[PBP] K – Hekate Kleidouchos

Kleidouchos (κλειδοῦχος, kleidoûchos) signifie « qui porte les clés » et est un des épithètes d’Hécate.

Hécate est une déesse aux nombreuses facettes, et autant j’arrive à intégrer les déités nordiques dans un ensemble cohérent, autant au niveau de leurs relations que dans un arrière-plan culturel, autant je ne connais pas grand chose aux traditions grecques. Je n’ai pas spécialement d’affinités avec ces déités, à part Hécate, je n’ai jamais compris pourquoi et j’avoue avoir un temps tenter de creuser, mais ca rentre par une oreille pour ressortir par l’autre. Pendant longtemps c’était pareil avec le nord, jusqu’à l’an dernier en fait, et soudainement tout s’est mis en place, comme les pièces d’un puzzle que j’étais jusqu’alors infoutue de piger. Je serais incapable d’en faire une présentation complète, avec des hypothèses sérieuses, et à part quelques bribes, ce que je sais de cette déesse relève principalement de ma pratique, pas de lectures sérieuses et appuyées.

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Cheminer aux côtés des Déités

Voici deux ou trois idées à ce sujet que j’ai souhaité partager. Ce n’est pas exhaustif (il faudrait être assez gonflé pour prétendre être capable de tout dire sur un tel sujet) ni forcément très approfondi. Comme ce sont des choses qui me paraissent très naturelles, j’ai du mal à expliquer en profondeur le pourquoi du comment (d’autant que, encore une fois, je ne suis pas habituée à parler de cela).

Les Déités font échos à quelque chose en nous

Les visages du divin qui croisent notre route ne proviennent pas de nul part. Nous ne choisissons pas vraiment ces déités : si nous les croisons, c’est que quelque chose en nous, dans notre histoire, notre parcours et notre vision du monde fait écho à ce qu’elles représentent. Elles se présentent parce que nous avons quelque chose à apprendre d’elle, et qu’elle peuvent retirer quelque chose de nous. Quand nous sommes attirés soudainement par une déité, j’ai l’impression qu’il est fréquent, après quelques recherches, de trouver des points communs que ce soit dans les mythes qui leurs sont rattachés, dans leurs attributs ou dans leurs fonctions.

Elles nous ressembles et nous leurs ressemblons. Elles sont là pour nous apprendre quelque chose de précis, ou pour nous accompagner, nous faire évoluer. Elles constituent, en quelque sorte, une représentation extérieur de ce que nous sommes à l’intérieur. En nous calquant sur elles, nous pouvons apprivoiser cet aspect et mieux nous comprendre, apaiser de vieilles blessures, trouver la force nécessaire pour continuer la route.

Une relation basée sur l’échange

J’ai dis plus haut que c’est une relation à double sens, parce que dans ma façon de voir les choses et en discutant avec plusieurs personnes, j’ai pu constater qu’il y a un échange : la déité nous apporte quelque chose dont nous avons besoin. En retour, notre énergie, parce qu’elle est en rapport avec cette caractéristique, nourrit cette déité. Comme si nous lui faisons offrande de nous-même. C’est peut-être un peu théorique dit comme cela, aussi je vais essayer de prendre un exemple concret sans être trop spécifique ou personnel. Par exemple, une personne qui appelle Hécate pour l’accompagner dans une phase intense de transformation peut se sentir guidée, protégée par elle. Comme elle se transforme elle-même et qu’elle se sent en lien avec Hécate, il y a de grandes chances pour qu’elle redirige -même inconsciemment- cette énergie de changement et de transformations vers Hécate, qui s’en trouve nourrit.

De l’inutilité des conseils à ce propos

Sous ce titre un peu provocateur, je voulais simplement développer une idée assez basique. Notre rapport avec les déités est quelque chose de très personnel. Parce que ces visages font écho à quelque chose en nous, la relation que nous entretenons avec eux est incomparable. Personne sur terre n’a vécu votre vie, pleuré vos souffrances, jouit de vos victoires. Personne. Personne ne peut savoir qui nous sommes vraiment, et la plupart du temps, nous ne le savons pas vraiment non plus. Nous essayons juste de le découvrir, de travailler sur nous, d’avancer. Par conséquent, les autres ne peuvent pas vraiment vous aider.
Ca me fait toujours sourire quand je lis des conseils du type « attention à cette déesse tu sais, elle n’est pas pour tout le monde, tu vas te faire rétamer ». C’est d’ailleurs quelque chose qu’on lis davantage par rapport aux déesses/dieux sombres. J’y vois surtout un problème d’égo. Dans le fait de dire à quelqu’un que tel ou tel aspect du divin n’est pas -encore- pour lui, qu’il faut « avoir le niveau pour », il y a un sous-entendu assez déplaisant qui semble dire « moi je sais, toi pas. » Hors, personne ne connait jamais personne. On ne voit que des strates, des paillettes d’un individu. Dans le même ordre d’idée, je suis perplexe quand une personne demande à une autre si « à son avis elle peut travailler avec Machin ou Bidulette. » Pourquoi avez-vous besoin de permission ? Vous ne pouvez pas savoir si Bidulette va lui ramasser la gueule, comme on dit. Et vous ne pouvez pas non plus être certain(e) que Machin soit finalement aussi bienveillant que vous l’assurez.

J’ai avec Hécate une certaine relation, qui est ce qu’elle est, mais Hécate ne m’a jamais « ramassé la gueule » pour le dire clairement. Oui, elle est claire, franche. Mais par certains côtés, je suis une vraie bourrine et comme je le dis souvent, je n’aurai pas eu la force d’encaisser certains chocs survenus dans ma vie si j’avais eu Séléné à la place de Morrigan, par exemple. Par contre, d’autres personnes ont des relations tout à fait différentes avec cette déesse, et il leur est arrivé de se faire ramasser. A contrario, je n’ai jamais entendu de mise en garde concernant Frigg, ca ne m’a pas empêchée de me prendre un putain de coup de pied au cul pendant mon premier voyage vers Fensalir. Ce n’est pas un jugement. Ce n’est pas une question de valeur, à quelque niveau que ce soit. C’est simplement le reflet de vous-même et de votre essence, de votre fonctionnement.

Comment débuter un travail avec une Déité ?

« Sortez-vous les doigts du cul » comme dirait Arthur dans Kaamelott.

[Note : il est bien entendu que je parle ici d’un travail d’approche avec les déités. C’est à dire de quelque chose de généraliste n’impliquant pas de grosses pratiques et autres, choses pour lesquelles il vaut mieux reagrder un peu avant de sauter à pieds joints, du moins en général]

Pour autant, je ne dis pas que tous les conseils sont inutiles. En matière de travail avec les déités, je distingue deux types : Ceux où l’une déité vous tombe littéralement dessus. Ceux où vous essayez de faire un cheminement vers telle Déesse ou tel Dieu, par curiosité ou pour diverses raisons « réfléchies ». Dans ce dernier cas, les conseils sont précieux. Si par exemple, demain je décidais de travailler avec Hathor ou Lakshimi, il est plus que probable que je demande autour de moi à des personnes travaillant/ayant une relation bien établie avec ces déesses, ne serait-ce que pour pas débarquer comme un gros chien mal élevé dans un jeu de quilles.
Par contre, si Hathor me tombait dessus demain et que j’éprouve soudainement le besoin impérieux de travailler avec elle, il est plus que probable que je me lancerais dans la bataille toute seule, à l’instinct, et que je ne me renseignerais plus précisément qu’une fois le travail déjà entamé. Une façon de garder les antennes et l’instinct largement ouverts. (Ceci étant dit, je doute très fortement que Hathor se présente demain XD).
Ce que j’essaye de dire, c’est qu’il n’y a pas de bonne(s) et de mauvaise(s) manière(s) de travailler/d’entamer un travail avec une déité. C’est à vous de voir, en fonction de votre fonctionnement, de votre personnalité.

Ma méthode n’est pas la meilleure, elle n’est pas la plus mauvaise : elle est simplement à l’image de ce que je suis. Trouvez la votre. Si je recevais un mail me demandant si je trouve risqué de travailler avec la Morrigan, il y a de fortes chances pour que je réponde deux phrases que je dis tout le temps : je ne sais pas et ca dépend. Ca dépend de vous, des raisons pour lesquelles vous prenez cette direction, des mensonges que vous vous faites (on s’en fait tous), des blessures que vous pensez avoir pansées alors que non, de la manière dont notre égo nous travaille (il nous travaille tous.). Je pense que les gens qui veulent s’adresser à une déité sont assez grands pour prendre leurs responsabilités, je pense que les déités sont assez grandes pour s’exprimer toutes seules et que le reste n’est pas de mon ressort. Si une personne se fait ramasser la tronche parce qu’elle a fait n’importe quoi, ca n’est pas mon problème. Si elle n’est pas stupide, elle comprendra. Si elle est stupide, ca n’est pas mon problème non plus.

Un voyage avec les Dieux

Ou le pavé racontage de pratique… un aperçu général des déités approchées

Quand j’ai commencé à me tourner vers le Paganisme, je crois que j’étais à des années lumières de me douter où ce voyage m’emmènerait.
J’ai été une grande adepte de l’adage « tous les Dieux ne sont qu’un seul et même Dieu » avant de le reconsidérer complètement et d’en revenir.
Quand j’ai entamé ce voyage, je n’avais pas internet, la toile ne viendra que trois ans plus tard. J’ai croisé la route de plusieurs déités différentes depuis Beltane 2002, date à laquelle j’ai commencé à pratiquer, en me jetant jusqu’au cou dans l’eau. Et advienne que pourra.
[En réalité, l’histoire prend ses racines beaucoup plus loin dans le passé. Petite fille, mon père me racontait beaucoup d’histoires issues de la mythologie : la grecque, la romaine, et parfois, comme des étincelles, de la mythologie nordique (me souviens que de Loki et Fenrir, le « gros loup méchant et le dieu des Bêtises »). En primaire, j’avais quelques livres sur les dieux égyptiens, grecques et romains. Je me rappelle d’un cours d’histoire en CM1, où il est question des dieux romains. Je me souviens de la maîtresse qui explique que, « et oui ils ne connaissaient pas Jésus » et que leurs Dieux c’étaient eux. Je me souviens aussi de cette phrase qui disait « aujourd’hui, plus personne ne croient en eux ». Et je me souviens m’être penché sur mon polycopié, et avoir pensé très fort que c’était dommage, que je trouvais ca super classe moi. Beaucoup plus classe que Jésus (hispter kid : because Jesus is too mainstream, ok je sors…) et que, plus tard, moi je prierais bien les Dieux romains. Je me dis que bon, je serais sans doute la seule à le faire et qu’il ne faudra le dire à personne parce qu’on me prendra pour une dingue « mais ». Le soir dans mon lit, en lisant mes livres, je me demande quelle déesse j’aimerais bien prier. Je me souviens juste de Vesta, avec son feu (le feu me fascine depuis toute petite. Le feu, les volcans, les coulées de lave, par contre, j’ai peur des explosions…). Je pique des bougies dans les affaires de mes parents et je manque de mettre le feu à mon armoire. Je grandis. J’entre chez les scouts. Je passe mon signe « alléluia » et j’écris une prière qui fait référence à la Vierge Marie, à la forêt, à la terre, à l’eau, au feu et au vent. Je me souviens de la discussion avec l’aumônier avant d’aller « passer mon signe. » Je me souviens aussi de l’engueulade maternelle « ah non, tu n’as pas passé ce signe là, pas toi ! Tu te débrouilleras toute seule pour le coudre sur ton uniforme, moi je refuse. » Je n’ai jamais compris ce qui avait motivé une telle réaction.]

J’ai longtemps « employé » les aspects de Cerrydwen et Cernunnos dans ma pratique. Je dis employé parce que je n’avais et n’ai pas d’affinité particulière avec eux, c’était une forme de commodité. Mais ils faisaient partis d’un panthéon que j’aimais bien, ils étaient assez couramment représenté, me suis pas posé plus de questions.

J’aime bien Loki qui traîne en background depuis le début, mais comme tout le monde me dis que NAAAAAN IL FAUT PAAAAAS IL EST HYPER VILAIN, j’ose pas trop m’adresser « officiellement » à lui. Il est planqué dans un coin de ma pratique.
Morrigan est venue directement (je sais plus ni pourquoi ni comment ; juste que c’est naturel et tellement ancien que j’ai pas gardé de souvenirs plus précis. C’est là que je regrette de pas avoir pris quelques notes) et je l’aime beaucoup, mais à l’époque, je crois qu’il faut obligatoirement avoir ses deux référents principaux et stop et je ne pense clairement pas encore à ces histoires de travail avec les Dieux. Comme elle m’a pas l’air spécialement rassurante la Mère Morri, je me contente de penser à elle quand je marche la nuit dehors pour rentrer chez moi ou pour triper sur de la poésie ou écrire des trucs sur elle.
Hel, je la découvre en même temps que le bouquin de Freya Aswynn sur les runes. Mon attirance pour elle date de cette époque. Je ne pense pas avoir pogné qu’elle était la fille de l’autre rouquin. Il se passe la même chose avec elle que pour les autres : ma vie est un capharnaüm innommable à ce moment là, et je préfèrerais clairement avoir affaires à une lumineuse. Peut-être que je manquais de maturité, d’informations, de caractère. Que j’avais besoin de l’approbation des autres ou du moins de leurs conseils. Et puis à cette époque,ombre = attention danger. (Tout ca ne m’a pas empêché de me tourner vers Hécate). J’essaie de me tourner vers Inanna, mais que dalle. Je réessayerai plusieurs années plus tard, avec toujours aussi peu d’affinités. Dommage parce que j’aime beaucoup son symbolisme, son histoire. Mais ca ne suffit pas. J’ai approché Brighid et Freya, avec les mêmes résultats.
J’ai été attiré un moment par Sekhmet et Kâli, pendant ma grande période « darkos ». Elles, et Scatach, Cathubodua, Andraste (et re Morrigan derrière).
Le Dieu est toujours le grand absent : j’ai beau chercher une figure divine masculine, aucune ne m’attire. Un petit coucou du Baron Samedi à un moment, mais sinon, à part Loki, toujours bien planqué, il n’y a pas grand monde. A un moment je tente une approche de Thor, pour des raisons diverses, sans résultats (pas étonnant, mais au moins, j’ai essayé). C’est quand je vis en Bretagne, plusieurs années après le début de ma pratique que je commence à essayer de « travailler » vraiment avec certaines déités, et notamment avec Nehelennia (qui pourrait être une version bienveillante de Hel, mais ca je ne l’avais pas grillé à l’époque, je grille pas toujours grand chose quand ca me concerne…).
Je « croise » Iyansa (Oyà) qui est assez délicate à saisir, qui fait des allers et retours, mais pour la première fois je préfère me rencarder un peu avant de foncer dans le tas et si elle m’attire beaucoup, elle me fait peur aussi. Je rêve plusieurs fois de Seth et je me dis qu’il y aurait peut-être un truc à creuser, mais les dieux égyptiens ne sont pas franchement mon truc, et je les évite soigneusement.
Black-out.
Reborn / Rise

Morrigan, again. La Cailleach qui fait « coucou » (enfin, non, elle fait pas coucou, mais je suis sûre que tout le monde comprend l’idée.) Quetzalcoatl, brièvement, fugitivement, disparu aussitôt aperçu. Ma pratique a quelques déités récurrentes, installées : Morrigan, Hel, Hécate, Cailleach et Loki. (Autant pour les déesses lumineuses… XD)
Et puis, suite à un rêve, je croise Odin qui commençait à pointer le bout de son nez (je dirais bien de sa lance, mais ca pourrait être mal perçu) et en reprenant mes carnets de rêves, je me rend compte que ca fait des années que je rêve « d’un vieux moisi en bleu » (à tel point qu’on m’a surnommée Perceval, parce que « dans [mes] rêves/méditations, il y a toujours un vieux ». C’est assez troublant comme rencontre, d’autant que pendant des années, je pouvais pas le blairer, mais alors vraiment pas. Je commence à creuser, il y a un truc, ce truc, c’est le début de mon voyage à travers le panthéon nordique -que je limitais à Loki, Fenrir et Hel. Je travaille un temps avec Frigg, alors que je n’aurais jamais imaginé le faire. Avoir Loki (et sa famille, qui a pris nettement plus d’importance qu’au tout début) et Odin dans ma pratique ne me semblent plus si oxymorique comme au début. En fait, plus j’avance et plus ca me semble logique, quelque part, pour diverses raisons.
Je ne sais pas où s’arrêtera mon voyage à travers le panthéon nordique, puisque ma pratique actuelle est très clairement axée autour de lui, mais je prend les choses comme elles se présentent, comme elles viennent. La suite ? La suite on verra.