Dísir & hamingja : quelques pensées

Les dísir (dís au singulier) sont des groupes d’esprits féminins qui veillent sur une personne / une lignée. Leur origine et leur identité n’est pas très claire.
Personnellement, dans ma pratique, je considère que les dísir sont les esprits des ancêtres (de sang ou spirituels, voire des esprits liés à certains lieux) du côté de la lignée maternelle, ou en tout cas une partie, la notion d’ancêtre féminin et de dísir n’étant pas exactement synonymes). Je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres cultures / traditions, par rapport à mon histoire familiale, c’est un schéma qui a un sens.
Dans ma conception, c’est la femme qui apporte sa lignée féminine, sa lignée de dísir, au sein de la famille et / ou du / d’un clan. Rien n’est clairement précisé dans les textes et ce n’est pas une conception qui me semble très débattue, du moins chez les francophones : c’est simplement un aperçu / considération qui m’est propre, et que ma pratique personnelle a étayée, même si pour autant, elle n’est pas figée. J’ai entendu un jour un homme invoquer ses disír en mentionnant « vous qui serez un jour rejointes par ma femme », ce qui m’a fait tiquer. Il faudrait que je fasse des recherches plus poussées pour étayer mon hypothèse, mais je crois me souvenir que H.E. Davidson en parle dans son livre Roles of the Northern Goddess. En rejoignant la maison du mari, la femme apporte aussi ses esprits protecteur et sa hamigja, sa chance, et par extension, la chance d’une famille (même si la hamingja n’est pas exclusivement corrélée à la branche féminine).
A ce niveau là, la formule Gibu Auja, retrouvée sur une bractéacte et que l’on peut traduire par « je t’apporte la protection » ou « je partage ma chance avec toi » prend un sens intéressant, plus profond, puisque le terme de chance peut aussi se rapporter à la hamingja. Peut-on partager la hamingja ? J’ai tendance à le penser, pas uniquement dans le cas limitatif des unions matrimoniales, mais aussi au sein des clans, des groupes.

Les dísir sont certes des Esprits protecteurs, mais pour autant, comme dans tout travail avec les Esprits, cela ne veut pas dire qu’ils vont se montrer cool. Je n’ai pas de grande pratique de dévotion vis-à-vis de mes « ancêtres » au sens large, pour des raisons très intimes dont je ne parlerai pas en publique, mais je tends à travailler plus globalement avec mes dísir, et de manière un peu moins restrictive, avec les ancêtres de ma lignée maternelle, à une ou deux exceptions près.

disir 24 05 2013
La première fois que j’ai réellement entamé ce type de travail par le biais d’un rituel inspiré des pratiques du Seiðr (pioché dans le bouquin de Katie Gerarrd, Seidr: The Gate Is Open), c’était l’an dernier au moment de la Fête des Mères. Je me suis pris un chassé, mais quelque chose de concret, de la part d’une partie de la troupe qui m’a fait comprendre deux ou trois trucs (et qui est aussi le pourquoi je ne bosse pas avec tous mes ancêtres). Chaque travail, relation, pratique est intime, et doit être considérée comme telle, aussi ma relative expérience n’est très probablement pas généralisable, mais j’ai constaté que ce type de taf peut être violent. Les dísir peuvent s’impliquer très profondément dans votre cheminement, si c’est dans l’intérêt de la lignée, et pas uniquement le vôtre, ce qui cause parfois des complications, et à ce titre, certaines choses peuvent être violentes. Certains faits peuvent remonter, certains souvenirs, ressentis. Quand elles ont un message à faire passer, elles le font, et si ce message peut aider, cela ne garanti pas qu’il soit facile à mettre en œuvre ou agréable.
Plus que d’autres types d’Esprits (comme les Esprits des lieux ou vos Esprits animaux, végétaux et autres) elles ont tendance à se mêler de votre vie, de vos choix, à les approuver ou au contraire à les désapprouver.

Au cours de l’année écoulée, j’ai eu la surprise de constater que, apparemment, dans certains cas (la schématisation exacte des raisons m’est inconnue) il est possible d’avoir des interactions avec les dísir d’autrui : pas volontairement parce que vous en avez envie, mais parce qu’elles peuvent décider que vous, vous allez faire quelque chose pour aider un de leurs descendants. Sans doute, probablement (tu la sens la formulation de  l’hypothétique ?) peuvent-elles le faire parce que vos propres dísir -si tant ait que vous ayez une certaine relation avec- ont également décidé que ce serait une « bonne » chose (encore une fois, la notion de « bien » est relative, et cette notion n’est pas tant corrélée à votre personne qu’au bien-être de votre propre lignée, ce qui peut être un peu délicat non seulement à concevoir mais aussi à accepter vu notre manière moderne (et occidentale) de placer / considérer le bien-être individuel au centre) que vous fassiez ci ou ca.

 

[PBP] S – Le Sang

Auteur inconnu

Le sang n’est pas seulement un fluide vital transportant les nutriments et alimentant notre organisme en oxygène. Il est aussi un vecteur énergétique extrêmement puissant dans certains rituels.

La plupart du temps, quand il est fait mention du sang dans les rituels modernes, il s’agit de sang menstruel, parce qu’il ne faut « blesser personne » etc.
Personnellement, je ne l’utilise pas. Non pas que je dénie sa puissance ou quoi, simplement cela ne me parle pas. Premièrement, histoire de chipoter, ce n’est pas réellement du sang, mais des cellules mortes provenant de l’endomètre. J’ai pratiqué un temps, il y a quelques années, avec le sang menstruel, l’énergie des lunes rouges etc, mais ce n’est pas mon truc, ca me gave et les déités avec qui je pratique la plupart du temps n’en ont pas grand chose à secouer du sang menstruel. Ce sont des cellules mortes, et la notion de sacrifice ou de don par le biais de quelque chose de mort, comment dire… La première fois que j’ai fais une offrande de sang, c’était il y a bientôt 10 ans. J’étais partie cueillir des épines de prunellier, et j’avais demandé à l’arbre quelle offrande elle souhaitait. La réponse m’avait horrifié alors : « mais comment ? Mais elle ne peut pas me demander du sang, etc. » Je me souviens avoir glissé en voulant repartir, et m’être blessée sur les épines d’une branche, d’avoir saigné. « Ce n’est pas plus compliqué que ça » avais-je entendu.

Il m’arrive d’employer du sang, notamment pour consacrer certaines huiles ou pour activer certains outils. Je réserve à cet effet un cathéter et je me pique simplement sur un doigt ou la main. Plus facile qu’avec une aiguille ou un couteau, plus hygiénique aussi. Il m’est aussi arrivée de me consacrer à une certaine déité en utilisant mon sang, pour sceller l’accord. Dans ces conditions, je suis sceptique quand j’entend ou que je lis que l’on peut se « détacher » d’un accord ou d’un serment. Les pactes qui incluent du sang ne sont pas anodins et quant à les révoquer, euh, on peut revenir dessus, mais je ne crois pas que l’on puisse les effacer. Il vaut mieux réfléchir avant, au risque de se retrouver dans des situations inextricables, mais j’ai parfois la sensation que « irrévocable » est un mot qui n’a plus de sens aujourd’hui. Même et surtout concernant les pactes de sang que l’on fait à l’adolescence ou dans l’enfance, parce que ca fait « sérieux » ou que l’on a vu ca dans un film. Malheureusement, si on nous prévient des maladies que l’on peut contracter, personne ne préviens des conséquences que ce type d’accords peut avoir. Les maladies que l’on peut attraper ne sont pas uniquement physiologiques : avec l’échange de sang, je crois profondément que l’on lie sa chance, sa malchance et certains « bagages ». Je crois que c’est en Chine, on disait que si mari et femme mélangeaient leurs sangs dans un bol, ils ne pouvaient pas se mêler, parce qu’ils n’étaient pas de la même « essence », alors que celui d’une mère et son enfant, par exemple, le pouvait. (A voir, j’ai du lire cela quand j’avais 15 ans. ^^’ )

Je me demande d’ailleurs ce qu’il en est au niveau des transfusions sanguines : on peut se retrouver à être lié à une personne ou à une lignée que l’on ne connaît pas, mais cela fait partie des sujets que personne n’aborde jamais. Je suppose que si une personne disait qu’elle refuse de donner son sang pour ce type de raison ou qu’elle est prête à risquer sa vie plutôt que de se retrouver avec des liens provenant de lignées pourries ou avec toutes sortes de conséquences sur le dos, ce n’est pas politiquement correcte. Cela ferait hurler pas mal de mondes, et elle se ferait vite taxer de débiles superstitieux ou de connards égoïstes, ou alors on lui dirait « mais non tu n’as rien compris ». Ou on dirait qu’elle ne sait pas ce que c’est, la mort et qu’elle changerait d’avis. (Quant à moi je n’en sais rien, je n’ai pas de réponses et cela fait partie des questions que je me pose parfois. Donner mon sang n’étant de toutes façons pas possibles pour diverses raisons).
Dans le même ordre d’idée, je suppose que les personnes qui travaillent avec leurs ancêtres peuvent considérer les personnes qui ont donner leurs organes ou leur sang si elles connaissent des gens dans leur entourage qui sont dans ce cas là, si elles l’ont été. C’est typiquement un cas de configuration assez nouveau, qui n’existaient pas il y a simplement une centaine d’années (les premières transfusions sanguines telles qu’on les connait ont eu lieu au début du XXe siècle).

Je me demande parfois si le fait que certaines personnes tournent facilement de l’œil à la vue du sang ne relève pas d’une réaction énergétique, en plus du reste. Le sang pulse énormément, et il ne me paraît pas inconcevable que certains « déconnectent » en cas d’afflux trop brusque d’énergies, un peu comme des plombs qui sautent.