[SYLPHE] Dans les poches d’un Sorciéron…

Je suis un sorciéron indiscipliné-ciéron. Comprendre par là que généralement, mes affaires sont toutes en vrac dans mon sac ordinaire. Mis à part un « crane bag » qui regroupe des éléments en lien avec certains esprits et/où un taf particulier en cours (contenu que je ne montre pas, sauf rares exceptions), le reste de mon « matos » se trouve pêle-mêle avec mes affaires ordinaires, ce qui génère des « Et meeeerde, j’ai perdu mon pass Navigo ! » (phrase récurrente, suivie de quelques minutes de recherches fiévreuses avant de découvrir que non, il est soigneusement rangé, pour ne pas le perdre, dans la poche du sac de mon tambour, pour la plus grande exaspération de mes coreligionnaires… Pardon les gars.) « Merde, je sais plus ce que j’ai foutu de mon flacon d’ocre ! » Au fur et à mesure de mes pérégrinations, j’accumule toutes sortes de trouvailles dans mon sac : mousse, petits os, cailloux etc. Du coup, quand j’arrive au travail le lundi matin, c’est toujours un joyeux bordel entre mes affaires regular, et la boussole / cran d’arrêt / allume-feux / encens.

Le matos le plus important, celui à avoir toujours sur soi, c’est à mes yeux plutôt du matériel « de bon sens » : boussole, couteau, allume-feux, cordelette. Suivant mes déplacements, j’y ajoute une lampe frontale, une lacrymo, une trousse à pharmacie -avec couverture de survie, pince à tiques, par exemple. Parce que si vous vous savez que vous êtes en accord avec les énergies bienveillantes de la Terre-Mère (sarcasme), les tiques, elles, ne sont pas au courant, et que la maladie de Lyme, c’est de la merde.

Finalement, après le mois d’août passé à courir après mes affaires, j’ai utilisé un reste de laine qui m’avait servi pour un autre projet pour crafter un pochon un peu plus grand histoire de rassembler mon merdier (ou au moins essayer). J’avais déjà un pochon pour mes runes que j’avais acheté chez Claire, mais celui là, il était important que je le fabrique moi-même. La bête a été fabriquée avec de la laine de base et de la fat über laine des Ateliers de l’Awen qui déchire sa race (celle qui est bleue/jaune/verte etc).

Le pendentif date d’il y a 10 ans. Je l’avais acheté quand je faisais ma prépa en Bretagne. J’avais fait un rêve où je portais un médaillon avant de tomber sur celui là dans une boutique, l’exacte reproduction de celui que je portais dans mon rêve. (Y’avait un mec tout chelou genre habillé à la scandinave qui me disait « on ne tue pas les porteurs de ce signe, en désignant mon médaillon. J’avais trouvé ça marrant.)
Je vais tâche de me discipliner et de mettre toutes mes affaires au même endroit. Dont ma « pierre de foyer » et mes perles de prières. La pierre de foyer c’était un délire de l’époque où je jouais à World of Warcraft, elle sert à revenir « chez soi », et j’en avais faite une en pâte fimo et je l’utilisais dans le cadre de certaines de mes pratiques. C’est toujours plus ou moins le cas. (Perte de crédibilité : 50 points à votre réputation). Quant aux perles, j’ai beau en fabriquer des très belles en pierre, je préfère utiliser celles en bois, toutes bêtes, pour la simple et bonne raison qu’elles me servent pour tout le monde, et que je les trimballe en toutes circonstances, y compris au lit. Autant qu’elles ne soient pas fragile, mon matos ayant intérêt à être tout terrain.
S »y ajoutent toutes sortes de merdier. J’avais au départ brodée une pochette pour les rêves, mais en fait, je m’en sers davantage pour ranger plantes et encens. J’ai pas assez de discipline pour avoir des pochettes pour chaque pratique, des carnets pour tel ou tel type de récit, des colliers réservés à ci ou à mi. Pareil pour le couteau, par sa lame courbe, il sert surtout à couper les plantes etc, mais en fait, j’ai souvent uniquement le Muela offert par mon père, qui avait la manie de m’offrir des couteaux de là où il allait en voyage. Parfois je rajoute un canif etc. Un jour je vais me faire contrôler par un flic et j’aurai des ennuis. L’encens c’est bien pratique, mais j’avoue que j’en ai rarement spontanément sur moi.

(And now you shall see Odin)

Parmi les bricoles que je mets dedans, des baumes, des os, des trucs ramassés sur le bord des chemins (plus mes poches, souvent pleines de détritus que je ramasse quand je suis en forêt ou sur la plage. Parfois, contribuer à nettoyer un peu l’endroit de la saleté déposée par les humains, c’est les meilleurs offrandes. Il n’y a pas forcément besoin d’avoir toutes sortes de trucs sophistiqués. D’autant que certains Esprits des Lieux n’aiment pas trop qu’une personne surgit de nulle part se mette à faire des offrandes spontanées etc.) Avoir un ou deux cathéter c’est pratique quand on doit prendre du sang, c’est plus simple et plus « sécuritaire » que les couteaux. Généralement j’en ai deux, cela permet d’en passer un à quelqu’un si besoin. Evidemment, ils sont à jeter après usage : on n’utilise pas de cathéter déjà utilisé (sauf si on le garde strictement pour soi) si on les passe à quelqu’un d’autre. On remet la canule après usage et on le jette. (Risques HIV / hépatites, toussa… Je sais je suis reloue avec ça, mais malheureusement, c’est une donnée qui tend à être de plus en plus zappée à l’heure actuelle.)

Et sinon, des huiles / baumes / onguents de fabrication perso. De l’ocre et autres. (PAs tout en même temps, c’est suivant les périodes, l’inspiration et les nécessités du moment…)

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[PBP] Q – Le quotidien et la vie spirituelle

Auteur inconnu

Le quotidien et sa routine est souvent un facteur de difficultés pour certains. Comment prendre ou trouver le temps de faire tout ce que l’on aimerait faire quand on doit gérer une journée de travail (ou des études, des révisions et un job d’étudiant), un temps de transports dans la plupart des cas, s’occuper de sa maison, des animaux et des enfants quand il y en a, les tâches administratives, les courses…

J’entends souvent dire « j’aimerais bien mais je n’ai pas le temps » et comme réponse « c’est que tu n’as pas envie de prendre le temps, quand on veux, on peut. » Dans les deux cas, je suis sceptique. Pour commencer par répondre sur le deuxième propos, ce n’est, à mon humble avis, pas une réponse qui est d’une grande aide. Elle est culpabilisante et n’aide en rien. Toujours à mon humble avis, quand une personne exprime une difficulté ou une frustration parce qu’elle n’arrive pas à faire quelque chose qu’elle souhaite, la renvoyer dans ses buts en lui rétorquant YAKA-FOKTU, c’est comment dire… useless, alors qu’un ou deux « trucs » ou lui demander ce qui cloche exactement, c’est plus utile.

J’écarterai les conseils du genre « demande à ton/ta partenaire de t’aider », supposant que les gens le savent, et ont demandé, et sont déjà dans ce cas de figure ou ne peuvent pas forcément l’être pour diverses raisons. Les détails ne me regardent pas d’une part, d’autre part, si vous n’y aviez pas déjà pensé, je peux rien pour vous.

1. Vos priorités dans votre pratique quotidienne

Qu’est-ce que qui pose problème exactement, ou en d’autres termes, si on vous donne un créneau de 20 minutes, qu’est-ce que vous aimeriez avoir le temps de faire dans votre pratique ?

  • Essayez d’établir deux ou trois (pas plus) choses que vous voudriez faire chaque jour, dans l’idéal, et qui vous semble indispensable dans votre pratique. Par exemple, pratiquer une respiration en profondeur, prendre quelques minutes pour faire des offrandes. Faire un tirage « du jour » et faire une méditation et avancer une lecture. Ne vous fixez pas de grands objectifs s’étalant sur la durée, pas pour commencer. Quand on commence à se dégoter des « niches temporelles », il vaut viser modeste, des petites choses indépendantes. Si vous vous fixer un objectif sur la durée, le risque est de se dire « bon aujourd’hui tant pis, je le ferai demain », et vous connaissez la suite…
  • Déterminez « une majeure » et « une mineure » : laquelle est vraiment prioritaire (dans VOTRE conception et VOTRE pratique, pas celle d’un autre) et prendra un peu plus de temps. Toujours dans le cas des 20 minutes, on peut dire, 13 min pour la majeure, 7 min pour la mineure. Notez que c’est un exemple, il n’est pas question de chronométrer, c’est pour donner un ordre d’idée… et tout va dépendre de l’organisation de votre journée. C’est plus facile et probant de se dégager tous les jours 5 minutes que de fantasmer toute la semaine sur le week-end en se disant « que l’on prendra le temps » etc, résultat des courses : la plupart du temps, on fait beaucoup de choses, mais pas celles que l’on avait escomptées.
  • Regardez à quoi ressemble votre emploi du temps : il y a sans doute des moment où les activités profanes peuvent se combiner avec vos priorités. Par exemple, si vous prenez le train, vous pouvez peut-être combiner votre transport avec une méditation ou une respiration (si le train est plein et que vous n’avez pas la possibilité de vous asseoir) ? J’ai une amie qui faisait ça il y a quelques années 😉 Avez-vous une pause déjeuner que vous pouvez prendre seul(e) de temps en temps ? Un endroit calme où vous aimez vous poser ?

2. Répartition du temps spirituel / profane

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, mais il y a sans doute un schéma global qui se répète. Suivant les périodes, il y a des moments plus ou moins chargés. Je crois que l’essentiel, c’est d’être clair sur ses souhaits et réaliste par rapport au temps dont on peut disposer. Peut-être n’avez vous pas la possibilité de faire certaines choses tous les jours pour X raisons que vous n’avez pas à justifier. L’important, c’est qu’il y a une certaine régularité, de ne pas culpabiliser et de ne pas se comparer aux autres.

  • Comme mentionné précédemment, il y a toutes sortes de moments quotidiens où le sacré et le profane (si on peut dire) peuvent s’interpoler. Quelques exemples en vrac :
    – Profiter d’un passage d’aspirateur pour purifier
    – Faire sa purification personnelle sous la douche
    – Faire une offrande pendant que l’on prépare le repas, ou garder une bougie dans la cuisine et l’allumer à ce moment là.
    – Profiter de la vaisselle pour faire une respiration en profondeur.
    – Allumer un bâton d’encens après la douche pendant que l’on s’habille ou se déshabille. Prendre 30 secondes, juste 30 secondes pour remercier ou faire de courtes dévotions ou s’adresser aux dieux, guides etc si c’est dans notre pratique
    – Prêter attention à ce qui nous entoure, même si on ne sort que le temps de gagner la gare ou la station de bus.
  • Parfois, faire des mini-planning pour le ménage par exemple, aide à y passer moins de temps : tous les jours nettoyer une zone, avec une fois par mois plus de temps pour les tâches moins courantes. C’est quelque chose que j’ai personnellement essayé, et honnêtement le but est de libérer le week-end et de ne pas se retrouver de temps en temps avec une monstrueuse journée de corvée. (Même si une amie m’a traitée de Bree Van de Kamp, elle a reconnue que c’était bien pratique).
  • Une autre démarche que je trouve intéressante : le projet 333, basé sur le minimalisme, qui consiste notamment à réduire sa garde-robe à un certain nombre d’items pour une durée limitée (je ne détaille pas plus, le lien explique tout très bien). Tout le monde ne sera pas intéressé, mais c’est une façon de voir qui est à essayer, et honnêtement, oui cela simplifie la vie. 😉 L’intérêt étant de se libérer l’esprit.

3. La vision de votre pratique

J’ai l’impression qu’un des problèmes pour l’inclusion de la spiritualité dans la vie quotidienne réside pour une bonne part dans l’image que l’on a de la première. Il est tentant, mais pas forcément pertinent, de se cantonner à une espèce d’Image d’Epinal de la pratique. L’idée que l’on doit obligatoirement se trouver en pleine nature, ou célébrer en groupe, ou aborer telle ou telle tenue ou faire un rituel sophistiqué n’est pas seulement utopique, elle est aussi empoisonnante.
Elle est empoisonnante parce que plus notre idéal se situe loin de ce que nous avons la possibilité de faire réellement au quotidien, plus on se sent incapable de l’atteindre et plus on est tenté de renoncer ou pire, de se culpabiliser.
Malgré la liberté apparente, il y a bel et bien des « standards fantasmés » de ce que doit être une pratique spirituelle et/ou magique. Qu’il faut revêtir une tenue rituelle, prendre une douche avant, organiser son espace, dresser un autel, projeter un cercle, faire des dévotions longues et compliquées… sinon vous n’êtes pas un « true » mais un « wannabe ». Et bien c’est de la merde. Le perfectionnisme est une forme d’immobilisme. Ne pas faire en se disant que l’on attendra pour « bien faire », c’est se noyer dans du béton sur le long terme. (J’ai tendance à être comme ca, du coup, je met mille ans pour répondre à certains mails ou pour écrire certaines choses, c’est nul.)

Vous en venez aux voies du paganisme pour trouver une religion/spiritualité qui vous correspond et vous vous enfermez dans des dogmes à la con, dictés et relayés par des articles de blog ou par des images sociales de personnes que vous ne connaissez pas. Franchement, autant aller à l’église le dimanche matin à ce moment là.

Sauvez une étoile : ouvrez le bocal.
(auteur du gif inconnu)

Qu’est-ce que votre pratique spirituelle/magique pour vous ? Qu’est-ce qui vous convient et qu’est-ce qui ne vous convient pas ? Il ne s’agit pas de faire « à la carte » -une réflexion que j’ai parfois eu « ah oui, le paganisme/la wicca/le machin/le bidule, vous prenez ce qui vous plaît vous laissez le reste ». Non. Il s’agit simplement de rester réaliste et pragmatique. Je vais prendre un exemple simple, qui m’a (nous) a longtemps concerné, le Loup et moi. Quand on voulait faire les Esbats de pleine lune, bien comme il faut, façon Wicca traditionnelle, on se prenait la tête, on était crevés, stressés, il fallait se motiver pour faire les préparatifs, ca prenait une plombe, résultat : enguelades, célébration merdique, stress, couchés crevés ou on renonçait parce que ca nous soûlait. Bénéfice : ZÉRO. NADA. C’était une attitude de merde : on s’obstinait mais ca n’était pas pour nous.
Aujourd’hui, après que « Mister Destructor » soit passé par là et que j’ai eu l’épiphanie un après-midi en me disant « putain, mon autel, ca correspond plus », et qu’il m’ait fallut des mois pour me rendre que compte que, tiens, ma façon de considérer les choses avait radicalement changé (pour le plus grand amusement d’une amie qui m’a dit par la suite « mais c’était grillé Choupette, tu étais la seule à pas le voir »), le reste s’est arrangé aussi. C’est assez curieux de mesurer les profondes évolutions après coup, parce qu’on ne les a pas vu venir, elles se sont faites en mode fufu dans un coin.
Aujourd’hui, la Tanière est devenue un endroit curieux, avec plusieurs autels, où on croise un Loup qui fait ses offrandes le matin et où le Sorcièron tire les cartes dans le salon le soir, tout en bavardant et en buvant un thé. Où souvent, les discussions nocturnes au chaud sous la couette passent allègrement du récit de la journée à des débats sur les Eddas et des spéculations sur ses protagonistes. Et la célébration des récoltes ne s’est pas faite skyclad dans un cercle, mais dans une forêt danoise, avec une bouteille de bière. Sans doute beaucoup moins classieux, mais franchement plus fun. Pour nous.
L’important, c’est de ne pas fantasmer sur ce que l’on aimerait être ou sur l’image que l’on aimerait renvoyer, mais d’être sincère sur ce que l’on est, ce qui nous épanouit, ce qui nous va et ce que l’on aime. Tant que l’on essaie de coller à une image ou de faire « comme d’autres que l’on admire », ca n’apporte rien. Alors oui, il y a des personnes pour qui certains types de pratiques vont très bien, et ils trouvent leur épanouissement là-dedans, ce n’est pas parce que ce n’est pas votre cas qu’il faut dénigrer leur pratique. Mais ce n’est pas parce que d’autres y trouvent leur compte que vous y trouverez le vôtre non plus.

Si vous rentrez le soir, que vous avez prévu disons, d’aller saluer vos guides, qu’est-ce qu’il vaut mieux : passer 2h à faire des préparatifs, être crevé et que cela ne donne rien ? Ou allumer une bougie et avoir plus de temps pour votre but ? D’autres personnes préféreront le faire rarement, mais en y mettant les formes, c’est une question de choix, de pratique, de point de vue et de personnalité. Peu importe, mais de manière générale, si ca coince trop longtemps, trop violemment et que cela vous dévore, c’est très certainement qu’il y a quelque chose à repenser.

[PBP] N – Nuit noire de l’âme

L’expression « nuit noire de l’âme » est attribuée à Jean de la Croix. Elle désigne un sentiment de vide, d’absence de connexion à Dieu (nous on dirait aux Dieux :p).

Quand j’étais enfant, pendant une longue période, j’étais très connectée au spirituel, à Dieu. A tel point que je voulais me consacrer à lui et devenir religieuse, je n’imaginais pas une vie sans ce lien spirituel. Je passais pour une tarée auprès de mes rares copines de classe, et on m’avait dit que, de toutes façons, je changerai et que ca me passerai, ce qui me blessait énormément. Par la suite, avec l’adolescence, ca s’est arrêté, et j’ai traversé une phase complètement athée, vers l’âge de quatorze ans. Je n’ai redécouvert la facette spirituelle qu’au moment où j’ai découvert le paganisme et la wicca, vers l’âge de seize ans. C’était tout nouveau, tout beau, même s’il y a eu beaucoup de doutes, beaucoup de « non tout ca c’est dans ma tête », de « je suis toute seule comme ça, ca ne sert à rien. »

Et un jour, deux ou trois ans après le début, crac. Plus rien.
Ca ne s’est pas passé de manière aussi soudaine, et en y repensant, j’avais fait beaucoup de conneries et avec le recul, je ne suis pas sûre d’avoir emprunté certains chemins pour de bonnes raisons. J’étais en train de devenir inchiable : partie trop vite, trop loin, et je me suis pris un mur. J’ai du me le prendre plusieurs fois, et si ma pratique avait été différente, plus dévotionnelle, plus ouverte et moins « distribution de cadeaux, demandes en tous genres et « je me prends pour mieux que tout le monde parce que je suis une sorcière et j’en profite pour bidouiller ce que je ne devrais pas bidouiller » (oui j’ai été comme ça. Aujourd’hui, j’avoue que c’est un travail que je dois faire au quotidien : me rappeler comment j’étais et lâcher du lest quand je vois des attitudes qui m’énervent. Je n’ai pas fait mieux. Pire je ne sais pas, mais mieux certainement pas.) sans doute que ca ne m’aurait pas fait ca.

Connexion coupée. Plus d’antennes. Plus de rêves. Je n’arrivais plus à ressentir les dieux. Il n’y avait plus cette espèce de lien qu’il y avait avant, quelque soit ce que j’essayais de faire.

L’impression d’être amputée, morte. Une coquille vide, qui tente désespérément de renouer le contact avec le Divin. Mais de Divin il n’y a plus. Seulement le vide. Après avoir eu le sentiment d’être portée, entourée, on se sent seule, sans lumière intérieure, sans rien. C’est comme d’être enfermée dans une chambre noire, sans lumière et sans aucun bruit, même pas celui des battements de son propre cœur. On ne perçoit pas le moindre souffle d’air, les dimensions de la chambre noire nous sont inconnue et il est impossible de les appréhender. Toute notion du temps disparaît. On est là et quand on ouvre la bouche pour appeler, aucun son ne franchit le seuil de nos lèvres. Si on essaye de se palper pour se rassurer et se dire que notre corps est réel, c’est comme si on ne touchait rien (métaphoriquement parlant). Je crois que les trous noirs sont une bonne image.
Même si ma pratique était discutable, je sentais une connexion, quelque chose. Même si je n’appréhendais pas les déités comme je le fais maintenant, je sentais qu’elles existaient, peu importe la forme que je leurs donnais à l’époque.

D’après ce que j’ai pu lire, la nuit noire de l’âme sert en quelques sortes à nous purger spirituellement, elle est normale. Comme il est normal d’alterner période de connexion intense et des périodes plus creuses. Avec le recul, je me dit que c’était la meilleure chose qui a pu m’arriver, et que cela m’a sans doute évitée beaucoup d’autres conneries et complications.

Par la suite, c’est un peu revenu. Un peu, mais jamais comme dans mon enfance en tout cas. Quand on discutait de mystique avec E. (qui se définissait comme un mystique chrétien rationnaliste), j’avais envie de hurler et de me mettre en colère. J’avais ressenti cette connexion, cet amour là et il était perdu. Inaccessible. Je ne savais pas comment le faire renaître. Alors je me suis acharnée et plus je m’acharnais, plus je me rendais compte que les rituels, les codifications etc, ne servaient strictement à rien s’il n’y avait pas la source. Mais cette source là, j’en avais perdu le chemin.

Alexander L. Brown

Je me suis résignée, et j’ai retrouvé beaucoup, par rapport à la période noire. Mais encore une fois, pas tout. Je m’étais résignée, et je trouvais que c’était pas mal. J’en ai déjà parlé (dans mon post sur Beltane je crois) mais je m’étais convaincue que ce que j’avais ressenti dans mon enfance était dû à mon jeune âge, parce que « je n’avais rien d’autres dans la vie » et que j’avais grandi. Aujourd’hui je crois profondément que c’est faux : accuser sa vie, son âge, ses échecs et ses victoires pour justifier l’absence d’un ressenti, l’absence d’amour, c’est juste de la merde. C’est significatif d’une certaine souffrance, d’une certaine aigreur par contre.

Ce qu’on dit rarement, c’est que la reconnexion peut être extrêmement violente : comme de vouloir battre le record de l’apnée du premier coup (je n’ai pas voulu employer la métaphore de la caverne, parce qu’elle reprend une dichotomie ombre/lumière que je trouve moyennement pertinente). Dans la mesure où nos déités ont chacune des particularités, je ne pense pas que l’on puisse dessiner un schéma « de retrouvailles » qui soient valables pour toutes : certaines le feront doucement, d’autres brutalement etc. Pas pour nous nuire, mais parce qu’elles ont des motivations qui nous sont à mon avis inconnues. Je ne sais pas pourquoi elles viennent dans la vie de certains et pas d’autres, pourquoi ci, pourquoi ça. Au mieux j’ai des hypothèses. Le chemin de la source, on le retrouve parfois quand on pensais partir complètement ailleurs : je me souviens d’un proverbe (je ne suis pas certaine que ce soit vraiment un proverbe, je me méfie des on-dit) qui dit « on rencontre souvent son destin sur la route qu’on avait choisi pour l’éviter. »
En l’occurrence, je ne voulais pas éviter le chemin de la source, mais je pensais ne pas le trouver. Et le chemin de la déité qui m’a choppé par les pieds et m’a collé la tête dans l’eau jusqu’à ce que j’étouffe, je voulais l’éviter. J’ai trouvé que ca ne manquait pas d’ironie quelque part.
Finalement, on peut retrouver les sentiments de son enfance, même si le visage du Divin change avec les années.

Parfois, j’ai peur que ca m’arrive à nouveau. J’ai peur de reperdre à nouveau tout ca, et de ne pas le supporter.
Ca ne sert à rien de se prendre la tête ou de redouter de se faire mal avant que ca n’arrive. Je suppose, oui. Je sais aussi que c’est dans ces moments là que les « routines spirituelles » (j’ai horreur de ce terme à la con : comme si la pratique quotidienne était un pensum, une obligation dont se passerait. Mon travail moldu est une routine. Le travail spi’ non.) prennent tout leurs sens. Je devine que c’est dans ces moments là que c’est important de ne pas lâcher, de continuer, ce que je n’avais pas vraiment fait la première fois. Exactement comme il faut continuer à travailler sur les trucs qui nous font mal, parce que ca veut dire qu’il y a un problème, et qu’il ne faut pas dissimuler le sac de nœuds dans un coin mais le démêler patiemment.  C’est plus facile à dire qu’à faire, et j’avoue que même si je fais régulièrement mon Grumpy Cat, je suis bien contente de savoir qu’il existe d’autres personnes qui partagent leurs expériences, d’avoir des gens à qui parler, si/quand le « cas où » devient un « argh, au secours« .

Les étiquettes spirituelles

Définir sa pratique n’est pas une chose facile, déjà pour soi-même. J’ai l’impression que plus on avance, plus les concepts deviennent complexes et moins nous parvenons à nous ranger sous une seule étiquette. Avec le temps, même un amalgame d’étiquettes-concepts nous parait lacunaire et impropre à rendre compte de ce que nous sommes ou plutôt de la manière dont nous ressentons et vivons notre pratique.

C’est encore plus délicat quand il s’agit de se définir pour les autres, parce que nous n’entendons pas les mêmes choses même si nous utilisons les mêmes mots. Les mots, les adjectifs sont tout sauf neutre : ils sont chargés de significations, d’émotions, de souvenirs, de difficultés aussi parfois. Et dans ce type de cas, il est par moment très difficile pour quelqu’un de voir un terme utilisé avec ce qui lui paraît être de la facilité ou une certaine désinvolture.

Derrière le partage d’étiquettes, se mélange l’envie de pouvoir indiquer ce que nous sommes, ou une partie, mais aussi d’être reconnu comme tel, le désir parfois inconscient d’être accepté(e), d’être « validé(e) socialement » par ses pairs. D’avoir du pouvoir aussi peut-être. D’une certaine façon, c’est légitime et compréhensible, mais est-ce que c’est utile ? Je ne sais pas. Oui. Non. Pour aider la communauté ? Quelle communauté ? Et pouquoi voulez-vous aider la communauté ? Par égo ? Par obligation ? Comment ? L’étiquette de ci ou ca est-elle réellement indispensable ? Êtes-vous à l’aise avec cette étiquette ? Pourquoi y tenez-vous ? Cherchez vous à réparer quelque chose en l’utilisant ? A vous sentir plus fort ou plus légitime ? Pourquoi ? etc. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse je pense. Ce n’est pas très grave de se dire que « oui, on veut faire ca et que oui, c’est de l’égo ». De toutes manières, l’égo est toujours là. Il n’est pas négatif en soi, c’est juste important d’être honnête vis-à-vis de soi. Ca peut éviter de tomber dans les pièges du léchage de pompes ou de se prendre le melon par exemple. Ou au minimum contribuer à éviter ces travers. (Je peux appliquer ces réflexions à mon blog -je les applique déjà par rapport à certaines choses : pourquoi est-ce que je fais un blog ? Parce que je veux partager mon avis. Mais dans le fond, pourquoi est-ce que je pense que mon avis est si important qu’il vaut le coup d’être partagé ? C’est de l’égo et aussi un exercice de travail par rapport à certaines problématiques. C’est une question rhétorique qui n’appelle pas de réponses, c’est juste pour souligner le processus d’interrogations.)

L’autre problème avec le partage d’étiquettes, c’est la perception que les autres en ont. Parce que certaines sont plus délicates que d’autres, à accepter mais surtout, parce que les autres ont tendance à projeter dessus des fantasmes. Une étiquette, c’est factuel : correspondre à l’étiquette rouge ou verte ne fait pas de vous une personne plus brillante ou plus intéressante que ceux qui ont une étiquette jaune ou une bleue. C’est juste une indication, un travail, un angle de pratique différent. Mais si les gens vous envient et pensent que vous avez une étiquette rouge super-classe juste pour vous la raconter, c’est regrettable. Il y a ceux qui vont envier l’étiquette rouge, et ceux qui vont la dénigrer en disant que c’est de la merde, que ce sont des conneries etc. Un peu comme avec une maison. Un sentier spirituel peut être comparé à une maison dans laquelle on habite. Il y a des gens qui vous envie d’avoir une grande maison et qui ne savent pas pourquoi, la votre possède un pignon et pas la leur. Il y a ceux qui vont dire que c’est nul d’avoir un pignon que ca ne sert à rien. Et parfois, quand on habite la maison avec le pignon, on voudrait bien avoir une maison sans cet élément d’architecture. Dans tous les cas, ce genre de réaction est stérile. Ne projetez pas sur les gens des sentiments ou des envies qui ne correspondent sans doute pas à ce qu’ils sont/pensent, et de l’autre côté, il n’est peut-être pas utile de parler de sa maison au pignon à tout bout de champ, à moins d’être vraiment prêt et en tout cas, ca n’est pas un motif de vantardise. Une maison évolue, change, peut se délabrer si elle n’est pas entretenue. Parfois, on découvre de nouvelles pièces. Et si vous vous êtes moqué de ceux qui avaient une maison à pignon en riant et en vous disant que c’était vraiment extravagant, vous pourriez  bien faire une drôle de gueule si un jour il y en a un qui flanque votre maison.

Ca me rappelle furieusement les présentations obligatoires sur les forums éso/païens, quand on nous demande de décliner notre identité, notre parcours, notre tradition. Et qu’ensuite, entre les différents messages de bienvenue plus ou moins automatiques, parfois postés par des gens qui veulent juste accroître leur nombre de messages, commencent les interrogations et les réclamations de justification sur telle ou telle étiquette que nous avons collé sous notre pseudonyme. Et pourquoi on se définit comme ca, et qu’est-ce qui selon nous justifie cette appellation et est-ce que nous la méritons. Et que l’on est trop jeune, pas assez expérimenté et que machin à dit que comme il avait travaillé depuis X années avec Truc on ne pouvait pas, ca ne veut pas dire ca. Bref, le patakès habituel de beaucoup de forums…

J’ai remarqué qu’on avait inconsciemment/consciemment tendance à décortiquer certaines étiquettes, et à analyser minutieusement notre vie pour savoir si on y correspondait, si on avait le droit, bref, à calquer notre comportement sur ce qu’on a pu lire/percevoir/entendre sur telle ou telle définition.
C’est un peu pareil avec les blogs ou les livres ; on peut vite se laisser influencer par un auteur ou un blogger et on peut finir par perdre son esprit critique ou alors, poussé par une trop grande admiration, on se laisse lobotomiser. Quand on lit, quand on découvre quelque chose ou quand on approfondi ses connaissances, je pense qu’il faut toujours garder à l’esprit « qu’est-ce que j’en pense réellement moi ? Suis-je d’accord ? Pourquoi suis-je d’accord ou pourquoi ne suis-je pas d’accord ? Est-ce que cela me gêne ? Oui ou non ? Pourquoi ? » etc, et il faut ensuite se poser ces questions là, non seulement par rapport aux informations reçues mais aussi par rapport à sa pratique personnelle. Je ne sais pas si on pourrait expliquer de manière infaillible comment procéder : la pratique spirituelle et magique est un exercice d’équilibriste permanent et une remise en question constante. Ce qui ne veut pas dire que cela doit être violent ou forcément déstabilisant.

J’ai du mal avec les étiquettes. Mais en même temps, j’avoue que j’ai parfois été contente de savoir comment on nomme certaines choses parce qu’il y a des fois où ca aide bigrement. Quelque part, il y a de l’égo à se parer d’étiquettes, mais il y en a aussi à les refuser d’un bloc, comme si on était tellement extraordinaire qu’un mélange ne pouvait pas nous convenir. Après tout, « sans étiquette » finit par devenir une étiquette comme les autres. Probablement que de ne pas vouloir en parler du tout est aussi un problème d’égo, le signe que l’on assume pas ce que l’on est. Le signe peut-être aussi que tout change et qu’on ne sait pas où on en est.
Au fil de certaines discussions, il arrive qu’on m’accole certaines étiquettes qui ne correspondent peut-être plus à ce que je suis. Je ne relève pas. Dans le fond, je m’en fous un peu, en tout cas, c’est vrai à l’heure actuelle, mais il y a tellement de choses qui ont changé pendant une année calendaire que je ne sais vraiment pas où j’en serais, ce que je penserais dans un an, si toutefois je suis encore en vie, bien sûr.

Le danger n’est pas celui que l’on croit

Une réflexion partielle par rapport à certaines lectures

Sur les blogs américains (davantage que sur les blogs anglais me semble-t-il) on peut trouver de nombreux postes sur les dangers de l’astral et les risques potentiels qui peuvent nous guetter. On trouve aussi des articles sur les conséquences de nos actes, parfois sur la loi du triple retour (à laquelle je ne crois personnellement pas), sur le fait de travailler avec des esprits… C’est très intéressant, mais pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que ce soit le principal danger de la magie, de la pratique ou appelez ça comme vous voulez suivant votre chemin.

Il ne me vient pas à l’idée de nier les risques, simplement, à mon avis, ces articles nous encourage à nous focaliser sur des problèmes somme toute assez rares au détriment d’autres sans doute moins spectaculaires mais beaucoup plus réels. Je pense que le principal danger, c’est nous-même. Notre plus grand ennemi et le plus grand risque que nous courons n’est pas niché dans le bas astral en attendant de nous attaquer si nous ne sommes pas protégé ou préparé (d’ailleurs au passage, je ne souscris pas à ces théories du « haut astral » et du « bas astral »), il est bien caché au fond de nous, dans notre égo, nos peurs, notre part sombre.
Pour parler clairement, je n’ai vu personne ne pas se réveiller après un voyage astral, par contre, j’ai vu un certain nombre de personnes perdre les pédales, et pour être parfaitement honnête, j’ai moi aussi perdu les pédales à une époque, et rétrospectivement, je suis reconnaissante de la chance que j’ai eu, à savoir d’avoir des amis qui m’ont parfois mis la tête dans la purée « oh, tu as fini tes conneries ? » même si sur le moment ce n’est ni facile à admettre, ni facile à faire.

Perdre les pédales, qu’est-ce que c’est ? Oh c’est à la fois très simple et délicat à expliquer. Ce sont tous les gens qui s’aveuglent dans leur pratique et deviennent inchiables à fréquenter.
Comment on perd les pédales ? C’est propre à chacun, et je pense qu’on perd tous au moins une fois les pédales. Parfois on se remet en selle, parfois on se viande. Parfois on se remet en selle après s’être mangé une, deux, trois gamelles. Parfois on ne remonte jamais.

En ce qui concerne la pratique spirituelle/magique, je pense que personne ne peut juger les ressentis d’autrui et j’essaie autant que possible de ne pas le faire, ne pas ricaner en disant que ce sont des conneries ou que ca n’existe pas.
Ca ne veut pas dire oui et acquiescer aveuglément chaque fois que l’on vous parle de quelque chose, je définirais plutôt l’acceptation comme un mélange équilibré d’acceptation et de doute cartésien : pourquoi le doute cartésien ? Pas parce que j’attends ou désire qu’on me donne des preuves (soit la personne fantasme soit elle ne fantasme pas, dans les deux cas, je considère que tant qu’elle ne se transforme pas en « trouduc » ca n’est pas mon problème après tout, pas dans le sens « je m’en fous » plutôt dans le sens « ce n’est pas à moi de m’en mêler, et de me trouver impliquée dans quelque chose qui ne me regarde pas »), plutôt parce que j’attends de voir comment cette personne va le vivre, comment elle va évoluer.

Le doute cartésien est important -pour moi en tout cas- parce qu’il permet de se détacher du ressenti émotionnel et de l’emphase que l’on peut être tenter de mettre dans certaines choses. Je vois beaucoup passer sur les blogs ce texte sur le fait d’être prêtresse, comme quoi il ne faut pas se réjouir parce qu’on va souffrir, gna gna gna. Et là, une amie a du finalement m’influencer (;) ) parce que le prendre au pied de la lettre, c’est ni plus ni moins qu’une autoroute vers la transformation en Agnus Dei. Je ne dis pas qu’il n’y ait pas parfois une certaine forme de plaisir dans la souffrance, dans le don absolu (ce qui rejoint la conception de ce que je lis parfois sur l’Ordeal Path), mais ce n’est pas le propos qui me paraît être tenu dans ce texte : « si vous êtes appelées ne vous réjouissez pas ». Ben si on doit faire un truc difficile, autant y prendre du plaisir, même si c’est un plaisir que certains considéreraient comme tordu, parce que sinon, c’est la porte ouverte à n’importe quoi. Souffrir pour souffrir, et se regarder dans le miroir en disant « oh regardez comme je souffre »… je ne ferais pas de commentaires en fait (ce serait intéressant de pouvoir discuter avec l’auteure de ce texte, parce que je pense que nous n’en faisons que des interprétations faussées). Être prêtre/sse, c’est factuel, et il n’y a aucune emphase ou fierté à tirer de cela. Il n’y aucune fierté ou égo à tirer de sa voie, peu importe celle que l’on suit.

A propos de l’évolution dont je parlais plus haut, il y a deux options principales, avec un nombre infini de nuances : soit ses expériences lui permettent de se transformer, d’évoluer de manière positive et de régler certains de ses problèmes ou au moins d’y travailler, soit la personne s’enferme dans sa montagne de merde, devient l’agneau du sacrifice, dégage et méprise tout le monde, se permet de porter des jugements à l’emporte-pièces, a les chevilles qui gonflent, bref, devient inchiable. (Note : comme souligné, c’est à des degrés variables)
C’est la seule chose que j’essaie de considérer, indépendamment de tout le reste, parce que le reste implique un ressenti au niveau des mots, un partage d’expérience, de nommer certains concepts et que personne n’a exactement la même façon d’interpréter, de vivre, de comprendre que son voisin.

C’est une grande difficulté et un questionnement permanent ; mais se demander si on est sain d’esprit, ou si on devient fou est une fausse question. Oui, pour beaucoup de gens vous êtes sans doute fou. Pour certaines personnes, le simple fait d’avoir une spiritualité suffit à faire de vous un illuminé bon pour l’asile. (Mme J.,  ma prof de français en Seconde disait toujours « on est tous fous, les seuls qui ne le soient pas, on les a enfermés pour les protéger de nous ».) La vraie question c’est : vous servez vous de votre spiritualité, de votre chemin pour justifier une fuite de la réalité, un comportement odieux, pour ne pas avoir à affronter vos problèmes avec les autres/vous-même ou pour dissimuler de vieilles blessures au lieu de les guérir ?

Parmi les conseils de base, on trouve souvent celui qui porte sur la nourriture, qu’il faut éviter de manger des aliments « raffinés » : je pense que ce n’est pas uniquement un conseil de diététique, c’est aussi que la nourriture « fraîche » demande du temps pour être préparé. De temps et de la concentration, et ce moment là est une bonne façon de s’ancrer, comme faire le ménage ou toutes les tâches ordinaires qui demandent qu’on se focalise sur « ici et maintenant » au lieu de vagabonder dans sa tête.