[PBP] J – Se faire jeter par une déité

Tout d’abord, rendons à César ce qui est à César : c’est l’article de Nemn qui m’a fait penser à cela. Petite précision : j’entend ici la pratique dans un sens « travail avec une déité », le contexte « uniquement » religieux (quand on honore une déité par exemple) ne nécessitant pas forcément « d’interactions ».

On parle souvent des déités qui occupent une place dans notre pratique, moins de celles qui l’ont jalonnés au fil des ans, et encore moins de celles avec qui nous avons tenté de travailler pour se faire claquer la porte au nez. La question du « établir un contact avec une déité » demanderait un article séparé à elle seule, tout dépend des personnes et de leurs pratiques, mais il est généralement admis que l’avoir honorée et la connaître un minimum est une sorte de pré-requis,   le respect de base. Après, il y a des personnes qui tentent d’établir un contact volontaire (elles souhaitent travailler avec telle déité pour telle(s) raison(s) ), celles qui restent « open » et attendent de ressentir qui se pointent pour démarrer une approche. Par le passé, je me suis trouvée au milieu de ces deux tendances, c’est moins vrai ces derniers temps, où pour ce qui est de démarrer un travail particulier ou de pratiquer avec une déité, j’attends de voir qui se pointe, d’avoir des indications et/ou des ressentis particuliers, généralement par le biais de mes rêves.

Gnap ! (auteur inconnu)

Encore une fois, c’est valable dans le contexte énoncé plus haut, pas dans le cas où il s’agit d’honorer une déité particulière dans un cadre plus « religieux » (par exemple dans le cas d’une célébration saisonnière, si je n’ai pas de déités avec lesquelles j’ai travaillé/je travaille qui peuvent entrer dans le cadre de cette célébration, j’honore les autres de manière plus formelle, une question de politesse -c’est un peu plus que de la politesse, mais c’est l’idée. Si je ne suis pas forcément « in touch » avec toutes les déités nordiques, loin de là, elles forment des familles et je trouve malvenu de ne pas témoigner d’un respect de base envers elle. Un peu comme de ne pas dire bonjour à une des personnes présentes quand vous êtes invité à un événement social important, sous prétexte que vous ne la connaissez pas. Je ne suis pas forcément à l’aise dans ce type de contexte, et je préférerais parfois ne pas avoir à le faire, mais la politesse est une forme de cohésion utilisée pour maintenir une unité et des standards reconnus dans la société au sein de laquelle ces standards sont utilisés. Soit j’accepte de jouer le jeu, soit je décline l’invitation. C’est quelque chose qui a eu du mal à rentrer dans mon crâne par le passé, et je me suis fait tiré les oreilles par Frigg l’an dernier pendant un rêve à ce sujet.

Au cours de la décennie écoulée, mes pratiques ont sans doute considérablement évoluées, et de manière volontaire tenté d’établir un contact avec certaines déités, parce que cela avait du sens pour moi à ce moment là, ou alors parce qu’on me demandait de le faire dans le cadre de certains travaux. S’il y a des typologies (je préfère ce terme à la notion d’archétypes, étant donné que je considère les déités comme existantes, et pas uniquement comme des reflets de notre inconscient, mais là encore cela demanderait un développement conséquent, à voir) de déités avec qui je me sens naturellement, de par mon histoire personnelle et de mon caractère, plus à l’aise, avec certaines typologies, cela a tendance à coincer.
Je me souviens en particulier de deux travaux que j’avais a effectué, un dans lequel j’ai tenté une approche d’Inanna, et un dans lequel j’ai tenté une approche de Rauni. Avec Inanna, tout ce que je parvenais à établir comme contact, malgré un parallèle dévotionnel assez poussé, c’était l’équivalent d’un minuscule résidu de braise quand les éléments rassemblés et votre processus devrait avoir conduit à l’allumage d’un feu plus que correcte. Finalement, un peu dépitée, je me suis tournée vers Maebd avec qui le travail a été plus que concluant.

Pour Rauni (début 2012), je me suis purement et simplement fait tèj, mais alors cruement. Je me souviens de mon travail préalable, y compris sur le plan intellectuel avec des recherches (détail marrant, on dit qu’elle a un caractère imprévisible, bah… c’est bien la seule chose que je suis en mesure de dire : « effectivement, oui. ») Et là, paf la porte dans la gueule, un flash avec une femme très belle et du sorbier, et un énorme « NON PAS TOI. DÉGAGE ! » Ok, message reçu 5/5 mon lieutenant, pardon pour le dérangement. Premier essai avec le panthéon finnois, et je ne suis pas pressée de retenter pour être honnête. Je dois avouer que sur le coup j’étais méga vexée : même si on sait que c’est le genre de chose qui n’a rien de personnel (on n’a pas forcément fait quelque chose de mal, c’est juste que c’est niet quoi. Un non bien factuel et carré.) sur le coup, on est un peu déstabilisé. Tant mieux, ca permet de remettre certaines choses à sa place : peu importe son « expérience », depuis combien de temps vous pratiquez, l’ardeur de vos essais ou certains désirs d’exploration, parfois, non c’est non et on fait avec. L’égo en prends un coup, ce n’est pas mortel, si ca l’est, il y a sûrement des problèmes à régler. (Et parfois c’est l’inverse, vous ne voulez pas, ce n’est pas votre truc, mais au bout d’un moment il faut revoir son attitude et retirer ses ornières.) Au final, j’ai travaillé avec Dana et l’expérience a été étonnamment bouleversante et a amener des changements profonds dans ma vie, changements dont les effets sont toujours d’actualités dans ma vie.

Freyja par Marisvision

L’exemple le plus flagrant en terme de « relation de politesse » est très certainement celui qui concerne les Vanes. Plusieurs fois au cours de mon parcours, j’ai tenté de travailler avec Freya. Elle était une déesse que je trouvais très inspirante et à la fin de mon adolescence j’ai tenté plusieurs approches, et la question du contact avec elle s’est reposé il y a quelques mois, avec toujours la même réponse : le néant absolu, exactement comme si je jetais une pierre dans un puits mais qu’elle n’atteignait jamais le fond. Au fur et à mesure de l’évolution de ma pratiquer avec le panthéon nordique, certains faits m’ont conduit à effectuer une constatation : ce n’est pas uniquement Freya, mais les Vanes de manière générale. Cela produit toujours le même effet, silence radio sur toute la ligne. En relisant bon nombre de voyages, travaux, rêves et autres, il n’y a que deux « mondes » où « je n’ai pas mis les pieds » (ce n’est pas exactement à prendre au pied de la lettre comme expression, mais je ne sais pas comment expliquer le schmilblick), l’un d’eux est Vanaheim. Cela ne m’empêche pas de les honorer de temps en temps, par exemple si je participe à un blót où Freya est honorée pendant un des tours.
À une époque, cela m’avait frustrée parce que je considérais que toutes les déités avec qui l’on tentait d’établir une « relation » « répondaient », alors qu’en fait non. Pouvoir établir des « relations » avec certaines déités est un type de configuration, pas une vérité générale, et je pense que ce n’est pas l’exemple-type auquel se reporter. Cela ne signifie pas non plus que l’on vaut mieux ou moins bien, cela fait juste écho à un passif ou à un possible chez nous. Un peu comme de connaître plus personnellement certaines personnes ne signifient pas que vous connaîtrez tout le monde personnellement, raison pour laquelle je fais la distinction entre la pratique « religieuse » dite et la pratique « relation de travail magique et/ou dévotionnel » (ce n’est pas très net mais suite à deux ou trois trucs, on peut avoir certaines relations plus axées sur la dévotion et d’autres plus axée sur des « travaux magiques »). La diversité de nos rapports avec les déités permet aussi de rester plus compréhensif, ouvert par rapport aux autres et d’une certaine manière, de rester humble, parce qu’il y a toujours un domaine dans lequel on est plus doué, un dans lequel on patauge dans la semoule. Cela permet aussi de ne pas se monter la tête : je suppose que si on pouvait les ressentir toutes de la même manière, on finirait par ne plus se sentir pisser, alors que ces différents niveaux nous permettent de continuer à être capable de faire le distinguo entre les diverses connexions. Exactement comme le fait de se prendre des coups de pieds au derche et ressentir l’énergie de certaines déités en rogne parce que là, vous vous êtes quand même bien rétamé en faisant n’importe quoi permet de ne pas perdre de vue que : 1/ ce ne sont pas vos potes, même si certaines relations sont clairement très détendues. 2/ Vous êtes humains. Pas eux. 3/ Rien n’est jamais acquis (je ne crois pas à l’existence de traitements de faveur à proprement parler. Eux seuls savent pourquoi ils font ci ou ca. Nous on peut se permettre de supposer, mais tabler là dessus, c’est jouer un jeu dangereux.) 4/ Cela évite aussi de les ranger dans les cases que nous aimerions qu’ils occupent en oubliant les autres.

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4 réflexions sur “[PBP] J – Se faire jeter par une déité

  1. Pingback: [PBP] U – Quand nous "updatons" certaines relations | L e    C a i r n

  2. Pingback: [Odin Project #25] Faut-il se méfier d’Odin quand on est une femme ? (2/2) | L e    C a i r n

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