[Odin Project #10] Odin et Morrigan

Avec le temps, je suis devenue plus sceptique sur le mixage de déités provenant de différents panthéons, pour diverses raisons. Cependant, je comprends que cela puisse avoir du pour beaucoup personnes : il est toujours intéressant d’écouter le parcours de quelqu’un et sa rencontre avec les déités qu’elle honore, ce qui l’a amené au point où elle en est à l’heure actuelle. En revanche, je continue de trouver fascinant l’étude d’autres figures, et de voir parfois des traits communs qui se détachent de deux déités différentes.

Cela fait un moment que je trouve que Morrigan et Odin partagent certains aspects, certaines fonctions (note : d’ailleurs en écrivant l’article, je trouve que l’on pourrait en dire autant pour le parallèle Morrigan / Freyja). En voici un bref aperçu, des pistes d’exploration pour celles et ceux que cela intéresse.
En matière de mythologie celtique (ici plus spécifiquement irlandaise) je dois bien avouer que, si elle m’a longtemps fasciné et que je continue de la trouver très riche et intéressante, je suis loin de la connaître en détails et d’avoir lu autant de livres que je ne le fais pour les mythes nordiques. Le contenu de cet article est donc avec prudence, et n’hésitez pas à me signaler si j’ai dit une énorme bêtise. 😉

La Mort

¤ Au-delà de la mort en tant que telle, croiser ces deux déités n’est pas spécialement « bon signe » dans les mythes. En tout cas elles sont ambivalentes. Dans la Saga de Hrólf Kraki, Odin apparaît et il commence par l’aider, puis suite à une maladresse de Hrólf, il le conduira à la mort. Le même type de schéma se retrouve chez Morrigan avec Cúchulainn. Dans les deux cas, il faut cependant que Hrólf comme Cúchulainn « repousse » la déité qui leur a fait un don.

¤ Voir Morrigan sous sa forme de « lavandière » était un présage de mort (Cúchulainn la croisant sous cette forme sait qu’il va mourir), tandis que chez Odin, le voir purement et simplement peut être un signe de mort : dans le Grímnismál (strophe 53), il dit à Geirröth : « et à présent tu peux voir Odin » (je traduis d’après Andy Orchard, parce que la traduction donnée par Boyer est moins « performative »). Ensuite Geirröth se tue bêtement avec sa propre épée.

La Guerre

¤ Sur le champ de bataille : on dit que Morrigan parcourt les champs de bataille sur son char. Odin n’est pas forcément présent, mais il envoie ses valkyries, et il récupère une partie des guerriers morts (l’autre moitié allant à Freyja, ce qui semble souvent être oublié).

¤ Les deux sont rattachés à la guerre mais j’ai l’impression que dans un cas comme dans l’autre, cette fonction est en fait plus ou moins dérivée. Morrigan pourrait être une déesse rattachée à la guerre plus tardivement et dont la fonction serait surtout celle de la souveraineté. (A vérifier, parce que les théories des spécialistes, je m’en méfie tant que je n’ai pas de vision d’ensemble) Odin est pour moi plus directement un dieu-stratège, pas un dieu-guerrier proprement dit (malgré certains heiti).

¤ Si l’on excepte la théorie mentionnée ci-dessus, on peut faire un rapprochement entre Badd, Cathubodva et certains heiti d’Odin. Tout comme il me semble que les deux possèdent un aspect assez « terrifiant », j’emploie « terrifiant » dans le même sens que le terme anglais « awe ».

Les Esprits / l’Autre-Monde

¤ La présence de corbeaux et de loups dans l’entourage de ces deux déités indiquent un lien avec la mort, le côté psychopompe, les présages.
Morrigan possède un côté psychopompe (voir certains noms comme « Reine Fantôme »), mais ce côté psychopompe ne s’exerce pas directement chez Odin (à relativiser, notamment en raison de la signification de certains de ses heiti), les valkyries jouant pour lui ce rôle, bien qu’il soit indéniablement lié à l’Autre-Monde et aux esprits des morts (« Draugadrótin » : Seigneur des Draugar).

Le côté « prophétie » / « vision »

¤ La prophétie que fait Morrigan dans la Seconde Bataille de Mag Tured (de mémoire). Odin et ses interventions diverses pour collecter des informations et essayer d’agir, la pratique du Seiðr, mais aussi la connaissance des charmes, etc (voir la partie du Hávamál nommée le Ljóðatal). Voir l’aspect poétique : sa signification/fonction dans la société scandinave et dans la société celte ?

Le côté Changeforme

D’un côté Morrigan qui revêt l’aspect de plusieurs animaux dans la Razzia des vaches de Cooley, qui parfois se change en corneille etc.. Dans l’Histoire des rois de Norvège, on dit qu’Odin change aussi de forme. On le voit aussi lorsqu’il part récupérer l’hydromel chez Suttung.

Enfin, presque pour le côté anecdotique, je trouve que aussi bien dans l’étymologie du nom de Morrigan que dans les heiti d’Odin, on retrouve une idée commune : Grande Reine / « Très Haut » etc. Il y a aurait sans doute matière à creuser, en tout cas, c’est un travail que je serais ravie de faire avec une personne connaissant bien la mythologie irlandaise. 🙂

« My Dream » par Yawen Zheng. Ca n’a rien à voir, mais je m’en fous.

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[PBP] M – Morrigan

Morrigan est une déesse incroyablement riche et complexe : impossible de la résumer en quelques lignes. Elle est sans doute la première à être venue dans ma pratique, il y a dix ans. Je ne me souviens pas comment elle est arrivée, ni comment je l’ai reconnue, parce que je ne notais rien. Je ne trouvais pas ca important : j’étais trop occupée à remplir mon « livre des ombres » de tables de correspondances, de rituels tout faits et d’autres conneries en fin de compte inutiles.

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Travailler avec les déités guerrières 2/2

(Pour compléter un peu le précédent article sur la question.) Un petit récapitulatif et mes réactions par rapport à ce que j’entends parfois par rapport à ces dieux et ces déessses.

Les déités guerrières sont dangereuses 

Comment dire… non. Pas plus que d’autres. Tout dépend de ce que vous recherchez, de comment vous les approchez, de votre nature, de vos peurs, de votre caractère. Je serais bien en peine de vous dire si oui ou non vous allez vous manger une bonne grosse claque, pour la simple et bonne raison que c’est votre chemin, votre vie. Pas la mienne. Et même pour ma pomme, je ne fais jamais de pronostics de ce style. Je me suis déjà fait claquer des portes au nez, ou superbement ignorée. Il m’est arrivé de me faire jeter ou de me faire tirer les oreilles, mais je n’ai pas le souvenir de m’être fait laminer la tronche par une déité (enfin, si, mais pas dans le sens « expérience atroce »). Et les déités qui m’ont envoyé bouler étaient plutôt considérées comme « claires », alors que d’autres qui sont globalement vues comme craignos se sont toujours montrées plutôt « cool » en fait. Intrinsèquement, ca ne veut pas dire que c’est « mieux » ou « plus mal », je suppose que c’est juste en relation avec mon le genre de personne que je suis, à ce que je porte.

Elles sont quand même très sombres ces déités liées à la guerre, pas vrai ?

Encore une fois, oui et non. Certains vous diront qu’elles ne font pas dans la dentelle : ca n’est pas faux mais j’aurais envie de dire ironiquement qu’on peut être très raffiné en matière de cruauté (toute blague mise à part, elles ne sont pas forcément dures). Bref. Elles comportent une part d’ombre, oui, bien sûr, mais elles portent aussi énormément de lumière, si toutefois ce type de division à un sens, ce dont je ne suis absolument pas certaine. Tout dépend de ce qu’on entend par sombre : si par là vous voulez dire « porteuses de mort », j’ai envie de dire que les déesses de fertilités sont pour moi nettement plus flippantes que les déesses de la guerre. Qu’une chose naisse implique qu’un jour cette chose mourra, et au niveau humain et organique (pour ne prendre qu’un minuscule aspect de la notion de fertilité, qui est bien plus vaste et complexe), l’accouchement était et est toujours un passage risqué où se côtoient la vie et la mort (même si aujourd’hui on essaie de faire croire le contraire avec la médicalisation : j’ai parfois l’impression que les gens voudraient croire qu’avec les techniques actuelles, on peut être à 100% certain que tout se passera absolument bien, et qu’on accepte d’autant plus mal quand ca n’est pas le cas. Il n’y a qu’à voir les réactions et autres commentaires sur des articles qui relatent des incidents à ce niveau là : tous sont choqués et pratiquement scandalisés que ca arrive.) Et pour taper dans le détail historique, à Sparte, les seuls habitants honorés d’un épitaphe sur leurs tombes étaient les morts au combat et les femmes mortes en couches. Alors le raccourci guerre = mort = sombre = danger, on a vite touché le fond.

Morrigan 

La Morrigan est une déesse, certes de mort, certes de la guerre, mais aussi de la Souveraineté, de la terre, du lien entre la terre et le pouvoir, et par analogie moderne, du pouvoir de Soi. Le lien entre Morrigan et la guerre n’est pas seulement une question obsolète et étroite de batailles et de carnage, il est aussi la capacité de reprendre le contrôle de sa vie, de trouver la force en soi pour affronter des périodes difficiles, pour établir clairement des barrières pour ne pas se laisser dévorer par une puissance hostile ou un danger. La force guerrière de la Morrigan, ce n’est pas seulement une furie chargeant sur son char à travers le champs de bataille, c’est aussi la personne (homme ou femme) qui dit « non, c’est non ». Non, je ne te rendrais pas service pour me sentir gentille et conforme alors que tu me prends pour une andouille. Non, vous n’avez pas à vous servir de votre statut de supérieur hiérarchique pour faire des plaisanteries déplacées à mon encontre. Non, vous n’avez pas l’autorisation de décider pour moi. Oui, je vais me battre parce que j’estime que la situation présente est une injustice (pour moi ou pour d’autres).

Andraste

Andraste est plus particulièrement la déesse du carnage. Un exemple : en situation d’agression, l’énergie d’Andraste, on pourrait dire que c’est le déclic qui se produit chez la personne agressée et qui va la pousser à réagir, à ne pas se laisser « mettre en boîte » par les conditionnements sociaux ou les règles telles que « on ne frappe pas ».
C’est le moment où on va se mettre à appliquer sur le terrain des cours d’auto-défense pour sauver son intégrité physique, sans être bloqué(e).
Je sais que cela peut paraître un détail, mais quand on lit certains récits d’agression -plus souvent dans le cas d’agressions sexuelles (j’avais lu il y a quelques années une étude sur les victimes de viols et d’agressions sexuelles) il me semble- les réactions des autres sont souvent de l’ordre du « mais pourquoi elle/il (bien que plus rarement) n’a pas réagi ? » Parce que la personne est paralysée,  tétanisée, incapable d’évaluer la situation et parce qu’elle est la plupart du temps profondément modelée par des codes sociaux, et qu’il suffit qu’une situation sorte de l’ordinaire pour faire déconner tout le système, ayant pour résultat que la personne ne parvient pas à réagir, et qu’ensuite, il s’avère malheureusement fréquent qu’on lui demande « mais pourquoi… » ou encore pire « si elle/il n’a pas réagi, c’est qu’elle/il l’a cherché » etc.

Elles me font peur

C’est un truc que je lis souvent, parce que la déité en question se pointe pour que vous bossiez avec (rarement pour un travail volontaire). Demandez vous ce qui vous fait peur chez ces déités. Pas « pourquoi », « quoi ». Qu’est-ce qui vous effraie : est-ce que vous avez peur de vous faire ramasser la tronche avec une bêche ? Peur de regarder en face la part tortueuse de vous-même ? Peur de ne pas y arriver ? Peur de perdre le contrôle ? Peur parce que l’inconnu vous effraie et que toutes les informations que vous pouvez lire à ce sujet vous disent « oh non c’est pas bien c’est dangeureux il ne faut pas ? » A partir de là, si vous êtes honnête avec vous même, vous verrez bien ce qui coince.
En ce qui concerne le fait de se faire ramasser, sincèrement, si vous faites le tour des questions, de vos peurs, de vos problèmes sans vous voiler la face, au moins vous aurez moins de risques de tomber sur une mine antipersonnelle bien planquée. Eventuellement, entreprenez un travail sur vous même avant de démarrer le processus. Après le reste, rien n’est jamais garanti.
Sur la peur de regarder la face « sombre » de vous-même : bah honnêtement, si vous avez déjà peur de voir vos emmerdes, vos blessures et votre chemin, ca peut dégoupiller assez brusquement le tas d’ordures planquées. Et oui, quand on bosse avec elles -mais c’est le cas avec toutes les déitéis quelque part- vous pouvez potentiellement vous retrouvez avec la tête bien enfoncée dans le tas de merde que vous planquiez au fond du jardin. Après, ca n’est pas sans raisons : vous voulez progresser ou continuer à faire semblant en laissant la merde s’accumuler ? Ca n’est pas agréable sur le coup, et même si parfois ce qu’on révèle au grand jour est quelque chose de très positif que l’on fuyait pour ne pas le reconnaître, sur le coup, oui, l’orgueil en prend en coup. On n’en meurt pas, bien au contraire. Vous êtes grand(e)s non ?

 

[PBP] G – La couleur de nos guerres / Travailler avec les déités guerrières 1/2

(1/2 la suite ici)

Je ne sais pas pourquoi nous en venons à emprunter les chemins qui deviennent les nôtres. Je ne sais pas ce que nous recherchons (in)consciemment. Certains disent que c’est pour se guérir. D’autres parce que nous sommes appelés. Pour certains c’est parce que nous ne nous trouvons nul part ailleurs. Il y a peut-être du vrai dans tout, ou alors c’est autre chose, je ne sais pas. Le « pourquoi » ne m’intéresse pas, ni pour interroger le passé ni pour sonder le futur. Je préfère « comment ».

Je ne sais donc pas pourquoi. Mais je me souviens de comment. Au début du comment, j’ai le souvenir d’un chaos épouvantable, de la peur constante de l’abandon. Et au milieu de ce merdier innommable, j’ai le souvenir de la première déesse qui m’a guidée. Et avant qu’elle ait portée un nom, qu’elle ait eu pour moi un visage, j’ai le souvenir de la colère qui m’a poussée à avancer, encore et encore. J’ai le souvenir de Morrigan, la première à être venue, même si ironiquement, je n’ai pas gardé de souvenir précis de son arrivée. J’ai le souvenir de sa force, de sa rage, de son énergie, de sa puissance et de son amour qui étaient là quand absolument rien d’autre n’était certain. J’étais petite à l’époque, et seulement adolescente quand elle a pris un nom et que son existence est devenue quelque chose auquel me raccrocher désespérément.
On me parlait de lumière et de guérison, mais quand vous êtes dans le noir en train de patauger sans même une lanterne, la lumière est une idée abstraite, et la guérison un concept qui vous fait rire jaune, parce que vous n’avez pas la possibilité de vous poser dans un abri pour panser vos blessures. Et de fait, quand j’ai approché les déités lumineuses, je me suis fait rembarrée de partout. Aucune ne venait, aucune n’est jamais venue. Et encore aujourd’hui, ce n’est que tout récemment que la première est venue spontanément à moi, alors que je ne m’y attendais pas. Je ne compte pas le nombre de tentative que j’ai fait pour approcher Freya, et le nombre de portes dans la tronche que je me suis prises.

Je serai bien en pleine de dire de quelle manière « les gens » perçoivent les déités de la guerre ou du carnage (ou les aspects particuliers de ces déités qui sont relatifs à la guerre disons) -sans même parler des déités « sombres »-, parce que je ne suis pas dans leurs têtes ni dans leurs pratiques ni dans leurs expériences. En revanche, je peux essayer d’expliquer comment je les perçois.

Elles peuvent sembler toutes identiques, liées à la mort et à la bataille. Mais elles possèdent toutes des caractéristiques, des énergies différentes et au contraire, loin d’être redondant, travailler avec plusieurs déités de ce type peut justement, à mon avis, aboutir à un travail très complet et s’avérer extrêmement enrichissant et bénéfique. Andraste n’est pas porteuse de la même énergie que Morrigan et encore moins la même que Sekhmet. Certaines de ces déités nous incitent à plonger pleinement dans la bataille, à prendre notre vie à bras le corps et à sortir la tête du remugle. D’autres agissent plus dans l’ombre, comme Odin. On le décrit souvent comme un dieu de la guerre, mais plus que l’aspect « combattant en première ligne », je le vois comme un stratège qui nous enseigne quand lâcher prise ou ce que nous pouvons considérer comme « sacrifice acceptable » et faire avec, comment travailler sur certaines de nos difficultés et nos problèmes pour mieux surmonter une période difficile.

Je ne pense pas être un cas particulier, mais pour ma part, plus on me montre des modèles lumineux, pleins de compassion, d’amour et de mansuétudes, moins je me sens connectée et apte à ressentir ce genre de sentiment. Les déités guerrières ne sont pas liées non seulement à la bataille et à la guerre. Elles sont aussi liées aux sentiments les plus noirs en nous, à ce que nous rejetons le plus et que nous nous interdisons de ressentir ou d’éprouver, par peur que ces sentiments nous contrôlent et parce qu’ils ne sont pas socialement acceptables : la vengeance, la rancune, la haine, la violence, la pulsion de meurtre, la colère, l’envie, la volonté de vaincre, la soif de pouvoir… la liste est longue et j’ai l’impression que ces sentiments sont encore plus taboues dans les « communautés païennes » où tout le monde semble parfois pétrie de bon sentiment et de gentillesse, pour mieux refouler le monstre plus loin sous la terre.
[Edit du 4/5/2013 : non les déités guerrières ne sont pas QUE ca. Et non la guerre n’est pas QUE ca non plus. Je m’arrête simplement sur les aspects que beaucoup semble redouter. Il va de soit qu’elles ont aussi une part « lumineuse » (et fuck, j’en ai ma claque de devoir poser ca en terme de dichotomie à la con, mais faute d’une meilleure image hein…)]

En quelques sortes, travailler avec elles nous place parfois dans des situations où nous ressentons ce genre de sentiments, et elles nous permettent de les reconnaître, d’en avoir pleinement conscience. Elles ne les canalisent pas, mais ce qui nous attends sur le chemin se pose souvent dans une dichotomie ironique ; accepter de les éprouver et soit de se laisser ronger par eux, soit de les dépasser pour accepter le monstre en nous. Accepter notre part d’ombre pour faire rejaillir plus clairement la lumière et accepter nos choix pour ensuite faire la paix avec eux, comme une sorte de processus de guérison. Je ne pense pas que ces sentiments disparaissent totalement. Parfois, certaines circonstances viennent douloureusement nous rappeler les moments les plus noirs de notre vie, et on constate que l’on a pas oublié, que l’on oubliera jamais. Et que l’on ne sera sans doute jamais capable de pardonner -si tant est que l’on en ait l’envie- mais au moins ils cessent de nous ronger lentement comme une maladie honteuse que l’on s’emploie à dissimuler à nous-même et à autrui.

Cheminer aux côtés des Déités

Voici deux ou trois idées à ce sujet que j’ai souhaité partager. Ce n’est pas exhaustif (il faudrait être assez gonflé pour prétendre être capable de tout dire sur un tel sujet) ni forcément très approfondi. Comme ce sont des choses qui me paraissent très naturelles, j’ai du mal à expliquer en profondeur le pourquoi du comment (d’autant que, encore une fois, je ne suis pas habituée à parler de cela).

Les Déités font échos à quelque chose en nous

Les visages du divin qui croisent notre route ne proviennent pas de nul part. Nous ne choisissons pas vraiment ces déités : si nous les croisons, c’est que quelque chose en nous, dans notre histoire, notre parcours et notre vision du monde fait écho à ce qu’elles représentent. Elles se présentent parce que nous avons quelque chose à apprendre d’elle, et qu’elle peuvent retirer quelque chose de nous. Quand nous sommes attirés soudainement par une déité, j’ai l’impression qu’il est fréquent, après quelques recherches, de trouver des points communs que ce soit dans les mythes qui leurs sont rattachés, dans leurs attributs ou dans leurs fonctions.

Elles nous ressembles et nous leurs ressemblons. Elles sont là pour nous apprendre quelque chose de précis, ou pour nous accompagner, nous faire évoluer. Elles constituent, en quelque sorte, une représentation extérieur de ce que nous sommes à l’intérieur. En nous calquant sur elles, nous pouvons apprivoiser cet aspect et mieux nous comprendre, apaiser de vieilles blessures, trouver la force nécessaire pour continuer la route.

Une relation basée sur l’échange

J’ai dis plus haut que c’est une relation à double sens, parce que dans ma façon de voir les choses et en discutant avec plusieurs personnes, j’ai pu constater qu’il y a un échange : la déité nous apporte quelque chose dont nous avons besoin. En retour, notre énergie, parce qu’elle est en rapport avec cette caractéristique, nourrit cette déité. Comme si nous lui faisons offrande de nous-même. C’est peut-être un peu théorique dit comme cela, aussi je vais essayer de prendre un exemple concret sans être trop spécifique ou personnel. Par exemple, une personne qui appelle Hécate pour l’accompagner dans une phase intense de transformation peut se sentir guidée, protégée par elle. Comme elle se transforme elle-même et qu’elle se sent en lien avec Hécate, il y a de grandes chances pour qu’elle redirige -même inconsciemment- cette énergie de changement et de transformations vers Hécate, qui s’en trouve nourrit.

De l’inutilité des conseils à ce propos

Sous ce titre un peu provocateur, je voulais simplement développer une idée assez basique. Notre rapport avec les déités est quelque chose de très personnel. Parce que ces visages font écho à quelque chose en nous, la relation que nous entretenons avec eux est incomparable. Personne sur terre n’a vécu votre vie, pleuré vos souffrances, jouit de vos victoires. Personne. Personne ne peut savoir qui nous sommes vraiment, et la plupart du temps, nous ne le savons pas vraiment non plus. Nous essayons juste de le découvrir, de travailler sur nous, d’avancer. Par conséquent, les autres ne peuvent pas vraiment vous aider.
Ca me fait toujours sourire quand je lis des conseils du type « attention à cette déesse tu sais, elle n’est pas pour tout le monde, tu vas te faire rétamer ». C’est d’ailleurs quelque chose qu’on lis davantage par rapport aux déesses/dieux sombres. J’y vois surtout un problème d’égo. Dans le fait de dire à quelqu’un que tel ou tel aspect du divin n’est pas -encore- pour lui, qu’il faut « avoir le niveau pour », il y a un sous-entendu assez déplaisant qui semble dire « moi je sais, toi pas. » Hors, personne ne connait jamais personne. On ne voit que des strates, des paillettes d’un individu. Dans le même ordre d’idée, je suis perplexe quand une personne demande à une autre si « à son avis elle peut travailler avec Machin ou Bidulette. » Pourquoi avez-vous besoin de permission ? Vous ne pouvez pas savoir si Bidulette va lui ramasser la gueule, comme on dit. Et vous ne pouvez pas non plus être certain(e) que Machin soit finalement aussi bienveillant que vous l’assurez.

J’ai avec Hécate une certaine relation, qui est ce qu’elle est, mais Hécate ne m’a jamais « ramassé la gueule » pour le dire clairement. Oui, elle est claire, franche. Mais par certains côtés, je suis une vraie bourrine et comme je le dis souvent, je n’aurai pas eu la force d’encaisser certains chocs survenus dans ma vie si j’avais eu Séléné à la place de Morrigan, par exemple. Par contre, d’autres personnes ont des relations tout à fait différentes avec cette déesse, et il leur est arrivé de se faire ramasser. A contrario, je n’ai jamais entendu de mise en garde concernant Frigg, ca ne m’a pas empêchée de me prendre un putain de coup de pied au cul pendant mon premier voyage vers Fensalir. Ce n’est pas un jugement. Ce n’est pas une question de valeur, à quelque niveau que ce soit. C’est simplement le reflet de vous-même et de votre essence, de votre fonctionnement.

Comment débuter un travail avec une Déité ?

« Sortez-vous les doigts du cul » comme dirait Arthur dans Kaamelott.

[Note : il est bien entendu que je parle ici d’un travail d’approche avec les déités. C’est à dire de quelque chose de généraliste n’impliquant pas de grosses pratiques et autres, choses pour lesquelles il vaut mieux reagrder un peu avant de sauter à pieds joints, du moins en général]

Pour autant, je ne dis pas que tous les conseils sont inutiles. En matière de travail avec les déités, je distingue deux types : Ceux où l’une déité vous tombe littéralement dessus. Ceux où vous essayez de faire un cheminement vers telle Déesse ou tel Dieu, par curiosité ou pour diverses raisons « réfléchies ». Dans ce dernier cas, les conseils sont précieux. Si par exemple, demain je décidais de travailler avec Hathor ou Lakshimi, il est plus que probable que je demande autour de moi à des personnes travaillant/ayant une relation bien établie avec ces déesses, ne serait-ce que pour pas débarquer comme un gros chien mal élevé dans un jeu de quilles.
Par contre, si Hathor me tombait dessus demain et que j’éprouve soudainement le besoin impérieux de travailler avec elle, il est plus que probable que je me lancerais dans la bataille toute seule, à l’instinct, et que je ne me renseignerais plus précisément qu’une fois le travail déjà entamé. Une façon de garder les antennes et l’instinct largement ouverts. (Ceci étant dit, je doute très fortement que Hathor se présente demain XD).
Ce que j’essaye de dire, c’est qu’il n’y a pas de bonne(s) et de mauvaise(s) manière(s) de travailler/d’entamer un travail avec une déité. C’est à vous de voir, en fonction de votre fonctionnement, de votre personnalité.

Ma méthode n’est pas la meilleure, elle n’est pas la plus mauvaise : elle est simplement à l’image de ce que je suis. Trouvez la votre. Si je recevais un mail me demandant si je trouve risqué de travailler avec la Morrigan, il y a de fortes chances pour que je réponde deux phrases que je dis tout le temps : je ne sais pas et ca dépend. Ca dépend de vous, des raisons pour lesquelles vous prenez cette direction, des mensonges que vous vous faites (on s’en fait tous), des blessures que vous pensez avoir pansées alors que non, de la manière dont notre égo nous travaille (il nous travaille tous.). Je pense que les gens qui veulent s’adresser à une déité sont assez grands pour prendre leurs responsabilités, je pense que les déités sont assez grandes pour s’exprimer toutes seules et que le reste n’est pas de mon ressort. Si une personne se fait ramasser la tronche parce qu’elle a fait n’importe quoi, ca n’est pas mon problème. Si elle n’est pas stupide, elle comprendra. Si elle est stupide, ca n’est pas mon problème non plus.

Des Autels, des Déités, des Connexions

Je réfléchissais hier à toutes ces histoires d’autels comme support pour honorer les Dieux (les autels ne servent pas qu’à ca, mais c’est plus précisément de ce contexte dont il est question) et pour établir des connexions avec eux.

Dans le principe, je comprend tout à fait cette histoire de dévotion et de contact avec les énergies d’une déité. Dans la pratique, c’est un peu plus subtil, non pas parce en raison d’une difficulté quelconque, mais plus simplement parce que ce n’est pas mon mode de fonctionnement.

Je pense qu’il existe autant de raisons de dresser un autel qu’il y a d’autels. Chaque autel est le reflet d’une relation particulière, d’une prière, d’un désir, d’un éclat au fond de l’âme. Ils peuvent être utile pour approcher une déité, pour se familiariser avec son énergie, pour pouvoir l’approcher. Parfois. Pas toujours. L’hypothèse qui suit ne reflète pas une vérité générale, loin de là. C’est plutôt une furieuse impression par rapport à mon parcours.
Parfois, les déités arrivent en tapinois (« l’un derrière l’autre en tapinant » comme on dirait dans Kaamelott :o) et se révèlent petit à petit tandis que nous mûrissons lentement sur l’arbre à Pensées. Parfois elles se pointent d’un seul coup sans prévenir : un rêve, une inclinaison soudaine, une intuition, un film ou un livre qui débloque un niveau caché… et hop ! Dans ce cas, on peut se sentir un peu paumé. Parfois c’est facile, le moteur tourne et on embraye naturellement. Et parfois on est comme un con derrière un volant.

Je ne sais pas comment cela se passe pour les autres personnes, mais dans mon cas, jusqu’à récemment, je n’avais encore jamais dressé d’autel dédié à une déité particulière (j’entends par là un autre autel que le principal sur lequel nous travaillons).
Je l’ai fait quand j’ai commencé à travailler avec Frigg. C’était quelque chose d’impérieux, de soudain, un équilibre étrange entre le « terriblement sérieux » et le « franchement marrant« . Ca m’a été utile même si dans ce genre de contexte, dire « c’est inutile » ou « c’est utile » paraît peu approprié en fin de compte. Disons que j’en ai retiré quelque chose. J’ai fait pareil avec Narvi et Vali. Quand je ne « connais » pas une déité, ca a un côté éclatant de remuer la Tanière sens-dessus-dessous pour essayer de faire un truc pas trop moche. Une sorte de préparation à la fête, une joyeuse cavalcade, peu importe la/les déité(s) en question.

Par contre, je n’ai jamais eu d’autels pour Loki ou Morrigan (et d’autres). Je n’en ressens pas le besoin. Si je devais utiliser une comparaison, je dirais bien que je n’ai pas plus besoin d’autel pour ressentir leurs énergies et être en connexion avec eux que d’avoir une photo de mon mari dans mon portefeuille pour le reconnaître. C’est un peu pareil pour les offrandes, ce n’est pas parce qu’on ne les place pas dans un endroit spécifique délimité suivant des pointillés qu’il n’y en a pas. D’ailleurs, des offrandes, si elles sont le plus souvent matérialisées sous des formes matérielles, peuvent prendre une multitude de formes, exactement comme les autels.
Ca ne veut pas dire que je n’en ferai jamais -il y a un sacré putain de paquets de choses pour lesquelles j’avais dit « jamais » avant de recroqueviller les orteils et de dire « eeeeuuuuuh, en faaaaiiit… »- juste que pour moi, avoir un autel ne dois jamais être un impératif, un truc que l’on se force à faire.
C’est un truc personnel, pas tellement dans le sens « visibilité », (pour certaines personnes c’est le cas, pour moi non, ou plutôt, ca dépend des fois) plutôt dans le sens « expression » : un espace de pensée, un travail de recherche, une événement vécu, un moment de lecture… Tout cela peut aussi, d’une certaine manière être un autel et/ou une offrande.

[édit : je me rend compte que je n’avais pas précisé certaines choses. À la maison, il y a en permanence l’autel « de base » qui recouvre et exprime toutes sortes de concepts. Dans l’article, je parlais plus particulièrement des autels en plus de celui de base, qui sont dédiés à une déités spécifique. Ne pas avoir d’autel du tout, oui, ca me manquerait.

]

Un voyage avec les Dieux

Ou le pavé racontage de pratique… un aperçu général des déités approchées

Quand j’ai commencé à me tourner vers le Paganisme, je crois que j’étais à des années lumières de me douter où ce voyage m’emmènerait.
J’ai été une grande adepte de l’adage « tous les Dieux ne sont qu’un seul et même Dieu » avant de le reconsidérer complètement et d’en revenir.
Quand j’ai entamé ce voyage, je n’avais pas internet, la toile ne viendra que trois ans plus tard. J’ai croisé la route de plusieurs déités différentes depuis Beltane 2002, date à laquelle j’ai commencé à pratiquer, en me jetant jusqu’au cou dans l’eau. Et advienne que pourra.
[En réalité, l’histoire prend ses racines beaucoup plus loin dans le passé. Petite fille, mon père me racontait beaucoup d’histoires issues de la mythologie : la grecque, la romaine, et parfois, comme des étincelles, de la mythologie nordique (me souviens que de Loki et Fenrir, le « gros loup méchant et le dieu des Bêtises »). En primaire, j’avais quelques livres sur les dieux égyptiens, grecques et romains. Je me rappelle d’un cours d’histoire en CM1, où il est question des dieux romains. Je me souviens de la maîtresse qui explique que, « et oui ils ne connaissaient pas Jésus » et que leurs Dieux c’étaient eux. Je me souviens aussi de cette phrase qui disait « aujourd’hui, plus personne ne croient en eux ». Et je me souviens m’être penché sur mon polycopié, et avoir pensé très fort que c’était dommage, que je trouvais ca super classe moi. Beaucoup plus classe que Jésus (hispter kid : because Jesus is too mainstream, ok je sors…) et que, plus tard, moi je prierais bien les Dieux romains. Je me dis que bon, je serais sans doute la seule à le faire et qu’il ne faudra le dire à personne parce qu’on me prendra pour une dingue « mais ». Le soir dans mon lit, en lisant mes livres, je me demande quelle déesse j’aimerais bien prier. Je me souviens juste de Vesta, avec son feu (le feu me fascine depuis toute petite. Le feu, les volcans, les coulées de lave, par contre, j’ai peur des explosions…). Je pique des bougies dans les affaires de mes parents et je manque de mettre le feu à mon armoire. Je grandis. J’entre chez les scouts. Je passe mon signe « alléluia » et j’écris une prière qui fait référence à la Vierge Marie, à la forêt, à la terre, à l’eau, au feu et au vent. Je me souviens de la discussion avec l’aumônier avant d’aller « passer mon signe. » Je me souviens aussi de l’engueulade maternelle « ah non, tu n’as pas passé ce signe là, pas toi ! Tu te débrouilleras toute seule pour le coudre sur ton uniforme, moi je refuse. » Je n’ai jamais compris ce qui avait motivé une telle réaction.]

J’ai longtemps « employé » les aspects de Cerrydwen et Cernunnos dans ma pratique. Je dis employé parce que je n’avais et n’ai pas d’affinité particulière avec eux, c’était une forme de commodité. Mais ils faisaient partis d’un panthéon que j’aimais bien, ils étaient assez couramment représenté, me suis pas posé plus de questions.

J’aime bien Loki qui traîne en background depuis le début, mais comme tout le monde me dis que NAAAAAN IL FAUT PAAAAAS IL EST HYPER VILAIN, j’ose pas trop m’adresser « officiellement » à lui. Il est planqué dans un coin de ma pratique.
Morrigan est venue directement (je sais plus ni pourquoi ni comment ; juste que c’est naturel et tellement ancien que j’ai pas gardé de souvenirs plus précis. C’est là que je regrette de pas avoir pris quelques notes) et je l’aime beaucoup, mais à l’époque, je crois qu’il faut obligatoirement avoir ses deux référents principaux et stop et je ne pense clairement pas encore à ces histoires de travail avec les Dieux. Comme elle m’a pas l’air spécialement rassurante la Mère Morri, je me contente de penser à elle quand je marche la nuit dehors pour rentrer chez moi ou pour triper sur de la poésie ou écrire des trucs sur elle.
Hel, je la découvre en même temps que le bouquin de Freya Aswynn sur les runes. Mon attirance pour elle date de cette époque. Je ne pense pas avoir pogné qu’elle était la fille de l’autre rouquin. Il se passe la même chose avec elle que pour les autres : ma vie est un capharnaüm innommable à ce moment là, et je préfèrerais clairement avoir affaires à une lumineuse. Peut-être que je manquais de maturité, d’informations, de caractère. Que j’avais besoin de l’approbation des autres ou du moins de leurs conseils. Et puis à cette époque,ombre = attention danger. (Tout ca ne m’a pas empêché de me tourner vers Hécate). J’essaie de me tourner vers Inanna, mais que dalle. Je réessayerai plusieurs années plus tard, avec toujours aussi peu d’affinités. Dommage parce que j’aime beaucoup son symbolisme, son histoire. Mais ca ne suffit pas. J’ai approché Brighid et Freya, avec les mêmes résultats.
J’ai été attiré un moment par Sekhmet et Kâli, pendant ma grande période « darkos ». Elles, et Scatach, Cathubodua, Andraste (et re Morrigan derrière).
Le Dieu est toujours le grand absent : j’ai beau chercher une figure divine masculine, aucune ne m’attire. Un petit coucou du Baron Samedi à un moment, mais sinon, à part Loki, toujours bien planqué, il n’y a pas grand monde. A un moment je tente une approche de Thor, pour des raisons diverses, sans résultats (pas étonnant, mais au moins, j’ai essayé). C’est quand je vis en Bretagne, plusieurs années après le début de ma pratique que je commence à essayer de « travailler » vraiment avec certaines déités, et notamment avec Nehelennia (qui pourrait être une version bienveillante de Hel, mais ca je ne l’avais pas grillé à l’époque, je grille pas toujours grand chose quand ca me concerne…).
Je « croise » Iyansa (Oyà) qui est assez délicate à saisir, qui fait des allers et retours, mais pour la première fois je préfère me rencarder un peu avant de foncer dans le tas et si elle m’attire beaucoup, elle me fait peur aussi. Je rêve plusieurs fois de Seth et je me dis qu’il y aurait peut-être un truc à creuser, mais les dieux égyptiens ne sont pas franchement mon truc, et je les évite soigneusement.
Black-out.
Reborn / Rise

Morrigan, again. La Cailleach qui fait « coucou » (enfin, non, elle fait pas coucou, mais je suis sûre que tout le monde comprend l’idée.) Quetzalcoatl, brièvement, fugitivement, disparu aussitôt aperçu. Ma pratique a quelques déités récurrentes, installées : Morrigan, Hel, Hécate, Cailleach et Loki. (Autant pour les déesses lumineuses… XD)
Et puis, suite à un rêve, je croise Odin qui commençait à pointer le bout de son nez (je dirais bien de sa lance, mais ca pourrait être mal perçu) et en reprenant mes carnets de rêves, je me rend compte que ca fait des années que je rêve « d’un vieux moisi en bleu » (à tel point qu’on m’a surnommée Perceval, parce que « dans [mes] rêves/méditations, il y a toujours un vieux ». C’est assez troublant comme rencontre, d’autant que pendant des années, je pouvais pas le blairer, mais alors vraiment pas. Je commence à creuser, il y a un truc, ce truc, c’est le début de mon voyage à travers le panthéon nordique -que je limitais à Loki, Fenrir et Hel. Je travaille un temps avec Frigg, alors que je n’aurais jamais imaginé le faire. Avoir Loki (et sa famille, qui a pris nettement plus d’importance qu’au tout début) et Odin dans ma pratique ne me semblent plus si oxymorique comme au début. En fait, plus j’avance et plus ca me semble logique, quelque part, pour diverses raisons.
Je ne sais pas où s’arrêtera mon voyage à travers le panthéon nordique, puisque ma pratique actuelle est très clairement axée autour de lui, mais je prend les choses comme elles se présentent, comme elles viennent. La suite ? La suite on verra.