelhexë – In my dreams I’m free
Hocico – Spirals of time
Die Verbannten Kinder Evas – Misery
Unto Ashes – One World, One Sky
B.O Jin-Roh – Grace Omega
Marv Pontkalleg (Cette version là) 
Mediaeval Baebes – Pearl

James Jean

Frigg, naissance et destin

Le Pater, 1899

Le fait que Frigg soit une déesse associée à la naissance mais aussi au destin présente une corrélation que je trouve intéressante.

Je ne sais pas de quel texte cela sort, mais il est dit que Frigg file la trame avec laquelle les Nornes façonnent ensuite le Wyrd (note : je suis incapable de me rappeler de la source où j’ai lu cela : impossible de trouver quoi que ce soit à ce niveau là dans les Eddas, je me demande donc si ce n’est pas soit une interprétation personnelle de quelqu’un soit relatif à certaines vieilles légendes). On observe donc une connexion intéressante entre le nouveau-né, l’introduction d’une nouvelle vie et le fait d’offrir aux Nornes la matière première. Il est important de mentionner que dans la conception nordique, le nouveau-né est déjà marqué et/ou accompagné dans son wyrd. La hamingja, ce concept de chance mais au niveau familial, génétique, se transmet. La bonne fortune ou l’infortune d’une famille est une composante qui fait partie intégrante de la vie de l’individu, et non comme une donnée individuelle qui vient se greffer par la suite, bien que les actions personnelles aient une répercussion dessus. De même, l’idée de survivance d’une personne décédée à travers ses descendants se retrouve dans la manière de nommer dans les coutumes scandinaves (pour ca, je renvoie à l’excellent article du blog de Nannalandia Names and Naming in Scandinavian tradition). Dans Teutonic Religion, Gundarsson parle de l’importance du lit, qui fait partie de la dot de l’épousée et qu’elle apporte avec elle. Le lit dans lequel on fait l’amour, on naît, et pour les femmes, dans lequel on meurt (la question de la mort dans le plumard pour un homme est un peu plus tendue et renvoie à la « mort de paille ».) Le lit est rattaché à Frigg et à ses domaines. Par extension, il rattache Frigg aux coutumes sociales. Si on observe le fait de nommer un nouveau-né et son lien avec la hamingja familiale (mais aussi avec la fylgja, l’esprit protecteur d’une famille), le place dans la continuité d’un ordre social et d’un contexte de vénération des ancêtres, en les faisant perdurer.

Frigg n’est donc pas seulement une déesse de la naissance et de la protection des nouveaux-né (entre autres aspects), mais aussi une déesse de la continuité et de la transmission du wyrd. Intéressant aussi – et je ne crois pas l’avoir vu mentionné quelque part- cette notion de naissance et de destin, la place du lit en tant que lieu ambigü de naissance et de mort permet de placer Frigg non seulement dans ses aspects précédemment énoncés, mais aussi en tant que déesse de la mort. Autre parallèle amusant, le lien entre Frigg et Dame Holle, cette dernière étant liée aux enfants morts en bas-âges et aux femmes mortes en couches. Si on remonte de fil en aiguilles, et en se souvenant du parallèle entre Hel et Dame Holle (que j’ai retrouvé dans un bouquin de Jan Fries), il y a quelque chose à creuser.

Si on prend la rune Perthro, qui représente à la fois le cornet de dés et le destin mais qui pourrait être liée à la salle des naissances (Freya Aswynn en parle dans Hommes, runes et dieux), on retrouve une fois de plus cette association.

[PBP] L – Réflexions sur la Lune et la mythologie nordique

(un peu en vrac)

L’association la plus fréquemment rencontrée aujourd’hui dans les domaines (néo) paganisme / sorcellerie, la lune est en lien avec le féminin.

Dans la mythologie nordique cependant, la lune est masculine.

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[PBP] I – I­­­ðunn

Fin janvier j’ai eu l’occasion de travailler un peu avec Idunna. Ce n’était pas volontaire dans la mesure où je ne suis pas allée la chercher. Je vais très rarement de moi-même vers telle ou telle déité, j’attend plutôt qu’elles se manifestent pour aller voir ce qui se passe (généralement il est vrai qu’il vaut mieux me jouer du tromblon dans les oreilles pour que ca monte au cerveau).

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[PBP] H – Hel/Hela (bis) (perception personnelle)

Ce poste fait suite à celui de la semaine dernière, dans lequel j’avais essayé d’éclaircir un peu les origines de Hela : quelle que soit la manière dont nous percevons une déité, il me semble important de distinguer la partie « historique » et la partie qui relève de notre pratique et de notre ressenti. J’essaye ici de tracer les (très) grandes lignes de comment je la perçois.

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[PGP] H – Hel/Hela

(Cet article est une simple remise en contexte des origines de Hela. Une seconde partie, plus personnelle est prévue pour vendredi 19/04)

Une introduction généraliste

Hela est une figure complexe : on dit qu’elle est la fille de Loki et d’Angerboda. Qu’elle est la déesse de la mort et qu’elle règne sur le monde des morts, Helheim. Que son visage est divisé en deux parties : l’une resplendissante quand l’autre est pourrissante. Parfois il est mentionné qu’elle fait partie des rökkr, ces déités liées aux forces primordiales, aux puissances chtoniennes. C’est la plupart du temps ce que l’on peut lire sur elle.

En réalité, c’est un peu plus délicat et à nuancer.

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[Odin Project – Jour 25] Considérer les aspects délicats d’Odin

C’est un sujet assez délicat à aborder, et j’y pensais hier soir. Le fait est que ce matin, grâce à un groupe Facebook, j’ai eu l’occasion de suivre un lien pointant sur un article qui aborde justement cette question.
Si l’auteure de l’article parle principalement d’Apollon, elle mentionne aussi Odin au passage. Et il faut le reconnaître, c’est totalement justifié. Les présentations basiques d’Odin incluent sa fonction de Père de Tout, de dieu lié à la guerre, à la magie et à la sagesse. En général, ce sont les trois principales fonctions qui sont mises en valeur et elles donnent une vision d’Odin que je trouve exagérément méliorative. En même temps, ma vision est complètement personnelle.
J’ai longtemps considéré qu’il était avant tout un menteur, un tricheur, un meurtrier, un arnaqueur, un violeur, un fourbe, un traître et une grande-gueule (comme ca c’est dit). Même si je n’ai plus la même approche de lui qu’il y a huit ans et que mon ressenti personnel à clairement changé, cela ne veut pas dire pour autant que j’ai oblitéré ces aspects de ma vision de lui. C’est quelque chose de très compliqué à expliquer pour moi parce que de nombreux paramètres parfois contradictoires entrent en ligne de compte, je vais tâcher de faire ca le plus simplement possible, et pour que ca soit plus compréhensible et pour ne pas me perdre.

* Ainsi que je l’ai déjà expliqué avant, je considère que les Déités sont clairement au-dessus des clivages traditionnels « bien » ou « mal » et que nous ne pouvons en réalité pas vraiment les englober, les comprendre dans leur totalité.
* Je pense que les aspects qui se présentent à nous ET qui nous posent problèmes sont en grande partie révélateur de nos propres  problèmes ou/et de notre personnalité.
* Paradoxalement, se focaliser uniquement sur les cotés « positifs » ne nous protégera pas des autres, pas plus que se focaliser sur les « mauvais » ou délicats ne nous en protège mais que cela ne les « provoquera » pas non plus. (Mais si un travail ne nous apporte rien, pourquoi l’entreprendre ?)

Je ne pense pas que les dieux soient particulièrement sadiques ou sympathiques au point de prendre en compte nos considérations personnelles, ou qu’ils en aient tellement à faire de notre avis qu’ils veuillent s’attacher à nous prouver le contraire sur un détail de leur « personne » : je pense que, globalement, les raisons pour lesquelles ils débarquent ne sont pas prédictibles ou explicables -même si on comprend (parfois)  pourquoi après coup– et que c’est pour ca que pleurnicher « ouin pourquoi moi » est 100% stérile comme attitude et à part nous focaliser sur notre nombril, ca n’apporte pas grand chose.
Le seul vrai truc que notre attitude peut changer, c’est notre capacité à accepter certaines choses, certains faits, certains changements et à rester debout et à ne pas tomber dans certains pièges.
Supposons que j’ai peur disons, du chaos et que je travaille avec Loki (j’essaie de prendre un exemple qui ne me touche pas directement, c’est plus factuel) : la nature de Loki est intrinsèquement chaotique, ne pas avoir peur du chaos et l’accepter pleinement ne m’empêchera pas de me retrouver confronté(e) avec son chaos, exactement comme en avoir peur ne l’accentuera pas. La seule et unique chose que ma peur va influence, c’est la façon dont je vais personnellement réagir et éventuellement rebondir.
Pour Odin c’est pareil, ce n’est pas parce qu’une personne ne redoute pas un de ses aspects qu’elle ne s’y trouvera pas confrontée, ce n’est pas parce qu’elle le redoute qu’elle va s’en manger une double dose : différents aspects relativement désagréables -pour ne pas dire très- font partie intégrante de sa nature, et qu’on l’accepte ou pas, il en a stricto sensu rien à branler. Par contre, si on se focalise dessus, on peut passer à côté de certains aspects nettement plus faciles, et si on en rigole en pensant que « lâcher prise » à ce niveau là va nous permettre d’éviter les gouttes, on se fourre le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate. J’ai eu l’occasion, au cours du mois écoulé, de me ramasser deux gamelles bien monumentales. Là aussi c’est factuel : quand vous travaillez avec un dieu, il n’y a pas de « règles de sécurité » pour empêcher une tuile de vous écraser façon Tex Avery. Que vous soyez conscient ou non, que vous travaillez sur vous ou non, que vous soyez sceptique ou non, ca ne changera pas la trajectoire du projectile. Par contre, votre travail sur vous et ses nombreuses ramifications changeront radicalement la façon dont vous encaisserez la tuile sur le crâne. C’est en fin de compte le seul point sur lequel j’ai peut-être évoluée en dix ans, et encore, je n’en suis pas certaine finalement. Se juger soi-même, sans se transformer en pauvre victime ou en bourreaux sanguinaire mais en essayant de rester neutre est sans doute la chose la plus délicate sur terre.

Au début du projet, j’ai parlé de l’histoire d’Odin et de Rind. Je crois que c’est, avec l’histoire de Narvi et Vali, et l’exil des enfants de Loki et d’Angerboda, les trois choses que j’ai le plus de mal à accepter : mais en même temps, qu’est-ce que vous voulez accepter ? Il n’y a pas d’avis à avoir ou de position à prendre, c’est peut-être ca qui est le plus difficile.
C’est vrai que c’est très déroutant d’avoir dans sa pratique un lien avec Narvi -dont les intestins ont servis à attacher Loki à son rocher, pour rappel- et avec Odin, qui a transformé Vali en loup et qui l’a poussé à massacrer son frère. Il faut passer au-dessus de ca, le savoir et pourtant parvenir à ne pas se permettre d’éprouver une opinion. Ca n’a pas directement de rapport mais on ne peut pas dire que j’ai la moindre affinité pour Tyr, pourtant je me rappellerai toujours un rêve que j’ai fait cet été dans lequel je me faisais sermonner par Frigg qui me disait « on ne te demande pas ton avis et on ne te demande même pas d’apprécier ou de considérer tout le monde, on te demande juste de nous connaître, d’apprendre nos alliances, de savoir qui on est, le reste ca n’est pas ton problème. » Well done…

Ca n’est simple pour personne, et d’une certaine manière, ca ne devrait pas l’être : que cela ne le soit pas signifie que nous réfléchissons, que nous tentons d’agir sur ce que nous sommes pour devenir ce que nous souhaitons être. Nous avons beau savoir que les déités ne sont pas parfaites, je pense que c’est très difficile à assumer pour nous à l’heure actuelle. Je pense que ca l’est encore plus quand on attend de nos croyances qu’elles nous donnent un code morale ou un garde-fou pour savoir comment faire. Même si nous sommes influencés par les autres religions et croyances (j’inclue l’athéisme dedans) dans lesquelles nous avons grandis, nous avons souhaité en sortir et nous nous retrouvons « libres » en quelque sorte.
Et avoir le pouvoir de décider de sa liberté est une responsabilité écrasante et je pense que plus nous acceptons d’être libre, moins nous avons besoin de trouver des modèles, et moins nous avons tendance à rechercher des modèles de perfection : chercher un modèle de perfection quelque part, c’est attendre qu’on vous dise comment vous comporter, comment vivre, comment croire, comment aimer, comment mourir. Alors, oui, bien sûr, on retrouve ces aspects gnomiques dans le Hávamál, mais à aucun moment ce n’est une obligation ou une règle absolue. Odin se contente de partager ce qu’il a appris, je pense qu’il se moque pas mal de savoir ce qu’on va en faire. Lui en tout cas se contente d’être ce qu’il est, c’est nous qui ne supportons pas de savoir qu’il peut aussi être un parjure ou un assassin. Et le réduire à ces qualificatifs comme tenter de les effacer ne change rien.
Même Balder, une fois devenu invulnérable, se met à se comporter comme un vantard et à faire son kéké, lui non plus n’est pas parfait, même si sa description tend à montrer qu’il s’agit probablement d’un dieu plus tardif, un peu comme certaines descriptions et attributs de Hela.

On dit souvent que la société a évoluée, et que donc il est normal que certains de ces aspects nous gêne. Je suis sceptique. Dans le cas d’Odin, je pense qu’il a toujours fait peur : d’après différentes sources que j’ai pu lire, il était plus souvent vénéré par superstition ou par crainte, par respect ou par obligation que par amour ou ferveur.
Odin est assez craignos, il faut le reconnaître. Et je pense que c’est pas nouveau, et on le sent quand beaucoup d’auteurs utilisent des périphrases pour décrire certains de ces actes, j’ai parfois l’impression qu’il y a une gêne ou une volonté de minimiser certains aspects plutôt atroces ou concernant tout ce qui a trait au sexe.

Je ne sais pas vraiment comment je fais au quotidien. J’ai beau savoir tout ce que j’écris, j’ai beau ne pas aimer certains de ses côtés (notamment le côté possessif) ca ne change rien à mon ressenti. C’est paradoxal je sais, et je ne saurais pas vraiment expliquer comment ou pourquoi.  (Que je sois peut-être juste stupide ou masochiste n’est pas à exclure.) Pour répondre à un point exprimé dans l’article, je pense qu’il faut faire une distinction entre ce que nos déités sont et ce que nous essayons d’encourager comme valeur. Se baser sur notre valeur et ne pas prendre les leurs comme une indication.

Je ne sais pas si les Déités peuvent changer, mais clairement, nous, nous pouvons changer et contribuer à faire changer le monde.

Un voyage avec les Dieux

Ou le pavé racontage de pratique… un aperçu général des déités approchées

Quand j’ai commencé à me tourner vers le Paganisme, je crois que j’étais à des années lumières de me douter où ce voyage m’emmènerait.
J’ai été une grande adepte de l’adage « tous les Dieux ne sont qu’un seul et même Dieu » avant de le reconsidérer complètement et d’en revenir.
Quand j’ai entamé ce voyage, je n’avais pas internet, la toile ne viendra que trois ans plus tard. J’ai croisé la route de plusieurs déités différentes depuis Beltane 2002, date à laquelle j’ai commencé à pratiquer, en me jetant jusqu’au cou dans l’eau. Et advienne que pourra.
[En réalité, l’histoire prend ses racines beaucoup plus loin dans le passé. Petite fille, mon père me racontait beaucoup d’histoires issues de la mythologie : la grecque, la romaine, et parfois, comme des étincelles, de la mythologie nordique (me souviens que de Loki et Fenrir, le « gros loup méchant et le dieu des Bêtises »). En primaire, j’avais quelques livres sur les dieux égyptiens, grecques et romains. Je me rappelle d’un cours d’histoire en CM1, où il est question des dieux romains. Je me souviens de la maîtresse qui explique que, « et oui ils ne connaissaient pas Jésus » et que leurs Dieux c’étaient eux. Je me souviens aussi de cette phrase qui disait « aujourd’hui, plus personne ne croient en eux ». Et je me souviens m’être penché sur mon polycopié, et avoir pensé très fort que c’était dommage, que je trouvais ca super classe moi. Beaucoup plus classe que Jésus (hispter kid : because Jesus is too mainstream, ok je sors…) et que, plus tard, moi je prierais bien les Dieux romains. Je me dis que bon, je serais sans doute la seule à le faire et qu’il ne faudra le dire à personne parce qu’on me prendra pour une dingue « mais ». Le soir dans mon lit, en lisant mes livres, je me demande quelle déesse j’aimerais bien prier. Je me souviens juste de Vesta, avec son feu (le feu me fascine depuis toute petite. Le feu, les volcans, les coulées de lave, par contre, j’ai peur des explosions…). Je pique des bougies dans les affaires de mes parents et je manque de mettre le feu à mon armoire. Je grandis. J’entre chez les scouts. Je passe mon signe « alléluia » et j’écris une prière qui fait référence à la Vierge Marie, à la forêt, à la terre, à l’eau, au feu et au vent. Je me souviens de la discussion avec l’aumônier avant d’aller « passer mon signe. » Je me souviens aussi de l’engueulade maternelle « ah non, tu n’as pas passé ce signe là, pas toi ! Tu te débrouilleras toute seule pour le coudre sur ton uniforme, moi je refuse. » Je n’ai jamais compris ce qui avait motivé une telle réaction.]

J’ai longtemps « employé » les aspects de Cerrydwen et Cernunnos dans ma pratique. Je dis employé parce que je n’avais et n’ai pas d’affinité particulière avec eux, c’était une forme de commodité. Mais ils faisaient partis d’un panthéon que j’aimais bien, ils étaient assez couramment représenté, me suis pas posé plus de questions.

J’aime bien Loki qui traîne en background depuis le début, mais comme tout le monde me dis que NAAAAAN IL FAUT PAAAAAS IL EST HYPER VILAIN, j’ose pas trop m’adresser « officiellement » à lui. Il est planqué dans un coin de ma pratique.
Morrigan est venue directement (je sais plus ni pourquoi ni comment ; juste que c’est naturel et tellement ancien que j’ai pas gardé de souvenirs plus précis. C’est là que je regrette de pas avoir pris quelques notes) et je l’aime beaucoup, mais à l’époque, je crois qu’il faut obligatoirement avoir ses deux référents principaux et stop et je ne pense clairement pas encore à ces histoires de travail avec les Dieux. Comme elle m’a pas l’air spécialement rassurante la Mère Morri, je me contente de penser à elle quand je marche la nuit dehors pour rentrer chez moi ou pour triper sur de la poésie ou écrire des trucs sur elle.
Hel, je la découvre en même temps que le bouquin de Freya Aswynn sur les runes. Mon attirance pour elle date de cette époque. Je ne pense pas avoir pogné qu’elle était la fille de l’autre rouquin. Il se passe la même chose avec elle que pour les autres : ma vie est un capharnaüm innommable à ce moment là, et je préfèrerais clairement avoir affaires à une lumineuse. Peut-être que je manquais de maturité, d’informations, de caractère. Que j’avais besoin de l’approbation des autres ou du moins de leurs conseils. Et puis à cette époque,ombre = attention danger. (Tout ca ne m’a pas empêché de me tourner vers Hécate). J’essaie de me tourner vers Inanna, mais que dalle. Je réessayerai plusieurs années plus tard, avec toujours aussi peu d’affinités. Dommage parce que j’aime beaucoup son symbolisme, son histoire. Mais ca ne suffit pas. J’ai approché Brighid et Freya, avec les mêmes résultats.
J’ai été attiré un moment par Sekhmet et Kâli, pendant ma grande période « darkos ». Elles, et Scatach, Cathubodua, Andraste (et re Morrigan derrière).
Le Dieu est toujours le grand absent : j’ai beau chercher une figure divine masculine, aucune ne m’attire. Un petit coucou du Baron Samedi à un moment, mais sinon, à part Loki, toujours bien planqué, il n’y a pas grand monde. A un moment je tente une approche de Thor, pour des raisons diverses, sans résultats (pas étonnant, mais au moins, j’ai essayé). C’est quand je vis en Bretagne, plusieurs années après le début de ma pratique que je commence à essayer de « travailler » vraiment avec certaines déités, et notamment avec Nehelennia (qui pourrait être une version bienveillante de Hel, mais ca je ne l’avais pas grillé à l’époque, je grille pas toujours grand chose quand ca me concerne…).
Je « croise » Iyansa (Oyà) qui est assez délicate à saisir, qui fait des allers et retours, mais pour la première fois je préfère me rencarder un peu avant de foncer dans le tas et si elle m’attire beaucoup, elle me fait peur aussi. Je rêve plusieurs fois de Seth et je me dis qu’il y aurait peut-être un truc à creuser, mais les dieux égyptiens ne sont pas franchement mon truc, et je les évite soigneusement.
Black-out.
Reborn / Rise

Morrigan, again. La Cailleach qui fait « coucou » (enfin, non, elle fait pas coucou, mais je suis sûre que tout le monde comprend l’idée.) Quetzalcoatl, brièvement, fugitivement, disparu aussitôt aperçu. Ma pratique a quelques déités récurrentes, installées : Morrigan, Hel, Hécate, Cailleach et Loki. (Autant pour les déesses lumineuses… XD)
Et puis, suite à un rêve, je croise Odin qui commençait à pointer le bout de son nez (je dirais bien de sa lance, mais ca pourrait être mal perçu) et en reprenant mes carnets de rêves, je me rend compte que ca fait des années que je rêve « d’un vieux moisi en bleu » (à tel point qu’on m’a surnommée Perceval, parce que « dans [mes] rêves/méditations, il y a toujours un vieux ». C’est assez troublant comme rencontre, d’autant que pendant des années, je pouvais pas le blairer, mais alors vraiment pas. Je commence à creuser, il y a un truc, ce truc, c’est le début de mon voyage à travers le panthéon nordique -que je limitais à Loki, Fenrir et Hel. Je travaille un temps avec Frigg, alors que je n’aurais jamais imaginé le faire. Avoir Loki (et sa famille, qui a pris nettement plus d’importance qu’au tout début) et Odin dans ma pratique ne me semblent plus si oxymorique comme au début. En fait, plus j’avance et plus ca me semble logique, quelque part, pour diverses raisons.
Je ne sais pas où s’arrêtera mon voyage à travers le panthéon nordique, puisque ma pratique actuelle est très clairement axée autour de lui, mais je prend les choses comme elles se présentent, comme elles viennent. La suite ? La suite on verra.

La Cailleach et Holda (Dame Holle / Hel)

Holda

Holda

Holda, parfois également appelée Dame Holle est une déesse germanique protectrice des enfants, des femmes enceintes, des animaux, du foyer mais aussi de l’hiver. On retrouve le personnage de Dame Holle dans de nombreuses légendes, notamment dans le conte éponyme des frères Grimm. Hel, la déesse des enfers glacés de la tradition nordique, fille de Loki et de la géante Angerboda, est certainement un développement plus tardif de certains des aspects de Holda. Holda et Dame Holle sont également liés à  l’hiver, à la sorcellerie et à la mort. Holda peut se rapprocher d’un certain nombre de déesses comme Cerrydwen, Baba Yaga ou encore La Cailleach, et serait elle-même reliée à Berchta et Nerthus.

Des déesses psychopompes et de transformations

Une réprésentation de La Cailleach, très proche de celle de Hel

Une représentation de La Cailleach, très proche de celle de Hel

La Cailleach est considérée comme la gardienne des sources sacrées et des puits, puits qui est dans le conte la demeure de Dame Holle dans le conte de Grimm. Les puits sont des portes vers l’autre monde, le monde d’en-bas, puits que traverse d’ailleurs la petite fille du conte. Freya Aswynn note que Holda a donné son nom à la Hollande, en anglais Netherlands (Pays-Bas), ce qui suggère un lien avec les mondes inférieurs chamaniques, caractéristique directement reliée à Hel. Holda possède également un bassin par le biais duquel les âmes des enfants à naître pénètrent dans notre monde et de nombreux bassins et fontaines lui étaient consacrés.
Hel guide les âmes des morts, spécialement ceux qui sont mort de maladie, de vieillesse ou qui ont été assassinés. Elle veille spécialement sur les âmes des enfants, des nouveaux-nés et des mères mortes en couches.
Les lieux consacrés à La Cailleach sont les lochs, les montagnes et les cairns. Ces derniers balisent des sentiers, marquent le sommet des montagnes ou des sites funéraires. Holda, Dame Holle, Hel et La Cailleach ont en commun d’être des déesses psychopompes associées à la mort.

Sorcellerie, Séduction, Souveraineté

Holda et La Cailleach partagent l’aspect de la Sorcière. En Allemagne, Holda est la meneuse de la Chasse Sauvage tandis que le terme cailleach est utilisé pour désigner les sorcières, dans les textes folkloriques écossais et irlandais.
En revanche, il n’y a guère que La Cailleach qui soit liée aux aspects de souveraineté et de séduction, en cela, elle m’évoque la Morrigan ou même la Sheela-Na-Gig.

Des archétypes de Déesse-Mère

Si pour Holda le rapprochement avec la Déesse-Mère est évident, il l’est sans doute un peu moins pour La Cailleach. Elle n’est peut-être pas directement associée aux femmes enceintes et au foyer, mais elle est décrite comme la créatrice des lochs et des  montagnes qu’elle façonne avec son marteau. Elle est en outre, comme nous l’avons dit plus haut, liée à la souveraineté et donc directement à la terre, au pays. La Cailleach est une déesse de la Terre-Mère. Le fait que l’Écosse ne soit pas une terre des plus hospitalière, au climat rude et aux terres difficiles à cultiver explique sans doute que le visage de celle que l’on dit être sa créatrice ne soit pas des plus faciles.

Leurs représentations

La Cailleach et Dame Holle présentent un certain nombre de traits communs. Tout d’abord dans la manière dont elles sont représentées. Ces deux déesses sont des figures de l’hiver autour desquelles tournent des légendes similaires : en Écosse, lorsque la neige tombe, on dit que La Cailleach secoue son plaid, tandis qu’en Hollande, on dit que « Dame Holle secoue son édredon ».

Au niveau de leur représentation respective, on retrouve des caractéristiques communes : de manière générale, leur aspect physique est globalement repoussant et présente des caractéristiques effrayantes : La Cailleach est décrite comme une vieille dame aux traits si émaciés qu’ils la font ressembler à une tête de mort, à la peau bleu. Holda n’a pas toujours l’aspect de la déesse bienveillante et est parfois décrite comme une vieille sorcière au physique ingrat. Cependant, pour Holda et plus encore pour Hel, la christianisation semble les avoir dôtés d’aspects négatifs qu’elles ne possédaient pas forcément au départ.

Extrait du site Thalia Took

Hel est décrite comme ayant le visage séparé en deux parties distinctes : l’une resplendissante de beauté et l’autre pourrie et rongée par les vers.Bien que cette comparaison soit à nuancer, on peut remarquer que La Cailleach et Bride sont parfois décrite comme étant les deux aspects des saisons. Dans certaines versions, La Cailleach et Bride ne sont qu’une seule et même déesse qui change de forme (ce changement de forme se retrouve aussi dans les contes relatifs aux aspects séducteur de La Cailleach, aspect lié à la souveraineté), dans d’autre, elle laisse simplement la place à la jeune Bride, attendant le retour de la saison froide.

La Cailleach, comme la Dame Holle du conte de Grimm ont des dents d’une taille démesurée : celles de La Cailleach sont de couleur rouge, couleurs associée à l’autre monde dans les traditions celtes et elle est parfois dépeintes comme ayant des dents d’ours ou de sanglier. Ces dents sont associées à la mort mais sans doute peut on les rapprocher du processus de démembrement chamanique.

Un très bel article de La Fille d’Airmeith sur Holda qui m’a été d’une aide précieuse pour écrire le mien.