L’effroyable humour des Dieux

On écrit beaucoup sur les Dieux. Sur ce que nous pensons qu’ils sont et ce qu’ils ne sont pas. Sur leurs facettes, riches, nombreuses et multiples. Sur la manière de les honorer, sur ce qu’il est préférable de faire, et de ne pas faire.

Quand il est question de théologie, je pense qu’il y a autant de manière de les aspecter qu’il y a de personnes, même -et parfois surtout- au sein d’un même sentier, d’une même voie.

Alternativement, je suis encline à penser parfois tout et son contraire, à réévaluer mes propres perceptions, à les interroger encore, encore et encore. A réajuster les variables en fonction des dernières expériences. Parfois à reprendre des axes auparavant délaissés. Les ajustements en questions ne sont pas toujours flagrants ou cruciaux, mais ils existent néanmoins. Ceci étant, il y a quelques constantes dont je ne dirais pas qu’elles sont immuables, mais elles ont une certaine tendance à être présentes.

YOLO

(Depuis le temps que je l’avais promis ce « meme »…)

Je pense que les Dieux ont le sens de l’humour. Et qu’il est effroyable, merveilleux, grinçant, surprenant et cruel tout à la fois. Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir, ou si, d’une certaine manière, c’est peut-être ce qu’Ils possèdent de plus effrayant. Est-ce que c’est vraiment de l’humour d’ailleurs ? Ou est-ce que, pour eux aussi, c’est une conséquence des contradictions, des mouvements incessants des trames, des jeux de nos « libres-arbitres » (c’est un abîme de réflexion cette notion de libre-arbitre d’ailleurs), des événements passés, présents et à venir ?

Sur la raison, le pourquoi ou le dosage éventuel des blagues possiblement foutrement mal dosée, je n’en sais rien.

En revanche, l’humour grinçant, je l’ai constaté. Ou alors, c’est juste une mauvaise perception de la notion de sarcasme et une utilisation hasardeuse du concept de second / troisième / milliardième degré. Chez eux comme chez nous. Un humour ectopique en quelque sorte.

On m’a souvent dit qu’il faut se méfier de ce que l’on souhaite, parce qu’on risque de l’obtenir (au pif, pensez au roi Midas, il s’est retrouvé bien bête. Et à toutes les histoires où une personne demande la vie éternelle sans penser à la question de la jeunesse). C’est un peu comme les Dieux et les Esprits, ou la magie : ce que je trouve éventuellement flippant, ce n’est pas « qu’en fait Ils n’existent pas » ou « que ça ne marche pas », c’est bien qu’Ils existent et que ça marche. Parfois (non en fait, souvent), on souhaite telle ou telle chose, et on ferait n’importe quoi pour l’obtenir. On couine, on chouine, on concentre ses forces, et puis quand on l’a, on se rend compte que, ah tiens, ca n’était pas comme ça qu’on avait imaginé le truc. Ou qu’il y a des dommages collatéraux. Ou alors que si, si, tout est bien, mais il y a le GROS DÉTAIL qui tue, comme les petites astérisques des contrats d’assurance.

« Quand les Dieux veulent nous maudire, ils exaucent nos prières. » dixit Oscar Wilde. Tonton Oscar, c’est comme Nietzsche, on peut lui faire dire ce qu’on veut, mais avec un degré de nonchalance et de swag que Fred ne possède pas. (Navrée.)

Dans la théorie, pour ne pas se faire avoir, il faudrait réfléchir avec sagesse et précision à nos actes, à leurs conséquences, etc. Parfois ca se retrouve traduit par des phrases du genre « En ne faisant de mal à personne, fais-ce que tu veux », etc.
Cette phrase, c’est de la merde.

C’est une monstrueuse connerie parce qu’elle laisse entendre que vous êtes en position de connaître tous les tenants et les aboutissants d’une situation (y compris dans le passé, dans le présent et dans le futur), mais aussi de prévoir d’éventuelles « nouvelles entrées dans le jeu », de les évaluer (par rapport à quoi ? A votre but ? A vous ? Aux autres ?). Ensuite, elle vous offre un gentil coussin pour amortir le choc de votre conscience en cas de foirage. « Mais je voulais pas faire ça / pas faire de mal / je voulais apporter un truc positif. » Peut-être mais c’est raté.
Même l’inaction totale peut engendrer une boucle retorse et faire du mal à quelqu’un. En fait, votre présence sur terre fait sans doute du mal à quelqu’un ou quelqu’un s’est pris un truc sur la gueule pour que vous soyez là aujourd’hui. Vos ancêtres ont survécus parce que d’autres sont morts et pas eux. Parce qu’à la guerre, c’est un autre qui s’est chopé une bastos. Parce qu’ils ont été plus prévoyants et que les autres moins. Parce que ci, parce que ça. C’est un fait. D’autres sont morts pour que vous viviez, alors le postulat de pouvoir faire ce qu’on veut sans faire de mal, c’est joli sur le papier et ca part d’un bon sentiment, mais question application pratique, ca vaut des cacahuètes, et j’irai même jusqu’à dire que c’est malsain. (Oui, oui, oui, je sais, c’est un principe générale, ca vaut que pour les pratiques magiques (quelle blague), une idée, bla bla bla, on pourrait faire de la théologie pendant des heures…).

Au lieu de se mettre la tête dans le sable en se disant qu’on a bien réfléchi et qu’on ne fera de mal à personnes, je préfère -dans le cas d’une application magique / d’un souhait, d’une prière- tourner la chose en souhaitant « pour le plus grand bien ». Ca m’a longtemps tordu la gueule de biais ce genre de formulation New Age à la con, mais en fait, après constat -et l’humour des Dieux, parfois, il est subtil comme du tabasco et une poignée de gravier- c’est probablement la façon la moins casse-gueule d’agir sur ce plan là (à supposer qu’on le souhaite effectivement, parfois, on se sent d’humeur apte à y aller de manière un peu plus rugueuse dirons-nous). Le plus grand bien ne veut pas dire pour autant qu’on sera préservé de tout mal (en fait, en écrivant cet article, je repense -pour changer- au mythe de Balder), ni qu’on se prendra pas un parpaing sur le coin de la mouille, mais au moins, au final, on peut espérer que quelque chose de constructif en sortira. Seulement, ca demande de prendre du recul, de lâcher prise sur nos obsessions de contrôles et nos désirs. En gros, il faut se détacher de ce qu’on souhaite par-dessus tout, parce que si ca se trouve c’est pas une bonne idée.
Je suis la première à avoir du mal avec ça, mais si au début, c’est plus de l’auto-persuasion qu’autre chose (je vais être honnête, quand j’ai un objectif en ligne de mire, je tiens plus de Léodagan que de Bohort) au bout d’un moment, ca se régule. Peut-être qu’on se persuade ainsi de lâcher prise et que ca tient plus de l’aspect mental qu’autre chose, mais dans tous les cas, ca permet d’aborder plus sereinement certaines situations.

Je pense que les Dieux « trollent » les humains, mais qu’ils se trollent aussi entre eux en utilisant les humains comme médium (et hop, une pensée pour Frigg, une pour Odin, et une pour les Lombards). On n’est pas forcément visés, d’ailleurs, il faudrait être un peu anthropocentrique pour penser que toutes les actions des Dieux ont forcément à voir avec quelque chose d’humain, parfois, rien de personnel, c’est juste que nous sommes dans le dommage collatéral. Ou trop con pour l’éviter.

Faites attention à ce que vous demandez. A qui vous le demandez. Attention à ce que vous promettez en échange. Et attention aussi quand ce n’est pas pour vous que vous le demandez. On dit que les murs ont des oreilles, je dirais bien que les Dieux (et les Esprits) nous écoutent beaucoup plus qu’on ne le croit. Donc quand vous souhaitez ci ou ça à un ami, en ayant en tête une configuration plus ou moins précise, rappelez-vous qu’il se peut très fortement que ca ne tombe pas dans l’oreille d’un/e sourd/e. Mais que ca n’arrivera pas comme vous le pensez. Et encore moins comme vous le voulez. D’une certaine manière, je me dis qu’il faut encore plus faire attention à ce que l’on souhaite pour les gens, notamment quand ca engage encore d’autres personnes tiers, parce que si plusieurs volonté se croisent, il y a toutes les chances pour qu’il y ait un écho quelque part, et un bug dans l’écho, mais que le signal arrive à destination.

Frigg, Internet et l’adaptabilité des Dieux (Mois pour Frigg)

Si les déités sont anciennes, il est difficile de retracer leurs évolutions et leurs changements progressifs de manière certaine. Certaines ont sans doute absorbés des caractéristiques qu’elles ne possédaient peut-être pas au départ, d’autres ont sans doute fait des apparitions plus tardives que d’autres. Cela ne les rends pas moins valables que d’autres sur lesquelles on possède plus d’informations rendant parfois un semblant de datation possible.

1. Le bla bla factuel (background technique)

Je suis en train de lire actuellement Helrunar, de Jan Fries, et je trouve que cet auteur apporte des perspectives et des réflexions très intéressantes. Dans la première partie du livre intitulée How did it all begin ? il fait un topo assez complet sur l’histoire et émet une série d’hypothèses, écornant au passage beaucoup de certitudes ou d’idées que l’on nous a inculquées à l’école (au hasard, sur Jules César).

Page 106, il parle de l’évolution de la figure d’Odin, et à propos de la tête de Mimir, il souligne, non sans humour, que les dieux évoluent, et qu’il n’est pas ahurissant de penser que les mythes futurs pourraient présenter un Odin consultant un ordinateur nommé Mimir.

« Perhaps future myths will have Odin consulting a computer called Mimir. »

Si cette théorie peut froisser certains puristes -ce que je comprends-, l’idée que les déités se sont adaptées au monde moderne est très loin d’être une absurdité. Elle est même plutôt logique et cohérente. Si nous avons des détails concernant certains types de cultes, la vision d’ensemble reste lacunaire, autant sur les relations réellement entretenues avec les dieux, que le fonctionnement d’une possible prêtrise. La véracité et l’exactitude des récits sur lesquels les pratiques reconstructionnistes se basent habituellement sont à nuancer. Tel auteur était chrétien (Adam de Brème nous parlant des sacrifices ayant lieu tous les neuf ans à Uppsala) : son témoignage était-il fiable, ou bien a t-il noirci le tableau ? La Germanie de Tacite ? Oui, mais d’après ce que j’ai pu lire, son récit se base sur des témoignages, pas sur une observation (sans rentrer dans d’autres détails). Le regroupement « panthéon germanique » et « panthéon nordique » n’est pas forcément pertinente, et même à l’intérieur du « panthéon nordique », les relations entre la Norvège et l’Islande (colonisée au IXe siècle), plutôt tendues, rendent également fragile une harmonisation « aveugle » entre « les pays scandinaves ». Bref, c’est un merdier sans nom, et tout ce que nous avons relève de la supposition bien plus que de la certitude absolue.

Ceci posé, nous continuerons d’employer le terme « panthéon nordique » par souci de commodité. 😉

Les relations entre les gens et les déités du panthéon nordique auraient été relativement « proches », je ne rentrerai pas dans le détails et l’articulation des relations : c’est simplement que si le blót avait également une fonction de « renforcement des liens entre la divinité et les gens », supposer qu’au moins certaines d’entre elles aient choisis de s’adapter aux modes de vies contemporains et d’être honorées « avec les habitudes actuelles », même sans entrer dans de l’UPG, n’a rien d’inconcevable.

2. Frigg et Internet (avec des bouts d’UPG)

Les déités évoluent donc. Et ainsi que le mentionne Jan Fries dans son ouvrage, considérer Odin comme relié à des bases de données ou même internet n’a rien d’absurde (l’image est plutôt amusante je trouve),

Pour Frigg, c’est encore plus amusant si l’on prend en compte le fait que « web » veut dire « toile ». La toile du web (pléonasme). Le maillage entre les différentes informations, les croisements, les « nœuds » de la toile (les routeurs), les différents fils composant le wyrd (l’IP) etc.

Au niveau de la pratique, j’avais déjà eu l’occasion de constater que, si, si, les dieux savaient s’adapter, n’avaient pas perdu leur humour et rien de leur caractère au passage. Très récemment, au cours de ce mois pour Frigg, il s’est passé deux choses assez « marrantes » (sur le coup c’était moyen tout de même) qui ont fini par faire « tilt » et par aboutir à cet article. Les deux anecdotes sont relativement parlantes au niveau de la connexion (sans jeu de mots) entre cette déesse et le web.
Ou comment quand elle a décidé que ca allait filer droit, vous faites pas le mariole. Et elle est assez stricte sur certains points : imaginez quelqu’un qui veut se connecter à son jeu en ligne favori, « bon mon taf de recherche et le ménage je le ferai plus tard », et après avoir échangé quelques boutades avec un pote sur le fait « qu’on va se faire déchirer, le taf est pas fait », paf, plus de serveur. « Nous nous excusons de la gêne occasionnée. Nous travaillons à la résolution du souci technique ». * soupirs * Y’a pas mort d’hommes, mais c’est chiant.
Frigg c’est ca : si vous avez la flemme de faire le boulot, vous vous retrouverez avec un filtre de contrôle parental. Et pas de pizza pour dîner non. Sinon c’est pas drôle.

Parfios je me dis qu’elle et Odin formeraient un drôle de couple geek à l’heure actuelle. En fait, je les imagine bien tous en train de faire une Lan-party ou un raid sur Wow. « Bon, Thor, tu tank. Le Vieux, tu DPS, Loki qui joue un voleur spé assassinat, Eir qui heal. »

Les Dieux sont comme les Chats

Note : Peut-être qu’aux yeux de certain(e)s, la comparaison pourra paraître irrespectueuse. Pourtant, je ne pense pas qu’elle le soit. Et je pense que les Dieux n’ont pas besoin de zélotes pour parler en leurs noms et s’ils ne sont pas d’accord, ils sont assez grand pour nous coller un coup de pieds aux fesses comme des grands.

Vous ne décidez pas vraiment d’avoir un chat. Vous ne les possédez pas et ne les posséderez jamais. C’est lui qui veut bien rester chez vous, et rien ne l’empêche un jour de se sauver pour ne plus revenir. Vous vous dites que vous allez en prendre un. Mais un, hein. Un seul. Et puis sans avoir compris comment, vous voilà accompagné d’une cohorte de félins. Pourtant, vous êtes certain d’avoir été d’accord pour un seul. Vous avez ouvert la porte et en voilà d’autres. Et une fois qu’ils sont là, il n’est pas franchement possible de claquer la porte. Vous êtes responsable de vos actes.

Les Chats ont tous leur caractère : certain sont pot de colle, d’autres ne se laissent pas approcher. Il y a des chats avec qui vous aurez une vraie relation et d’autres que vous pourrez à peine apercevoir et qui refuseront toujours de s’approcher de vous.Certains vont venir sur vos genoux alors que vous n’avez aucune envie qu’ils viennent. Certains se laisser gratouiller, les autres vont être faussement calme et vous griffer sans que vous compreniez. Il y en a qui sont sauvages, d’autres aventureux et certains casaniers. Certains encore sont possessifs, et vont décider qui vous pouvez fréquenter, et si un nouveau venu -humain ou animal- ne leurs plait pas, attendez-vous à des désagréments. Certains ne supporteront pas de rester seuls. Ceux-là demanderont plus d’attention. Certains supporteront les chiens et les enfants. D’autres pas.
Il y en a des très beaux, des petits, des gros mastards et des vieux pelés-mités avec une fourrure rêche et un œil en moins. Ce n’est pas pour autant que vous les aimerez plus ou moins en fonction de ces critères. Et ce n’est pas parce qu’un chat n’est pas câlin qu’il ne vous aime pas. Il a juste, comme vous, sa propre personnalité. Vous ne pouvez pas le forcer à être quelque chose d’autres et lui doit faire avec qui vous êtes. Il en a peut-être que vous n’aimerez pas, et réciproquement.

Vous veillez à ce qu’ils aillent bien, à ce que les gamelles soient bien remplies et l’eau changée. Tous n’acceptent pas le même genre de nourriture, et en apparence, certains sont plus compliqués que d’autres.
Quand ils sortent la nuit, vous vous demandez s’ils reviendront. Et si certains ne reviennent pas, cela vous inquiète, parce que vous avez fini par les connaître, vous avez établi une relation, même si extérieurement, ce sont tous des quadrupèdes à moustaches.

Vous posez certaines limites, qui évoluent avec le temps et en fonction des spécimens, et quoi que vous ayez pu décidé au départ, soyez sûr qu’au fil des années, les choses changeront. Pas toutes, bien sûr, certaines limites sont et resteront posées. Certaines. Soyez sûr aussi que, quoique vous fassiez, il y aura des moments où ce sera le bordel. Parce que les chats gratteront à la porte de votre chambre à trois heures du matin, et que, merde, c’est pas le moment putain de bordel.  Ils risquent de foutre en l’air une partie de vos précieuses petites possessions matérielles, et crac le joli pot en porcelaine, et gnak, les décorations de Noël. Sur le coup vous allez râler, parce que vous y teniez quand même à ces petites choses matérielles. Vous y étiez accrochés. Et puis, vous réalisez que ce n’est pas le plus important, on relativise, même si ca n’empêche pas toujours la colère. Même si ca n’empêche pas de jeter une savate au chat qui court souvent plus vite que vous. Les chats s’en foutent. Vous ne projetez pas sur un chat vos espoirs non aboutis et les déceptions de votre enfance. Vous ne leur demandez pas de réussir. Et vous savez qu’ils sont différents de vous, que ce sont des chats. Ca ne veut pas dire que vous faites forcément des comparaisons ou qu’il y a une échelle de valeur, c’est un fait irréfutable. Un chat est un chat.

Les chats se moquent éperdument de savoir à quoi vous ressemblez physiquement ou combien vous gagnez ou même ce que vous avez pu faire un jour. Ils regardent ce que vous faites là, maintenant, par rapport à eux. Et quand vous rentrez, que ce n’est décidément pas un bon jour, vous êtes content qu’ils soient là. Parce que sans eux, votre vie paraîtrait bien vide. Parce que vous n’imaginez pas ou plus une vie autrement.
Parce qu’ils n’iront pas vous reprochez d’avoir fait ci ou ça. Parce que quoiqu’ils puissent faire, dans le fond vous les aimez. Vous tenez à eux. Et qu’à leur manière, ils tiennent à vous, ils ont besoin de vous, et ils prennent soin de vous. À leurs manières. Parce que ce sont des chats, pas des humains.
Même quand ils vous font tourner en bourrique, même quand parfois vous rentrez chez vous épuisé pour découvrir qu’ils ont fracassé la précieuse théière de votre grand-mère, tout ce qu’il vous restait d’elle. Sur le coup vous hurlez, et il y en a un qui se prend un coup de pied aux fesses. Puis après, vous ramassez. Quand ils viennent vous donner un coup de tête en ronronnant, la plupart du temps, vous passez l’éponge, même si vous auriez préféré que la théière soit toujours intacte.
Quand les chats meurent, une partie du cerveau se dit que c’est la vie. Une autre se demande si on les reverra. L’autre est bouleversé parce qu’au fil du temps, vous avez beaucoup appris. Parce que chaque relation qui se créée ne saurait être comparée à une autre et est, dans son essence irremplaçable.

Vous donnerez beaucoup et vous recevrez aussi beaucoup. Et comme dans beaucoup de relations, certaines personnes comprendront, d’autres ne comprendront jamais ce que vous pouvez avoir avec les chats. Il y a des gens qui viendront vous faire des leçons, comme quoi il ne faut pas faire ci ou ca, ou qu’à leur avis un chat c’est dehors et que ça a intérêt à être utile parce que sinon… Ou que vous avez un grain, ou que… Parce que peu importe que ce soit des chats et vous un humain, et même si c’est un mot qu’on met à toutes les sauces, qu’on utilise parfois à tout bout de champs, ca s’appelle l’amour et certaines personnes ne le comprennent jamais, ne le supportent pas.