[PBP] J – Joie (et Wunjo)

Pas vraiment inspirée, et je suis d’humeur vraiment sarcastique aujourd’hui. Une envie d’ouvrir la boîte à claques et d’en sortir mon colt 45. On va essayer d’écrire sans trop de licornes décapitées. 

La joie.

On utilise le plus souvent ce terme pour désigner un état de bien-être, un contentement durable ou passager.

Au-delà de la signification qu’elle revêt la plupart du temps dans le langage courant, la joie m’évoque l’alignement, la conscience spirituelle, le fait d’être en phase. Le rune Wunjo est souvent décrite -réduite- à la joie, à un truc positif. « Génial super, tout va bien se passer ». Pour moi Wunjo est surtout une rune de canalisation du pouvoir, de l’énergie. Une rune d’extase, avec toute l’ambiguïté du terme.

Auteur inconnu

La joie qui en émane, c’est celle de la connexion, de la potentialité. En français, le terme joie provient du latin gaudia, soit la même étymologie que le terme jouissance. Wunjo est une rune à l’énergie potentiellement sexuelle très puissante, mais en fait, c’est plutôt la transformation de cette énergie vers cette utilisation, parce qu’à la base, on peut tout aussi bien la tourner vers d’autres types d’utilisation, notamment la rage guerrière, la destruction ou la douleur. J’avais déjà brièvement parlé de ceci pendant le mois de novembre.

Je pense -mais je suis sans doute tordue- que la joie est dans un certain sens, dénuée de toute connotation positive ou négative, c’est juste la manifestation d’un état. Je ne suis absolument pas calée en philosophie, mais mon petit dico de philo¹ m’indique que Spinoza définit la joie comme le « sentiment qui accompagne le passage à une plus grande perfection et qui témoigne de notre participation accrue à la nature divine. » Je suis d’accord avec lui (enfin, sauf pour la perfection), pour autant que j’ai la capacité de comprendre quoi que ce soit -c’est violemment relatif. Dans ce sens là, la joie peut-être aussi ressenti pendant des épisodes douloureux ou en lien avec la souffrance.

Dans un contexte quotidien, je pense que certaines situations délicates ou douloureuses dans lesquelles nous nous retrouvons peuvent provoquer justement cet alignement avec le divin, pas parce que nous fuyons le quotidien, mais justement parce qu’il nous oblige à éprouver nos limites, à lâcher prise, et que nous parvenons à le transcender jusqu’aux limites de nous-même, et que par là même, nous trouvons le fil de connexion comme nous sommes plus difficilement en mesure de le faire pendant des périodes normales. Une sorte de bruit de fond continu qui nous dévore de l’intérieur alors que justement on est censé faire autre chose, se concentrer sur la partie « ordinaire » de notre vie. Même si je ne pense pas que les épreuves doivent être obligatoirement hard core ou violentes, ou physiquement douloureuses.

Je pense que c’est dans le quotidien aliénant qu’on est le plus à même d’éprouver l’intensité de notre pratique : si une chose est importante pour vous, vous n’avez pas besoin de vous faire un planning pour vous rappeler d’aller méditer « bien comme il faut » devant une bougie. C’est un peu comme si on avait besoin d’une alerte sms pour boire de l’eau. Quoi que l’on soit en train de faire, quoi que soit notre quotidien, on trouve toujours une façons de construire le pont et la navette est lancé, d’en-dessous vers en-haut, d’en-haut vers en-dessous. Quand la pratique devient une contrainte, un truc que l’on case dans un emploi du temps comme descendre les poubelles le samedi, c’est qu’il y a peut-être quelque chose à repenser. Le manque de temps est une belle excuse bidon que l’on emploie quand on s’attache au décorum. Vous n’avez pas besoin de vous poser avec bougie, tenue rituelle et encens pour prier. Vous pouvez prier et ressentir le lien avec les déités quand vous allumez votre ordinateur au travail le matin, quand vous faites la vaisselle ou n’importe quoi qui vous emmerde. Transcendez-le. Puisez dans le réservoir, vous ne le viderez pas, au contraire, vous l’alimenterez et augmenterez l’échange.
C’est comme chanter par dessus les bruits du monde : quand ils sont forts, dissonants et trop présents, ne chantez pas plus fort : vous ne les couvrirez pas. Centrez vous sur votre souffle, votre voix, ne perdez pas le rythme, ne perdez pas la résonance.

Je trouve que les textes courts (ou les prières), simples marchent très bien, d’autant plus quand ils sont dans des langues étrangères parce qu’on reste focalisé sur la mélodique, que l’harmonie des mots agit à contre-courant. Les mantras doivent très bien marcher aussi, mais je n’en utilise pas. La seule difficulté, c’est de ne pas exploser de rire et de ne pas vous mettre à les réciter à voix haute quand on est en train de vous engueuler pour une connerie mais que vous êtes occupé à penser à autre chose.

(La chanson qui tourne en boucle en ce moment)

1 :La pratique de la Philosophie, collection de A à Z

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4 réflexions sur “[PBP] J – Joie (et Wunjo)

  1. je suis une néophyte encore, mais je poursuis sur la voie des runes et j’adore ça…ton article est très intéressant et même si je ne suis pas allez aussi loin dans ma réflexion sur chaque rune, mon « initiation » avec Wunjo fut assez proche de certaines chose que tu évoques ici….je comprends tout à fait ou tu veux en venir, et je suis tout à fait d’accord avec ton ressentit par rapport à elle.
    http://tellusmater.wordpress.com/2013/03/27/wunjo/
    je te met le lien de mon article sommaire….
    merci pour ce post, il m’a permis de mettre des mots plus recherchés sur ce que j’avais rapidement effleuré du doigt, en une semaine de contact intensif^^
    une fois le futhark exploré une première fois, je pense qu’on en finis pas de s’affiner, et j’ai hâte de recommencer déjà!lol.
    bonne journée!

    • Ca, on sait quand on commence… et on ne termine jamais (genre je suis une vieille du haut de mes dix ans de patouillages, mdr) =) Je pense que chacun à une façon d’interagir (et donc d’intérprêter) les runes qui lui est propre, un peu comme avec les déités ou les esprits. On retrouve des traits communs, mais parfois c’est assez rafraîchissant de voir autant de diversité et en même temps de similitudes. Personne ne peut avoir totalement raison et asséner « sa » vision ou son utilisation de telle ou telle rune.

      Après, tu peux aussi voir quelles runes « poppent » dans ta vie et les travailler comme elle se présentent, en guettant les angles dans le quotidien, par moment, c’en est presque perturbant, lol.

      ^^

      • c’est un peu ce qui se passe en ce moment avec mon cheminement!elles agissent carrément sur mon quotidien!ça m’apprend vraiment à lâcher prise et à m’en remettre à leurs messages…je m’abandonne, et j’accepte ce qui doit venir, me disant que cela vient maintenant…parce que cela doit être vécu là, tout de suite…..un belle leçon.
        mais parfois perturbante oui!^^

  2. Pingback: [Odin Project #8 / PBP] W – Wunjo, Odin : seiðr, fureur, extase | L e    C a i r n

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