Freyja et Frigg, deux aspects de la Souveraineté

Peu d’articles en ce moment, il faut dire que ma vie regular est plutôt plus qu’occupée par divers changements, des drôles et des beaucoup beaucoup moins drôles. Passons.

Jusqu’à il y a quelques mois, je n’avais jamais vraiment bossé avec Freyja (je pourrais en dire autant avec Freyr, on verra, j’ai un peu du mal à rassembler mes idées, et encore plus de difficultés à trouver du temps pour écrire). Elle était une déesse que j’avais essayé plusieurs fois d’approcher, sans succès. Et puis, en septembre dernier, il y avait eu quelques taunts. En partie suite au mois de Frigg, mais aussi sûrement en raison de changements dans la trame, changements que je ne pouvais pas encore percevoir, mais qui n’ont eu de cesse de se produire. L’année sorciéron a été ouverte quelques jours avant Samhaïn, avec le concert de Wardruna et son déroulement what-the-fuckesque, et ça continue.

C’est avec un week-end de pratique du Seiðr qui a eu lieu en mars dernier que j’ai commencé à établir consciemment  certains liens, et à expérimenter un certain nombre de choses. Analyse des données, expériences palpables et levée(s) de sourcils autour de moi.

Plus j’y pense et plus je trouve que toutes les interrogations qu’il y a autour de Frigg et de Freyja sont fascinantes, et qu’elles ont à la fois lieues et pas lieues d’être.
Freyja est souvent réduite à une déesse de l’amour (lol, il n’y a qu’à voir le nombre de rituels dans ce sens qui font appel à Elle), parfois ce champ est quelque peu élargi à la sexualité et à la sorcellerie. Frigg, elle, c’est la déesse du foyer bien rangé et des naissances. Re-lol. Bah oui, des fois que les Déités déborderaient des petites cases et viendraient perturber nos classements Dewey…

Auteur(e) inconnu(e)

La question de la Souveraineté est souvent infiniment plus discrète : Freyja est la femme indépendante qui a la liberté de disposer de son corps. Frigg est davantage rapprochée de l’archétype de la Reine. Pourtant, là aussi, ces deux notions sont, pour moi, interdépendantes. Je vais essayer de démêler un peu le boxon.
Freyja est effectivement une figure d’indépendance particulière. Son infidélité et sa licence sexuelle sont souvent mis en exergue. Même si dans les textes, on la dit mariée à Oðr et qu’elle le pleure quand il disparaît, ce lien est presque anecdotique, et plusieurs auteurs se demandent si ce dernier ne serait pas en réalité Odin, ce qui n’est pas pour arranger les problèmes linguistiques et autres qui se posent par rapport à l’unicité de Freyja / Frigg. (Apparamment, ce problème se pose surtout dans les sources scandinaves, côté germanique, c’est la même. Frau Holda qui combine un certain nombre d’attributs de Frigg et de Freyja est d’ailleurs un cas intéressant). Freyja fait partie de la famille des Vanes, apparentée à la fertilité des champs, des animaux, des gens (bref, liés à la troisième fonction de Dumézil). En terme de Souveraineté, elle ne représente pas uniquement une certaine liberté et la possibilité de jouir de son corps comme elle l’entend, même si cet aspect peut et fait effectivement partie de la notion de souveraineté de soi. Elle est également liée à la Terre, au royaume fertile dont la fertilité permet la vie, l’équilibre et la continuation. Son aspect lié à la guerre et à la mort (comme dans la figure de son frère) fait également partie de cette souveraineté : dans les mythes scandinaves (et pas uniquement je crois) le roi est tenu pour responsable en cas de famines et de mauvaises récoltes, et il peut être sacrifié  si les circonstances l’exigent. La figure de Freyr, le jumeau de Freyja n’est donc pas uniquement à considérer sous un angle « cool et facile » (comme tous les Dieux en fait, pardonnez, je radote). Par rapport à ce dernier, je trouve néanmoins qu’elle possède un côté beaucoup plus sauvage, plus brut. Je ne la rattache pas aux terres cultivées, plutôt à la vitalité sauvage et aux forêts. (Elle est par bien des aspects une déesse aussi liminale qu’Hécate ou Morrigan).

Le fait que les Eddas mentionnent dans plusieurs textes qu’elle est une déesse convoitée par tous, et notamment les Jötuns est intéressant à ce propos : sa souveraineté, son pouvoir est sa force intérieure, et de ce pouvoir personnel qu’elle détient dépend l’équilibre et la prospérité, la vitalité, le jaillissement, et le fait que les Ases et les Vanes font tout pour que les Jötuns ne lui mettent pas la main dessus dénote pour moi son importance sur le plan de l’équilibre cosmique (comme Iðun d’ailleurs).

Et Frigg ? la Souveraineté de Frigg est davantage « interne » quand on pourrait qualifier celle de Freyja « d’externe », pour rappeler les notions d’ Innangard et d’Utangard. Ceci ne les mets par pour autant en position de rivalité contrairement à ce que l’on retrouve souvent, mais plutôt comme une illustration de la complémentarité des forces, complémentarité nécessaire pour que le monde ne sombre pas dans un chaos dévastateur. Frigg, comme Odin, fait partie des Ases, et peut être reliée à la première fonction dumézilienne, celle de la classe dirigeante. Son aspect familial n’est pas si innocent que ça si on sort un peu du contexte moderne dans lequel la famille s’arrête souvent à la famille nucléaire. Si on élargit la notion de famille à celle de famille élargie, ou de clan, Frigg est celle qui facilite les relations entre tous les membres, qui est la tisseuse et la garante du frith. Sa souveraineté est celle d’une reine. Elle assure la cohésion d’un groupe, en se tenant au centre de la toile. Les notions d’hospitalité et de diplomatie lui sont intimement corrélée. Dans quelques textes, on la voit parfois, soit en bisbille avec Odin sur certains sujets concernant un peuple, soit en tant qu’intervenante, quand elle apporte à un couple royal une pomme en leur promettant un héritier. Dans ce domaine de fertilité humaine, et de continuité du lignage, elle peut plus ou moins être rapprochée de Freyja, même si comme nous l’avons vu précédemment, la notion de fertilité de cette dernière est en réalité beaucoup plus large. Frigg est la mère du clan, qui pourvoit aux besoins de ce dernier, sur le plan humain et sur le plan matériel, en s’assurant qu’il ne manque rien. Sans la présence de Frigg, c’est le chaos interne. Ses interventions sont d’ailleurs généralement « équilibrantes » au sein des Ases et des Vanes. Ainsi, c’est également une lecture possible de son intervention pour tenter de préserver Balder : elle tente malgré tout de maintenir un équilibre qui menace de s’effondrer, en se conciliant les bonnes volontés de presque toutes les créatures.
On peut considérer, vu par un prisme moderne, qu’en n’assurant pas de fonction régulatrice au niveau du respect des lois et de l’ordre (au moins de manière directe) Frigg n’est pas « moderne », d’où peut-être le fait qu’elle soit à l’heure actuelle moins populaire que Freyja, puisque Frigg possède des attributs et un exercice que nous pourrions être tenté(e)s de percevoir comme rétrograde ou vieux jeu. Pourtant, je pense qu’il faut se garder toujours analyser les fonctions des déités par notre prisme actuel, en gardant à l’esprit qu’ils reflètent avant tout la société qui les honoraient, et pas forcément la nôtre, pour le meilleur comme pour le pire. Tout comme considérer certaines Déités comme ne pouvant être comprises « que » par les hommes ou « que » par les femmes est un mécanisme d’analyse qui peut se comprendre d’un point de vue purement analytique, mais qui au final nous prive de certaines richesses. Nous ne sommes pas obligés de nous cantonner à notre genre biologique pas plus que nous sommes obligés de faire exactement pareil que les sociétés anciennes. Essayer de comprendre et de décortiquer un mode de fonctionnement ne veut pas dire l’approuver sans réserve ou le copier bêtement, tout comme il est possible d’aborder certaines questions -par exemple ici celle de la souveraineté de Freyja et Frigg- avec un angle de vue contemporain, sans dénaturer l’ancien parce qu’on aimerait qu’il colle à nos idéaux présents, tout en l’interrogeant et en essayant de prendre du recul par rapport à nos observations.

Il y aurait beaucoup à dire encore sur le sujet, autant pour Freyja que pour Frigg, mais un certain nombre de ces notions ont déjà été abordées, au moins de manière rapide, au sein d’une certain nombre d’articles passés. De manière intéressante, c’est en relisant une adaptation de la légende arthurienne que l’idée d’écrire cet article a plus ou moins germé. La dualité Freyja / Frigg n’est pas sans m’évoquer, au moins de très loin, la dualité que forment Morgane et Guenièvre dans les différentes versions / réécritures des mythes arthuriens.

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Regin Smiður – Ballade des Îles Féroé

Note : toutes les sources et références sont à la fin de l’article. 

Il y a quelques mois, à la médiathèque de ma ville, je suis tombée sur un coffret de musique traditionnelle des îles Féroé. Il s’agit d’enregistrements effectués dans les années 50 de chants et ballades chantées dans les villages, lors de fêtes ou de rassemblements. (Ca me fait toujours un peu bizarre d’entendre ce genre de bandes, la voix de ces gens a survécu, tandis que la majeure partie d’entre eux sont sans doute morts).

Le coffret se divise en deux parties, une en féringien (ou féroïen, les deux se disent), l’autre en danois. Il y a d’ailleurs une distinction de thématique flagrante entre les deux langues : en féringien, toutes les ballades inspirées du folklore, de légendes, des mythes nordiques. En danois, essentiellement des hymnes religieux.

L’air de la première piste, intitulée Regin the Smith, me disait quelque chose (sans même parler du titre). Effectivement, cette ballade a également été enregistrée par le groupe de métal Týr, qui d’ailleurs est un groupe originaire de ces îles.

J’ai intégré à l’article les deux versions : celle de mon CD (je l’ai encodé, c’est mal) et celle du groupe Týr.

Mais qu’est-ce qu’elle raconte cette ballade ? Le titre me faisait penser au Reginsmál [Dit de Reginn] mais je suis allée chercher les paroles avant. Le texte de la chanson est, pour autant que j’ai pu en juger, bien en féringien. Je ne parle ni le norrois ni le féringien, mais la combinaison particulière de certains lettres comme le eth (ð) et le ø n’apparaissent, à ma connaissance, pas dans une autre langue. Effectivement, après avoir fait une rapide comparaison, cette ballade m’a l’air d’être une sorte de rapide résumé, du Reginsmál, mais aussi du Fáfnismál. Un genre de synthèse qui pourrait presque prendre place dans la blague sur comment on reconnaît les différents types de métal. Ce raccourci en choquera peut-être certain(e)s, mais honnêtement, quand on lit les paroles, hein…

Si des gens veulent s’amuser à apprendre la ballade pour la chanter, voilà les paroles en féringien, la traduction en anglais (note : je ne sais pas ce qu’elle vaut) est .

Viljið tær nú lýða á
Meðan eg man kvøða
Um teir ríku kongarnar
Sum eg vil nú um røða

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Hundings synir í randargný
Teir skaðan gørdu har
Eitur var í svørinum
Teir bóru móti mær

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Fávnir eitur ormurin
Á Glitrarheiði liggur
Regin er ein góður smiður
Fáum er hann dyggur

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Hann var sær á leikvøllum
Ímillum manna herjar
Rívur upp eikikelvi stór
Hann lemjir summar til heljar

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Eystantil undri heyginum
Ið dreingir eyka tal
Dimmur er hesin dapri dagur
Niður í mold at fara

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Har kom maður á vøllin fram
Eingin ið hann kendi
Síðan hatt á høvdi bar
Og finskan boga í hendi

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Har kom maður á vøllin fram
Hann vá við eggjateini
Eyga hevði hann eitt í heysi
Knept var brók at beini

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Ormurin er skriðin av gullinum
Tað man frættast víða
Sjúrður setist á Granar bak
Hann býr seg til at ríða

Grani bar gullið av heiði
Brá hann sínum brandi av reiði
Sjúrður vá á orminum
Grani bar gullið av heiði

Sources et références : 

Article sur la musique traditionnelle des Îles Féroé
Sur le groupe Týr
Sources des paroles de la chanson

Le cd : Traditional Music in the Faroe Islands 1950-1999 (Collectif)
Et pour avoir un aperçu plus précis de son contenu, voir ici

[Odin Project #10] Odin et Morrigan

Avec le temps, je suis devenue plus sceptique sur le mixage de déités provenant de différents panthéons, pour diverses raisons. Cependant, je comprends que cela puisse avoir du pour beaucoup personnes : il est toujours intéressant d’écouter le parcours de quelqu’un et sa rencontre avec les déités qu’elle honore, ce qui l’a amené au point où elle en est à l’heure actuelle. En revanche, je continue de trouver fascinant l’étude d’autres figures, et de voir parfois des traits communs qui se détachent de deux déités différentes.

Cela fait un moment que je trouve que Morrigan et Odin partagent certains aspects, certaines fonctions (note : d’ailleurs en écrivant l’article, je trouve que l’on pourrait en dire autant pour le parallèle Morrigan / Freyja). En voici un bref aperçu, des pistes d’exploration pour celles et ceux que cela intéresse.
En matière de mythologie celtique (ici plus spécifiquement irlandaise) je dois bien avouer que, si elle m’a longtemps fasciné et que je continue de la trouver très riche et intéressante, je suis loin de la connaître en détails et d’avoir lu autant de livres que je ne le fais pour les mythes nordiques. Le contenu de cet article est donc avec prudence, et n’hésitez pas à me signaler si j’ai dit une énorme bêtise. 😉

La Mort

¤ Au-delà de la mort en tant que telle, croiser ces deux déités n’est pas spécialement « bon signe » dans les mythes. En tout cas elles sont ambivalentes. Dans la Saga de Hrólf Kraki, Odin apparaît et il commence par l’aider, puis suite à une maladresse de Hrólf, il le conduira à la mort. Le même type de schéma se retrouve chez Morrigan avec Cúchulainn. Dans les deux cas, il faut cependant que Hrólf comme Cúchulainn « repousse » la déité qui leur a fait un don.

¤ Voir Morrigan sous sa forme de « lavandière » était un présage de mort (Cúchulainn la croisant sous cette forme sait qu’il va mourir), tandis que chez Odin, le voir purement et simplement peut être un signe de mort : dans le Grímnismál (strophe 53), il dit à Geirröth : « et à présent tu peux voir Odin » (je traduis d’après Andy Orchard, parce que la traduction donnée par Boyer est moins « performative »). Ensuite Geirröth se tue bêtement avec sa propre épée.

La Guerre

¤ Sur le champ de bataille : on dit que Morrigan parcourt les champs de bataille sur son char. Odin n’est pas forcément présent, mais il envoie ses valkyries, et il récupère une partie des guerriers morts (l’autre moitié allant à Freyja, ce qui semble souvent être oublié).

¤ Les deux sont rattachés à la guerre mais j’ai l’impression que dans un cas comme dans l’autre, cette fonction est en fait plus ou moins dérivée. Morrigan pourrait être une déesse rattachée à la guerre plus tardivement et dont la fonction serait surtout celle de la souveraineté. (A vérifier, parce que les théories des spécialistes, je m’en méfie tant que je n’ai pas de vision d’ensemble) Odin est pour moi plus directement un dieu-stratège, pas un dieu-guerrier proprement dit (malgré certains heiti).

¤ Si l’on excepte la théorie mentionnée ci-dessus, on peut faire un rapprochement entre Badd, Cathubodva et certains heiti d’Odin. Tout comme il me semble que les deux possèdent un aspect assez « terrifiant », j’emploie « terrifiant » dans le même sens que le terme anglais « awe ».

Les Esprits / l’Autre-Monde

¤ La présence de corbeaux et de loups dans l’entourage de ces deux déités indiquent un lien avec la mort, le côté psychopompe, les présages.
Morrigan possède un côté psychopompe (voir certains noms comme « Reine Fantôme »), mais ce côté psychopompe ne s’exerce pas directement chez Odin (à relativiser, notamment en raison de la signification de certains de ses heiti), les valkyries jouant pour lui ce rôle, bien qu’il soit indéniablement lié à l’Autre-Monde et aux esprits des morts (« Draugadrótin » : Seigneur des Draugar).

Le côté « prophétie » / « vision »

¤ La prophétie que fait Morrigan dans la Seconde Bataille de Mag Tured (de mémoire). Odin et ses interventions diverses pour collecter des informations et essayer d’agir, la pratique du Seiðr, mais aussi la connaissance des charmes, etc (voir la partie du Hávamál nommée le Ljóðatal). Voir l’aspect poétique : sa signification/fonction dans la société scandinave et dans la société celte ?

Le côté Changeforme

D’un côté Morrigan qui revêt l’aspect de plusieurs animaux dans la Razzia des vaches de Cooley, qui parfois se change en corneille etc.. Dans l’Histoire des rois de Norvège, on dit qu’Odin change aussi de forme. On le voit aussi lorsqu’il part récupérer l’hydromel chez Suttung.

Enfin, presque pour le côté anecdotique, je trouve que aussi bien dans l’étymologie du nom de Morrigan que dans les heiti d’Odin, on retrouve une idée commune : Grande Reine / « Très Haut » etc. Il y a aurait sans doute matière à creuser, en tout cas, c’est un travail que je serais ravie de faire avec une personne connaissant bien la mythologie irlandaise. 🙂

« My Dream » par Yawen Zheng. Ca n’a rien à voir, mais je m’en fous.

Expo Viking, Musée National de Copenhague

Nous avons été passé quelques jours au Danemark avec Ulvaten, et à Copenhague, se tient actuellement l’expo Viking (jusqu’au 17 novembre 2013).
Voici quelques photos de l’exposition, par contre, je suis désolée, je n’ai pas pensé à noter la description de chaque objet (ou à la prendre en photo). Il n’y a donc pas toujours de descriptifs -en tout cas pertinents, pardon pour le côté Master of Obvious de certaines. Pour voir l’image dans d’autres tailles, cliquez dessus.

PHOTOS PERSONNELLES, MERCI DE NE PAS COPIER OU REPRODUIRE SANS AUTORISATION.

Ornements de costumes, perles, broches.

Bracelets, bagues, bractéates (au fond une épée)

Le collier est un ornement funéraire féminin. Vers 1050-1100, Kjuloholm, Kjulo, Finlande.
Les bagues datent du IXe siècle et ont été trouvées au Danemark, dans le Jutland.

Pointes de lance.
Celle du haut a été trouvée en Angleterre et date du XIe siècle (58cm).
Celle du milieu, en fer et en argent a été trouvée en Angleterre (pas de datation, 38 cm).

Crâne d’homme (900-1050) ayant les dents limées trouvé dans une tombe à Kopparsvik, dans le Gotland (Suède). On ignore pourquoi il avait les dents limées de la sorte, mais de nombreux crânes présentant la même particularité ont été trouvés. L’hypothèse que ce soit une distinction pour certains marchants ou guerriers à été soulevée.

L’ancêtre des ciseaux et un anneau avec des marteaux de Thor, Xe siècle (fer et cuivre).

Epées -non sans blague- (entre le IXe et le Xe siècle)

Epée à double tranchant, portant l’inscription VLFBERHT (on est bien avancé), 800-950. Peltomaa, Häme, Finlande.

Contrairement à l’imagerie populaire répandue notamment au XIXe siècle, les casques vikings n’étaient pas pourvus de cornes ou d’ailes.

Pointe de lance avec incrustation d’argent, XIe siècle, Tampere, Finlande

Reconstitution de costumes (de mémoire du XIe siècle)

Figurine représentant probablement Odin sur Hlidskjalf, avec Hugin et Muninn. Le lien entre Odin et la magie féminine (seiðr) peut expliquer le fait qu’il porte des vêtements féminins. L’hypothèse que cette figurine pourrait représenter une völva a également été soulevée. (800-1050, Lejre, Seeland, Danemark)

Tambour rituel (impossible de retrouver mes notes à son sujet, ouin)

Amulettes avec le marteau de Thor, à peu près à l’époque de la Christianisation.

Cette représentation peut être interprétée de différentes manières : valkyries, nornes ou disir ? Style scandinave, IXe-Xe siècle, Pologne.

A droite : coupe en argent, datant de la première moitié du Xe siècle, retrouvée à Lejre au Danemark. Elle était probablement utilisée lors de banquets mais aussi sans doute dans un but rituel. La figure féminine qui y est gravée ressemble à une autre figurine représentant Freya (celle de gauche)

Les objets de ce type pourraient avoir été utilisés comme baguettes pour des usages magiques. Celle de gauche a été trouvée en Suède. Celle de droite date du Xe siècle, Seeland, Danemark

Les objets de cette image ont été retrouvés enterrés avec la « femme de Fyrkat », qui était probablement une völva. Elle mesurait à peu près 1.70m. Ces objets montrent qu’elle était une personne inhabituelle et pratiquait la magie.

Pierre du VIIIe siècle, Broa, Gotland, Suède.

Reproduction moderne d’anciennes pierres runiques.

Idem

Je ne ferai aucun commentaire :p

[PBP] L – Réflexions sur la Lune et la mythologie nordique

(un peu en vrac)

L’association la plus fréquemment rencontrée aujourd’hui dans les domaines (néo) paganisme / sorcellerie, la lune est en lien avec le féminin.

Dans la mythologie nordique cependant, la lune est masculine.

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[PBP] I – I­­­ðunn

Fin janvier j’ai eu l’occasion de travailler un peu avec Idunna. Ce n’était pas volontaire dans la mesure où je ne suis pas allée la chercher. Je vais très rarement de moi-même vers telle ou telle déité, j’attend plutôt qu’elles se manifestent pour aller voir ce qui se passe (généralement il est vrai qu’il vaut mieux me jouer du tromblon dans les oreilles pour que ca monte au cerveau).

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[Sigyn Project – Jour 2] Rencontre avec Sigyn

De la même manière que j’avais participé au Odin Project pendant le mois de novembre, je participerai (de manière beaucoup plus épisodique ceci dit) au Sigyn Project, lancé par Galina Krasskova, qui se déroulera pendant le mois de février . Le principe est simple : un mois de dévotion/d’écriture autour de cette déesse.

Je ne connais Sigyn que depuis peu de temps, vraiment peu de temps si l’on considère que Loki traîne dans ma pratique depuis pratiquement dix ans. Pendant longtemps, je ne savais même pas qu’elle existait. Il faut dire qu’à part quelques exceptions, la mythologie nordique ne m’attirait pas vraiment. Enfin, pour être plus précise, la culture, la langue et les runes m’attiraient mais la mythologie ne m’intéressait que d’un point de vue littéraire, absolument pas religieux. Et les quelques personnes Asatrù que j’avais pu croiser ne m’ont jamais donné envie d’en apprendre plus, bien au contraire.

Ensuite, quand j’ai commencé à creuser un tout petit peu plus et que j’ai appris l’existence des deux épouses de Loki, j’ai tout d’abord confondu Sigyn et Sif. Ce n’est que quand j’ai enfin eu envie de déblayer tout ca sérieusement – ca remonte à moins d’un an tout de même- que j’ai compris mon erreur. Honte sur moi.

D’une manière étrange, c’est par Narvi et Vali que j’en suis venue à Sigyn. Une nuit, vers le mois d’octobre, j’ai fait un rêve où je les voyais tous les trois. Une vision fugitive, disparue aussitôt apparue. Il m’en était resté pourtant une impression très étrange d’une grande force et d’amour, un équilibre entre timidité, fugacité et ténacité. Alors j’ai commencé à travailler avec Narvi (plus qu’avec Vali, je ne voulais pas trop faire d’amalgames entre les deux).
Pendant ce travail, je sentais parfois la présence discrète de Sigyn, comme si elle venait voir.

Une fois, durant le mois de novembre, alors que j’étais occupée à faire une méditation, je l’ai vue. Je ne l’ai pas rencontré pendant ma méditation, c’était une image qui s’est superposée pendant quelques fractions de secondes par-dessus le reste. Elle avait l’air jeune, mais pas autant qu’on la décrit parfois -mais ca ne veut déjà pas dire grand chose quand il s’agit d’humains, alors pour les dieux, les notions de jeunesse et de vieillesse me semblent assez aléatoires- elle avait de longs cheveux bruns détachés et un air vaguement pré-raphaélite, l’air doux, mais avec cette lueur au fond des yeux et l’expression volontaire de quelqu’un qui ne se laisse pas faire. Ca m’avait scotchée cette rencontre imprévue.
Le mois dernier, il y a eu ce matin avant l’aube, où je me suis réveillée sous l’effet de la douleur, et le premier mot qui m’est venu à l’esprit est son nom. Je ne sais pas pourquoi, je suppose que j’avais rêvée d’elle.

Elle est une de ces déités qui traînent discrètement, au fond. La main qui écarte très doucement le voilage pour jeter un œil et le laisse retomber quand vous essayez de l’apercevoir. Comme souvent avec ce type d’énergie, je ne sais pas trop comment faire, par manque d’habitude. Je sais qu’elle « passe » et quand je la sens, je ne me focalise pas dessus, sinon sa présence s’évanouit.