Soul Map

Avant toute chose, un peu de contextualisation : Je suis loin d’être une fan inconditionnelle de Raven Kaldera, pour diverses raisons, mais notamment parce qu’il a une fâcheuse tendance à ne citer aucune source dans ses livres. Ils sont bourrés d’informations qui mêlent allègrement UPG et lore, mais sans distinction, de témoignages divers et variés qui ne sont pas sans intérêts, mais je n’aime pas que l’on me sorte tout et n’importe quoi sans indiquer clairement ce qui ressort de l’étude des textes et ce qui ressort du travail / ressenti personnel. La majeure partie de son travail est certes axé sur des figures sur lesquels les textes ne comportent que peu de mentions, mais à mes yeux, ce n’est pas une raison. Il écrit bien, et certaines histoires sont très joliment relatées, mais qu’on ne me fasse pas passer une vision personnelle pour un fait, merci.

La Soul Map ne fait pas exception à cette tendance : il s’agit d’une méthode de divination qu’il a mise au point (?) et qui trace en quelque sorte une « cartographie de l’âme, des corps », âme étant à prendre au sens large, étant donné la multiplicité des concepts nordiques à ce niveau là. Sauf que d’où sortent ces concepts ? En lisant le volume 1 de Our Troth, on retrouve des indications très précises sur ces différentes « parties de l’âme » (dans le chapitre Soul, Death & Rebirth) : hugr, munr, önd, hamr, hamingja, etc (note : là aussi, voir les ressources sur lesquelles ces passages s’appuient). Je suppose que ce n’est pas le seul ouvrage qui en parle, et putain, la moindre des choses, c’est de créditer ses sources. Prendre des concepts et s’appuyer sur le travail d’autres personnes pour en faire une méthode de divination, ca passe. Nous présenter ca comme un lapin bondissant du chapeau d’un magicien, nope. Bref, fin du quart d’heure casse-couille.

Cette méthode est une création moderne (mais de toutes façons, si ma mémoire est bonne, le fait de tirer les runes n’est pas non plus avéré. Le coup de Tacite parlant de bâtonnets de divination et que tout le monde se dit « ah ouais c’est des runes » : en fait on en sait foutrement rien. C’est une manie actuelle. * corrigez moi si je me trompe * Et passons sur le coup de la rune blanche, l’invention foireuse de Ralph Blum, ou sur les postures runiques (mises au point par Edred Thorsson ?). C’est juste pour situer : à une époque j’ai utilisé la rune blanche, et testé les postures pour voir ce que ca donnait -c’est-à-dire pas grand chose dans mon cas-.) mais j’avoue, c’est plutôt foutrement accurate. Un peu violent aussi. Un peu comme se prendre un TGV en pleine tronche. Ce n’est pas le genre de tirage que l’on fait souvent, plutôt un bilan de la situation, un peu comme un bilan de santé avec analyses sanguines et tout le tintouin. J’ai découvert ce concept en novembre 2012, et j’ai eu l’occasion de l’utiliser plusieurs fois, sur moi et sur d’autres personnes. Prévoyez du temps, de la tranquillité et une boîte de mouchoirs (et éventuellement de la gnôle, y’en a parfois qui ont soif pendant qu’on tire). De quoi manger aussi, et du temps pour vous reposer après coup. Je ne blague pas.

Ici, le lien (sur le site de Kaldera) qui explique la méthode en détails.

Après l’avoir fait deux ou trois fois (et m’être bien em…bêtée avec les petits galets pour le premier tour) j’ai chopé des galets de couleurs en verre, ceux qu’on met dans un aquarium. C’est déjà plus pratique que X sortes de mini cailloux. Et puis, j’ai décidé de broder la mienne (j’ai pas assez de trucs à faire).
C’était chiant. Mais c’était vraiment chiant. Et long. Et chiant. Surtout pour les noms en runes en dessous de chaque plot. Sans rires, une fois pas deux.

La bête, face endroit

Et comme je trouvais que l’envers serait tout nu, j’ai décidé de broder un dragon (tant qu’on y est, pourquoi s’emmerder à faire simple ?)

Le dragon vu de plus près (oui, il a une tête de… non je peux pas me résoudre à le dire) :

J’avais trouvé le motif en fouinant sur Pinterest, au cas où ca intéresse quelqu’un, voilà le dessin, si jamais vous avez envie de vous éclater par un mercredi pluvieux. [édit : à la base, c’est un flash pour les tatouages, il a été dessiné par cette personne]

dragon_broderie

Ce n’est pas très compliqué à faire, il faut juste du temps et de la patience (mon stock de patience est généralement assez limité). J’ai bidouillé des flèches brodées en « double faces » pour maintenir ensemble les deux pans de tissus, envers et endroit. La broderie est du coup réversible, on ne voit pas les nœuds. Tout a été monté et brodé à la main, avec des inclusions de tissus. Après l’avoir finie, il y a eu deux-trois bidouillages / procédures perso  (comme pour un tirage, histoire de dire « bonjour, s’il vous plait et merci » parce que j’essaie de ne pas me comporter comme une malotrue).

Au niveau des interprétations, je suis en train de faire des recherches complémentaires, d’abord histoire de savoir d’où sort chaque « plot », de comprendre quelles significations avaient / ont ces ces concepts, leurs évolutions, l’origine de leur nom, voir ce qui est « avéré »et ce qui est une supposition etc. Éventuellement, il me semble que certains (comme la « mægen ») peuvent même être « divisé » en deux, pour avoir des réponses / aperçus plus précis. Ca ne retire pas le fait que cette méthode fonctionne très bien, mais quand j’utilise quelque chose, j’aime bien comprendre comment ça marche, d’où ca vient, le pourquoi du comment, etc.

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[Odin Project #8 / PBP] W – Wunjo, Odin : seiðr, fureur, extase

Le nom Odin (Woden en Vieil Anglais, Óðinn en Vieux Norrois, souvent anglicisé en Odhinn, voir parfois Othinn) provient de la racine óðr- qui signifie fureur (sous forme d’adjectif, j’ai parfois lu que le nom óðr se rattache à la poésie, on retrouve d’ailleurs cette origine dans Óðrerir, qui contient « l’hydromel de l’inspiration poétique »). J’avais déjà abordé précédemment un des sens de wunjo. Ici il sera davantage question de certaines applications de cette rune et du lien avec Odin (qui avait été aussi abordé brièvement l’an dernier ici), les notions de fureur et d’extase feront probablement l’objet d’autres articles ce mois-ci. A noter que je ne propose que mon interprétation, elle est donc à prendre avec précaution et n’est absolument pas fixée, c’est davantage une « proposition d’exploration ».

Wunjo est connectée aux plaisirs et à la joie. Il s’agit d’une rune essentiellement liée au matériel, du moins à première vue. Il est intéressant de noter qu’elle a disparu du futhark à seize runes : parmi les hypothèses tentant d’expliquer la disparition de ces runes, j’avais lu [où ?] qu’auraient pu être ôtées les runes dont la signification ne correspondaient pas aux « idéaux » alors en vigueur. C’est une possibilité. Ceci étant, les runes ayant été utilisée à des fins tout à fait pragmatiques, je pense que l’explication linguistique simple n’est absolument pas à négliger, bien au contraire : l’évolution du langage pouvant expliquer la disparition de certains signes, qui correspondaient à des sons qui n’étaient plus utilisés. Néanmoins, ces deux hypothèses se complètent très bien (je suis curieuse de pouvoir lire ce qu’en disent les spécialistes de la question qui l’ont étudié sous un angle purement factuel, dénué de toute pratique « magique ».)
Autre question que je me pose : celle d’un possible lien entre la racine du nom « wunjo » et des noms d’Odin (Woden, Wotan, Wodanaz etc). Je n’en sais absolument rien, c’est une interrogation pure.

Dans l’explication « basique » de la rune Wunjo, celle de la joie simple liée au matériel comporte également le plaisir sexuel. Si Odin est un dieu de fureur (pour paraphaser Adam de Brême  « Wotan, id est furor »), celle ci a souvent été rabattue au rang de « fureur guerrière » mais par fureur, on peut aussi inclure une sorte d’état transcendant, la fureur n’était pas spécifiquement l’expression de la colère, mais plutôt une canalisation d’énergie débordante, aussi bien d’un point de vue guerrier, que d’un point de vue sexuel ou à des fins « rituelles » (extase, transe chamanique).

J’ai souvent lu que Othala était liée à la pratique du Seiðr, et j’avoue que j’ai du mal à comprendre pourquoi. En étudiant Wunjo, j’ai constaté qu’elle a un rôle de « canalisateur » assez important : plus que la joie, elle peut aussi dénoter la capacité à engranger / canaliser une énergie. Je l’avais l’an passé reliée à la capacité des berserker (je dis berserker pour simplifier mais ce ne sont pas les seuls types de combattants à se battre sous l’effet d’un état de transe) à passer en transe guerrière, mais aussi à une sorte d’intoxication.  A ce sujet, cela n’est pas sans m’évoquer l’hydromel et l’état d’ivresse : il est dit qu’Odin ne prend pour toute nourriture que de l’hydromel, et qu’il donne la viande à ses loups, Geri et Freki.
Wunjo permet la réception, l’ouverture, l’alignement sur une énergie (et doit pouvoir servir à la pratique de certains rituels de possession comme celui décrit par Katie Gerrard dans Seidr : The Gate is Open. Note : tout dépend de la déité en question, bien sûr.)

Pour moi, Wunjo est une rune fortement liée au Seiðr : c’est une rune de pénétration, énergétique et/ou sexuelle, et la pratique du Seiðr n’est pas une pratique « aseptisée » : elle ne sépare pas le sexe de la pratique magique comme c’est souvent le cas dans certaines pratiques magiques contemporaines. Bien au contraire, on peut se servir de l’acte sexuel [quel qu’il soit] pour atteindre un état de conscience modifiée et/ou utiliser l’énergie de l’orgasme, par exemple, pour certains types de travaux.
La pratique du Seiðr était jugée dégradante pour les hommes, dont on disait qu’ils était dévirilisés par cette pratique. Curieusement, là aussi quand on parle d’Odin en tant que « dieu-magicien » beaucoup semble oublier le concept d’ergi (qui fera l’objet d’une explication ultérieure). Pour l’instant, l’ensemble wunjo / seiðr / extase / Odin est plutôt cohérent. Rappelons que Seiðr, d’après Ed Richardson, signifie quelque chose comme « bouillonnement ».
Chanter la rune au son d’un tambour au début d’un voyage provoque une sorte de levée du « verrou ». (Généralement, quand je pratique, il n’y a pas de « méditation guidée », je fais le vide et d’autres trucs -chants etc- et je sens simplement au bout d’un moment quelque chose qui se « déclique » et comme une vibration / sensations particulières que j’aurais du mal à décrire. Ceci étant, ca n’est pas systématique. Parfois, il n’y a rien. Le  combo déclic+vibrations n’est pas « la fin » mais plutôt la condition pour que « le reste » puisse avoir lieu, bref passons.)

Pour finir, cela me fait penser de façon assez incongrue au roman de William Faulkner (pour la petite histoire, il parait qu’il n’arrivait à écrire que complètement bourré) Le bruit et la fureur. (Aucun lien, je sais.)

[PBP] T – Traumatisme et guérison

Artiste inconnu

Quelles raisons, quels événements nous conduisent à un jour nous retrouver sur les voies que nous arpentons aujourd’hui ? Y-a-t-il un jour un déclin qui nous fait sauter le pas, ou une succession de faits qui pris individuellement sont insignifiants ? Je n’en sais rien, je n’ai pas de réponse toute faite à ces questions. Je ne saurais pas dire ce qui m’a amené à cette voie là, au niveau des croyances. Par contre, je sais comment j’en suis venue à m’intéresser à la magie, aux tirages de cartes, aux runes. (Je distingue parcours spirituel et parcours « magique »)

Je voulais contrôler ma vie, et enfant je n’avais aucune prise sur ce que je vivais. J’ai malheureusement été amené très tôt à considérer que les adultes n’étaient ni source de protection, de réconfort ou de fiabilité. Qu’ils avaient leurs propres règles et qu’ils maîtrisaient les règles du jeu. Qu’un enfant est sans défenses, et que je n’avais aucune arme pour me protéger. J’ai grandi avec notamment la terreur du « un jour, on te fera croire que tu vas à la danse / chez une amie / à l’école, et on t’emmènera en pension / à l’asile de fous et tu y resteras jusqu’à ce que tu sois grande / toute ta vie ». J’ai grandie avec la peur que chaque transport en voiture se finisse devant une bâtisse où l’on m’enfermerait, où je serais prisonnière pour le restant de mes jours. Ca et le « tu as rendu ta mère malade, c’est de ta faute, je te tuerai. » La maison n’était pas sûre. L’école non plus, pour d’autres raisons. Tabassages en règle, et « Unetelle n’a jamais de problèmes, débrouilles-toi. » Alors j’ai cherché des armes, une manière de me défendre.Voulu savoir comment me battre, savoir comment on allumait un feu, trouver mon chemin, construire un abri, si un jour je devais fuir.
J’ai commencé à penser à la magie, influencée par mon environnement, par certains livres dans la bibliothèque parentale, par le professeur Tournesol qui retrouve tout avec son pendule. J’en ai demandé un pour Noël, je venais d’entrer au CP. Je suis arrivée à l’école après les vacances et j’ai demandé à mes camarades de me poser des questions auxquelles on pouvait répondre par oui ou par non. Des questions dont j’ignorais les réponses. J’ai fait mouche assez de fois pour faire peur. ma mère m’a menacé de le confisquer si je continuais. Ce n’était pas un jeu. Je me suis dit que je tenais un premier outil. Je m’en servais pour savoir si les adultes tenteraient de me piéger, pour me tenir prête. La magie des adultes, c’était de la merde : souvenir amer d’un panettone rapporté de Sicile par mon père qui promettait une surprise magique. Et en fait de surprise magique, un vulgaire repliage savant qui faisait que la boîte se repliait pour faire sortir le gâteau par le fond. J’en avais été écœurée. Si c’était ca la seule magie que les grandes personnes connaissaient, qu’ils se la gardent.

Plus tard, au collège ca a été un jeu de cartomancie. Je tirais les cartes en rentrant chez moi déjeuner le midi, pour savoir comment je pouvais manipuler ma prof de français, échapper à un truc déplaisant, savoir ce que l’on ne voulais pas me dire. J’y réussissais plutôt bien. L’éthique ? La fin justifie les moyens.
Petit à petit, je suis allée faucher « Le Grand Albert » de ma mère, épluché ses pages, tenté de la faire parler sur ses propres expériences en la matière. « Ce n’est pas un jeu, ce n’est pas pour toi. » Tant mieux, je ne voulais pas d’un jeu. Plus tard encore, avec l’adolescence et les films d’horreurs, je me suis demandée comment me défendre en cas d’attaques de fantômes et autres. Je suis allée chercher Eliphas Lévi, méticuleusement épluché au lieu de faire mes DM de maths. Fait une liste de tout ce qu’il fallait que je lise. Été découragée par la longueur et la complexité des rituels.

Quand j’ai découvert les runes, j’ai jubilé en lisant un avertissement « ce n’est pas un jeu » et lu certains usages particulièrement dangereux. On pouvait tuer, et j’allais les apprendre pour tuer. Pour me venger. Pour détruire la vie de celles et ceux qui m’avaient fait du mal. La vengeance ne sert à rien nous dit la morale. La vengeance n’est pas là pour compenser ou remplacer. Elle n’est pas là pour apaiser une douleur sourde. Pour moi, la vengeance sert à dire à son ennemi : j’ai gagné, tu as perdu. Cela ne me ramènera pas ce que j’ai perdu, mais je t’ai buté, écrasé, anéanti, abattu. J’ai ruiné ton empire et je danse sur ton cadavre. Je ne raconte pas cela pour avoir de la pitié, je n’en veux pas, mais parce que ce sont des faits passés situant un contexte.

Ce n’est qu’à cette époque que croyances et pratiques se sont rejointes. Paradoxale : d’un côté la petite wiccane fluffy de 17 ans qui croit en une Déesse à l’amour infini, mais qui apprend les runes pour se venger, et qui accumule les connaissances en tout genre pour survivre comme d’autres se font un arsenal. Au départ, voilà ce qui m’a amené à « pratiquer consciemment ». Pas l’amour de la Nature, ni la volonté de comprendre ci ou ca. C’était une volonté acharnée et pragmatique.
De manière toute aussi pragmatique, vers l’âge de 10 ans, je me suis dit que je n’y arriverai jamais seule. Que les adultes étaient useless. Que mes ami/e/s ne comprenaient pas. Qu’il me fallait l’aide de Dieu. J’ai dealé mon âme ou 30 ans de service en échange de la connaissance. Je voulais savoir. Que lui par contre, je pouvais lui faire confiance et qu’il me protégerait.

Aujourd’hui, ca fait plutôt rire. Jaune éventuellement. Est-ce que ce deal passé du fond de mon lit en disant mes prières à l’âge de 10 ans a fait de moi ce que je suis aujourd’hui ? Un côté dit que oui. Un côté dit que non. En tout état de cause, difficile de savoir, tout ce que je sais c’est que ce fait n’est pas à considérer sous ma façon de voir actuelle, et que le revoir sous cet angle peut le fausser. Je ne suis pas fan de l’illusion biographique. Facile, 10 ou 15 ans après de revoir un détail et de lui donner une autre interprétation pour qu’il colle à notre actualité.

Quid de la guérison ?
Je ne sais pas si l’on en vient obligatoirement à certains sentiers pour se guérir. Difficile et maladroit de dresser un tableau général au vu de la multiplicité des voies. Par contre, je sais ce que je peux en dire au vu de ma maigre expérience personnelle et de mon point de vue.
Aller voir une déité dans le but unique de se guérir, c’est un peu comme débarquer chez quelqu’un que vous avez croisé dans la rue pour lui demander de vous aider. Un non-sens. Les déités ne sont pas des toubibs, des psy, des parents de substitution. Ils peuvent guérir, ils peuvent soigner, mais ce n’est pas comme coller un pansement sur une plaie béante. Parfois, vous avez besoin d’une opération à cœur ouvert sans anesthésie. Et souvent, d’une pré-opération pour vous rendre compte qu’une opération sera nécessaire. Mais vous ne prenez pas rendez-vous pour la subir, cela vous tombe dessus sans préavis, généralement au moment où vous aimeriez le moins avoir à la subir.

On dit que l’amour soigne. Je suis d’accord. Mais je suis sceptique sur la pertinence d’aimer « dans le but de », c’est un autre type de problème. Par contre, je crois que quand on développe une pratique dévotionnelle -qui n’a pas besoin d’être spectaculaire ou mirobolante- profonde et suivie, que l’on dépasse quelque chose, qu’on apprend à les aimer, comme ils sont, pour ce qu’ils sont, que l’on tisse une trame, faite de claques quand on déconne, d’amour, et de courage, en revenant sur le tissage on se rend compte des accrocs réparés. Qu’à force d’amour, parfois la guérison vient comme du miel sur une brûlure. Un jour s’attendant à saigner on trouve une cicatrice que l’on n’a pas vu se faire. Les Dieux ne nous soigne pas directement, mais ils nous font cavaler, bosser, tisser-défaire-refaire, nous font stopper le véhicule allant droit dans le mur pour emprunter une voie encore moins confortable qui débouche sur un quelque part. En empruntant cette voie, nous nous guérissons nous-même. Ce n’est ni facile, ni rapide, mais quand cela arrive, l’épiphanie ne vient pas avec le tonnerre grondant des révélations théâtrales, elle vient après, quand on a perdu le fil et qu’on le retrouve au milieu de l’écheveau. On donne de sa personne, ils montrent la route. Ainsi se fait l’échange, le don pour le don.

Je pense que la pratique magique sans la pratique dévotionnelle/spirituelle est une impasse, parce que s’il n’y a rien à aimer derrière un rituel, c’est le vide que l’on célèbre. Vous pouvez accumuler les armes, mais si personne ne vous dit comment les employer, vous crèverez la gueule ouverte. L’aspect pratique et l’aspect dévotion vont de pair.

Chaudron de Gundestrup & Pierres runiques

1. Le Chaudron de Gundestrup

Toujours au Musée National de Copenhague, dans la section « Préhistoire danoise », il y a une salle réservée au Chaudron de Gundestrup. (Je ne suis pas restée très longtemps, il dégage une sacrée putain d’énergie et j’ai eu la gerbe, mais violent).

Quelques liens : 

The Gundestrup cauldron

L’article de Wikipédia (à traiter avec précaution, les affirmations étant surtout des suppositions).

Le chaudron est très grand : 69 cm de diamètre et 42 de haut.
On ne le voit pas souvent sur les images qui le représentent, mais il y a une plaque au fond.

On lit souvent que le chaudron représente Cernunnos etc. D’après les travaux de H.E. Davidson que j’ai entamé (The Lost Beliefs of Northern Europe), ce type d’interprétation est toujours délicate : ce sont des déductions et des probabilités. Les spécialistes ne peuvent pas être certains à 100% qu’il s’agit bien de lui, etc.
La section photographiée ici est en réalité une plaque intérieure, la partie extérieure correspondante est manquante. (Désolée pour la qualité de la photo, c’était un peu délicat à prendre).

2. Les pierres runiques

Le musée présente une petite salle dédiée aux pierres runiques. Elles sont exposées sans protection, et j’avoue avoir été tellement surprise que je me suis demandé s’il ne s’agissait pas de reproductions. Mais non. Un petit pictogramme « ne pas toucher » constitue la seule « protection ». Magique… ^^
Je n’en ai pris que deux en photos, de mémoire il y en avait une dizaine.

Runic Stone (Egå) XIe siècle.
« Alvkil and his sons raised this stone in memory of Manne, their kinsman, who was land-steward of ketil the Norwegian »

Runic Stone (Asferg) XIe siècle
« Torger Toke’s son raised this stone in memory of Mule, his brother, a very good þegn ».

Frigg, Gebo et les sacrifices

Note : toutes les références mythologiques sont faites de mémoire, sans vérification, donc il se peut que je me goure. 

Dans la série des idées reçues, outre ces histoires de foyer que nous avons rapidement vues, il y a en a une autre qui me fait lever le sourcil. « Frigg est une déesse gentille ». Gentille ? Frigg ?

Premièrement, le fait de classer les déités en deux catégories, les gentilles et les « pas gentilles » me laissent perplexe. Pourquoi avoir besoin d’établir une dinstinction pareille ? Pour savoir chez qui allez couiner pour demander tout et n’importe quoi, et les « pas gentilles » dire « ils vaut mieux les laisser tranquilles ? » Sans rires.

Frigg n’est pas gentille. Resituons le contexte.
Elle sait que son fils préféré, Balder, (je n’aime pas beaucoup la notion de chouchou, mais simplement : qui sait, à froid, à sec et sans chercher sur Google, le nom des autres enfants de Frigg et Odin ?) va mourir. Elle fait tout ce qu’elle peut pour que cela n’arrive pas. En pure perte.
A peu près en même temps, elle perd un autre fils, Hödr, l’aveugle qui tire la flèche de gui. Oui, c’est leur second fils. De lui on ne sait pratiquement rien.
Ensuite, elle perdra son mari. Je ne sais plus dans quel texte elle apparaît sous l’identité de l’une de ses suivantes -l’hypothèse la plus souvent avancée étant qu’il s’agit d’une preuve que cette suivante n’est qu’une hypostase. Je suis sans doute partiale, mais personnellement, le thème de la Dame déguisée en une de ses suivantes pour se promener incognito est un thème relativement connu dans la littérature, y’a pas besoin d’aller chercher l’explication de l’hypostase pour ça-  bref, on parle de la mort d’Odin comme sa « seconde souffrance », la première étant la mort de Balder (sympa pour Hödr).

Elle enterre son mari, deux de ses fils, et elle est bonne pour ramasser les morceaux après le Ragnarök. On ne parle pas de sa mort, et en tant que déesse des liens et des fondements de la société, il est plutôt illogique de la voir morte : je ne la vois pas se suicider, comme Nanna, la femme de Balder qui, suivant les versions, se jette sur le bûcher funéraire ou se laisse mourir de chagrin (suivant les versions).

Comme toutes les déités de ce panthéon, elle fait ce qu’elle a faire, quand elle doit le faire.
Quand j’avais effectué un premier travail sur elle, en août dernier, j’avais rapidement listée quelques runes dont les énergies et les concepts brutes me faisaient penser à elle. Parmi ces runes, se trouve Gebo : en la regardant, j’avais trouvé amusant de constater que c’était la seule rune à ne jamais pouvoir être renversée (sauf si l’on utilise la rune Hagalaz sous forme de « flocon ») : Gebo forme un socle, à la fois en tant que concept structurant la société (acte de donner/recevoir) mais aussi codifiant les relations avec l’Autre-monde. En lisant le livre Le monde du double, de Régis Boyer, je me souviens qu’il fait allusion à ce passage du Hávamál souvent cité « mieux vaut ne pas trop donner que trop sacrifier », en y apportant une interprétation intéressante dans laquelle il n’est pas question d’être redevable de quoi que ce soit, mais plutôt comme idée que « il est préférable de réfléchir à deux fois avant d’aller gueuler pour demander un truc aux esprits et aux dieux, parce qu’à force de sacrifices et d’offrandes, il se pourrait bien que ca marche. Et que l’on se retrouve dans la merde. » Gebo en tant qu’assise, Gebo en tant que structure du lien social, même sans rentrer dans la notion de sacrifice, cela colle bien à Frigg (je me rend compte que je fais pour Frigg des articles-miroirs de ceux du Mois pour Odin…). Liens du tissage, liens qui structure, liens de la toile du Wyrd, liens du mariage. Il y aurait beaucoup à dire sur la nature de ces liens, y compris sur la nature de leur magie d’ailleurs.

Elle est la mère d’un dieu très aimé et de celui qui le tuera. Écartons la question du « pourquoi » elle cherche à le protéger, etc.
Nous en discutions une fois avec Ulvaten : Balder est un dieu délicat à comprendre, qui ne peut être perçu seul. Sa compréhension et son existence est intrinsèquement liée à celle d’autres déités.
Balder, dieu un peu trop parfait, dieu tardif qui est mis au monde et aimé pour être sacrifié, pour la renaissance après le Ragnarök. Balder est un dieu aimé, et ce qui rend son histoire touchante en quelque sorte, c’est l’énergie que tout le monde, et notamment Frigg, emploie pour tenter de le sauver. C’est là tout le drame : parce que sinon, un mec qui meurt, la belle affaire. Tous les sacrifices de la mythologie nordique sont intéressants si on regarde, non pas l’action en elle-même, mais ce qu’elle coûte, en souffrance, en larmes, en douleur et en renoncement. Balder est un enjeu, un pari pour l’avenir, et je repense à ce que j’ai écris précédemment sur les sacrifiés ( note : à relativiser d’après certains spécialistes, ainsi que me l’a indiqué Kundry 😉 il faudra que je lise le bouquin cité) et si on continue dans cette optique d’analyse : la jeunesse, la bonne santé, la vie relativement privilégiée, etc, pour que le sacrifice ait de la valeur.
Balder est une offrande, faite par Odin et Frigg, pour que l’histoire continue après le Ragnarök.

[PBP / Mois pour Frigg] Perthro

Wyrd © Sam Araya

Perthro, la rune du cornet de dés, du destin. Affectueusement (tout est relatif) surnommée par Freya Aswynn la rune Fuck Off. (Les feuilles d’Yggdrasil)  La rune des naissances. Ceci étant la signification de cette rune fait l’objet de nombreux débats et les interprétations divergent. D’ailleurs, pendant que je divague, je me demande d’où sortent les interprétations des runes, comment les spécialistes ont fait pour associer des significations à ces symboles ? D’accord il y a des textes qui ont été décortiqués, mais le processus global m’intéresse.

C’est dans la Lokasenna qu’il est dit que Frigg connaît la destinée de tous les êtres, quand bien même elle n’en souffle mot. Cette dernière essaie de calmer Odin et Loki qui s’insultent mutuellement, notamment à propos de leurs sexualités respectives et elle  leurs demande de garder dans le passé ce qui date du passé (ce qui se passe à Vegas reste à Vegas). Loki lui rétorque qu’elle n’a qu’à fermer sa gueule et raconte deux trois trucs pas piqués des vers (un jour je ferais une petite adaptation en argot de la Lokasenna, chaste oreille s’abstenir….) et Freya intervient (traduction R. Boyer / Fayard / 1976) :

« Tu es fou furieux, Loki
De prononcer
Les charmes exécrables ;
Les destinées,
Je crois que Frigg les sait toutes,
Quand même elle ne les dirait pas. »

Rappelons que chez les nordiques, le destin est pas exactement immuable, le wyrd est influencé par l’örlog. Pour faire une distinction simple que j’espère pas trop erronée, l’örlog est le destin en mouvement, sur lequel nos actes, nos paroles ont une action performative : chaque chose que nous faisons ou ne faisons pas à une influence sur l’örlog. Le wyrd est le résultat final de notre örlog, mais aussi la somme des örlog combinés. Le wyrd n’est pas individuel mais collectif (d’où par exemple, l’importance de ne pas faire n’importe quoi durant un sumbel, puisque ce qui se passe influence le wyrd de tout le monde.)

Il est probable que la connaissance de Frigg comprenne non seulement le destin le plus probable mais aussi toutes les possibilités. Si elle parle et qu’elle choisit de révéler ce qu’elle sait, elle en influence le résultat final. Hors, même les dieux ne sont pas omniscient : on peut supposer que si Odin était omniscient, il n’aurait pas besoin d’aller déranger la Völva après le rêve de Balder.
On peut poser les choses de la manière suivante : soit vous êtes omniscient (plus ou moins) soit vous pouvez agir. Les deux à la fois sont impossibles.
C’est d’ailleurs très intéressant le fait que Frigg et Odin soit mariés : d’un côté vous avez la connaissance du destin, de l’autre le fou furieux qui essaie de le plier (avant que vous ne leviez le sourcil, je vous renvoie à la signification du nom d’Odin et à Adam de Brême). Les forces de connaissance et les forces agissantes.
[Ca ne règle pas la question de savoir pourquoi Frigg agit comme elle le fait quand son fils lui raconte ses rêves, je tâcherai d’y revenir.]

Plus qu’un simple symbolisme de jeu et de hasard, l’interprétation de Perthro en tant que cornet de dés peut renvoyer aux différentes voies de notre destin, aux différentes directions que notre vie peut prendre.

Intéressant aussi le lien entre les runes des Nornes et Perthro.

Hagalaz / Isa / Nauthiz = Urd / Verdandi / Skuld
Perthro = Frigg

Les runes des nornes ne donnent aucune indications sur la destinée d’une personne, c’est soit l’örlog « figé » parce que les actions se sont passées, soit l’örlog actuellement en mouvement, soit ce qu’il donnera (ce qui renvoit d’ailleurs aux significations des noms des trois Nornes).
Par contre, Perthro et Frigg, le cornet de dés et celle-qui-sait-mais-ne-dit-rien possède une puissance et une ambivalence que je trouve incomparable si on l’examine par rapport aux trois précédentes. On avait pas mal réfléchi une nuit avec une amie sur Frigg. Et on a fini par poser plus ou moins l’équation pas si saugrenue que ca que Frigg pourrait bien être une norne elle aussi. Ou un genre de.
Si on fait le lien entre les Nornes et les Disir, ces esprits féminins protecteurs d’un clan ou d’une lignée, dont l’origine est mal définie et dont apparemment on ne sait pas trop si elles sont apparentées aux nornes, aux esprits des ancêtres etc. cela ne sonne pas trop absurde.
Le parallèle entre Freya Vanadis (La Dis des Vanes) et Frigg comme Dis des Ases pourrait être cohérent, et expliquerait peut-être aussi l’attitude par rapport à Balder. Protectrice du Clan.
Elle exerce d’ailleurs ce rôle à plusieurs reprises : même si les rapports qu’elle et Odin entretiennent ne sont pas toujours détendus (mais franchement, dans tous les couples on s’envoie des assiettes à la gueule :p), je crois que c’est au début du Vafþrúðnismál qu’elle essaie de dissuader le Vieux d’aller faire son tournoi de devinettes avec le géant parce qu’il risque d’y laisser sa tête.

Revenons à ces histoires de Perthro, de Dis, et de naissance maintenant. J’en avais parlé avec le lien Frigg / naissance-destin. Perthro aurait pu être une rune que l’on grave/ dessine dans les paumes de la main pour aider à l’accouchement. Le lien entre accouchement et dis est assez évident.
J’associe beaucoup Fensalir non seulement à la salle des naissances, mais aussi comme au lieu où l’on peut contacter éventuellement les ancêtres féminins (enfin… pas toujours bref.) et au niveau personnel, j’ai eu l’occasion d’en faire l’expérience pendant l’accouchement d’une femme de ma famille, côté maternel, -m’étais dit que j’allais essayer d’aider-, et le verdict énoncé dans la grande salle et sa correspondance parfaite avec ce qui a eu lieu en Matérialité. Sur le coup je m’étais dit que c’était dans ma tête. Finalement non (c’est toute une histoire ca, j’ai parfois l’impression d’entendre ma brochette d’amis et Ulvaten brailler en cœur « mais tu as fini avec ce refrain ? » Quand c’est pas « l’autre » brochette qui braille…)

[Loki Project #5- PBP] Nauthiz / la nécessité

Sans partir sur une analyse en détail de la rune, des textes et de tout le tintouin, Nauthiz est décrite comme la rune de la nécessité, du besoin et de la détresse et du feu (mais du « feu de détresse »). Elle est associée à Skuld, la Norne « du futur ».
Si les Nornes sont souvent liées aux aspects passé / présent / futur, l’analyse de leurs noms respectifs montre que c’est plutôt « ce qu’il est advenu », « ce qui est en train de se produire » et « ce qu’il adviendra » ou un truc du genre (je ne me souviens plus exactement de la teneur exacte du propos et je suis incapable de me souvenir de qui ils sont et où je les ai lu…) et qu’en gros, c’était assez corrélé aux temps de conjugaisons en anglais.

C’est un détail et à première vue on peut penser que c’est anodin, alors que non. La notion de futur dénote des événements figés « qui vont se produire obligatoirement », tandis que la notion de « ce qu’il adviendra » montre simplement une évolution possible. C’était beaucoup plus flagrant en anglais, parce que le temps induisait implicitement la notion d’évolution, de potentialité.

Nauthiz est souvent perçue dans un sens négatif, et en général elle n’est pas très appréciée. Quand j’ai retravaillé progressivement avec chaque rune -de manière volontairement intuitive- j’ai constaté que cette rune faisait ressortir nos difficultés personnelles et les problèmes auxquels il était nécessaire de faire face pour que l’on puisse avancer, les blocages dans l’orlög en gros. Ce qui est intéressant, c’est que le terme Wyrd peut se rapprocher étymologiquement de werden en allemand, c’est à dire devenir (je ne me souviens plus du mot en vieil anglais) : la question qui pointe étant « peut-on changer son destin ? » et je ferai une réponse de normand, « oui et non ». Pour faire court : je pense (je n’ai pas de certitudes par rapport à la question -ca m’empêche pas de dormir la nuit- et cette vision n’engage que moi) et qu’on ne change peut-être pas les grandes lignes, mais on peut choisir comment on va gérer cela. Ceci étant, on n’est pas « seul face à son destin » mais plutôt un fil au sein d’une toile : nos actes et notre comportement par rapport aux autres, et les autres par rapport à nous, influencent aussi les choses.
Curieusement, j’ai aussi trouvé que cette rune avait un lien avec les pulsions sexuelles, alors que je ne m’y attendais pas. Le désir lancinant qui nous ronge intérieurement, la pulsion qui devient un truc obsessionnel qui nous bouffe et oblitère toute autre pensée possible. C’était assez particulier comme expérience, et inattendu, même si en réfléchissant ca n’est pas tellement incohérent.

Quel rapport avec Loki ?

Celui de la nécessité. En relisant John Lindow mardi, il souligne que Loki est globalement négatif « au passé » et « au futur » mais qu’au présent, il est davantage une aide, bien que cette aide soit ambigüe.

He is the enemy of the gods in the far mythic past, and he reverts to this status as the mythic future approaches and arrives. In the mythic present he is ambiguous, “numbered among the æsir.”

Norse Mythology p. 219

Loki est souvent celui qui se charge « du sale boulot » :
– par exemple, dans la Gylfaginning, il est celui qui se transforme en jument pour distraire l’étalon du géant qui réclame Freyja, la lune et le soleil s’il gagne son pari. Il offre ensuite Sleipnir (donc son fils) à Odin.
L’histoire de la chevelure coupée de Sif 
– Et même l’histoire de la mort de Balder : il n’est pas invraisemblable de supposer que Loki soit, pour diverses raisons, l’agent d’Odin.

En plus de ces quelques exemples, Loki peut être vu comme une figure nécessaire : Gundarsson explique que, sans Loki, c’est Odin qui serait vu comme « l’affreux jojo » du panthéon nordique, et je crois qu’il n’est pas le seul. il est intéressant de souligner que Loki et Odin sont les deux dieux « craintus » par excellence, y compris aujourd’hui. Contrairement à ce que l’on serait parfois tenté de croire, Odin est toujours redouté, notamment parce qu’on dit qu’il n’est pas fiable (ce qui est à moitié vrai, et je ne suis personnellement pas tout à fait d’accord avec cette vision, même si je reconnais être assez partiale sur la question :p)

A un niveau UPG-esque, Loki aime bien faire sauter nos vieilles certitudes moisies et nous mettre le nez dans la merde, histoire qu’on se rende bien compte que la situation est moisie et que ca pue. Il n’a aucun scrupule à rajouter une couche d’emmerdes si on n’a pas compris le message. Alors on se retrouve à devoir prendre des solutions drastiques, pas toujours plaisantes, mais nécessaire si on veut se sortir du mauvais pas.

La rune nauthiz est également rattachée à Sigyn (toujours niveau UPG), même si j’avoue ne pas m’être vraiment penchée sur la question.