[SYLPHE] Dans les poches d’un Sorciéron…

Je suis un sorciéron indiscipliné-ciéron. Comprendre par là que généralement, mes affaires sont toutes en vrac dans mon sac ordinaire. Mis à part un « crane bag » qui regroupe des éléments en lien avec certains esprits et/où un taf particulier en cours (contenu que je ne montre pas, sauf rares exceptions), le reste de mon « matos » se trouve pêle-mêle avec mes affaires ordinaires, ce qui génère des « Et meeeerde, j’ai perdu mon pass Navigo ! » (phrase récurrente, suivie de quelques minutes de recherches fiévreuses avant de découvrir que non, il est soigneusement rangé, pour ne pas le perdre, dans la poche du sac de mon tambour, pour la plus grande exaspération de mes coreligionnaires… Pardon les gars.) « Merde, je sais plus ce que j’ai foutu de mon flacon d’ocre ! » Au fur et à mesure de mes pérégrinations, j’accumule toutes sortes de trouvailles dans mon sac : mousse, petits os, cailloux etc. Du coup, quand j’arrive au travail le lundi matin, c’est toujours un joyeux bordel entre mes affaires regular, et la boussole / cran d’arrêt / allume-feux / encens.

Le matos le plus important, celui à avoir toujours sur soi, c’est à mes yeux plutôt du matériel « de bon sens » : boussole, couteau, allume-feux, cordelette. Suivant mes déplacements, j’y ajoute une lampe frontale, une lacrymo, une trousse à pharmacie -avec couverture de survie, pince à tiques, par exemple. Parce que si vous vous savez que vous êtes en accord avec les énergies bienveillantes de la Terre-Mère (sarcasme), les tiques, elles, ne sont pas au courant, et que la maladie de Lyme, c’est de la merde.

Finalement, après le mois d’août passé à courir après mes affaires, j’ai utilisé un reste de laine qui m’avait servi pour un autre projet pour crafter un pochon un peu plus grand histoire de rassembler mon merdier (ou au moins essayer). J’avais déjà un pochon pour mes runes que j’avais acheté chez Claire, mais celui là, il était important que je le fabrique moi-même. La bête a été fabriquée avec de la laine de base et de la fat über laine des Ateliers de l’Awen qui déchire sa race (celle qui est bleue/jaune/verte etc).

Le pendentif date d’il y a 10 ans. Je l’avais acheté quand je faisais ma prépa en Bretagne. J’avais fait un rêve où je portais un médaillon avant de tomber sur celui là dans une boutique, l’exacte reproduction de celui que je portais dans mon rêve. (Y’avait un mec tout chelou genre habillé à la scandinave qui me disait « on ne tue pas les porteurs de ce signe, en désignant mon médaillon. J’avais trouvé ça marrant.)
Je vais tâche de me discipliner et de mettre toutes mes affaires au même endroit. Dont ma « pierre de foyer » et mes perles de prières. La pierre de foyer c’était un délire de l’époque où je jouais à World of Warcraft, elle sert à revenir « chez soi », et j’en avais faite une en pâte fimo et je l’utilisais dans le cadre de certaines de mes pratiques. C’est toujours plus ou moins le cas. (Perte de crédibilité : 50 points à votre réputation). Quant aux perles, j’ai beau en fabriquer des très belles en pierre, je préfère utiliser celles en bois, toutes bêtes, pour la simple et bonne raison qu’elles me servent pour tout le monde, et que je les trimballe en toutes circonstances, y compris au lit. Autant qu’elles ne soient pas fragile, mon matos ayant intérêt à être tout terrain.
S »y ajoutent toutes sortes de merdier. J’avais au départ brodée une pochette pour les rêves, mais en fait, je m’en sers davantage pour ranger plantes et encens. J’ai pas assez de discipline pour avoir des pochettes pour chaque pratique, des carnets pour tel ou tel type de récit, des colliers réservés à ci ou à mi. Pareil pour le couteau, par sa lame courbe, il sert surtout à couper les plantes etc, mais en fait, j’ai souvent uniquement le Muela offert par mon père, qui avait la manie de m’offrir des couteaux de là où il allait en voyage. Parfois je rajoute un canif etc. Un jour je vais me faire contrôler par un flic et j’aurai des ennuis. L’encens c’est bien pratique, mais j’avoue que j’en ai rarement spontanément sur moi.

(And now you shall see Odin)

Parmi les bricoles que je mets dedans, des baumes, des os, des trucs ramassés sur le bord des chemins (plus mes poches, souvent pleines de détritus que je ramasse quand je suis en forêt ou sur la plage. Parfois, contribuer à nettoyer un peu l’endroit de la saleté déposée par les humains, c’est les meilleurs offrandes. Il n’y a pas forcément besoin d’avoir toutes sortes de trucs sophistiqués. D’autant que certains Esprits des Lieux n’aiment pas trop qu’une personne surgit de nulle part se mette à faire des offrandes spontanées etc.) Avoir un ou deux cathéter c’est pratique quand on doit prendre du sang, c’est plus simple et plus « sécuritaire » que les couteaux. Généralement j’en ai deux, cela permet d’en passer un à quelqu’un si besoin. Evidemment, ils sont à jeter après usage : on n’utilise pas de cathéter déjà utilisé (sauf si on le garde strictement pour soi) si on les passe à quelqu’un d’autre. On remet la canule après usage et on le jette. (Risques HIV / hépatites, toussa… Je sais je suis reloue avec ça, mais malheureusement, c’est une donnée qui tend à être de plus en plus zappée à l’heure actuelle.)

Et sinon, des huiles / baumes / onguents de fabrication perso. De l’ocre et autres. (PAs tout en même temps, c’est suivant les périodes, l’inspiration et les nécessités du moment…)

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[SYLPHE] Le Jeu du pendu : les signes.

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Réfléchir sur l’instinct, l’intuition, les signes que l’on reçoit ou que l’on croit recevoir. Vaste sujet de réflexion dont voilà quelques bribes. Je resterai uniquement centrée sur les signes, par commodité.

En linguistique, le signe, c’est l’unité qui unit un phénomène acoustique et un concept. Le signe est donc composé d’un signifiant (le phénomène acoustique) et d’un signifié (le concept).

On peut considérer que le signe au sens où il est entendu ici est semblable : il est considéré comme étant un écho (je préfère le terme d’écho au terme de message, il y a une différence de nuance assez importante dans ce contexte ci) de « L’Autre Monde » apportant un marqueur sur une potentialité. A noter que je dis bien « il est considéré comme » et non pas « il est » : sa véracité (est-ce qu’il est réellement ou bien nous choisissons de le traduire comme tel ?) est de l’ordre de l’hypothétique, de l’hypothèse que nous choisissons de considérer comme « probable » en raison de nos marqueurs référentiels. C’est pour des raisons similaires que le terme écho est utilisé par rapport au terme « message », l’écho étant la réflexion d’un son, non pas le son lui même. Enfin, cet écho, suivant la nature de notre recherche, de son expression et de son contenu apporte une indice, un élément d’indication au sein d’une masse d’information, il nous permet éventuellement de faire certains choix à partir de la manière dont nous percevrons et analyserons ce contenu. Intrinsèquement, il est en quelque sorte « neutre ». Ce qui nous influencera c’est la façon dont nous le recevrons et dont nous le décoderons. Je tend à considérer que le « signe » reçu est un simple indicateur factuel auquel nous prêtons plus ou moins d’attention, un regard plus ou moins biaisé, et que nous pouvons tout à fait « distordre » de multiples manières suivant les calques de décryptages que l’on appliquera.

En des termes plus simples, le signe est un écho neutre nous indiquant une information que nous pouvons tout à fait mal comprendre, d’autant plus si nous nous cantonnons à un écho unique. Parfois, un graffiti sur un mur est juste un graffiti sur un mur.

De la façon dont je perçois les signes, ils sont semblables aux lettres de l’alphabet : une lettre n’est pas encore un mot, pas une phrase et encore moins un texte. Ce n’est que lorsque nous connectons un certain nombre de lettres que nous formons un mot, et par une suite de mots, une phrase, puis par développement, des textes. Le signe est une lettre. Seul il ne signifie pas grand chose. Ce n’est que lorsque plusieurs signes se combinent qu’ils constituent un ensemble intelligible. Isolé, il ne signifie rien d’autre que lui même, bien qu’il soit possible de commencer à percevoir certaines structures, un peu comme dans le jeu du pendu, quand nous n’avons qu’une seule lettre et un ensemble de cases vides et que nous réfléchissons à ce que cela peut former comme mot. Le contexte joue un rôle dans l’interprétation du signe : pour reprendre l’exemple du Jeu du pendu, nous réfléchissons au mot crypté parce que nous sommes dans le cadre d’un jeu dont les règles sont connues des participants et dans le laps de temps durant lequel ce jeu s’exerce. Sorti de ce contexte, il est probable que nous ne nous prêtons pas à ce type d’exercice. Pour le signe, c’est pareil : c’est parce que nous avons soit une interrogation particulière, soit que notre contexte personnel s’y prête que nous sommes plus porté sur l’analyse d’un éventuel signe, et que, par ricochet, nous aurons davantage tendance à adopter telle ou telle grille de décryptage une fois qu’il nous semble saisir un écho.

Nous avons donc trois phénomènes qui structurent la perception du signe :

Le signe en lui-même, ou plutôt l’information qui est perçue / ressentie comme tel. (Je serai même tentée de dire « l’ensemble de signes » puisque pour reprendre de manière synthétique la théorie énoncée plus haut, le signe est une lettre, et une lettre n’est pas un mot.)
Le contexte dans lequel le signe s’inscrit, le cadre de la recherche, des raisons pour lesquelles nous aurons tendance à être réceptif à sa réception.
L’angle d’analyse, la réception proprement dite, son décryptage.

De bons présages ?

Le signe, en tant qu’information, est neutre. On peut parler de « mauvais présage » ou de « bon présage », mais c’est davantage une donnée  posteriori. Le fait qu’il y est une information est en soi, neutre. Il ne donne d’indication sur le fait d’agir ou de ne pas agir que si nous y appliquons une grille de lecture (et quelle grille de lecture convient-il d’appliquer ?) Le signe est là, il tend à indiquer de continuer sur cette route. Pour autant, cela ne présage en rien de la nature de la route, sans même prendre en compte le fait que certaines routes, si elles sont nécessaires, ne sont pas pour autant agréables, en tout cas jusqu’à un certain point.

Comment on sait si c’est un signe ?

Etant du genre à attendre d’avoir un nombre de données conséquentes avant de me risquer à quoi que ce soit, et au risque de me répéter, j’ai tendance à dire que c’est la répétition d’un signe dans un laps de temps défini qui fait le signe. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas capable de percevoir des indices sommaires, ni que je ne possède pas d’intuition, plutôt que je les regarde du coin de l’œil, comme une information pouvant potentiellement prendre de l’importance.
L’autre donnée à prendre en compte, c’est l’évolution constante de la trame : tout se réajuste en permanence.

Si l’on considère que l’on attend, entre autre, d’un groupe de signe qu’il nous indique la route la plus favorable pour nous, un bon indice pour savoir si oui ou non l’on est sur la bonne route, est d’observer la nature des événements sur cette route. Globalement, j’ai pu observer que quand on est sur le « bon » chemin, les obstacles sont parfois présents, mais tendent soit à se tasser, soit à présenter d’autres ouvertures. La façon dont je conçois les choses rend cependant cette optique davantage pertinente pour les opportunités matérielles que pour la résolution d’une problématique spirituelle et/ou émotionnelle (qui peut ainsi s’avérer ardue jusqu’à ce que l’on résolve le nœud de la problématique, qui tient souvent d’une difficulté personnelle).

Le signe est quelque chose de personnel. Même si on retrouve des grilles d’interprétations communes, des façons d’aspecter des problématiques similaires chez des individus parcourant des routes semblables, l’écho est déchiffré de manières différentes suivant les personnes. Pour reprendre une image faisant appel à des fonctions cognitives, c’est un peu comme la perception des couleurs, qui varie plus ou moins suivant les gens. Allez demander à tout bout de champs si tel ou tel phénomène est un signe, ou en faire des caisses dés qu’on trouve une plume par terre est pour moi une façon de se rassurer, à la fois parce qu’on est pas sûr de son interprétation, parce que l’on doute de soi. En se référant au jugement d’autrui pour quelque chose qui est de l’ordre de l’intime, c’est en quelque sorte faire dans la validation sociale, ou pire, chercher à se donner de l’importance.

Ce n’est pas qu’il ne faille pas parler des signes que l’on a reçu (pour autant qu’il puisse exister des signes infaillibles, pour autant que l’on soit dans une démarche dans lequel on souhaite partager ce genre d’infos etc… encore une fois, tout est affaire de nuances, de cadres, de perceptions, d’interprétations, de structures…) c’est juste qu’à mon avis, les autres n’ont rien à foutre dans notre cheminement, d’une. De deux, cela m’évoque parfois une certaine forme d’hystérie collective : quand tout le monde se monte la tête mutuellement, qu’on devient inchiable et que l’on hurle au signe pour tout et n’importe quoi. D’où l’importance de la fonction de répétition de signes similaires et la nécessité de prendre du recul. Si on veut voir des signes partout, on peut en voir partout. Mais une des particularités des signes est aussi d’être une aspérité, une altérité dans un quotidien. S’ils ont lieu en permanence, alors ils perdent cette faculté d’exception et ne doivent plus être considéré comme des signes, mais juste comme une donnée régulière.
Si vous vivez dans un endroit où les corbeaux abondent, croiser un corbeau le matin devrait être sujet à plus nuance sur sa pertinence en tant que signe que si vous croisez un colibri.

Davantage que la percée d’un ou plusieurs signes, j’ai tendance à être sensible à ce que j’appelle des phénomènes d’accélération. Le phénomène d’accélération commence par une sorte de coïncidence/s, la plupart du temps assortie de rêves (le rêve est-il un signe ? Pas pour moi, pas dans ma manière de percevoir et de définir le signe. Ceci dit, le rêve est un sujet complexe.)  quelque chose qui émet un son pratiquement imperceptible. Puis le son s’amplifie. Et alors même que l’on tend l’oreille, on observe une multitude de corrélation autour, pas des signes extérieurs, plutôt un alignement de fait qui constitue une sorte de route que l’on emprunte. Et alors même que l’on commence à arpenter la route, tout se met naturellement en place. Et une fois arrivé au premier relais, on peut, en se retournant sur les faits passés, noter une cohérence certaine.

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Et au quotidien ?

Auteur inconnu

Sur News & Liens païens, Morganna a récemment demandé « comment on vivait notre paganisme au quotidien, si on le vivait au grand jour, etc. »

Que répondre ? Au quotidien, je le vis bien, merci, ca baigne.

Est-ce que je le vis au grand jour ?

La famille 
Ma famille est au courant (en même temps je n’ai pas une grande famille), elle est au courant depuis que tout a commencé : j’avais fait un autel et déclaré que maintenant c’était comme ça. Vlan, en plein dans le vif du sujet. En même temps, il y a eu des signes avant-coureurs, puis c’est pas comme si ma mère ne nous avait pas sorti son « Grand Albert » quand j’étais petite, comme si on ne m’avait pas offert mon pendule à l’âge de 6 ans, bref…  Ça n’a pas été facile tous les jours, notamment parce que les parents s’inquiètent, et qu’à l’adolescence, il suffit que vous ayiez des problèmes ou une mauvaise note en maths pour que vos parents mettent cela sur le dos « de vos croyances. » C’est normal, ce sont des parents, ils sont inquiets et leur réaction est normale. C’est plutôt le contraire qui serait surprenant. Je ne vais pas développer le passé, justement parce que c’est le passé. Ma mère est morte depuis (pas de condoléances, merci, ça me lourde) et mon père s’y est fait. Il a même fallu le modérer parce qu’il avait -et a encore- parfois des accès d’enthousiasme, comme annoncer dans un B&B perdu dans le Lake District que ma sœur et moi étions des sorcières. Ou au dîner, il se mettait à dire « oui les Chrétiens ils me font chier, les païens c’est mieux, ils ont une déesse et un dieu, on baise pas tout seul, merde. » « C’est un peu plus compliqué que ça, mais merci Papa. Passe moi le pain s’il-te-plaît ».
Il est toujours aussi open avec les années, même si j’ai eu droit une fois ou deux à : « mais pourtant on vous a élevées normalement, comme se fait-il que vous soyez aussi « hors des sentiers battus ? » (enfin, parfois c’est exprimé de manière moins sympa, il faut le dire). Mon oncle avait fait mon thème astral à ma naissance, et annoncé que j’avais de grandes dispositions pour devenir avocate. Parfois j’ai envie de dire à mon père que pour « l’avocat et le médecin, c’est mort, mais pour la fille-aînée-chelou et la taxidermiste en devenir, c’est en bonne voie. »

Nous avons récemment eu une discussion passionnante sur les mythes nordiques et le chamanisme, suite à ma lecture d’un bouquin de Juha Pentikäinen, et j’en ai profité pour lui dire que pour moi, les dieux ne sont pas des personnages d’histoires ou des archétypes. Qu’ils existent réellement et que je crois en leur existence. Histoire de.

Je suis mariée avec un autre païen, donc au quotidien, pas de problèmes. On a fait un Handfasting il y a quelques années. La mairie, ça faisait chier, donc que avec les témoins. L’union des mains avec famille et amis, chez mon père. On avait fait passer un texte, précisé les grandes lignes du rituel avec explication. Sur le texte que tout le monde pouvait lire, on avait bien ajouté une note, comme quoi ceux qui étaient gênés, parce que cela leur paraissait étrange ou en contradiction avec leurs croyances (mon meilleur ami est chrétien, d’autres sont athées, agnostiques, etc.) qu’ils fassent selon leur cœur. Une des surprises les plus marquantes du rituel, c’est que tout le monde a lu le texte.

Et au travail ?
Au travail, non. Je n’aimerais pas que quelqu’un vienne me parler de sa religion en détail, donc je ne parle pas de la mienne. Je considère que ça n’a pas sa place dans le milieu professionnel, c’est hors de propos. Par contre, il y a déjà eu un collègue qui m’a demandé de but en blanc si je croyais en Dieu. De son propre aveu, il voulait aborder la conversation et croyait choisir un truc neutre. (°__°) Je n’en parle jamais, plus maintenant. Je l’avais fait à une époque où j’avais commencé ma vie pro et où le climat pro était détendu, mais au fur et à mesure, mon environnement professionnel a évolué, idem pour ma religion, et je n’ai plus aucune envie d’en parler. Trop personnel. Par contre, quand/si on me pose une question de but en blanc, sois je ne répond pas ou élude, parfois, je répond franchement. Pour l’instant, je n’ai jamais eu d’hostilités déclarées, même si dans un de mes boulots, un de mes supérieur plutôt cool m’avait averti qu’il ne fallait surtout pas que ça remonte aux oreilles de la direction, sans quoi je pourrais avoir de graves problèmes. Au travail en tout cas, quand j’étais au lycée, c’était un peu plus folklorique.

Pareil, avec le mariage, les questions récurrentes sont « et tu te maries à l’église aussi ou juste à la mairie ? » Dans mon précédent taf, ca avait donné lieu à une discussion absurde avec une collègue, pour qui, si ça n’était pas Christianisme / Judaïsme / Islam, c’était athée. Maintenant si je répond -parfois je laisse la question en suspend et change de sujet- je répond que j’ai fait un mariage religieux, tout en précisant « pas à l’Eglise », sans préciser. Parce que trop souvent, en France, c’est un peu « catholique » ou « athée » dans la tête des gens.

Amis/ connaissances
Ça dépend. Mes amis proches sont tous au courant, à plus forte raison que l’immense majorité d’entre eux sont des sorciérons. Pour les autres, ils savent plus ou moins, sans rentrer dans le détail (et je n’irais pas leurs donner l’adresse de ce blog par exemple.)

À une époque, je portais des signes distinctifs reconnaissables, ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, le symbole en question n’étant pas très connu. J’ai plus tendance à le planquer si je sais que des gens peuvent comprendre, pas par timidité ou peur, juste parce que ça ne les concernent pas et que je n’ai pas envie d’avoir des questions.
À ce propos, j’ai remarqué que quand on reste dans le factuel, « je suis polythéiste », les gens comprennent globalement, on ne rentre pas dans le détail et c’est marre. Le reste, à savoir, le type de pratique, l’implication d’autres esprits, le niveau de relation et toute la cuisine, ça ne regarde personne et je n’en parle pas. Je ne vois pas l’intérêt de parler de médecines alternatives, de « magie » et d’autres trucs, cela ne sert à rien, si ce n’est à créer une sorte de case « bizarre » dans la tête des gens. Il y a un monde entre dire « je suis polythéiste » et dire « je suis polythéiste, on peut parler avec les dieux, faire des voyages etc. » Dans le premier cas, c’est un fait. On est d’accord ou pas avec, mais c’est une donnée. Dans le second cas, c’est la porte ouverte aux emmerdes de tous poils, aux discussions sans fin, et éventuellement à une stigmatisation ou classification. Que quelqu’un me dise « je suis Chrétien ». Ok. « Je suis Catholique et quand je communie, bla bla bla » d’une part cela peut ne pas m’intéresser, peut me mettre mal à l’aise, et je pourrais m’interroger, non sans une certaine légitimité, sur l’état de santé mentale de la personne qui m’explique que le vin et le pain se transforment en chair et en sang. Je sais bien que ce n’est pas « réellement » le cas, mais c’est un exemple, juste pour mesurer la situation.

Quand j’ai débuté, j’aimais bien en parler. Un peu trop sans doute, l’enthousiasme des débutants. Aujourd’hui, plus vraiment, ce en quoi je crois ayant considérablement évolué ces dernières années. C’est un cheminement personnel et je n’ai ni à le partager en détails avec le premier venu, ni à faire un coming out. Cela fait partie de moi : je ne montre pas mes tatouages à tout le monde. Mes croyances, et plus spécialement le « comment, pourquoi » ou « quel degré de relation avec les Déités », c’est pareil.

Je ne le cache pas non plus. Maintenant, j’avoue que si je voulais émigrer dans un pays où on me pose la question de mes croyances, et que cela pouvait me nuire, je ne sais pas ce que je répondrais. Je refuse de mentir, dans le meilleur des cas, j’élude. Mais si ce cas de figure se présentait, je ne sais pas : est-ce que je continuerais de « tenir mes positions » au risque de me voir refuser l’entrée ou est-ce que je ferais profil bas ? Bonne question, pour laquelle je n’ai pas de réponse : c’est typiquement le genre de situation facile à projeter quand on est assis au chaud devant son écran avec une tasse de thé. Quand on y est, et suivant les raisons, c’est une autre paire de manches.

[PBP] Q – Le quotidien et la vie spirituelle

Auteur inconnu

Le quotidien et sa routine est souvent un facteur de difficultés pour certains. Comment prendre ou trouver le temps de faire tout ce que l’on aimerait faire quand on doit gérer une journée de travail (ou des études, des révisions et un job d’étudiant), un temps de transports dans la plupart des cas, s’occuper de sa maison, des animaux et des enfants quand il y en a, les tâches administratives, les courses…

J’entends souvent dire « j’aimerais bien mais je n’ai pas le temps » et comme réponse « c’est que tu n’as pas envie de prendre le temps, quand on veux, on peut. » Dans les deux cas, je suis sceptique. Pour commencer par répondre sur le deuxième propos, ce n’est, à mon humble avis, pas une réponse qui est d’une grande aide. Elle est culpabilisante et n’aide en rien. Toujours à mon humble avis, quand une personne exprime une difficulté ou une frustration parce qu’elle n’arrive pas à faire quelque chose qu’elle souhaite, la renvoyer dans ses buts en lui rétorquant YAKA-FOKTU, c’est comment dire… useless, alors qu’un ou deux « trucs » ou lui demander ce qui cloche exactement, c’est plus utile.

J’écarterai les conseils du genre « demande à ton/ta partenaire de t’aider », supposant que les gens le savent, et ont demandé, et sont déjà dans ce cas de figure ou ne peuvent pas forcément l’être pour diverses raisons. Les détails ne me regardent pas d’une part, d’autre part, si vous n’y aviez pas déjà pensé, je peux rien pour vous.

1. Vos priorités dans votre pratique quotidienne

Qu’est-ce que qui pose problème exactement, ou en d’autres termes, si on vous donne un créneau de 20 minutes, qu’est-ce que vous aimeriez avoir le temps de faire dans votre pratique ?

  • Essayez d’établir deux ou trois (pas plus) choses que vous voudriez faire chaque jour, dans l’idéal, et qui vous semble indispensable dans votre pratique. Par exemple, pratiquer une respiration en profondeur, prendre quelques minutes pour faire des offrandes. Faire un tirage « du jour » et faire une méditation et avancer une lecture. Ne vous fixez pas de grands objectifs s’étalant sur la durée, pas pour commencer. Quand on commence à se dégoter des « niches temporelles », il vaut viser modeste, des petites choses indépendantes. Si vous vous fixer un objectif sur la durée, le risque est de se dire « bon aujourd’hui tant pis, je le ferai demain », et vous connaissez la suite…
  • Déterminez « une majeure » et « une mineure » : laquelle est vraiment prioritaire (dans VOTRE conception et VOTRE pratique, pas celle d’un autre) et prendra un peu plus de temps. Toujours dans le cas des 20 minutes, on peut dire, 13 min pour la majeure, 7 min pour la mineure. Notez que c’est un exemple, il n’est pas question de chronométrer, c’est pour donner un ordre d’idée… et tout va dépendre de l’organisation de votre journée. C’est plus facile et probant de se dégager tous les jours 5 minutes que de fantasmer toute la semaine sur le week-end en se disant « que l’on prendra le temps » etc, résultat des courses : la plupart du temps, on fait beaucoup de choses, mais pas celles que l’on avait escomptées.
  • Regardez à quoi ressemble votre emploi du temps : il y a sans doute des moment où les activités profanes peuvent se combiner avec vos priorités. Par exemple, si vous prenez le train, vous pouvez peut-être combiner votre transport avec une méditation ou une respiration (si le train est plein et que vous n’avez pas la possibilité de vous asseoir) ? J’ai une amie qui faisait ça il y a quelques années 😉 Avez-vous une pause déjeuner que vous pouvez prendre seul(e) de temps en temps ? Un endroit calme où vous aimez vous poser ?

2. Répartition du temps spirituel / profane

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, mais il y a sans doute un schéma global qui se répète. Suivant les périodes, il y a des moments plus ou moins chargés. Je crois que l’essentiel, c’est d’être clair sur ses souhaits et réaliste par rapport au temps dont on peut disposer. Peut-être n’avez vous pas la possibilité de faire certaines choses tous les jours pour X raisons que vous n’avez pas à justifier. L’important, c’est qu’il y a une certaine régularité, de ne pas culpabiliser et de ne pas se comparer aux autres.

  • Comme mentionné précédemment, il y a toutes sortes de moments quotidiens où le sacré et le profane (si on peut dire) peuvent s’interpoler. Quelques exemples en vrac :
    – Profiter d’un passage d’aspirateur pour purifier
    – Faire sa purification personnelle sous la douche
    – Faire une offrande pendant que l’on prépare le repas, ou garder une bougie dans la cuisine et l’allumer à ce moment là.
    – Profiter de la vaisselle pour faire une respiration en profondeur.
    – Allumer un bâton d’encens après la douche pendant que l’on s’habille ou se déshabille. Prendre 30 secondes, juste 30 secondes pour remercier ou faire de courtes dévotions ou s’adresser aux dieux, guides etc si c’est dans notre pratique
    – Prêter attention à ce qui nous entoure, même si on ne sort que le temps de gagner la gare ou la station de bus.
  • Parfois, faire des mini-planning pour le ménage par exemple, aide à y passer moins de temps : tous les jours nettoyer une zone, avec une fois par mois plus de temps pour les tâches moins courantes. C’est quelque chose que j’ai personnellement essayé, et honnêtement le but est de libérer le week-end et de ne pas se retrouver de temps en temps avec une monstrueuse journée de corvée. (Même si une amie m’a traitée de Bree Van de Kamp, elle a reconnue que c’était bien pratique).
  • Une autre démarche que je trouve intéressante : le projet 333, basé sur le minimalisme, qui consiste notamment à réduire sa garde-robe à un certain nombre d’items pour une durée limitée (je ne détaille pas plus, le lien explique tout très bien). Tout le monde ne sera pas intéressé, mais c’est une façon de voir qui est à essayer, et honnêtement, oui cela simplifie la vie. 😉 L’intérêt étant de se libérer l’esprit.

3. La vision de votre pratique

J’ai l’impression qu’un des problèmes pour l’inclusion de la spiritualité dans la vie quotidienne réside pour une bonne part dans l’image que l’on a de la première. Il est tentant, mais pas forcément pertinent, de se cantonner à une espèce d’Image d’Epinal de la pratique. L’idée que l’on doit obligatoirement se trouver en pleine nature, ou célébrer en groupe, ou aborer telle ou telle tenue ou faire un rituel sophistiqué n’est pas seulement utopique, elle est aussi empoisonnante.
Elle est empoisonnante parce que plus notre idéal se situe loin de ce que nous avons la possibilité de faire réellement au quotidien, plus on se sent incapable de l’atteindre et plus on est tenté de renoncer ou pire, de se culpabiliser.
Malgré la liberté apparente, il y a bel et bien des « standards fantasmés » de ce que doit être une pratique spirituelle et/ou magique. Qu’il faut revêtir une tenue rituelle, prendre une douche avant, organiser son espace, dresser un autel, projeter un cercle, faire des dévotions longues et compliquées… sinon vous n’êtes pas un « true » mais un « wannabe ». Et bien c’est de la merde. Le perfectionnisme est une forme d’immobilisme. Ne pas faire en se disant que l’on attendra pour « bien faire », c’est se noyer dans du béton sur le long terme. (J’ai tendance à être comme ca, du coup, je met mille ans pour répondre à certains mails ou pour écrire certaines choses, c’est nul.)

Vous en venez aux voies du paganisme pour trouver une religion/spiritualité qui vous correspond et vous vous enfermez dans des dogmes à la con, dictés et relayés par des articles de blog ou par des images sociales de personnes que vous ne connaissez pas. Franchement, autant aller à l’église le dimanche matin à ce moment là.

Sauvez une étoile : ouvrez le bocal.
(auteur du gif inconnu)

Qu’est-ce que votre pratique spirituelle/magique pour vous ? Qu’est-ce qui vous convient et qu’est-ce qui ne vous convient pas ? Il ne s’agit pas de faire « à la carte » -une réflexion que j’ai parfois eu « ah oui, le paganisme/la wicca/le machin/le bidule, vous prenez ce qui vous plaît vous laissez le reste ». Non. Il s’agit simplement de rester réaliste et pragmatique. Je vais prendre un exemple simple, qui m’a (nous) a longtemps concerné, le Loup et moi. Quand on voulait faire les Esbats de pleine lune, bien comme il faut, façon Wicca traditionnelle, on se prenait la tête, on était crevés, stressés, il fallait se motiver pour faire les préparatifs, ca prenait une plombe, résultat : enguelades, célébration merdique, stress, couchés crevés ou on renonçait parce que ca nous soûlait. Bénéfice : ZÉRO. NADA. C’était une attitude de merde : on s’obstinait mais ca n’était pas pour nous.
Aujourd’hui, après que « Mister Destructor » soit passé par là et que j’ai eu l’épiphanie un après-midi en me disant « putain, mon autel, ca correspond plus », et qu’il m’ait fallut des mois pour me rendre que compte que, tiens, ma façon de considérer les choses avait radicalement changé (pour le plus grand amusement d’une amie qui m’a dit par la suite « mais c’était grillé Choupette, tu étais la seule à pas le voir »), le reste s’est arrangé aussi. C’est assez curieux de mesurer les profondes évolutions après coup, parce qu’on ne les a pas vu venir, elles se sont faites en mode fufu dans un coin.
Aujourd’hui, la Tanière est devenue un endroit curieux, avec plusieurs autels, où on croise un Loup qui fait ses offrandes le matin et où le Sorcièron tire les cartes dans le salon le soir, tout en bavardant et en buvant un thé. Où souvent, les discussions nocturnes au chaud sous la couette passent allègrement du récit de la journée à des débats sur les Eddas et des spéculations sur ses protagonistes. Et la célébration des récoltes ne s’est pas faite skyclad dans un cercle, mais dans une forêt danoise, avec une bouteille de bière. Sans doute beaucoup moins classieux, mais franchement plus fun. Pour nous.
L’important, c’est de ne pas fantasmer sur ce que l’on aimerait être ou sur l’image que l’on aimerait renvoyer, mais d’être sincère sur ce que l’on est, ce qui nous épanouit, ce qui nous va et ce que l’on aime. Tant que l’on essaie de coller à une image ou de faire « comme d’autres que l’on admire », ca n’apporte rien. Alors oui, il y a des personnes pour qui certains types de pratiques vont très bien, et ils trouvent leur épanouissement là-dedans, ce n’est pas parce que ce n’est pas votre cas qu’il faut dénigrer leur pratique. Mais ce n’est pas parce que d’autres y trouvent leur compte que vous y trouverez le vôtre non plus.

Si vous rentrez le soir, que vous avez prévu disons, d’aller saluer vos guides, qu’est-ce qu’il vaut mieux : passer 2h à faire des préparatifs, être crevé et que cela ne donne rien ? Ou allumer une bougie et avoir plus de temps pour votre but ? D’autres personnes préféreront le faire rarement, mais en y mettant les formes, c’est une question de choix, de pratique, de point de vue et de personnalité. Peu importe, mais de manière générale, si ca coince trop longtemps, trop violemment et que cela vous dévore, c’est très certainement qu’il y a quelque chose à repenser.

[PBP] J – Joie (et Wunjo)

Pas vraiment inspirée, et je suis d’humeur vraiment sarcastique aujourd’hui. Une envie d’ouvrir la boîte à claques et d’en sortir mon colt 45. On va essayer d’écrire sans trop de licornes décapitées. 

La joie.

On utilise le plus souvent ce terme pour désigner un état de bien-être, un contentement durable ou passager.

Au-delà de la signification qu’elle revêt la plupart du temps dans le langage courant, la joie m’évoque l’alignement, la conscience spirituelle, le fait d’être en phase. Le rune Wunjo est souvent décrite -réduite- à la joie, à un truc positif. « Génial super, tout va bien se passer ». Pour moi Wunjo est surtout une rune de canalisation du pouvoir, de l’énergie. Une rune d’extase, avec toute l’ambiguïté du terme.

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