[Odin Project #8 / PBP] W – Wunjo, Odin : seiðr, fureur, extase

Le nom Odin (Woden en Vieil Anglais, Óðinn en Vieux Norrois, souvent anglicisé en Odhinn, voir parfois Othinn) provient de la racine óðr- qui signifie fureur (sous forme d’adjectif, j’ai parfois lu que le nom óðr se rattache à la poésie, on retrouve d’ailleurs cette origine dans Óðrerir, qui contient « l’hydromel de l’inspiration poétique »). J’avais déjà abordé précédemment un des sens de wunjo. Ici il sera davantage question de certaines applications de cette rune et du lien avec Odin (qui avait été aussi abordé brièvement l’an dernier ici), les notions de fureur et d’extase feront probablement l’objet d’autres articles ce mois-ci. A noter que je ne propose que mon interprétation, elle est donc à prendre avec précaution et n’est absolument pas fixée, c’est davantage une « proposition d’exploration ».

Wunjo est connectée aux plaisirs et à la joie. Il s’agit d’une rune essentiellement liée au matériel, du moins à première vue. Il est intéressant de noter qu’elle a disparu du futhark à seize runes : parmi les hypothèses tentant d’expliquer la disparition de ces runes, j’avais lu [où ?] qu’auraient pu être ôtées les runes dont la signification ne correspondaient pas aux « idéaux » alors en vigueur. C’est une possibilité. Ceci étant, les runes ayant été utilisée à des fins tout à fait pragmatiques, je pense que l’explication linguistique simple n’est absolument pas à négliger, bien au contraire : l’évolution du langage pouvant expliquer la disparition de certains signes, qui correspondaient à des sons qui n’étaient plus utilisés. Néanmoins, ces deux hypothèses se complètent très bien (je suis curieuse de pouvoir lire ce qu’en disent les spécialistes de la question qui l’ont étudié sous un angle purement factuel, dénué de toute pratique « magique ».)
Autre question que je me pose : celle d’un possible lien entre la racine du nom « wunjo » et des noms d’Odin (Woden, Wotan, Wodanaz etc). Je n’en sais absolument rien, c’est une interrogation pure.

Dans l’explication « basique » de la rune Wunjo, celle de la joie simple liée au matériel comporte également le plaisir sexuel. Si Odin est un dieu de fureur (pour paraphaser Adam de Brême  « Wotan, id est furor »), celle ci a souvent été rabattue au rang de « fureur guerrière » mais par fureur, on peut aussi inclure une sorte d’état transcendant, la fureur n’était pas spécifiquement l’expression de la colère, mais plutôt une canalisation d’énergie débordante, aussi bien d’un point de vue guerrier, que d’un point de vue sexuel ou à des fins « rituelles » (extase, transe chamanique).

J’ai souvent lu que Othala était liée à la pratique du Seiðr, et j’avoue que j’ai du mal à comprendre pourquoi. En étudiant Wunjo, j’ai constaté qu’elle a un rôle de « canalisateur » assez important : plus que la joie, elle peut aussi dénoter la capacité à engranger / canaliser une énergie. Je l’avais l’an passé reliée à la capacité des berserker (je dis berserker pour simplifier mais ce ne sont pas les seuls types de combattants à se battre sous l’effet d’un état de transe) à passer en transe guerrière, mais aussi à une sorte d’intoxication.  A ce sujet, cela n’est pas sans m’évoquer l’hydromel et l’état d’ivresse : il est dit qu’Odin ne prend pour toute nourriture que de l’hydromel, et qu’il donne la viande à ses loups, Geri et Freki.
Wunjo permet la réception, l’ouverture, l’alignement sur une énergie (et doit pouvoir servir à la pratique de certains rituels de possession comme celui décrit par Katie Gerrard dans Seidr : The Gate is Open. Note : tout dépend de la déité en question, bien sûr.)

Pour moi, Wunjo est une rune fortement liée au Seiðr : c’est une rune de pénétration, énergétique et/ou sexuelle, et la pratique du Seiðr n’est pas une pratique « aseptisée » : elle ne sépare pas le sexe de la pratique magique comme c’est souvent le cas dans certaines pratiques magiques contemporaines. Bien au contraire, on peut se servir de l’acte sexuel [quel qu’il soit] pour atteindre un état de conscience modifiée et/ou utiliser l’énergie de l’orgasme, par exemple, pour certains types de travaux.
La pratique du Seiðr était jugée dégradante pour les hommes, dont on disait qu’ils était dévirilisés par cette pratique. Curieusement, là aussi quand on parle d’Odin en tant que « dieu-magicien » beaucoup semble oublier le concept d’ergi (qui fera l’objet d’une explication ultérieure). Pour l’instant, l’ensemble wunjo / seiðr / extase / Odin est plutôt cohérent. Rappelons que Seiðr, d’après Ed Richardson, signifie quelque chose comme « bouillonnement ».
Chanter la rune au son d’un tambour au début d’un voyage provoque une sorte de levée du « verrou ». (Généralement, quand je pratique, il n’y a pas de « méditation guidée », je fais le vide et d’autres trucs -chants etc- et je sens simplement au bout d’un moment quelque chose qui se « déclique » et comme une vibration / sensations particulières que j’aurais du mal à décrire. Ceci étant, ca n’est pas systématique. Parfois, il n’y a rien. Le  combo déclic+vibrations n’est pas « la fin » mais plutôt la condition pour que « le reste » puisse avoir lieu, bref passons.)

Pour finir, cela me fait penser de façon assez incongrue au roman de William Faulkner (pour la petite histoire, il parait qu’il n’arrivait à écrire que complètement bourré) Le bruit et la fureur. (Aucun lien, je sais.)

[PBP / Mois pour Frigg] Perthro

Wyrd © Sam Araya

Perthro, la rune du cornet de dés, du destin. Affectueusement (tout est relatif) surnommée par Freya Aswynn la rune Fuck Off. (Les feuilles d’Yggdrasil)  La rune des naissances. Ceci étant la signification de cette rune fait l’objet de nombreux débats et les interprétations divergent. D’ailleurs, pendant que je divague, je me demande d’où sortent les interprétations des runes, comment les spécialistes ont fait pour associer des significations à ces symboles ? D’accord il y a des textes qui ont été décortiqués, mais le processus global m’intéresse.

C’est dans la Lokasenna qu’il est dit que Frigg connaît la destinée de tous les êtres, quand bien même elle n’en souffle mot. Cette dernière essaie de calmer Odin et Loki qui s’insultent mutuellement, notamment à propos de leurs sexualités respectives et elle  leurs demande de garder dans le passé ce qui date du passé (ce qui se passe à Vegas reste à Vegas). Loki lui rétorque qu’elle n’a qu’à fermer sa gueule et raconte deux trois trucs pas piqués des vers (un jour je ferais une petite adaptation en argot de la Lokasenna, chaste oreille s’abstenir….) et Freya intervient (traduction R. Boyer / Fayard / 1976) :

« Tu es fou furieux, Loki
De prononcer
Les charmes exécrables ;
Les destinées,
Je crois que Frigg les sait toutes,
Quand même elle ne les dirait pas. »

Rappelons que chez les nordiques, le destin est pas exactement immuable, le wyrd est influencé par l’örlog. Pour faire une distinction simple que j’espère pas trop erronée, l’örlog est le destin en mouvement, sur lequel nos actes, nos paroles ont une action performative : chaque chose que nous faisons ou ne faisons pas à une influence sur l’örlog. Le wyrd est le résultat final de notre örlog, mais aussi la somme des örlog combinés. Le wyrd n’est pas individuel mais collectif (d’où par exemple, l’importance de ne pas faire n’importe quoi durant un sumbel, puisque ce qui se passe influence le wyrd de tout le monde.)

Il est probable que la connaissance de Frigg comprenne non seulement le destin le plus probable mais aussi toutes les possibilités. Si elle parle et qu’elle choisit de révéler ce qu’elle sait, elle en influence le résultat final. Hors, même les dieux ne sont pas omniscient : on peut supposer que si Odin était omniscient, il n’aurait pas besoin d’aller déranger la Völva après le rêve de Balder.
On peut poser les choses de la manière suivante : soit vous êtes omniscient (plus ou moins) soit vous pouvez agir. Les deux à la fois sont impossibles.
C’est d’ailleurs très intéressant le fait que Frigg et Odin soit mariés : d’un côté vous avez la connaissance du destin, de l’autre le fou furieux qui essaie de le plier (avant que vous ne leviez le sourcil, je vous renvoie à la signification du nom d’Odin et à Adam de Brême). Les forces de connaissance et les forces agissantes.
[Ca ne règle pas la question de savoir pourquoi Frigg agit comme elle le fait quand son fils lui raconte ses rêves, je tâcherai d’y revenir.]

Plus qu’un simple symbolisme de jeu et de hasard, l’interprétation de Perthro en tant que cornet de dés peut renvoyer aux différentes voies de notre destin, aux différentes directions que notre vie peut prendre.

Intéressant aussi le lien entre les runes des Nornes et Perthro.

Hagalaz / Isa / Nauthiz = Urd / Verdandi / Skuld
Perthro = Frigg

Les runes des nornes ne donnent aucune indications sur la destinée d’une personne, c’est soit l’örlog « figé » parce que les actions se sont passées, soit l’örlog actuellement en mouvement, soit ce qu’il donnera (ce qui renvoit d’ailleurs aux significations des noms des trois Nornes).
Par contre, Perthro et Frigg, le cornet de dés et celle-qui-sait-mais-ne-dit-rien possède une puissance et une ambivalence que je trouve incomparable si on l’examine par rapport aux trois précédentes. On avait pas mal réfléchi une nuit avec une amie sur Frigg. Et on a fini par poser plus ou moins l’équation pas si saugrenue que ca que Frigg pourrait bien être une norne elle aussi. Ou un genre de.
Si on fait le lien entre les Nornes et les Disir, ces esprits féminins protecteurs d’un clan ou d’une lignée, dont l’origine est mal définie et dont apparemment on ne sait pas trop si elles sont apparentées aux nornes, aux esprits des ancêtres etc. cela ne sonne pas trop absurde.
Le parallèle entre Freya Vanadis (La Dis des Vanes) et Frigg comme Dis des Ases pourrait être cohérent, et expliquerait peut-être aussi l’attitude par rapport à Balder. Protectrice du Clan.
Elle exerce d’ailleurs ce rôle à plusieurs reprises : même si les rapports qu’elle et Odin entretiennent ne sont pas toujours détendus (mais franchement, dans tous les couples on s’envoie des assiettes à la gueule :p), je crois que c’est au début du Vafþrúðnismál qu’elle essaie de dissuader le Vieux d’aller faire son tournoi de devinettes avec le géant parce qu’il risque d’y laisser sa tête.

Revenons à ces histoires de Perthro, de Dis, et de naissance maintenant. J’en avais parlé avec le lien Frigg / naissance-destin. Perthro aurait pu être une rune que l’on grave/ dessine dans les paumes de la main pour aider à l’accouchement. Le lien entre accouchement et dis est assez évident.
J’associe beaucoup Fensalir non seulement à la salle des naissances, mais aussi comme au lieu où l’on peut contacter éventuellement les ancêtres féminins (enfin… pas toujours bref.) et au niveau personnel, j’ai eu l’occasion d’en faire l’expérience pendant l’accouchement d’une femme de ma famille, côté maternel, -m’étais dit que j’allais essayer d’aider-, et le verdict énoncé dans la grande salle et sa correspondance parfaite avec ce qui a eu lieu en Matérialité. Sur le coup je m’étais dit que c’était dans ma tête. Finalement non (c’est toute une histoire ca, j’ai parfois l’impression d’entendre ma brochette d’amis et Ulvaten brailler en cœur « mais tu as fini avec ce refrain ? » Quand c’est pas « l’autre » brochette qui braille…)

[PBP] F – Futhark

Note : cet article ne traite que de la divination et des énergies des runes, j’essayerai de faire un jour une autre partie sur les utilisations magiques des runes

Première(s) rencontre(s)

Ma première rencontre avec les runes… et en le relisant, gros « hum, pardon les conneries ». « Le rune » mais lol… source Le monde des alphabets, paru en 1998

Je ne me souviens pas précisément du moment où j’ai fait la connaissance des runes : il me semble que cela remonte bien avant ma découverte du paganisme. J’étais passionnée par les alphabets anciens, les langues et les codes secrets et on m’avait offert un livre dessus quand j’étais au collège (je devais avoir aux alentours de 13 ans). Je passais des après-midi à essayer de comprendre les glyphes maya, en piquant des crises de rage parce que je ne pouvais pas lire ce qui était marqué, et quand je lisais que les savants n’avaient pas réussi à toutes les déchiffrer. Ca me mettait dans une colère noire de penser que tout avait été détruit et que nous étions maintenant privé de cette connaissance. Bref. Dans ce livre, il y avait aussi l’alphabet cyrilliques et les runes, et je m’étais mis à les apprendre tous les deux, pour pouvoir m’en servir pour écrire sans que l’on comprenne. En 3e, avec une amie, nous échangions nos petits mots comme ça, parfois en mixant les deux alphabets pour être certaines que personne ne pouvaient comprendre.
Je pensais à l’époque que plus personne ne savaient les utiliser, qu’elles étaient désormais inutiles et cela me rendait triste. Je me disais qu’un jour, j’aimerai les comprendre comment elles étaient utilisées, pourquoi. Pourquoi elles avaient disparues (puisque c’était ce que le livre disait).
Et puis j’ai un peu grandi et j’ai eu d’autres sujets de préoccupations. Quelques années de creux avant qu’elles ne reviennent un jour, mentionnées dans des livres. J’allais à la bibliothèque de ma fac et je cherchais les livres dessus (j’étais dans une fac avec un département nordique).

Le début du travail avec les runes

Ce n’est qu’en rencontrant la personne qui est devenue par la suite ma meilleure amie que j’ai commencé à travailler avec. Je me souviens de la tonne de recherche que j’ai fait à cette époque, puisque ce n’est qu’à ce moment que j’ai eu internet chez moi (et que je me suis rendue compte que, ô miracle, je n’étais pas toute seule, cela parait fou dit maintenant).

Je les ai d’abord synthétisées, comme on le voit souvent. Fehu = le bétail etc. Je me suis mise à lire deux ou trois trucs de mythologies nordiques, mais je ne faisais pas le lien. Je travaillais avec elles de manière désincarnées, on peut dire. C’est triste à dire, mais pour moi, c’était un outil de divination et un système d’écriture. Point. Je les ai appris relativement vite et j’ai commencé à essayer la méthode conseillée par Freya Aswynn : dessiner les runes sur des gâteaux et les manger. Cela n’a jamais donné grand chose pour moi : à la fois parce qu’avec le recul je pense que la façon dont nous souhaitons approfondir la compréhension d’un système dépend de notre personnalité, et parce que de toutes façons, je ne voyais pas le lien avec les mythes et encore moins avec Odin (je ne vais pas revenir sur la question des rapports entre le Vieux et moi, j’en ai déjà parlé) cela me gonflait qu’on me dise que je ne pouvais pas les comprendre si je les sortais du système : j’estimais me débrouiller très bien avec, que je m’intéressais suffisamment à la linguistique et à leurs significations, et basta. Puis j’ai découvert les oghams, et je me suis mis à mieux les comprendre que les runes, que j’ai laissé de côté niveau divination pour ne les employer que dans des travaux magiques.
Quelques années plus tard, j’ai testé les fameuses « positions runiques » décrites par Edred Thorsson avec Ulvaten. Cela faisait un moment que je n’avais plus remis la tête dedans, et je me souviens d’ailleurs m’être trompée de rune, confondant Ansuz et Fehu (bravo). Toujours est-il qu’à part des crampes dans les bras et des fous rires, cela n’a pas du tout été concluant comme expérience, cela nous a vite gonflé et on a laissé tomber.

Méthode de travail personnelle

J’y suis revenue « vraiment » l’an dernier, après plusieurs années de haut et de bas à tenter de creuser la question plus profondément, et il m’est alors venue en tête une idée.
M’inspirant des principes du journal créatif, je me suis plongée dans l’étude des runes de la manière suivante : d’abord un travail sur le souffle, en m’imprégnant de l’énergie de la rune et en la chantant. Ensuite une méditation/voyage. Noter les rêves qui se présentent et leurs significations, et puis dessiner la rune telle que je la ressens. Sans chercher à étudier le concept ou relire les travaux d’autres auteurs en parallèle.
Au départ, je publiais les dessins sur mon blog perso, et puis très vite c’est devenu trop personnel pour que j’ai envie de le partager, même avec des ami(e)s (j’en ai partagé un pour l’occasion).
Je me suis rendue compte que les rêves que je faisais étaient systématiquement en lien avec la rune étudiée, et que des connexions entre les différentes runes se faisaient, alors que je n’y aurais jamais pensé auparavant, des utilisations magiques pas forcément toujours citées. En tout cas, cette méthode est la plus pertinente pour moi : cela ne veut pas dire que, intrinsèquement c’est la meilleure, mais en tout cas, c’est celle avec laquelle j’ai les résultats les plus concluants.
Le plus flagrant, c’est que toutes sortes de choses se sont débloquées suite à ce recommencement d’apprentissage ; en parallèle, je me suis plongée dans l’étude des textes, et il faut bien reconnaître que cela n’a absolument rien à voir avec des fiches de présentation de chaque rune. Je ne sais pas si c’est le fait de commencer à avoir de la « reconnaissance » de leurs background respectifs qui a fait que j’ai mieux compris certaines subtilités, ou si c’est le fait de les étudier de manière « organique » qui m’a amenée à considérer ce background comme quelque chose de primordial, mais le fait est que l’angle d’étude a considérablement évolué.

Divination runique ?

Je ne sais plus trop quoi penser de ces histoires de divination par les runes. D’un côté, cela donne indéniablement de « bons » résultats (suivant les cas) et même s’il n’est pas historiquement avéré qu’elles servaient à la divination, nombreuses sont les personnes qui le font aujourd’hui et nos pratiques ne sont pas celles des premiers siècles. De l’autre, je comprend ceux pour qui les runes ne sont pas un outil de divination. Elles ont vraiment une énergie et une histoire particulière et si je l’ai beaucoup fait à une époque, l’idée de me lever le matin et de piocher « la rune du jour » me laisse plus que perplexe aujourd’hui. Je reconnais ne pas avoir d’attitude stable à ce niveau là (après avoir été un peu casse-couille cet automne à ce sujet), bien que je tende à réserver le tirage des runes pour des cas particuliers ou quand la question est en adéquation avec certains travaux ou certaines personnes. Ceci étant, étant donné la quantité d’imbécilités que j’ai faites dans le passé (et pas seulement avec les runes, hum), je ne me vois pas trop donner d’avis péremptoire sur la question et je préfère laisser chacun réfléchir à ce qu’il souhaite faire.

L’énergie des runes

Les runes possèdent des énergies vraiment particulières, propres à chacune : pour cette raison, je trouve qu’il est souvent plus efficace de faire ses recherches et un travail personnel pour ensuite mieux les comprendre : certaines nuances, certaines indications peuvent être très personnelles et ne pas se retrouver forcément partout. Quand je tire les runes, je serais souvent bien en peine de mettre le tirage par écrit en le résumant. Parce qu’elles ne sont pas résumables à des significations précises. Tirer « laguz » et dire, « c’est la rune de l’eau, de l’inconscient » n’est pas toujours pertinent : je sais qu’elle apparait parfois pour désigner des cycles temporels, mais des cycles liés à l’évolution personnelle, pas forcément aux saisons ou à une durée calendaire. C’est un peu si on se branchait sur un canal particulier, et que chaque rune venait murmurer son histoire, son message à l’oreille. Dans le même ordre idée, je tire rarement une nombre de runes précis quand j’ai besoin d’expliquer une situation ou de creuser une piste. Je me contente de demander aux esprits des runes si l’un deux à quelque chose de spécial à me dire, et là commence l’histoire. Comme dans les histoires écrites, parfois il y a une introduction et une mise en situation, et parfois tout commence directement, in medias res. Parfois, la réponse possède même un « style » particulier, exactement comme celui d’un écrivain : j’ai refait récemment l’expérience suite à un changement qui m’a beaucoup perturbée, et je me suis retrouvée à 4h30 du matin, assise devant l’autel, à écouter l’histoire, jusqu’à ce que Perthro tombe, indiquant ici « suite dans le prochain tome à paraître ». Comme il n’est la plupart du temps pas encore écrit, je sais que ce que je vais faire, les tressaillements qui seront engendrés (par moi aussi bien que par d’autres) seront peut-être très différents.

Chaque rune possède plus ou moins son caractère, et elles n’interagissent pas exactement de la même manière avec tous le monde. On s’entend bien avec certaines, avec d’autres, c’est parfois plus difficile. Il peut, à mon sens, même arriver que certaines runes très positives dans les tirages d’une autre personne soit plutôt mauvais signe dans le sien. Ce n’est pas quelque chose de figé : il y a des runes qui me crispaient il y a dix ans et avec lesquelles cela va aujourd’hui, et vice versa. Il y a des runes qui parfois, me font juste l’effet d’une blague énorme genre « Ha ha ha ha ! See you next time. Ha ha ha ».

Cela se complique quand on fait des tirages pour une autre personne, parce qu’il faut distinguer ses relations personnelles, et ce qu’elles vont exprimer à l’autre personne : il faut arriver à savoir si l’on est qu’un simple « canal » et que la réponse est directement liée à autrui (ce qui arrive souvent quand l’autre personne connaît aussi les runes) ou bien si c’est à vous que l’on parle. Ce n’est pas toujours simple et il n’y a pas de règle précise et absolue. Il arrive qu’une personne ne connaisse rien aux runes et que pourtant, la réponse lui soit directement adressée.

Qui parle ?

C’est un peu le même type de « problème » par rapport à Odin : parfois j’ai l’impression que chaque rune parle dans une langue et sur un registre différent, et qu’il faut effectuer une traduction simultanée de chaque signal. Parfois, quand on teste plusieurs signaux pour une même rune, le message sera complètement différent, et pourtant chacune des réponses demeure pertinentes. Ce n’est que mon ressenti, bien sûr, et il vaut ce qu’il vaut, mais parfois c’est lui qui répond, parfois les runes directement, et si demander un angle pur décrypter la réponse aide parfois, il faut dire que parfois on vous laisse vous démerdez -en se marrant un bon coup à vos dépend en prime quand vous pédalez dans la semoule.