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Était-ce un don de Dieu¹,
Était-ce la loi de Laima²,
L’étranger rencontra l’étrangère,
Et ils s’aimèrent leur vie durant.

I

Un seul soleil, une seule terre,
Mais pas de langue partagée :
j’ai traversé la rivière,
Déjà la langue avait changé.

II

Saule³ a mené ses chevaux
Se baigner dans la mer ;
Elle est assise sur la colline,
Les rênes d’or à la main.

III

Où emportes-tu ta maison, Saule,
Le soir en te couchant ?
– Au milieu de la mer, sur l’eau,
À la pointe d’un roseau d’or.

IV

Extrait de Dainas, Poèmes lettons traduits et présentés par Nadine Vitols Dixon.

1 : Dievs, un Dieu qui au fil des siècles a été amalgamé au Dieu chrétien.
2 : Déesse de la Destinée mais aussi du bonheur, la plus souvent invoquée dans les Dainas.
3 : Mère Soleil, déesse solaire, une des plus importantes.

 

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[Odin Project #28] Si par une nuit d’hiver un Voyageur…

Une anecdote marrante, sans importance ni signification particulière. Juste des coïncidences qui font sourire après coup. 
Note : Le titre de l’article est emprunté au titre d’un roman d’Italo Calvino.

Automne ou Hiver 2004, le soir dans une rame de RER. Nous bavardons, une amie et moi, de tout et de rien. Un arrêt, un type monte. Un semi-vieux. La rame est pratiquement vite. Je me souviens très bien du moment où je l’ai vu monter, avec son chapeau foncé et son pardessus bleu marine qui flottait. Un grand type, aux cheveux gris et courts avec des yeux bleus perçant qui a parcouru la rame du regard.
Et je me suis mise à penser que non, non, à tous les coups, il allait venir se mettre à côté de nous. Et qu’il en était hors de question. Quelques secondes avant de détourner les yeux, la méthode que nous sommes nombreuses à connaître dans les transports, pour ne pas avoir de problèmes, ou quand il est tard, parce que l’on en a marre du « Salut, t’es/vous êtes charmante/s ». C’était raté. Du coin de l’œil, j’ai vu le type esquisser un demi-sourire et se diriger vers nous. « Bonsoir » a-t-il dit avec un grand sourire. Nous avons maugréé « bonsoir », peu disposées à entamer une discussion avec un inconnu. Il s’est assis en face de moi, juste à côté de l’amie.
Et s’est à nous poser des questions, en vrac. Lesquelles je ne m’en rappelle plus. En revanche, je sais qu’il a parlé de livres et nous a demandé si nous lisions, nous a félicité pour la réponse affirmative. Il a ajouté mélancolique que ca devenait rare. Il répétait régulièrement « Vous me suivez n’est-ce pas ? »
Au bout d’un moment il a dit qu’il aimait bien monter dans les trains et aller au hasard pour parler avec des gens, que c’était souvent intriguant et qu’il n’y avait pas de hasard. « Je voyage, sans raisons précises. » a-t-il dit. Il m’a désigné du doigt rapidement, hilare. « Vous quand je suis monté, j’ai tout de suite senti que vous ne vouliez pas que je vienne ? » « Oui. »  « C’est pour cela que je suis venu. C’est bien, au moins vous êtes honnête. C’est préférable. » Il a parlé avec l’amie. Et au bout d’un moment, je me rappelle lui avoir demandé « Vous faites quoi comme métier ? »
Il m’a regardé, a sourit, et a répondu d’un ton laconique « Oh, beaucoup de choses. Oui. Vraiment beaucoup de choses. C’est difficile à dire. » « Nan, mais globalement » ai-je insisté. Il était soudainement devenu vital pour moi de savoir ce que ce curieux bonhomme faisait dans la vie. « Disons que je m’occupe principalement des anciens combattants. » « Comment ca ? Vous travaillez dans une association ? » « Non, pas exactement, bien que oui, ca pourrait être ca, enfin, disons que je les protège, je m’assure que chacun d’entre eux est bien récompensé pour ce qu’il a fait. Ce n’est pas tout, mais c’est ma principale occupation, on pourrait dire que c’est mon métier. » Il s’est tu et a dit « J’aime bien cette image d’une association. Oui… »
Il se marrait.
Je me souviens aussi qu’à un moment, il a dit en souriant « Je suis moitié fox-moitié chat. » comme si c’était une énigme, une blague ou un peu des deux.
Et puis « C’est là que je descends. » comme on approchait d’une gare,  « J’ai été ravi de pouvoir bavarder avec vous deux, c’était intéressant. Continuez à lire, on se recroisera sûrement, oui, oui… »
Le gars a levé son chapeau pour nous saluer puis il est descendu.

L’île de Samsø

Samsø est une petite île située dans le détroit du Kattegat. On y accède par ferry (depuis Aarhus par le port de Hou), il faut compter 1h15 de traversée. Elle fait une trentaine de kilomètres de long et il est possible de louer des vélos (ce que nous  avons fait, c’était une journée sportive, près de 35 km dans la journée… et ce n’est pas complètement plat contrairement à ce que je croyais ;o).

Sur la route… dans la cour de l’école de Nordby, un curieux totem.

Au nord de l’île, après la ville de Nordby, il y a un immense labyrinthe, le plus grand du monde paraît-il (60 000m²). Il y a un questionnaire en anglais mais le thème ne nous intéressait pas, alors on a fait les tarés, on a pris celui en danois sur la mythologie nordique. ^^’ (et on a quand même trouvé le centre du labyrinthe, un grand moment, surtout la tronche du type à l’accueil quand est revenu. « Oui, on a réussi. » « °__° »)
En marchant courant dans les allées du labyrinthe -enfin surtout moi, surexcitée comme une puce- on a croisé des têtes connues. :p

A l’entrée, Jörmungand surveille les arrivants

Thor

Odin, aka « Le Vieux Moisi », accompagné de ses corbacs. On l’a pas trouvé tout de suite, et j’avais décrété que je partirais pas sans avoir l’avoir trouvé. J’étais sûre qu’il y avait une statue de lui… Heureusement que j’ai un Loup compréhensif avec son ciéron borné. ^^

C’est surtout l’île où, d’après les Eddas, Odin est censé avoir appris le seiðr… même si ca n’était pas pour ça qu’on voulait y aller. Bon, ok un peu pas mal en ce qui me concerne. X)

Je me suis demandé à quoi ressemblait cette île, il y a trois mille ans. Un frêle esquif affrété à l’aube, la partie sud, avec peut-être un village de pêcheurs. La partie nord, sauvage et désolée. Une arrivée au crépuscule sur des plages désertes. Des feux dans la nuit et une obscurité comme on n’en connaît plus guère… Assez trippant cette sensation de chevaucher deux mondes, le vélo n’aidant pas à se concentrer sur le monde tel qu’il est.

Sur la côte nord de l’île, se trouve de très belles plages, où il est possible de se baigner. Après avoir trempé sa patte, Ulvaten a décrété qu’elle était trop froide pour lui, mais je suis allée me baigner (et contrairement à la place d’Isgård où j’ai eu droit au banc de méduses -il y a des méduses au Danemark, si, si… moyennement agréable comme expérience- pas de mauvaises rencontres à signaler pour moi).

Mandala pour Rán sur la plage

Et deux petites trouvailles, outre le ramassage de cailloux pour crafter des runes pour Ulvaten. Deux cailloux, un avec une marque en forme de coeur (et des petits yeux) et un autre où on dirait une femme accroupie. Ils iront rejoindre mes cailloux bizarres dans ma boîte.

Chaudron de Gundestrup & Pierres runiques

1. Le Chaudron de Gundestrup

Toujours au Musée National de Copenhague, dans la section « Préhistoire danoise », il y a une salle réservée au Chaudron de Gundestrup. (Je ne suis pas restée très longtemps, il dégage une sacrée putain d’énergie et j’ai eu la gerbe, mais violent).

Quelques liens : 

The Gundestrup cauldron

L’article de Wikipédia (à traiter avec précaution, les affirmations étant surtout des suppositions).

Le chaudron est très grand : 69 cm de diamètre et 42 de haut.
On ne le voit pas souvent sur les images qui le représentent, mais il y a une plaque au fond.

On lit souvent que le chaudron représente Cernunnos etc. D’après les travaux de H.E. Davidson que j’ai entamé (The Lost Beliefs of Northern Europe), ce type d’interprétation est toujours délicate : ce sont des déductions et des probabilités. Les spécialistes ne peuvent pas être certains à 100% qu’il s’agit bien de lui, etc.
La section photographiée ici est en réalité une plaque intérieure, la partie extérieure correspondante est manquante. (Désolée pour la qualité de la photo, c’était un peu délicat à prendre).

2. Les pierres runiques

Le musée présente une petite salle dédiée aux pierres runiques. Elles sont exposées sans protection, et j’avoue avoir été tellement surprise que je me suis demandé s’il ne s’agissait pas de reproductions. Mais non. Un petit pictogramme « ne pas toucher » constitue la seule « protection ». Magique… ^^
Je n’en ai pris que deux en photos, de mémoire il y en avait une dizaine.

Runic Stone (Egå) XIe siècle.
« Alvkil and his sons raised this stone in memory of Manne, their kinsman, who was land-steward of ketil the Norwegian »

Runic Stone (Asferg) XIe siècle
« Torger Toke’s son raised this stone in memory of Mule, his brother, a very good þegn ».

Âge de fer – Musée National de Copenhague

A l’instar de l’exposition sur les Vikings, la visite était gratuite. (J’ai pu lire sur certains sites que c’était payant : oui et non. Vous pouvez choisir de payer : vous serez prioritaires pour entrer. Vous pouvez aussi choisir de ne pas payer : vous ferez la queue et attendrez qu’il y ait suffisamment de place dans l’exposition pour que le gardien vous fasse rentrer. Ce n’est pas comme en France où les salles sont très vites bondées et où on se marche sur les pieds. Là bas, ils attendent que des gens sortent pour en laisser entrer d’autres, billets ou pas billets. Dans ce cas, allez-y plutôt le matin. 🙂 )

Par contre, les explications étaient parfois uniquement en danois, notamment pour les petites pièces exposées. :/

PHOTOS PERSONNELLES, MERCI DE NE PAS REPRODUIRE SANS AUTORISATION.

Un squelette d’auroch

Bijoux. L’entrelac sur la broche au premier plan me fait penser au cœur de Hrungnir.

Perles, ornements divers. La finesse du travail est impressionnante.

Une vitrine présentant tout un amas de colliers en ambre. Ils n’auraient pas l’air incongru si on les portait aujourd’hui…

Des casques de l’Âge de fer… non ce n’est pas une blague. J’aurais bien aimé en apprendre un peu plus sur eux, malheureusement, aucune info en anglais :/

Expo Viking, Musée National de Copenhague

Nous avons été passé quelques jours au Danemark avec Ulvaten, et à Copenhague, se tient actuellement l’expo Viking (jusqu’au 17 novembre 2013).
Voici quelques photos de l’exposition, par contre, je suis désolée, je n’ai pas pensé à noter la description de chaque objet (ou à la prendre en photo). Il n’y a donc pas toujours de descriptifs -en tout cas pertinents, pardon pour le côté Master of Obvious de certaines. Pour voir l’image dans d’autres tailles, cliquez dessus.

PHOTOS PERSONNELLES, MERCI DE NE PAS COPIER OU REPRODUIRE SANS AUTORISATION.

Ornements de costumes, perles, broches.

Bracelets, bagues, bractéates (au fond une épée)

Le collier est un ornement funéraire féminin. Vers 1050-1100, Kjuloholm, Kjulo, Finlande.
Les bagues datent du IXe siècle et ont été trouvées au Danemark, dans le Jutland.

Pointes de lance.
Celle du haut a été trouvée en Angleterre et date du XIe siècle (58cm).
Celle du milieu, en fer et en argent a été trouvée en Angleterre (pas de datation, 38 cm).

Crâne d’homme (900-1050) ayant les dents limées trouvé dans une tombe à Kopparsvik, dans le Gotland (Suède). On ignore pourquoi il avait les dents limées de la sorte, mais de nombreux crânes présentant la même particularité ont été trouvés. L’hypothèse que ce soit une distinction pour certains marchants ou guerriers à été soulevée.

L’ancêtre des ciseaux et un anneau avec des marteaux de Thor, Xe siècle (fer et cuivre).

Epées -non sans blague- (entre le IXe et le Xe siècle)

Epée à double tranchant, portant l’inscription VLFBERHT (on est bien avancé), 800-950. Peltomaa, Häme, Finlande.

Contrairement à l’imagerie populaire répandue notamment au XIXe siècle, les casques vikings n’étaient pas pourvus de cornes ou d’ailes.

Pointe de lance avec incrustation d’argent, XIe siècle, Tampere, Finlande

Reconstitution de costumes (de mémoire du XIe siècle)

Figurine représentant probablement Odin sur Hlidskjalf, avec Hugin et Muninn. Le lien entre Odin et la magie féminine (seiðr) peut expliquer le fait qu’il porte des vêtements féminins. L’hypothèse que cette figurine pourrait représenter une völva a également été soulevée. (800-1050, Lejre, Seeland, Danemark)

Tambour rituel (impossible de retrouver mes notes à son sujet, ouin)

Amulettes avec le marteau de Thor, à peu près à l’époque de la Christianisation.

Cette représentation peut être interprétée de différentes manières : valkyries, nornes ou disir ? Style scandinave, IXe-Xe siècle, Pologne.

A droite : coupe en argent, datant de la première moitié du Xe siècle, retrouvée à Lejre au Danemark. Elle était probablement utilisée lors de banquets mais aussi sans doute dans un but rituel. La figure féminine qui y est gravée ressemble à une autre figurine représentant Freya (celle de gauche)

Les objets de ce type pourraient avoir été utilisés comme baguettes pour des usages magiques. Celle de gauche a été trouvée en Suède. Celle de droite date du Xe siècle, Seeland, Danemark

Les objets de cette image ont été retrouvés enterrés avec la « femme de Fyrkat », qui était probablement une völva. Elle mesurait à peu près 1.70m. Ces objets montrent qu’elle était une personne inhabituelle et pratiquait la magie.

Pierre du VIIIe siècle, Broa, Gotland, Suède.

Reproduction moderne d’anciennes pierres runiques.

Idem

Je ne ferai aucun commentaire :p