Frigg, naissance et destin

Le Pater, 1899

Le fait que Frigg soit une déesse associée à la naissance mais aussi au destin présente une corrélation que je trouve intéressante.

Je ne sais pas de quel texte cela sort, mais il est dit que Frigg file la trame avec laquelle les Nornes façonnent ensuite le Wyrd (note : je suis incapable de me rappeler de la source où j’ai lu cela : impossible de trouver quoi que ce soit à ce niveau là dans les Eddas, je me demande donc si ce n’est pas soit une interprétation personnelle de quelqu’un soit relatif à certaines vieilles légendes). On observe donc une connexion intéressante entre le nouveau-né, l’introduction d’une nouvelle vie et le fait d’offrir aux Nornes la matière première. Il est important de mentionner que dans la conception nordique, le nouveau-né est déjà marqué et/ou accompagné dans son wyrd. La hamingja, ce concept de chance mais au niveau familial, génétique, se transmet. La bonne fortune ou l’infortune d’une famille est une composante qui fait partie intégrante de la vie de l’individu, et non comme une donnée individuelle qui vient se greffer par la suite, bien que les actions personnelles aient une répercussion dessus. De même, l’idée de survivance d’une personne décédée à travers ses descendants se retrouve dans la manière de nommer dans les coutumes scandinaves (pour ca, je renvoie à l’excellent article du blog de Nannalandia Names and Naming in Scandinavian tradition). Dans Teutonic Religion, Gundarsson parle de l’importance du lit, qui fait partie de la dot de l’épousée et qu’elle apporte avec elle. Le lit dans lequel on fait l’amour, on naît, et pour les femmes, dans lequel on meurt (la question de la mort dans le plumard pour un homme est un peu plus tendue et renvoie à la « mort de paille ».) Le lit est rattaché à Frigg et à ses domaines. Par extension, il rattache Frigg aux coutumes sociales. Si on observe le fait de nommer un nouveau-né et son lien avec la hamingja familiale (mais aussi avec la fylgja, l’esprit protecteur d’une famille), le place dans la continuité d’un ordre social et d’un contexte de vénération des ancêtres, en les faisant perdurer.

Frigg n’est donc pas seulement une déesse de la naissance et de la protection des nouveaux-né (entre autres aspects), mais aussi une déesse de la continuité et de la transmission du wyrd. Intéressant aussi – et je ne crois pas l’avoir vu mentionné quelque part- cette notion de naissance et de destin, la place du lit en tant que lieu ambigü de naissance et de mort permet de placer Frigg non seulement dans ses aspects précédemment énoncés, mais aussi en tant que déesse de la mort. Autre parallèle amusant, le lien entre Frigg et Dame Holle, cette dernière étant liée aux enfants morts en bas-âges et aux femmes mortes en couches. Si on remonte de fil en aiguilles, et en se souvenant du parallèle entre Hel et Dame Holle (que j’ai retrouvé dans un bouquin de Jan Fries), il y a quelque chose à creuser.

Si on prend la rune Perthro, qui représente à la fois le cornet de dés et le destin mais qui pourrait être liée à la salle des naissances (Freya Aswynn en parle dans Hommes, runes et dieux), on retrouve une fois de plus cette association.

Une réflexion sur “Frigg, naissance et destin

  1. Pingback: [PBP / Mois pour Frigg] Perthro | L e    C a i r n

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