À Eux tous.

Parce qu’un jour, Ils ont été là. À Eux, sans distinction. 

Je te salue Hel,
Pour tous les damnés et les morts sans terre.

Je te salue Loki,
Pour tous les brisés et les fous que les autres ne comprennent pas.

Je te salue Odin,
Pour tous ceux qui cherchent la connaissance et boivent à la source de la douleur.

Je te salue Frigg,
Pour ceux qui maintiennent le toit sur nos têtes et prennent soin de nous.

Je te salue Eir,
Pour toutes les blessures inguérissables et celles que l’on soigne malgré tout.

Je te salue Sága,
Pour ce que tu nous murmures, ce dont nous nous souvenons, et pour toutes les lignes qui ont un jour été tracées, et souvent oubliées.

Je te salue Sjöfn,
Pour nous encliner à aimer encore et toujours.

Je te salue Vár,
Pour nos promesses et pour le courage de continuer à les tenir.

Je te salue Vör,
Pour apprendre à écouter même les murmures les plus infimes et pour savoir les déchiffrer.

Je te salue Hlín,
Pour ceux qui nous protègent et ceux que nous protégeons.

Je te salue Lofn,
Pour ceux qui n’ont pas le droit d’aimer librement et pour les amours impossibles.

Je te salue Balder,
Pour ceux à qui tu apportes la joie au cœur de la nuit sans fin et pour ton renoncement.

Je te salue Freyja,
Pour danser encore sur ruines des carcans qu’on voudrait nous imposer.

Je te salue Iðun,
Pour le renouveau qui vient à nous au plus profond des hivers et pour la régénération des corps rompus.

Je te salue Rán,
Pour les eaux libres de la mer indomptable et pour le premier homme parti en mer.

Je te salue Sigyn,
Pour le courage de nous opposer et pour l’amour indéfectible.

Je te salue Narvi,
Pour nous apprendre à rire encore et toujours, même face à la laideur du monde.

Je te salue Morrigan,
Pour trouver au fond de nous la rage quand tout semble perdu et pour nous faire passer la frontière.

Je te salue Cailleach,
Pour la souveraineté et pour nous apprendre à être inflexible quand il le faut.

Je te salue Dana,
Pour les forêts silencieuses des bruits des hommes et pour le pain sur la table.

Je te salue Hekate,
Pour nous apporter les clés pour ouvrir les portes et la lumière de ta torche pour nous guider.

Playlist pour Freyja

Sans titre-1

Pour cette playlist (comme dans celle du Vieux, prévue pour novembre), j’ai fait une exception aux quelques règles que je me suis posée pour les élaborer : uniquement de la musique que j’écoute, pas de groupes hyper connus cités et re-cités comme Wardruna, Hagalaz Runes Dance, Faun & Co, pas de chanson éponyme, ne pas citer deux chansons du même groupe dans une même playlist. 🙂 

Eliwagar – Når Nordlys Danser
Qntal – Indiscrete
This Mortal Coil – Song to the Siren
Savage Daughter
Arkona – Pamiat
Wyrd – Huldrafolk
Kelliana – Freya
Mari Boine – « Diamantta Spaillit » Idjagiedas
Santigold – The Riot’s Gone

Auteur inconnu

Playlist pour Frigg

Sans titre-1

Madredeus – O Pastor
Miranda Sex Garden – A Fairytale About Slavery
Hocico – The Shapes of Things to Come
Guillaume de Machaut – Qui es promesse / Ha ! Fortune 
Theatre of Tragedy – A Distance There Is
B.O La leçon de pianoThe Heart Asks Pleasure First
Thorn AgramBralu Kapi
BattleloreValier, Queens of the Valar
SatyriconMother North 

Frigg, par Aneesa Erinn Adams

Playlist pour Loki

Sans titre-1

Tindersticks – 4.48 Psychosis
Full Frontal – You think you’re a man
Sol Invictus – In a Garden Green
T.A.T.U – Not gonna get us
Anorexia Nervosa – Enter the Church of Fornication
Lhasa – Fool’s Gold
Burzum – Dunkelheit
Mai Lan – Gentiment je t’immole
The Smashing PumpkinsAge of Innocence
Olen’kSeason of Tears
Arvo Pärt – Variations for the Healing of Arinushka
DragonforceThrough the fire and flames
Subway to SallySieben 

Loki, artiste inconnu.

Playlist pour Hel/a

Sans titre-1

Cela faisait un petit moment que je réfléchissais aux différentes musiques dont l’écoute me fait penser à certaines déités, à leur essence, leur énergie, quand Helja Leikkona a partagé sa playlist en l’honneur de Hel.
Je commence par Hel/a et il y en a une autre de prévue pour novembre (je vous laisse deviner pour qui ;o). J’ai volontairement ôté les groupes comme Wardruna ou Hagalaz qui reviennent la plupart du temps, à la fois pour sortir un peu des sentiers battus et parce que c’est surtout une question de ressenti, de feeling.

This Mortal Coil – I Come & Stand at Every Door 
Desiderii Marginis – Her name is poverty (il faut cliquer sur le bouton « play » de la liste, et fermer la fenêtre pop-up, on peut écouter quand même la chanson 🙂 )
Moon ate the Dark – Messy Heart
Nebelhexë – In my dreams I’m free
Hocico – Spirals of time
Die Verbannten Kinder Evas – Misery
Unto Ashes – One World, One Sky
B.O Jin-Roh – Grace Omega
Marv Pontkalleg (Cette version là) 
Mediaeval Baebes – Pearl

James Jean

[PBP] T – Traumatisme et guérison

Artiste inconnu

Quelles raisons, quels événements nous conduisent à un jour nous retrouver sur les voies que nous arpentons aujourd’hui ? Y-a-t-il un jour un déclin qui nous fait sauter le pas, ou une succession de faits qui pris individuellement sont insignifiants ? Je n’en sais rien, je n’ai pas de réponse toute faite à ces questions. Je ne saurais pas dire ce qui m’a amené à cette voie là, au niveau des croyances. Par contre, je sais comment j’en suis venue à m’intéresser à la magie, aux tirages de cartes, aux runes. (Je distingue parcours spirituel et parcours « magique »)

Je voulais contrôler ma vie, et enfant je n’avais aucune prise sur ce que je vivais. J’ai malheureusement été amené très tôt à considérer que les adultes n’étaient ni source de protection, de réconfort ou de fiabilité. Qu’ils avaient leurs propres règles et qu’ils maîtrisaient les règles du jeu. Qu’un enfant est sans défenses, et que je n’avais aucune arme pour me protéger. J’ai grandi avec notamment la terreur du « un jour, on te fera croire que tu vas à la danse / chez une amie / à l’école, et on t’emmènera en pension / à l’asile de fous et tu y resteras jusqu’à ce que tu sois grande / toute ta vie ». J’ai grandie avec la peur que chaque transport en voiture se finisse devant une bâtisse où l’on m’enfermerait, où je serais prisonnière pour le restant de mes jours. Ca et le « tu as rendu ta mère malade, c’est de ta faute, je te tuerai. » La maison n’était pas sûre. L’école non plus, pour d’autres raisons. Tabassages en règle, et « Unetelle n’a jamais de problèmes, débrouilles-toi. » Alors j’ai cherché des armes, une manière de me défendre.Voulu savoir comment me battre, savoir comment on allumait un feu, trouver mon chemin, construire un abri, si un jour je devais fuir.
J’ai commencé à penser à la magie, influencée par mon environnement, par certains livres dans la bibliothèque parentale, par le professeur Tournesol qui retrouve tout avec son pendule. J’en ai demandé un pour Noël, je venais d’entrer au CP. Je suis arrivée à l’école après les vacances et j’ai demandé à mes camarades de me poser des questions auxquelles on pouvait répondre par oui ou par non. Des questions dont j’ignorais les réponses. J’ai fait mouche assez de fois pour faire peur. ma mère m’a menacé de le confisquer si je continuais. Ce n’était pas un jeu. Je me suis dit que je tenais un premier outil. Je m’en servais pour savoir si les adultes tenteraient de me piéger, pour me tenir prête. La magie des adultes, c’était de la merde : souvenir amer d’un panettone rapporté de Sicile par mon père qui promettait une surprise magique. Et en fait de surprise magique, un vulgaire repliage savant qui faisait que la boîte se repliait pour faire sortir le gâteau par le fond. J’en avais été écœurée. Si c’était ca la seule magie que les grandes personnes connaissaient, qu’ils se la gardent.

Plus tard, au collège ca a été un jeu de cartomancie. Je tirais les cartes en rentrant chez moi déjeuner le midi, pour savoir comment je pouvais manipuler ma prof de français, échapper à un truc déplaisant, savoir ce que l’on ne voulais pas me dire. J’y réussissais plutôt bien. L’éthique ? La fin justifie les moyens.
Petit à petit, je suis allée faucher « Le Grand Albert » de ma mère, épluché ses pages, tenté de la faire parler sur ses propres expériences en la matière. « Ce n’est pas un jeu, ce n’est pas pour toi. » Tant mieux, je ne voulais pas d’un jeu. Plus tard encore, avec l’adolescence et les films d’horreurs, je me suis demandée comment me défendre en cas d’attaques de fantômes et autres. Je suis allée chercher Eliphas Lévi, méticuleusement épluché au lieu de faire mes DM de maths. Fait une liste de tout ce qu’il fallait que je lise. Été découragée par la longueur et la complexité des rituels.

Quand j’ai découvert les runes, j’ai jubilé en lisant un avertissement « ce n’est pas un jeu » et lu certains usages particulièrement dangereux. On pouvait tuer, et j’allais les apprendre pour tuer. Pour me venger. Pour détruire la vie de celles et ceux qui m’avaient fait du mal. La vengeance ne sert à rien nous dit la morale. La vengeance n’est pas là pour compenser ou remplacer. Elle n’est pas là pour apaiser une douleur sourde. Pour moi, la vengeance sert à dire à son ennemi : j’ai gagné, tu as perdu. Cela ne me ramènera pas ce que j’ai perdu, mais je t’ai buté, écrasé, anéanti, abattu. J’ai ruiné ton empire et je danse sur ton cadavre. Je ne raconte pas cela pour avoir de la pitié, je n’en veux pas, mais parce que ce sont des faits passés situant un contexte.

Ce n’est qu’à cette époque que croyances et pratiques se sont rejointes. Paradoxale : d’un côté la petite wiccane fluffy de 17 ans qui croit en une Déesse à l’amour infini, mais qui apprend les runes pour se venger, et qui accumule les connaissances en tout genre pour survivre comme d’autres se font un arsenal. Au départ, voilà ce qui m’a amené à « pratiquer consciemment ». Pas l’amour de la Nature, ni la volonté de comprendre ci ou ca. C’était une volonté acharnée et pragmatique.
De manière toute aussi pragmatique, vers l’âge de 10 ans, je me suis dit que je n’y arriverai jamais seule. Que les adultes étaient useless. Que mes ami/e/s ne comprenaient pas. Qu’il me fallait l’aide de Dieu. J’ai dealé mon âme ou 30 ans de service en échange de la connaissance. Je voulais savoir. Que lui par contre, je pouvais lui faire confiance et qu’il me protégerait.

Aujourd’hui, ca fait plutôt rire. Jaune éventuellement. Est-ce que ce deal passé du fond de mon lit en disant mes prières à l’âge de 10 ans a fait de moi ce que je suis aujourd’hui ? Un côté dit que oui. Un côté dit que non. En tout état de cause, difficile de savoir, tout ce que je sais c’est que ce fait n’est pas à considérer sous ma façon de voir actuelle, et que le revoir sous cet angle peut le fausser. Je ne suis pas fan de l’illusion biographique. Facile, 10 ou 15 ans après de revoir un détail et de lui donner une autre interprétation pour qu’il colle à notre actualité.

Quid de la guérison ?
Je ne sais pas si l’on en vient obligatoirement à certains sentiers pour se guérir. Difficile et maladroit de dresser un tableau général au vu de la multiplicité des voies. Par contre, je sais ce que je peux en dire au vu de ma maigre expérience personnelle et de mon point de vue.
Aller voir une déité dans le but unique de se guérir, c’est un peu comme débarquer chez quelqu’un que vous avez croisé dans la rue pour lui demander de vous aider. Un non-sens. Les déités ne sont pas des toubibs, des psy, des parents de substitution. Ils peuvent guérir, ils peuvent soigner, mais ce n’est pas comme coller un pansement sur une plaie béante. Parfois, vous avez besoin d’une opération à cœur ouvert sans anesthésie. Et souvent, d’une pré-opération pour vous rendre compte qu’une opération sera nécessaire. Mais vous ne prenez pas rendez-vous pour la subir, cela vous tombe dessus sans préavis, généralement au moment où vous aimeriez le moins avoir à la subir.

On dit que l’amour soigne. Je suis d’accord. Mais je suis sceptique sur la pertinence d’aimer « dans le but de », c’est un autre type de problème. Par contre, je crois que quand on développe une pratique dévotionnelle -qui n’a pas besoin d’être spectaculaire ou mirobolante- profonde et suivie, que l’on dépasse quelque chose, qu’on apprend à les aimer, comme ils sont, pour ce qu’ils sont, que l’on tisse une trame, faite de claques quand on déconne, d’amour, et de courage, en revenant sur le tissage on se rend compte des accrocs réparés. Qu’à force d’amour, parfois la guérison vient comme du miel sur une brûlure. Un jour s’attendant à saigner on trouve une cicatrice que l’on n’a pas vu se faire. Les Dieux ne nous soigne pas directement, mais ils nous font cavaler, bosser, tisser-défaire-refaire, nous font stopper le véhicule allant droit dans le mur pour emprunter une voie encore moins confortable qui débouche sur un quelque part. En empruntant cette voie, nous nous guérissons nous-même. Ce n’est ni facile, ni rapide, mais quand cela arrive, l’épiphanie ne vient pas avec le tonnerre grondant des révélations théâtrales, elle vient après, quand on a perdu le fil et qu’on le retrouve au milieu de l’écheveau. On donne de sa personne, ils montrent la route. Ainsi se fait l’échange, le don pour le don.

Je pense que la pratique magique sans la pratique dévotionnelle/spirituelle est une impasse, parce que s’il n’y a rien à aimer derrière un rituel, c’est le vide que l’on célèbre. Vous pouvez accumuler les armes, mais si personne ne vous dit comment les employer, vous crèverez la gueule ouverte. L’aspect pratique et l’aspect dévotion vont de pair.

[PBP] S – Le Sexe

Auteur inconnu

(Un peu en vrac… j’ai pas les idées forcément très organisées)

Le sexe est un sujet plutôt absent, un peu comme la douleur d’ailleurs. Quand il en est fait mention, on a l’impression que c’est soit un aspect hyper technique niveau pratique, soit un outil et basta.

Premièrement, je distingue ce qui est souvent désigné par le terme « magie sexuelle », et le sexe, purement et simplement. Ce ne sont que mes impressions, mais quand il y a des étiquettes « magie sexuelle », j’ai souvent la sensation qu’on tombe dans le rituel à la con « pour s’attacher un partenaire pour la vie », « pour qu’il reste fidèle » comme si baiser était une recette de détartrant naturel. Allons-y, et classons la magie par couleur aussi, ca vous dit, un joli nuancier de fil à broder DMC ? Soyons sérieux deux putain de minutes, ces histoires de magie rouge, blanche, noire, jaune devant et marron derrière, c’est de la merde.
Certains iront vous parler des dangers qu’il y a à vouloir s’attacher quelqu’un ou le charmer grâce à des rituels. Attention à votre karma, au triple retour, au poulailler des voisins… Ce que j’ai observé, c’est qu’à chaque rituel, vous renforcez un lien, et qu’au bout d’un moment, l’effet se dissipe. Pour que cela fonctionne, il faut augmenter la charge à chaque nouvelle tentative. Comme une drogue. Et comme avec une drogue, vous deviendrez accroc, et le jour où vous voudrez décrocher, bonjour les dégâts. Après, faites comme vous voulez, c’est votre tronche et c’est pas mon problème.

Il n’y pas besoin de faire du tantrisme ou de mettre sur pied des rituels sophistiqués, j’ai même tendance à dire, au contraire. Sur la question de « la vraie magie c’est de faire l’amour avec une personne que l’on aime » ou « il n’y a pas besoin d’être amoureux », je ne pense pas qu’il y ait une réponse définitive. Parfois vous aimez la personne et c’est merdique. Parfois c’est de l’attirance et ca fait des étincelles, bref, ca dépend de paramètres variables, y compris suivant les moments, pas uniquement en fonction des partenaires. La seule et unique base, à mes yeux c’est : « Entre adultes. Consentants. » Après, faites ce que vous voulez, comme vous voulez, avec qui voulez, et aussi nombreux que vous voulez. Je ne crois pas non plus qu’il faille un pôle biologique (on va dire ca comme ça) féminin et un masculin.

Niveau pratique, on peut utiliser (j’aime pas ce mot, mais je n’en ai pas d’autres) l’acte sexuel (quel qu’il soit) pour provoquer une transe. J’aurais du mal à l’expliquer, mais la base de chaque transe est une question d’alignement, alignement qui est ensuite décomposé et qui permet de voyager. Si on regarde disons, le filage, la poterie au tour et le tambour et le sexe, on peut trouver une base commune : on démarre centré, et on déploie le mouvement, sa répétition créant une espèce de vibration sur laquelle on « navigue ». S’il n’y a pas de centrage, ca part en vrille et le fil se casse, la terre se façonne de travers et tout s’affaisse, au tambour on fait du random dans sa tête, etc. D’une certaine manière, la représentation des neuf mondes nordiques avec Helheim en bas et Asgard en haut, j’ai du mal : pour moi, ils sont tous centrés, et plus ou moins imbriqués. (Il y a des années j’avais fait un rêve où je trouvais une espèce d’objet métallique composé de neuf anneaux réunis en leurs centres, j’y ai repensé l’autre soir.)
Si on additionne disons, sexe et douleur, on peut créer une sorte de détonateur, même si je serais vraiment bien en peine d’expliquer comme cela fonctionne : si je devais employer une image, je dirais que c’est comme retordre deux fils ensembles pour une confectionner un plus costaud.

Ca permet aussi, dans certains cas, de rediriger l’énergie vers un but, suivant les actes, on peut plus ou moins modeler l’énergie avec des ajouts additionnels (souffle, chant, etc.).

Fin du côté technique un peu brouillon.

Pour le reste, quoi dire ? Pas grand chose. Un pas grand chose sans doute plus important que tout le reste mentionné ci-dessus.
Je ne crois pas qu’il y ait un amour pour les chats, un amour pour son conjoint et un pour les Déités. C’est le même à mon avis. Et toujours à mon avis, parfois c’est un peu le bordel, tout se mélange. Sauf que chut, faut pas le dire.
Il est souvent question de la vie quotidienne, et que les actes de cette dernière peuvent aussi être une dévotion : faire la vaisselle, ranger, se laver. Je rajouterais aussi le sexe. Le sexe peut être aussi une forme de dévotion (qu’il y ait de l’amour dans l’acte pur ou pas, même si je considère que l’acte de dévotion est de toutes façons une forme d’amour). Si vous arrivez à faire des petites cases et à aimer votre conjoint de 20h à minuit, vos ami/e/s de 15h à 18h et vos Dieux de 9h à 12h, comment dire… au secours ?

[PBP] O – Une réflexion sur les offrandes alimentaires

Le biscuit offert à la fin d’un rituel. La lampée d’alcool versée au fond d’un bol.

Qu’est-ce qui est important ? Quelle est son essence ?

Les offrandes alimentaires, si elles me semblent être de loin les plus courantes, sont aussi les plus faciles à faire dans notre société, celle qui demandent le moins d’effort à la majorité d’entre nous. Après tout un verre d’eau est une offrande valable : quelle valeur a ce verre d’eau quand nous avons la chance d’ouvrir le robinet pour la voir se déverser à flot dans l’évier, fraîche et potable (enfin, à priori ^^’).

© Kimberly Slipchuk

À première vue, on peut légitimement se demander quelle pertinence y a t-il à offrir de la nourriture alors que dans les sociétés occidentales du XXIe siècle, nous sommes majoritairement privilégiés par rapport à tout un pan de la population mondiale. C’est à la fois vrai et faux, en tout cas, pour moi, à nuancer. D’abord parce que si nous ne sommes pas au Sahel, la question de la diversité alimentaire et de l’abondance matérielle se pose différemment suivant les foyers. Dans certains foyers, les fruits et les légumes sont un luxe. Même si nous vivons dans un pays développé et industrialisé, tout le monde ne roule pas sur l’or -et loin de là- et beaucoup d’entre nous sont dans des situations où ils doivent faire attention, y compris sur le plan alimentaire. Poser l’équation simpliste « occidentaux = aisés = l’offrande alimentaire n’est pas réellement une offrande dans la mesure où elle n’implique pas un réel don » me paraît presque insultante : elle balaie toute nuance, toute reconnaissance des limitations, voire des privations, matérielles que certains connaissent. Et si on creusait la question, je pense que nous serions étonné de voir combien d’entre nous ont connu, connaissent, ou connaîtrons malheureusement ces périodes.

La ‘nature’ de l’offrande alimentaire

Ensuite, sur un autre plan, si l’on considère plus en avant la nature de l’offrande alimentaire, on pourrait les diviser en deux : les offrandes « simples » qui ne demandent pas de préparation de la part du Donneur. Offrir une lampée de whisky, aussi bon soit-il, ne demande -sauf exception- que l’achat et l’ouverture de la bouteille. A contrario, offrir une tranche de pain que l’on a cuit soi-même revêt une toute autre importance. Encore une fois, les généralisations et raccourcis me paraissent malaisés parce qu’on peut vite arriver à une sorte de hiérarchisation du don, alors que je ne pense pas qu’un individu X soit en position de juger de la dévotion, de la relation et de la pratique d’un individu Y.

On pourrait dire que dans une offrande alimentaire, la nature du don peut être perçue suivant deux axes : l’axe du don simple, factuel : j’offre une lampée d’alcool, un biscuit, etc. Et suivant un axe de « participation personnelle » : j’offre une tranche de pain que j’ai pétri et cuit moi-même. La notion de « moyens » n’est pas uniquement financière, elle est aussi temporelle. Si certains ont des limites matérielles assez drastiques, d’autres devront faire face à des limites « temporelles » tout aussi délicates, pour diverses raisons. L’importance et la nature d’une offrande n’est donc pas uniquement dans la nature de ce que l’on dépose dans le bol, mais aussi dans le processus qui a amené sa réalisation éventuelle.
Certains objecteront que « quand on n’a pas le temps, on n’a qu’à le prendre » : « yakafokon ». Là aussi c’est toujours facile de dispenser des avis péremptoires à l’emporte-pièce, en culpabilisant la personne, parfois de manière extrêmement passive-agressive. Vous ne savez pas ce que les gens vivent, comment ils vivent.

L’absurdité de la notion de privation 

Ensuite, je m’interroge souvent sur cette notion implicite de « privation » dans le fait d’offrir. Je me demande si c’est réellement pertinent ou si ce n’est pas un implicite judéo-chrétien. Davantage qu’un substrat matériel, la notion réellement importance me semble être celle du partage : la matérialisation de la reconnaissance des Déités (ou suivant votre façon de considérer les choses) et de leurs importances dans notre vie. La petite part de gâteau déposée dans le bol n’est plus seulement une part de gâteau ou l’expression du « je me prive pour ci ou ca », elle devient l’expression du « nous partageons un moment ensemble, et le Visible comme le Non-visible font tout deux parties intégrantes de ma vie. »
Le temps pris par une personne pour cuisiner quelque chose pour les habitants du foyer, ou pour les invités peut alors être aussi vu comme un temps de dévotion : comme reconnaissance de ses besoins personnels et de son bien-être, de sa santé, comme dévotion au clan -peu importe combien de personnes le composent-, comme reconnaissance de la joie et de l’hospitalité (là encore, aussi bien pour les invités que pour les « résidents permanents d’une maisonnée ») et comme dévotion envers les déités, esprits, ancêtres qui font partie de la maison. Dans cette optique là, la notion de « privation pour offrir aux Déités » m’apparaît comme un contresens absolu.

Aliments & circonstances

Le seul aspect qui pourrait à l’extrême limite se rapprocher de cette idée, et encore de très loin, c’est la consommation de certains aliments uniquement dans un certain cadre rituel ou de célébration. On peut choisir de garder tel type de boisson (par exemple) pour ce type de moment, ou alors d’en faire une « production maison » réservée pour ces occasions.

Personnellement, il y a un alcool spécifique que je réserve pour des moments  particuliers, pas toujours directement rituels d’ailleurs, mais aussi pour certains anniversaires, certaines réunions spécifiques, parce que c’est un moment de partage et de célébration que je considère comme à part.  Je ne considère pas que c’est une privation, bien que j’adore la boisson en question (quoiqu’elle ne soit pas vitale pour ma santé XD), ca fait partie des offrandes à une déité précise et je n’ai pas envie de la sortir trop de certains cadres (vous sentez l’acidité qui revient ? C’est mon côte relou). Un jour j’en testerai la fabrication maison : à part le nettoyage de ma cuisine et de franches rigolades, je ne sais pas ce que ca promet mais j’aimerais essayer. 🙂

[Loki Project #16] Trickster. Changeur. Catalyseur.

Auteur inconnu

Ce mois de juillet a commencé par un gag plutôt drôle pour nous, moins pour mes voisins. Ne dites jamais « j’emmerde les voisins du dessous » la veille du mois de Loki. CQFD. Synchronicité, rien de plus. Sans doute.

Les gags se sont multipliés. Un téléphone dont le réseau tombe en rade et des sms absurdes reçus de la part d’un opérateur abasourdi quand je les appelle : « euuuh, je ne comprends vraiment pas ce qui se passe, parce que dans votre dossier tout est ok. Mais en plus il n’y a aucune trace des sms envoyés, normalement l’historique les garde. Je ne comprends vraiment pas ce qui se passe, c’est incompréhensible. » A l’autre bout du fil, on se mord les lèvres pour ne pas rire et on essaie de rassurer le hotliner confus.

Les trains qui déconnent (heureusement rien de méchant contrairement à l’accident de Brétigny). Les imprimantes sont bourrées au travail. Personne ne comprends ce qui se passe. On se planque comme on peut pour rire et annoncer ensuite. « It’s a Loki/lucky Day ». La quasi-homonymie passant inaperçue.

Le reste aussi. Les riens incongrus des jours écoulés sur lesquels on ne s’attarde pas. Une prédilection pour les outils de communications modernes.

La phrase du mois pourrait être : « C’est bizarre / je n’y comprends rien, d’habitude / normalement / techniquement / en principe, ca ne fait pas ca / je n’ai jamais vu ca / c’est pour ainsi dire impossible. »

Ca va Trickster.

Changeur. Catalyseur. Comploteur. Blagueur. Farceur. Pertubateur.

Rien de méchant, rien de grave. Mais…

Mais. Mais la donnée la plus perturbante du mois -pour le moment- c’est de comprendre, de ressentir, de toucher du doigt pourquoi il inquiète autant. D’appréhender pleinement les raisons pour lesquels il est montré du doigt, craint, honni parfois.

Les plaisanteries sont amusantes. Elles pourraient ne pas (pour paraphraser Melville). Il suffirait d’un rien, d’un glissement de quelques millimètres. Une focale très légèrement mal réglée.

Je ne m’étais jamais posée la question, et la potentialité que, éventuellement, « l’humour pouvait parfois être mal dosé », encore moins. Maintenant, étrangement, je le mesure.

Odin & Loki by Kayla Marquez

Ce n’est pas uniquement une exploration intellectuelle, même si le ressenti reste purement hypothétique et sans « application de dommages mesurables » (pour ne pas écrire autre chose. Superstition ? En partie sans doute. Ou pas), il y a quelque chose de pratiquement palpable dans cette potentialité qui ne m’était jamais apparu auparavant. Peut-être parce que mon inconscience m’en tenait éloignée. Peut-être parce que mes affiliations étaient différentes et qu’il y a certaines ambivalences, certaines charges que je suis davantage en mesure de percevoir maintenant. Peut-être parce qu’auparavant, je n’avais pas la sensation de me tenir derrière une invisible barrière électromagnétique. « You shall not pass ». Factuel. Immédiat. Sans appel. Mes cuisantes expériences de la fin de l’automne m’ont probablement appris que tout peut arriver -s’il était besoin de me faire une piqure de rappel- y compris ce qui ne vous semble ni factuel, ni rationnel, ni explicable, ni logique, ni pragmatique. Et que « non », veut dire « non », peu importe les mondes.

Je n’ai pas choisi l’autre côté de cette barrière là. J’aurai donné n’importe quoi pour rester du côté où j’étais. De part et d’autre, on m’a dit « niet ». Enfin, d’un côté il y a eu le silence fataliste. « C’est comme ça ». De l’autre on m’a fait un dessin.

Mais je digresse.

Pour en revenir au sujet, c’est troublant de se rendre compte que les pièces ont deux faces, d’en mesurer le pouvoir brut, les terribles capacités. Un peu comme de se rendre compte que la bombonne de gaz qui nous sert à faire le dîner pourrait se transformer en arme mortelle qui détruirait la maison si elle explosait.

Elle n’explose pas. Mais elle pourrait.

Il est facile de faire n’importe quoi quand on ne mesure par le danger. Ce n’est ni un signe de courage, ni un signe d’intelligence ou d’expérience.
Continuer de faire et d’aimer, continuer à conserver une certaine légèreté quand on a éprouvé ce risque, c’est un art, un apprentissage ; Un exercice d’équilibriste entre la patience, la sagesse (bien que franchement, je n’appliquerais pas ce terme à beaucoup de gens, et encore moins à moi), la « pureté » (pas dans le sens mauvais / bon ou pur / impur, plutôt dans le sens « ne pas se comporter pour éviter ci ou pour gagner ca. La pureté comme un élan du cœur sans calcul, je pense que ca résume bien mon idée). Je suppose que, ce n’est qu’un fois cette sensation ressentie que l’on peut dire que l’on connaît « pas trop mal », une déité.

Perfect Love & Perfect Trust

Aujourd’hui, la Wicca a globalement mauvaise presse pour tout un tas de raison. Les wiccans sont des cons qui n’ont rien compris et qui gonflent tout le monde (j’ai déjà lu des avis à peine plus fins). On met tout de côté sans même chercher à faire l’effort de creuser sous les apparences, parce que de toutes façons « la wicca, c’est de la merde ». Certes, tout le monde n’a pas un avis aussi tranché, et les reproches ne sont pas forcément tous infondés, bref, tout est relatif.  Mais il y a un truc, un détail d’importance. Ce que l’on dit au moment de l’initiation et dont la signification ne se cantonne pas à la Wicca mais peut-être compris dans de nombreux contextes.

Parfait amour et parfaite confiance.

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