La prose des Bâtards (les problématiques dans le Culte des Ancêtres)

Un dernier article avant un déménagement au loin… Je ne reviendrai pas avant un bon moment. 

Il n’y a plus que la Patagonie, la Patagonie, qui convienne à mon immense tristesse, la Patagonie, et un voyage dans les mers du Sud Je suis en route J’ai toujours été en route Je suis en route avec la petite Jehanne de France. (Blaise Cendrars – La prose du transsibérien)

Le culte des Ancêtres occupe une bonne place -sinon la place principale- dans les cultes traditionnels. C’est plus ou moins visibles suivant les groupes et les axes reconstructionnistes et autres, mais au niveau francophone, on assiste à une visibilité de plus en plus importante de cette pratique. Dans la théorie, il est facile de synthétiser rapidement le principe : celui d’honorer ses ascendants. Toujours dans la pratique, il est également relativement facile de de faire quelques synthèses de pistes pour les cas « problématiques » : vous avez été adopté(e) ? Tant mieux, vous avez à la fois vos lignées adoptives et vos lignées génétiques à honorer. Vous avez eu des conflits familiaux graves / familles abusives ? Concentrez-vous sur les « bons » ancêtres et de toutes façons, vous n’êtes pas un individu sorti de nul part, vous êtes sur terre parce que des gens se sont battus, ont survécus et que tout ne tourne pas autour de vous. D’accord, tout ca n’est pas faux, loin de là. D’accord cela ouvre des pistes.

Sauf que, tout ces pistes théoriques, prêtes à bouffer, c’est de la théorie justement. Et le sujet du culte aux Ancêtres, c’est toujours de la théorie, sauf quand il s’agit des nôtres. Quand il s’agit de notre histoire -ou non-histoire- familiale. Arriver la grande gueule en bandoulière avec des réponses toutes faites, c’est ce que vous pouvez vous permettre de faire quand vous n’êtes pas concernés, parce que la théorie prend tout en compte, sauf l’énorme potentiel explosif et sensible dont cette question est porteuse.

Pour certains, il est facile de s’exciter sur une image d’Épinal de sa famille (Parfois, « les fantasmes ancestraux », ca me fait penser au délire de Gardner qui a prétendu avoir été initié et avoir reçu des infos trop trues de Dorothy Clutterbuck, histoire de rendre plus crédible et plus badass ce qu’il avait reconstruit (remarquez, il y a peut-être des wiccans tradz qui s’ignorent. Ok, j’arrête de troller) que d’oublier ses paradoxes, d’oublier ses douleurs. Quelque part, tant mieux pour eux. Sauf quand ils se servent de leur vision (qui n’est jamais qu’un prisme lacunaire : chaque fois que nous considérons quelque chose, ce n’est de toute façon qu’un prisme lacunaire. C’est pareil pour les problèmes, sauf que c’est plus difficile d’échapper à un prisme problématique que de se mettre la tête dans le sable) pour essayer de l’imposer aux autres, ou pire de les rabrouer ou de les tancer sur ce qu’ils devraient faire et ne pas faire. Franchement, quand vous n’êtes pas directement concerné, soit vous y allez mollo, soit vous fermez votre putain de gueule avec vos généralisations sur qui / quoi / pourquoi on devrait honorer ci ou mi. Idem pour les discours du type « mais si tu né/e, c’est que tu l’as choisi, donc… » (les dérives du New Âge et ses ravages : avoir ce type de philosophie n’est pas intrinsèquement un problème, ce qui est un problème, c’est quand la personne s’en sert pour donner des leçons). Les gens qui arrivent la gueule enfarinée avec des discours tout fait sur ce type de question ont généralement une famille relativement simple, ou alors c’est ce qu’il aimerait croire (un peu comme quand j’entends les généralisations idéalistes/idéalisées pour correspondre à « un certain modèle moral », généralisations du type « nos ancêtres ne divorçaient pas ». Ou encore plus fendard quand cela implique les délires du style « l’homosexualité existait moins qu’aujourd’hui ». Haha. Mais bien sûr. Les divorces existaient, ils étaient peut-être moins fréquents effectivement, mais peut-être qu’ils étaient moins fréquents parce que les lois le rendait beaucoup plus complexe, pas parce que les gens avaient une morale « tellement différente de celle de nos jours sur la question. » Tout est relatif : ce type de question demande une énorme quantité de recherches pour ne pas sombrer dans le cliché bas de gamme. Quant à l’homosexualité, je n’ai pas assez de données pour y répondre (à part que les catégorisations hétéro/homo etc, semblent dater de l’ère victorienne), alors plutôt que de dire une connerie, je me contenterai de dire que cela demande des recherches. Peut-être qu’effectivement, elle était moins fréquente qu’aujourd’hui, peut-être pas (je dis bien « fréquente » pas « visible »).

Et que fait-on, quand il n’y a pas d’histoire familiale ? Parce que vos racines n’ont cessées de bouger au cours des quatre générations précédentes, qu’il n’y a eu aucune transmission ? Quand vous avez été coupé(e) de votre histoire par des parents / grand-parents qui pour X raisons ont refusés de transmettre « le flambeau » ? Et que fait-on, quand tout ce que vous découvrez, génération après génération, c’est la répétition d’une histoire dramatique, malsaine, et pas seulement le fait d’un individu isolé ? Et que fait-on quand on n’a pas de « terre natale », quand on appartient aux déracinés, à ceux qui passent leur vie, et dont les ascendants ont passés leur vie à devoir oublier le passé ? Quand les archives qui pourraient contenir votre histoire ont toutes été brûlées par les conflits successifs qui ont déchiré une partie de l’Europe ? Parce que cette région d’où certains de vos ancêtres viennent, a été une poudrière ? Ou quand vous êtes un(e) enfant « non conforme au cahier des charges familiales » et que par le truchement de votre éducation, on vous a non seulement fait comprendre que vous ne faisiez pas partie de la famille, mais que l’on vous a violemment fermé la porte à toute coutume, langue, histoire, culture, souvenir ? (Franchement, pour moi, des gens qui se sont conduits comme ça ne méritent ni que l’on fleurisse une tombe -qu’ils ne méritent pas-, ni qu’on les honorent.). Le problème du problème, c’est quand cela ne se résume pas une seule génération, mais quand l’on constate que ce type d’histoire se répète, des parents, des grands-parents, et encore avant. Après, il ne reste souvent pas grand chose de tangible, et pour moi, il y a une différence entre honorer des ancêtres « imaginaires » et avoir des souvenirs concrets de transmission. Quand on cumule toute une suite d’axes à problèmes, ça devient velue comme thématique. On pourrait imaginer que effectivement, retrouver quelques « ancêtres référents » aide, et d’une certaine manière, c’est le cas. Mais de manière un peu grinçante, j’ai eu l’occasion de constater que très vite parfois on vient vous dire que, quand même, ce n’est pas comme vos ancêtres de sang et que pourquoi vous ne… (« Merde ! » comme dirait Léodagan.) Parfois, on peut retrouver certains ancêtres qui se pointent, et petit à petit, retisser le lien. Parfois. Pas toujours. J’avoue que quand on constate que finalement, tout est mort à ce niveau là (parce que parfois,  il ne reste plus personne de vivant, histoire de bien couronner le tout), je vous avoue que je ne sais pas comment on fait. Je n’ai pas de réponse, et j’ai pu constater que cette problématique est beaucoup plus courante qu’on ne le pense. Comme pour beaucoup de sujets : on trouve beaucoup de sources quand cela se passe bien, moins quand ca se passe mal. Et généralement, les cas où il est fait mention de situations qui se passent moins bien, soit c’est quand la personne a résolu sa problématique, soit quand elle a décidé qu’elle ne ferait pas çi ou ça pour telles et telles raisons. L’entre-deux, faut gratter nettement plus pour avoir des infos. En même temps, je ne cherche pas de réponses toutes faites, justement parce que je crois que dans ce domaine, les réponses toutes faites ne marchent pas. Oui, on peut honorer ses ancêtres de manière généraliste, mais est-ce que, en terme d’impact et de force, cela suffit à compenser les autres défaillances ? En d’autres termes, est-ce que ce rempart suffit pour contenir toute l’étendue d’eau qui par ailleurs menace ?

Par dessus le marché, le pompon, c’est quand des gens viennent vous dire QUI vous devriez prier parce que vos ancêtres venaient de là, et qu’ils ont lus deux fiches wikipédia et pensent vous apporter la civilisation. Jusqu’à preuve du contraire, laissez une personne suivre son chemin. C’est le sien, pas le vôtre. D’autant que les évolutions arrivent au fur et à mesure d’un cheminement, à vouloir les forcer, on risque juste de « braquer » la personne et à la bloquer. Ou qu’elle peut avoir d’autres processus nécessaires à explorer au préalable, quitte à se rendre compte qu’en fin de compte, telle option n’en était pas une et qu’elle s’avère finalement caduque. De plus, des histoires « d’adoptions » peuvent arriver à plusieurs niveaux : non seulement les adoptions passées mais aussi toutes les adoptions actuelles : adoption par une terre, une région, un pays. Adoption par une lignée qui nous intègre, lignées perdues qui en fait rejaillissent sous forme d’un Allié, d’un panthéon etc. Je pense qu’en terme de « culte des Ancêtres », il y a autant de solutions, de problématiques, de parcours, de fonctionnement qu’il y a de personnes.

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Dísir & hamingja : quelques pensées

Les dísir (dís au singulier) sont des groupes d’esprits féminins qui veillent sur une personne / une lignée. Leur origine et leur identité n’est pas très claire.
Personnellement, dans ma pratique, je considère que les dísir sont les esprits des ancêtres (de sang ou spirituels, voire des esprits liés à certains lieux) du côté de la lignée maternelle, ou en tout cas une partie, la notion d’ancêtre féminin et de dísir n’étant pas exactement synonymes). Je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres cultures / traditions, par rapport à mon histoire familiale, c’est un schéma qui a un sens.
Dans ma conception, c’est la femme qui apporte sa lignée féminine, sa lignée de dísir, au sein de la famille et / ou du / d’un clan. Rien n’est clairement précisé dans les textes et ce n’est pas une conception qui me semble très débattue, du moins chez les francophones : c’est simplement un aperçu / considération qui m’est propre, et que ma pratique personnelle a étayée, même si pour autant, elle n’est pas figée. J’ai entendu un jour un homme invoquer ses disír en mentionnant « vous qui serez un jour rejointes par ma femme », ce qui m’a fait tiquer. Il faudrait que je fasse des recherches plus poussées pour étayer mon hypothèse, mais je crois me souvenir que H.E. Davidson en parle dans son livre Roles of the Northern Goddess. En rejoignant la maison du mari, la femme apporte aussi ses esprits protecteur et sa hamigja, sa chance, et par extension, la chance d’une famille (même si la hamingja n’est pas exclusivement corrélée à la branche féminine).
A ce niveau là, la formule Gibu Auja, retrouvée sur une bractéacte et que l’on peut traduire par « je t’apporte la protection » ou « je partage ma chance avec toi » prend un sens intéressant, plus profond, puisque le terme de chance peut aussi se rapporter à la hamingja. Peut-on partager la hamingja ? J’ai tendance à le penser, pas uniquement dans le cas limitatif des unions matrimoniales, mais aussi au sein des clans, des groupes.

Les dísir sont certes des Esprits protecteurs, mais pour autant, comme dans tout travail avec les Esprits, cela ne veut pas dire qu’ils vont se montrer cool. Je n’ai pas de grande pratique de dévotion vis-à-vis de mes « ancêtres » au sens large, pour des raisons très intimes dont je ne parlerai pas en publique, mais je tends à travailler plus globalement avec mes dísir, et de manière un peu moins restrictive, avec les ancêtres de ma lignée maternelle, à une ou deux exceptions près.

disir 24 05 2013
La première fois que j’ai réellement entamé ce type de travail par le biais d’un rituel inspiré des pratiques du Seiðr (pioché dans le bouquin de Katie Gerarrd, Seidr: The Gate Is Open), c’était l’an dernier au moment de la Fête des Mères. Je me suis pris un chassé, mais quelque chose de concret, de la part d’une partie de la troupe qui m’a fait comprendre deux ou trois trucs (et qui est aussi le pourquoi je ne bosse pas avec tous mes ancêtres). Chaque travail, relation, pratique est intime, et doit être considérée comme telle, aussi ma relative expérience n’est très probablement pas généralisable, mais j’ai constaté que ce type de taf peut être violent. Les dísir peuvent s’impliquer très profondément dans votre cheminement, si c’est dans l’intérêt de la lignée, et pas uniquement le vôtre, ce qui cause parfois des complications, et à ce titre, certaines choses peuvent être violentes. Certains faits peuvent remonter, certains souvenirs, ressentis. Quand elles ont un message à faire passer, elles le font, et si ce message peut aider, cela ne garanti pas qu’il soit facile à mettre en œuvre ou agréable.
Plus que d’autres types d’Esprits (comme les Esprits des lieux ou vos Esprits animaux, végétaux et autres) elles ont tendance à se mêler de votre vie, de vos choix, à les approuver ou au contraire à les désapprouver.

Au cours de l’année écoulée, j’ai eu la surprise de constater que, apparemment, dans certains cas (la schématisation exacte des raisons m’est inconnue) il est possible d’avoir des interactions avec les dísir d’autrui : pas volontairement parce que vous en avez envie, mais parce qu’elles peuvent décider que vous, vous allez faire quelque chose pour aider un de leurs descendants. Sans doute, probablement (tu la sens la formulation de  l’hypothétique ?) peuvent-elles le faire parce que vos propres dísir -si tant ait que vous ayez une certaine relation avec- ont également décidé que ce serait une « bonne » chose (encore une fois, la notion de « bien » est relative, et cette notion n’est pas tant corrélée à votre personne qu’au bien-être de votre propre lignée, ce qui peut être un peu délicat non seulement à concevoir mais aussi à accepter vu notre manière moderne (et occidentale) de placer / considérer le bien-être individuel au centre) que vous fassiez ci ou ca.

 

[Odin Project #29] Odin & Freyja

Les nombreuses facettes de Freyja sont parfois dissimulées sous les présentations simplistes de « Déesse de l’amour » qui, si elles ne constituent heureusement pas la majorité des cas, sont néanmoins fréquentes.

Bien plus qu’une déesse d’amour, elle est liée à la guerre, à la mort, au seiðr, à la sexualité, la fertilité, mais aussi, pourrait-on dire, à l’indépendance et à la souveraineté de soi.

Le mari de Freyja, Óðr -dont le nom est basé sur la même racine que celui d’Odin. La question de savoir si Óðr et Odin étaient autrefois un seul et même dieu n’est pas sans faire écho à l’interrogation similaire pour Freyja et Frigg.

En fait, d’une certaine manière, Odin et Freyja ne sont pas sans avoir certains traits communs ou des interactions et en même temps une certaine « opposition » (mais le terme est maladroit).

Les premiers exemples qui viennent en tête concernent la mort, et le fait que les deux se répartissent les guerriers morts, la pratique du Seiðr -on dit que Freyja l’enseigna à Odin- mais plutôt que d’en faire un catalogue maladroit et incomplet (puisque je n’ai pas encore creusé vraiment pour ce qui concerne Freyja), les deux possèdent à la fois une sorte de lien fort / une fonction particuloière au sein de leur groupe (si l’ont peut dire) respectif, et en même temps une espèce de détachement. J’ai abordé plusieurs fois le fait qu’Odin est parfois vu comme le « chef » des Ases, et les paradoxes de cette vision. D’une certaine façon, cela n’est pas sans me rappeler le fait que Freyja est aussi appelée Vanadís, c’est-à-dire la Dís des Vanes : s’il n’y a pas de notion de régulation, il y a l’idée de protection, de veiller sur les siens (ce qui est aussi d’une certaine manière le rôle d’Odin et qui l’oblige à prendre certaines décisions).

Pourtant, l’un comme l’autre sont deux déités indépendantes, l’un voyage, l’autre mène sa vie comme elle l’entend, loin d’un domaine ou d’une maisonnée. Là où Odin apparaît essentiellement comme un dieu « porteur de mort », on peut mettre en miroir la figure de Freyja « porteuse de vie » (le sexe, la fertilité notamment).

C’est évidemment très lacunaire, l’ébauche d’une réflexion plus qu’un réel contenu, mais il y a sûrement des pistes intéressantes à explorer (pareil si on inclu Freyr dans l’équation).

[Odin Project #11] Pourquoi « toujours » Odin ? (approche généraliste)

Odin par Jeffrey Thompson

Avec Thor et Freyja, et dans une autre mesure Loki, Odin semble être l’un des dieux nordiques les plus populaires à l’heure actuelle, ou du moins, l’un des plus présent.

Cela fait parfois l’objet de certains reproches ou critiques, j’ai pu notamment en voir sur tumblr (après, cela reste tumblr, hein) : où sont pointés du doigts certaines personnes mettant toujours en avant Odin et les autres, comme si le panthéon nordique ne comportait pas d’autres dieux.
Je ne sais pas trop penser de ce type de réactions : d’un côté je les comprends, il est vrai que l’on retrouve toujours les mêmes, et qu’on peut se demander par moment si ces personnes ont approfondi un peu leur connaissance du panthéon ou se cantonnent toujours aux mêmes.
De l’autre… de l’autre cela revient à juger la pratique d’une personne. Des gens superficiels, agressifs, limités, il y en a partout dans les courants païens comme ailleurs. Est-ce que leur présence vaut vraiment la peine que l’on s’y attarde ? Je comprends que l’on ait envie de réagir quand on voit certains comportements, certaines attitudes de « bashing » pour reprendre un terme anglophone.
Maintenant, je pense que mettre à l’index n’a qu’une portée limitée : certes dire « ce type de personnes existe mais n’est pas forcément révélateur de l’ensemble d’une catégorie, et [insérer un nom de personnes / de groupe / le pronom « je »] ne suis/n’est pas d’accord avec ça » peut permettre à d’autres de trouver de nouvelles voies ou des solutions, ou d’être rassuré, mais sur le long terme, je pense que si cela n’est pas accompagné d’autres mesures, l’impact en est diminué. Râler contre l’omniprésence, disons d’Odin (on devrait plutôt dire « de sa présence » mais bref), pourquoi pas. Mais alors que les personnes qui pratiquent avec d’autres déités écrivent, partagent, mettent en avant leur réflexions personnelles sur des textes, leur pratique, leur expérience. Je suis peut-être idéaliste, mais de toutes façons, je ne pense pas que l’on puisse obliger une personne à changer : certaines demeureront indécrottables, quand d’autres auront ainsi la possibilité d’élargir leur champs d’investigation.

Après, tout dépend encore une fois des angles de pratique qu’une personne suit : certaines personnes décident plus ou moins consciemment d’entreprendre une recherche / un travail / une dévotion avec une déité donnée. Parfois cela se fait de manière très marquée. Parfois les choses sont plus floues : par exemple une personne va honorer périodiquement certaines déités (soit suivant les fêtes, soit suivant les jours de la semaine pendant un temps défini…) mais de manière relativement factuelle, un peu comme on dirait bonjour à un voisin, sans forcément lier connaissance avec lui. D’autres vont se renseigner au niveau du lore, faire des recherches, mais ce n’est pas parce qu’il y a une recherche et/ou disons des célébrations de politesse qu’il y a une relation.

D’autres personnes attendent que la déité se manifeste, de différentes manières. En quelque sorte, on peut dire qu’ils attendent « le feu vert ». Dans ma pratique, j’ai tendance à mêler les deux manières d’agir : je les « considère » toutes, que ce soit au niveau de l’axe de recherche ou/et au niveau de certaines « célébrations factuelles », mais les relations sont en fait très variables. Par contre, j’ai tendance à attendre un certain déclic avant de pousser certains travaux / certaines pratiques plus loin. Ce n’est pas intrinsèquement bon ou mauvais, c’est juste ma façon de fonctionner (et j’ai tendance à procéder de la même manière avec les gens, sauf exceptions). Maintenant, je considère aussi que « plus vous croisez quelqu’un, plus il y a  statistiquement de possibilité pour qu’une conversation soit possible ».

Toutes les déités ne se ressemblent pas : certaines sont plus discrètes que d’autres, d’autres sont plus ou moins intéressées par les humains. Je tend à penser que même en essayant « à fond » une personne ne nouera pas les mêmes contacts avec toutes. Je suppose qu’il est possible que certaines y arrivent, je n’en sais rien, c’est aussi une possibilité statistique mais peu probable. Tout dépend aussi des déités que l’on range dans l’axe « panthéon nordique », qui varie suivant les gens, leur courant, etc. Je ne rentrerai pas dans le débat, je pense que cela ne regarde que la personne concernée.

Sur ce, venons-en à Odin. Il est un dieu très impliqué dans les affaires humaines : plusieurs textes (dans les Eddas ou dans certaines Saga)  racontent comment il se pointe -déguisé dans la majorité des cas- en Midgard et se mêle aux affaires des humains, parce qu’on l’appelle ou par surprise (je n’en ferai pas la liste, en tout cas pas aujourd’hui). Un de ses noms est Svafnir, que l’on peut traduire « Qui apporte les rêves », et les rêves n’étaient pas pris à la légère. (Katherine Morris détaille un peu le sujet dans son livre Sorceress or Witch ? The Image of Gender in Medieval Iceland and Northern Europe) Si l’on ajoute sa fonction de « chef », et le fait qu’il soit liée à la poésie (qui est ici « le moyen de se souvenir et d’honorer ceux qui sont venu avant » et possède donc une fonction relativement pragmatique, il apparaît en réalité presque logique que ce soit lui qui débarque en premier, si je puis dire. D’une manière un peu humoristique, on pourrait presque dire qu’il fait des tentatives de recrutement (et il sait se montrer assez explicite sur certaines questions.)

Le fait qu’il soit donc extrêmement présent n’a rien de surprenant : outre le fait qu’il soit un dieu énigmatique et fascinant (j’avoue une certaine partialité à ce propos), il est beaucoup plus facilement approchable que d’autres déités comme Heimdall, ou même Balder qui sont, par exemple, beaucoup plus discrets voire taciturne (pour Heimdall, je me base sur certains témoignages que j’ai pu lire, et sur la pratique de deux de mes amies, dont les UPG concordent étonnamment, bien qu’elles ne se connaissent pas. Ce n’est donc surtout pas une vérité générale, juste un exemple donné à titre indicatif.)

[Loki Project # 2] Lui qui apporte les trésors

Loki est un dieu ambivalent : il est à la fois la source de beaucoup de problèmes, mais aussi de leurs solutions.

La cinquième partie du Skáldskaparmál (L’art poétique) raconte pourquoi l’or est appelé aussi chevelure de Sif (toutes sortes de kennings, ces métaphores poétiques sont contenues dans ce texte).
Pour résumer rapidement ce chapitre : Loki coupe les cheveux de Sif et quand Thor l’apprend il veut le tuer. Loki lui promet de faire fabriquer une chevelure en or par les nains (elfes noirs). Il y a va, négocie habilement un pari avec eux et place les deux frangins, Brokkr et Eitri (1) en concurrence. Du coup, en plus de la chevelure, les nains fabriquent le navire de Freyr et son sanglier d’or, la lance et l’anneau d’Odin, le marteau de Thor. Fine mouche (au sens propre ^^) Loki a perturbé un peu les nains pendant qu’ils fabriquaient les objets. Bref, ils reviennent tous les trois et les Ases décident quel objet est le plus utile. Il s’avère qu’ils votent pour le marteau et le nain remporte le pari, et aidé de Thor, se saisit de Loki pour lui couper la tête. Loki rétorque qu’il a dit « ok » pour la tête, mais par le cou, donc le nain lui coud la bouche.

© Kurohaneshizumi

Pour reprendre l’histoire des cheveux de Sif, il revient non seulement avec une chevelure en or, mais aussi avec le navire de Freyr, la lance et l’anneau d’Odin, le marteau de Thor, mais il se retrouve avec la bouche cousue.

De là à dire que les deux seules déités à avoir donné de leurs personnes pour offrir aux trois autres leurs pouvoirs sont Sif qui a eu la chevelure coupée, et Loki, à qui l’on a cousu la bouche. Symbolique intéressante d’ailleurs, surtout si on relie la bouche, le souffle, le pouvoir des mots -Loki et, ô marrant, le Borgne, sont sans doute parmi les plus bavards, en tout cas les deux ont la langue bien pendue- une façon de priver Loki de certains pouvoirs ? On peut imaginer qu’il exerce, au moins ici, deux types de magies : la transformation et sans doute, bien que cela ne soit pas dit, le pouvoir de la persuasion. C’est Brokkr qui punit directement Loki, pas les dieux, puisqu’il a tenu sa parole.

Notons que, si on suit la théorie de Dumézil, Freyr / Thor / Odin symbolisent les trois classes de la société. Sif peut être reliée à la Terre, aux récoltes. La mention de sa chevelure d’or pourrait être en lien avec les récoltes et les champs. Hilda Ellis Davidson fait le lien entre l’aspect terrestre de Sif et l’aspect ciel de Thor.

On pourrait imaginer un lien cohérent entre le pouvoir et la terre, la notion de souveraineté chez les scandinaves étant légèrement différente de celle des celtes, mais il y a bel et bien un lien entre la terre et le fait de régner (d’ailleurs, Odin est souvent présenté comme le chef des Ases, mais cette notion de dirigeant n’a, à aucun moment, de valeur morale, judiciaire etc.)
On peut comprendre le lien entre les nains, la forge, les pouvoirs dont sont investis les objets, le parallèle lien avec les esprits / les morts. Les nains sont très liés à la mort dans le folklore scandinaves et la magie fait souvent appelle à des puissances et des esprits. Si on regarde les objets que Loki rapporte on retrouve :

Skidbladnir (le navire/Freyr)
Gungnir (lance / Odin)
et la chevelure de Sif.

Les autres objets (le verrat, Draupnir et Mjöllnir) sont offert par Brokkr.

Mais que vient faire Loki dans cette histoire ? Le mec, il se réveille, hop, il coupe les cheveux d’une meuf. Bon pourquoi pas, mais il pourrait se contenter de rapporter une perruque en or et basta. Alors que non.

J’ai une interprétation, qui est sans doute bancale étant donnée que je ne suis pas une spécialiste des mythes nordiques, mais Loki est couramment décrit comme un jötunn adopté parmi les Ases – et frère de sang d’Odin, quoi qu’on pourrait en dire long là dessus aussi-.
L’ambivalence des jötnar (il y a d’ailleurs plusieurs types de géants) se retrouve chez d’autres déités de la mythologie nordique, et souvent cette ambivalence est autour des fonctions primordiales (fécondité, froid, chasse, magie, gardien…)  ici il y a un lien entre les objets qu’il rapporte et le pouvoir des dieux, dont la fécondité. (Je n’oserai pas pousser le parallèle jusqu’aux blagues graveleuses que l’on peut faire avec une lance et un navire « à la voile qui se lève dés qu’il y a du vent », d’autant que c’est hors contexte culturellement et donc vite totalement faussé.)

Ici, Loki est l’illustration du côté créateur/destructeur primal et de l’intermédiaire-magicien et chaman. Bien qu’il ne soit pas le créateur direct, il intercède pour que la création de ces objets aient lieu. Le fait qu’il ait la bouche cousue se rapporte pour moi à la pratique du galdr (qu’on réduit souvent au fait d’incanter les runes, alors qu’il s’agit d’incantations plus complexes.) Quand Odin est un dieu-chaman en lien avec la mort et la connaissance, Loki est un dieu-chaman en lien avec les pulsions de vie, de sexualité, de fécondité. Le premier exerce souvent une coercition ou une certaine forme de menace (je vais pas faire la liste) quand le second charme par les mots ou par le rire (l’épisode de ses couilles accrochées à une chèvre pour faire rire Skaði) pour ses intercessions. On peut considérer que les cheveux perdus de Sif constituent d’une certaine manière, une forme de paiement, pas forcément à Loki, mais de manière générale (un don pour un don) ou un prétexte (comme le fait d’apporter des offrandes pour démarrer un travail).

(1) : Brok et Sindre dans la traduction anglaise.

Sources :
L’Edda, trad. François-Xavier Dillmann
The Prose Edda, trad. J. L. Byock
Gods and Myths of Northern Europe, Hilda Ellis Davidson

[Odin Project – Jour 6] Les plantes d’Odin

Les plantes présentées sont celles que j’utilise personnellement, la liste n’est absolument pas exhaustive. Parmi les plantes citées ci-dessous, certaines sont communément admises, d’autres peut-être un peu moins.

If : On dit souvent qu’Yggdrasil est un frêne, mais la façon dont il est décrit dans la Völuspa pourrait indiquer un if : 1/ c’est un arbre « toujours vert » 2/ des cerfs mangent ses aiguilles. La rune Yr est celle de l’Arbre Monde et de l’if toujours vert. Pour ces raisons -et pour d’autres- j’associe l’if à Odin, mais je n’utilise pas le frêne.

Marrube : De nombreuses sources sur internet (et dans le livre de Galina Krasskova, Northern Tradition for the Solitary Practitioner) indiquent que le marrube est lié à Odin mais je n’ai pas pu en découvrir la raison (d’ailleurs si quelqu’un connaît la raison, il peut m’envoyer un mail). L’étymologie du mot anglais (horehound) n’est pas non plus catégorique, plusieurs pistes ayant été proposées, certaines n’étant pas confirmées. En tout cas, mon hypothèse personnelle après quelques lectures, c’est qu’il y a sans doute/peut-être une confusion entre le marrube blanc (marrubium vulgare) et le marrube noir (la ballote, ballota nigra) : ces deux plantes ont le même nom en anglais. Il pourrait y avoir un lien avec les chiens -YOU DON’T SAY ?- mais surtout, il semble qu’il y ait un lien avec l’empoisonnement, l’intoxication -la ballote est toxique- mais aussi la guérison -le marrube blanc est employé depuis l’Antiquité pour guérir diverses affections, dont les morsures de chiens enragés. On sait qu’Odin est nommé Woden en vieil allemand, et wod- signifie intoxication, fureur (je cite Gundarsson). Bon, en tout cas, en travaillant sur la plante, j’ai constaté qu’il y a effectivement un lien et que ca marche. J’aimerais bien tester avec la ballote, mais je n’en ai pas sous la patte (je fais appel à un(e) généreux/se donateur/trice ^^).

Tabac : Dans certaines  traditions chamaniques, le tabac est employé comme offrande pour les esprits. Ca n’est pas vraiment traditionnel (en même temps, s’il ne fallait faire que des trucs tradz…) étant donné que le tabac a été rapporté d’Amérique (bon historiquement il y aurait de quoi écrire un pavé sur la découverte de l’Amérique, Erik le Rouge et toutes les polémiques autour, mais cela n’est ni le but, ni mon domaine). On peut lui associer le tabac en tant que lien avec les esprits et la mort, et les voyages chamanique. Je suppose que le côté Gandalf joue peut-être un peu dans l’inconscient aussi, mais ca n’est pas forcément contradictoire.

Mousse de chêne : (J’aurais bien une blague graveleuse à proposer, mais je vais me retenir). C’est du purement intuitif, juste une question d’odeur. J’adore celle de la mousse de chêne, elle a quelque chose d’enivrant je trouve, ce sont des considérations tout à fait personnelles qui font que je la rattache à Odin (et pas que à lui d’ailleurs).

Menthe poivrée (et la menthe verte) : La Menthe verte se dit « spearmint » en anglais. Spear, c’est la lance et me fait penser à Gungnir, la lance d’Odin. Il n’y a pas vraiment de raison pour la menthe poivrée, c’est une simple question d’odeur, et parce que la menthe verte est pour moi plus « féminine » et la menthe poivrée plus « masculine ».

Le poireau (mais aussi l’oignon, l’ailgarleac en vieil-anglais, ce qui signifie lance-poireau-) : Ca fait sourire à notre époque, mais le poireau est une plante sacrée dans la mythologie nordique. Ca n’est pas tant à cause de la forme du légumes qu’avec son lien à la rune laguz, qui est le plus souvent interprétée comme celle de l’eau, mais qui était probablement la rune du poireau et donc de l’essence vitale (je fais simple).

Cheminer aux côtés des Déités

Voici deux ou trois idées à ce sujet que j’ai souhaité partager. Ce n’est pas exhaustif (il faudrait être assez gonflé pour prétendre être capable de tout dire sur un tel sujet) ni forcément très approfondi. Comme ce sont des choses qui me paraissent très naturelles, j’ai du mal à expliquer en profondeur le pourquoi du comment (d’autant que, encore une fois, je ne suis pas habituée à parler de cela).

Les Déités font échos à quelque chose en nous

Les visages du divin qui croisent notre route ne proviennent pas de nul part. Nous ne choisissons pas vraiment ces déités : si nous les croisons, c’est que quelque chose en nous, dans notre histoire, notre parcours et notre vision du monde fait écho à ce qu’elles représentent. Elles se présentent parce que nous avons quelque chose à apprendre d’elle, et qu’elle peuvent retirer quelque chose de nous. Quand nous sommes attirés soudainement par une déité, j’ai l’impression qu’il est fréquent, après quelques recherches, de trouver des points communs que ce soit dans les mythes qui leurs sont rattachés, dans leurs attributs ou dans leurs fonctions.

Elles nous ressembles et nous leurs ressemblons. Elles sont là pour nous apprendre quelque chose de précis, ou pour nous accompagner, nous faire évoluer. Elles constituent, en quelque sorte, une représentation extérieur de ce que nous sommes à l’intérieur. En nous calquant sur elles, nous pouvons apprivoiser cet aspect et mieux nous comprendre, apaiser de vieilles blessures, trouver la force nécessaire pour continuer la route.

Une relation basée sur l’échange

J’ai dis plus haut que c’est une relation à double sens, parce que dans ma façon de voir les choses et en discutant avec plusieurs personnes, j’ai pu constater qu’il y a un échange : la déité nous apporte quelque chose dont nous avons besoin. En retour, notre énergie, parce qu’elle est en rapport avec cette caractéristique, nourrit cette déité. Comme si nous lui faisons offrande de nous-même. C’est peut-être un peu théorique dit comme cela, aussi je vais essayer de prendre un exemple concret sans être trop spécifique ou personnel. Par exemple, une personne qui appelle Hécate pour l’accompagner dans une phase intense de transformation peut se sentir guidée, protégée par elle. Comme elle se transforme elle-même et qu’elle se sent en lien avec Hécate, il y a de grandes chances pour qu’elle redirige -même inconsciemment- cette énergie de changement et de transformations vers Hécate, qui s’en trouve nourrit.

De l’inutilité des conseils à ce propos

Sous ce titre un peu provocateur, je voulais simplement développer une idée assez basique. Notre rapport avec les déités est quelque chose de très personnel. Parce que ces visages font écho à quelque chose en nous, la relation que nous entretenons avec eux est incomparable. Personne sur terre n’a vécu votre vie, pleuré vos souffrances, jouit de vos victoires. Personne. Personne ne peut savoir qui nous sommes vraiment, et la plupart du temps, nous ne le savons pas vraiment non plus. Nous essayons juste de le découvrir, de travailler sur nous, d’avancer. Par conséquent, les autres ne peuvent pas vraiment vous aider.
Ca me fait toujours sourire quand je lis des conseils du type « attention à cette déesse tu sais, elle n’est pas pour tout le monde, tu vas te faire rétamer ». C’est d’ailleurs quelque chose qu’on lis davantage par rapport aux déesses/dieux sombres. J’y vois surtout un problème d’égo. Dans le fait de dire à quelqu’un que tel ou tel aspect du divin n’est pas -encore- pour lui, qu’il faut « avoir le niveau pour », il y a un sous-entendu assez déplaisant qui semble dire « moi je sais, toi pas. » Hors, personne ne connait jamais personne. On ne voit que des strates, des paillettes d’un individu. Dans le même ordre d’idée, je suis perplexe quand une personne demande à une autre si « à son avis elle peut travailler avec Machin ou Bidulette. » Pourquoi avez-vous besoin de permission ? Vous ne pouvez pas savoir si Bidulette va lui ramasser la gueule, comme on dit. Et vous ne pouvez pas non plus être certain(e) que Machin soit finalement aussi bienveillant que vous l’assurez.

J’ai avec Hécate une certaine relation, qui est ce qu’elle est, mais Hécate ne m’a jamais « ramassé la gueule » pour le dire clairement. Oui, elle est claire, franche. Mais par certains côtés, je suis une vraie bourrine et comme je le dis souvent, je n’aurai pas eu la force d’encaisser certains chocs survenus dans ma vie si j’avais eu Séléné à la place de Morrigan, par exemple. Par contre, d’autres personnes ont des relations tout à fait différentes avec cette déesse, et il leur est arrivé de se faire ramasser. A contrario, je n’ai jamais entendu de mise en garde concernant Frigg, ca ne m’a pas empêchée de me prendre un putain de coup de pied au cul pendant mon premier voyage vers Fensalir. Ce n’est pas un jugement. Ce n’est pas une question de valeur, à quelque niveau que ce soit. C’est simplement le reflet de vous-même et de votre essence, de votre fonctionnement.

Comment débuter un travail avec une Déité ?

« Sortez-vous les doigts du cul » comme dirait Arthur dans Kaamelott.

[Note : il est bien entendu que je parle ici d’un travail d’approche avec les déités. C’est à dire de quelque chose de généraliste n’impliquant pas de grosses pratiques et autres, choses pour lesquelles il vaut mieux reagrder un peu avant de sauter à pieds joints, du moins en général]

Pour autant, je ne dis pas que tous les conseils sont inutiles. En matière de travail avec les déités, je distingue deux types : Ceux où l’une déité vous tombe littéralement dessus. Ceux où vous essayez de faire un cheminement vers telle Déesse ou tel Dieu, par curiosité ou pour diverses raisons « réfléchies ». Dans ce dernier cas, les conseils sont précieux. Si par exemple, demain je décidais de travailler avec Hathor ou Lakshimi, il est plus que probable que je demande autour de moi à des personnes travaillant/ayant une relation bien établie avec ces déesses, ne serait-ce que pour pas débarquer comme un gros chien mal élevé dans un jeu de quilles.
Par contre, si Hathor me tombait dessus demain et que j’éprouve soudainement le besoin impérieux de travailler avec elle, il est plus que probable que je me lancerais dans la bataille toute seule, à l’instinct, et que je ne me renseignerais plus précisément qu’une fois le travail déjà entamé. Une façon de garder les antennes et l’instinct largement ouverts. (Ceci étant dit, je doute très fortement que Hathor se présente demain XD).
Ce que j’essaye de dire, c’est qu’il n’y a pas de bonne(s) et de mauvaise(s) manière(s) de travailler/d’entamer un travail avec une déité. C’est à vous de voir, en fonction de votre fonctionnement, de votre personnalité.

Ma méthode n’est pas la meilleure, elle n’est pas la plus mauvaise : elle est simplement à l’image de ce que je suis. Trouvez la votre. Si je recevais un mail me demandant si je trouve risqué de travailler avec la Morrigan, il y a de fortes chances pour que je réponde deux phrases que je dis tout le temps : je ne sais pas et ca dépend. Ca dépend de vous, des raisons pour lesquelles vous prenez cette direction, des mensonges que vous vous faites (on s’en fait tous), des blessures que vous pensez avoir pansées alors que non, de la manière dont notre égo nous travaille (il nous travaille tous.). Je pense que les gens qui veulent s’adresser à une déité sont assez grands pour prendre leurs responsabilités, je pense que les déités sont assez grandes pour s’exprimer toutes seules et que le reste n’est pas de mon ressort. Si une personne se fait ramasser la tronche parce qu’elle a fait n’importe quoi, ca n’est pas mon problème. Si elle n’est pas stupide, elle comprendra. Si elle est stupide, ca n’est pas mon problème non plus.