L’effroyable humour des Dieux

On écrit beaucoup sur les Dieux. Sur ce que nous pensons qu’ils sont et ce qu’ils ne sont pas. Sur leurs facettes, riches, nombreuses et multiples. Sur la manière de les honorer, sur ce qu’il est préférable de faire, et de ne pas faire.

Quand il est question de théologie, je pense qu’il y a autant de manière de les aspecter qu’il y a de personnes, même -et parfois surtout- au sein d’un même sentier, d’une même voie.

Alternativement, je suis encline à penser parfois tout et son contraire, à réévaluer mes propres perceptions, à les interroger encore, encore et encore. A réajuster les variables en fonction des dernières expériences. Parfois à reprendre des axes auparavant délaissés. Les ajustements en questions ne sont pas toujours flagrants ou cruciaux, mais ils existent néanmoins. Ceci étant, il y a quelques constantes dont je ne dirais pas qu’elles sont immuables, mais elles ont une certaine tendance à être présentes.

YOLO

(Depuis le temps que je l’avais promis ce « meme »…)

Je pense que les Dieux ont le sens de l’humour. Et qu’il est effroyable, merveilleux, grinçant, surprenant et cruel tout à la fois. Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir, ou si, d’une certaine manière, c’est peut-être ce qu’Ils possèdent de plus effrayant. Est-ce que c’est vraiment de l’humour d’ailleurs ? Ou est-ce que, pour eux aussi, c’est une conséquence des contradictions, des mouvements incessants des trames, des jeux de nos « libres-arbitres » (c’est un abîme de réflexion cette notion de libre-arbitre d’ailleurs), des événements passés, présents et à venir ?

Sur la raison, le pourquoi ou le dosage éventuel des blagues possiblement foutrement mal dosée, je n’en sais rien.

En revanche, l’humour grinçant, je l’ai constaté. Ou alors, c’est juste une mauvaise perception de la notion de sarcasme et une utilisation hasardeuse du concept de second / troisième / milliardième degré. Chez eux comme chez nous. Un humour ectopique en quelque sorte.

On m’a souvent dit qu’il faut se méfier de ce que l’on souhaite, parce qu’on risque de l’obtenir (au pif, pensez au roi Midas, il s’est retrouvé bien bête. Et à toutes les histoires où une personne demande la vie éternelle sans penser à la question de la jeunesse). C’est un peu comme les Dieux et les Esprits, ou la magie : ce que je trouve éventuellement flippant, ce n’est pas « qu’en fait Ils n’existent pas » ou « que ça ne marche pas », c’est bien qu’Ils existent et que ça marche. Parfois (non en fait, souvent), on souhaite telle ou telle chose, et on ferait n’importe quoi pour l’obtenir. On couine, on chouine, on concentre ses forces, et puis quand on l’a, on se rend compte que, ah tiens, ca n’était pas comme ça qu’on avait imaginé le truc. Ou qu’il y a des dommages collatéraux. Ou alors que si, si, tout est bien, mais il y a le GROS DÉTAIL qui tue, comme les petites astérisques des contrats d’assurance.

« Quand les Dieux veulent nous maudire, ils exaucent nos prières. » dixit Oscar Wilde. Tonton Oscar, c’est comme Nietzsche, on peut lui faire dire ce qu’on veut, mais avec un degré de nonchalance et de swag que Fred ne possède pas. (Navrée.)

Dans la théorie, pour ne pas se faire avoir, il faudrait réfléchir avec sagesse et précision à nos actes, à leurs conséquences, etc. Parfois ca se retrouve traduit par des phrases du genre « En ne faisant de mal à personne, fais-ce que tu veux », etc.
Cette phrase, c’est de la merde.

C’est une monstrueuse connerie parce qu’elle laisse entendre que vous êtes en position de connaître tous les tenants et les aboutissants d’une situation (y compris dans le passé, dans le présent et dans le futur), mais aussi de prévoir d’éventuelles « nouvelles entrées dans le jeu », de les évaluer (par rapport à quoi ? A votre but ? A vous ? Aux autres ?). Ensuite, elle vous offre un gentil coussin pour amortir le choc de votre conscience en cas de foirage. « Mais je voulais pas faire ça / pas faire de mal / je voulais apporter un truc positif. » Peut-être mais c’est raté.
Même l’inaction totale peut engendrer une boucle retorse et faire du mal à quelqu’un. En fait, votre présence sur terre fait sans doute du mal à quelqu’un ou quelqu’un s’est pris un truc sur la gueule pour que vous soyez là aujourd’hui. Vos ancêtres ont survécus parce que d’autres sont morts et pas eux. Parce qu’à la guerre, c’est un autre qui s’est chopé une bastos. Parce qu’ils ont été plus prévoyants et que les autres moins. Parce que ci, parce que ça. C’est un fait. D’autres sont morts pour que vous viviez, alors le postulat de pouvoir faire ce qu’on veut sans faire de mal, c’est joli sur le papier et ca part d’un bon sentiment, mais question application pratique, ca vaut des cacahuètes, et j’irai même jusqu’à dire que c’est malsain. (Oui, oui, oui, je sais, c’est un principe générale, ca vaut que pour les pratiques magiques (quelle blague), une idée, bla bla bla, on pourrait faire de la théologie pendant des heures…).

Au lieu de se mettre la tête dans le sable en se disant qu’on a bien réfléchi et qu’on ne fera de mal à personnes, je préfère -dans le cas d’une application magique / d’un souhait, d’une prière- tourner la chose en souhaitant « pour le plus grand bien ». Ca m’a longtemps tordu la gueule de biais ce genre de formulation New Age à la con, mais en fait, après constat -et l’humour des Dieux, parfois, il est subtil comme du tabasco et une poignée de gravier- c’est probablement la façon la moins casse-gueule d’agir sur ce plan là (à supposer qu’on le souhaite effectivement, parfois, on se sent d’humeur apte à y aller de manière un peu plus rugueuse dirons-nous). Le plus grand bien ne veut pas dire pour autant qu’on sera préservé de tout mal (en fait, en écrivant cet article, je repense -pour changer- au mythe de Balder), ni qu’on se prendra pas un parpaing sur le coin de la mouille, mais au moins, au final, on peut espérer que quelque chose de constructif en sortira. Seulement, ca demande de prendre du recul, de lâcher prise sur nos obsessions de contrôles et nos désirs. En gros, il faut se détacher de ce qu’on souhaite par-dessus tout, parce que si ca se trouve c’est pas une bonne idée.
Je suis la première à avoir du mal avec ça, mais si au début, c’est plus de l’auto-persuasion qu’autre chose (je vais être honnête, quand j’ai un objectif en ligne de mire, je tiens plus de Léodagan que de Bohort) au bout d’un moment, ca se régule. Peut-être qu’on se persuade ainsi de lâcher prise et que ca tient plus de l’aspect mental qu’autre chose, mais dans tous les cas, ca permet d’aborder plus sereinement certaines situations.

Je pense que les Dieux « trollent » les humains, mais qu’ils se trollent aussi entre eux en utilisant les humains comme médium (et hop, une pensée pour Frigg, une pour Odin, et une pour les Lombards). On n’est pas forcément visés, d’ailleurs, il faudrait être un peu anthropocentrique pour penser que toutes les actions des Dieux ont forcément à voir avec quelque chose d’humain, parfois, rien de personnel, c’est juste que nous sommes dans le dommage collatéral. Ou trop con pour l’éviter.

Faites attention à ce que vous demandez. A qui vous le demandez. Attention à ce que vous promettez en échange. Et attention aussi quand ce n’est pas pour vous que vous le demandez. On dit que les murs ont des oreilles, je dirais bien que les Dieux (et les Esprits) nous écoutent beaucoup plus qu’on ne le croit. Donc quand vous souhaitez ci ou ça à un ami, en ayant en tête une configuration plus ou moins précise, rappelez-vous qu’il se peut très fortement que ca ne tombe pas dans l’oreille d’un/e sourd/e. Mais que ca n’arrivera pas comme vous le pensez. Et encore moins comme vous le voulez. D’une certaine manière, je me dis qu’il faut encore plus faire attention à ce que l’on souhaite pour les gens, notamment quand ca engage encore d’autres personnes tiers, parce que si plusieurs volonté se croisent, il y a toutes les chances pour qu’il y ait un écho quelque part, et un bug dans l’écho, mais que le signal arrive à destination.

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Une divagation sur Balder

[Partie UPG-esque/perso. Un autre article plus détaillé et analytique suivra un autre jour. Délai non garanti.]

Balder, le fils de Frigg et Odin. Le dieu lumineux et solaire à la mort tragique. Pendant longtemps, la manière dont il était présenté (gentil, bien sous tous rapports, bla bla bla) suffisait à me donner envie de gerber. Rien que pour la forme, je le détestais, comme je détestais Odin. (Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.)

Baldur by munashiibennu (deviantart)

Même après avoir commencé à creuser les mythes nordiques, j’avais un peu du mal à le comprendre, contrairement à d’autres personnes autour de moi qui semblaient capter bien plus de choses que moi, et qui avaient (et ont toujours) beaucoup de points de vue pertinents sur lui. Pour moi, Balder, c’était un blondinet hyper mystérieux qui brillait la nuit, qui mourrait connement et dont la mort provoquait un bordel monstrueux. Pardon aux familles, mais c’était ça.

Novembre 2013. Je me remue les neurones valides dont la RAM ne sature pas pour écrire les articles du Odin Project. Et il y a cette drôle d’impression. Celle que Balder est plus ou moins en train de se pointer. Ca me laisse perplexe, même s’il y a eu deux ou trois taunts dans le monde physique (les Dieux nordiques, ces petits farceurs). Une nuit, je rêve de Balder. Le genre de rêve qui vous laisse profondément perplexe au petit matin. Je rêve de Balder la nuit anniversaire de la mort de ma mère. Je me demande si je dois y voir un sens quelconque et décide que non.

Passons. Ce bla bla est modérément intéressant, sa seule utilité étant de situer le contexte.

Balder, figure ambivalente s’il en est.
Il ne parle jamais, sauf pour aller raconter ses rêves à sa mère. On ne sait pratiquement rien de lui. On ne le voit jamais agir. Il y a deux ou trois trucs qui semblent dire que le mec, il est sacrément pawned quand même (le coup des jugements qui ne peuvent se réaliser).
Frigg essaie de le sauver, ca foire magistralement. Elle a voulu prendre toutes les précautions possibles, et du coup, la mort de son fils arrive de la manière la plus horrible qui soit, tué dans une enceinte sacrée, et de fil en aiguille, est l’élément déclencheur qui amènera le Ragnarök.

Il est, malgré lui, une sorte de point de tension, un accélérateur. Un catalyseur.

Balder pourrait-il être une sorte de trickster ?

A l’opposé de Loki, trickster agissant de manière consciente, je vois Balder comme un trickster « à l’insu de son plein gré ». Il ne le fait pas exprès, mais il provoque malgré lui une situation pas possible. La mention de ses jugements qui ne peuvent se réaliser (il faudrait que je vérifie plusieurs traductions des Eddas, histoire de voir si c’est le même sens partout, ou si ce vieux fou de Régis a encore fumé la moquette) est une des justifications pour cette hypothèse (même si je pense que ca a davantage à voir avec autre chose, voir plus loin) : chaque fois qu’il veut faire un truc, ou qu’il essaie d’influencer en ce sens, paf, pastèque. A cette théorie, on peut opposer le fait que tous les Dieux sont soumis au Wyrd, oui. Sauf que les autres, on ne souligne pas précisément ce point là. Dans le cas de Balder, c’est pratiquement un warning : s’il essaie de s’impliquer dans quelque chose, c’est mort.

Après, plus prosaïquement, il est intéressant de déterrer le fait que son fils, Forseti, soit le dieu qui préside au Thing (d’ailleurs en vérifiant, j’ai trouvé que le mot est toujours employé en islandais). Les jugements et sentences du père sont systématiquement caducs. Le fils préside l’Assemblée… Je suppose que c’est davantage en ce sens que les textes mentionnent ces histoires de jugements.

Un Dieu lumineux et bon ?

C’est l’autre point qui m’a/avait toujours fait tiquer avec Balder. Cette manière de le présenter comme une sorte de figure parfaite, dont le portrait contraste singulièrement avec tous les autres.
Lumineux, oui. Mais, comme plusieurs personnes autour de moi l’ont fait judicieusement remarquer, l’aspect lumineux de Balder se rapproche plus des radiations nucléaires que de la lumière du soleil par un bel après-midi. D’une certaine manière, on peut faire un parallèle entre cet aspect nucléaire et son aspect de « trickster passif ».
L’autre notion, celle de « pureté » (notion en réalité abordée / traduite de différentes manières) peut également s’interpréter par le biais de ce prisme : ce n’est pas tant une question de pureté qu’une question de « réaction chimique ». Un peu comme des molécules de telle ou telle substance qui au contact d’une autre peuvent produire différents types de réactions. Balder est en quelque sorte un réactif. A la notion de pureté, je préfère donc la notion d’inertie : ce n’est pas que rien d’impur (ou de mauvais suivant les tradz) soient interdits dans sa halle, c’est « juste » que tout ce qui peut avoir une réaction à son contact doit demeurer à l’écart. Parce qu’autrement cela produit une réaction en chaîne.

J’ai longtemps considéré que Loki et Balder étaient, par essence, antagonistes. Aujourd’hui je suis plus sceptique sur cette question. Quelque part, en dépit du fait que l’un assassine l’autre, en dépit de la question « qui est réellement derrière la mort de Balder ? » (déjà soulevée), il y a quelque chose en eux qui se complète. Je serais bien en peine de dire quoi ou de l’expliquer. (De toute façon, en raison de sa nature UPG-esque, cet article est un point de vue tout à fait personnel.)

Au niveau de la pratique, radiations nucléaires ou pas, je trouve que l’énergie de Balder a quelque chose de remuant. Sous l’aspect « lumineux », son énergie est en fait assez torturée. Comme Heimdall, il est terriblement seul : seul au milieu des autres qui lui envoient des projectiles dans la tronche pour tester son invincibilité. Il est une focale, un transformateur, mais ce qui lui arrive, c’est pour les autres. Balder est un dieu assez distant : j’aurais du mal à l’expliquer, mais autant certaines déités ont une énergie « proche », autant ce n’est pas son cas.

Sa lumière, il la porte dans le monde des morts. Il est la lumière étrange qui brille en Helheim. Il est notre part de renoncement et l’espoir de voir un jour revenir des jours meilleurs. Davantage qu’un dieu lumineux et aimé de tous, je vois en Balder un sacrifié. Un pari sur le futur. Un sacrifié qui n’a rien demandé. Donné dans la douleur pour un peut-être improbable. Sa mort a quelque chose des images de Gaston Bachelard, sur la mort de l’eau et la mort du feu. La mort verticale du feu, irradiante, dans le moment où il est touché par la flèche de gui. D’horizontale et lancinante dans son voyage sur les eaux, dans le monde des morts où il reste.
Même si son aspect lumineux est présent, pour aussi étrange et tordue qu’elle soit, je ne pense pas que sa lumière, souterraine, soit pour nous. Elle est pour ceux que nous avons aimés et qui sont morts. Elle est pour les morts sans noms qui n’ont pas de réconfort. Nous pouvons la percevoir mais pas l’étreindre.

(Finalement, en me relisant vaguement en diagonale, je trouve que Helheim ressemble à un laboratoire P4.
Balder est une substance contaminante que l’on isole pour ne pas radier tout le monde de la carte, en attendant qu’elle puisse être utile, parce qu’on le sait, elle sera utile un jour. Le schéma de sa mort / protection est un protocole de recherche suivi d’un epic fail avec contamination des chercheurs. En attendant, nous nous contentons d’espérer.
Bref, je ne sais pas si je dois trouver ca déprimant, marrant, ou optimiste comme vision.)

Un projet futur

Lunagraph

Quand je lis, je trouve souvent des rapports, des allusions ou des extraits qui me font penser aux Dieux, aux mythologies, aux Esprits, à la Sorcellerie et à beaucoup d’autres choses.

Ce sont des textes que j’aime bien partager, et il y a quelques jours il m’est venue une idée en tête. A part le genre dit « de l’Imaginaire » (appellation qui me laisse sceptique, comme s’il y a avait un genre littéraire plus imaginatif que d’autres. Et non, les « Anna Gavalda » et consorts ne sont pas de la littérature pour moi. Ce sont des romans, des textes qui plaisent sans doute pas mal de gens, mais qui n’ouvrent rien. Si je devais établir une séparation, il y aurait d’un côté « les textes ouvrant des portes » et « ceux qui n’ouvrent rien ». C’est un point de vue subjectif et personnel, à chacun sa clé pour ouvrir les portes. Fermons la -longue- parenthèse.) je reprend, à part le genre dit « de l’imaginaire » ou des citations très connues, il y a assez peu de partage d’extraits sur les blogs dit païens. Je trouve que c’est dommage, il serait intéressant de voir chacun ce qui nous parle, ce qui ouvre tout grand les portes. L’occasion de découvrir des auteurs ou des livres, ou d’en considérer d’autres sous un autre jour (je suis prête à me laisser surprendre ^^).

Le projet est donc le suivant : durant le mois de janvier 2014 (pas avant, pour diverses raisons de mon côté et pour laisser aux participant/e/s éventuel/le/s le temps de pouvoir remettre la main sur « mais si, c’est ce bouquin que j’ai lu il y a deux ans… ») pendant un mois, je partagerai des extraits d’ouvrages (romans, poésies, essais…) qui m’évoquent ou parlent des Dieux, des Esprits, des Mythes, de la Sorcellerie, etc.
Autant que possible, je le posterai aussi dans la langue originale si j’en ai la possibilité, pour le plaisir de la langue et de la découverte.

Tout le monde est libre de me rejoindre (et je sais que beaucoup de Sorciérons sont accrocs aux livres, ne vous privez pas), je mettrai à jour une liste des participant/e/s. Vous n’êtes pas obligés de poster tous les jours, et tous les genres / livres (scan ou extraits de mangas /bd inclus) sont les bienvenus.

[PBP] P – Déités patronnes

Une dénomination généraliste 

Auteur inconnu

La question du dieu patron ou de la déesse patronne surgit souvent, que ce soit dans les conversations ou dans les articles, mais au fur et à mesure, bien que ce soit les mêmes termes qui reviennent, je me demande si nous ne regroupons pas des choses différentes sous un terme qui serait en définitive générique. Un peu comme employer le terme « païen », un « mot-parapluie », pour reprendre l’expression anglaise.

Je ne pense pas qu’il existe intrinsèquement une « bonne » et une « mauvaise » définition de ce qu’est ou n’est pas une déité patronne : c’est davantage une question de :

1/ types de croyances
2/ un manque au niveau du vocabulaire et l’absence de termes de références qui rendent cette dénomination particulièrement visible.

Ci-dessous, la « base » qui me semble la plus « factuelle » et dont la définition très large peut être employée dans bon nombres de typologies (à noter que, dans ce sens, c’est une conception contemporaine : pour résumer rapidement, les idées de « patron/nes » concernaient davantage des catégories de gens que des individus).

La déité patronne occupe la place principale ou une place particulière au sein de la pratique dévotionnelle / magique / etc. 

Ensuite, des variantes qui synthétisent grosso-modo ce que j’ai pu lire, entendre ou voir autour de la conception de la déité patronne.

1. On peut avoir deux/plusieurs déités patronnes (souvent réparties en féminin/masculin mais pas toujours).
2. On ne peut avoir qu’une seule déité patronne.
3. On peut en changer au cours de notre vie/évolution de notre pratique.
4. On ne peut pas en changer.
5. On ne choisit pas sa déité patronne, c’est elle qui vous choisit.
6. Tout le monde a une déité patronne.
7. Tout le monde n’a pas de déité patronne.
8. Les femmes ont une déesse patronne, les hommes un dieu patron.
9. Le genre (biologique ou autre) d’un individu n’a rien à voir avec « le genre » de la déité patronne.
10. Le choix d’une déité patronne a des répercussions sur tous les domaines de la vie.
11. On peut se choisir une déité patronne.

Ces visions contradictoires sont en fait corrélées à ce que j’appelle la « théologie individuelle », c’est à dire la façon que chacun à d’envisager le « Schmilblick divin ».
L’idée de changer de déité patronne parce qu’on se rend compte qu’elle ne nous correspond plus, ou d’en avoir plusieurs est pour moi incohérente par rapport à ma façon de voir les choses. Par contre, pour une personne qui considère que les déités sont des facettes d’une entité ou que la/les déités patronnes agissent comme des guides, il y a une certaine cohésion entre la façon de penser et la façon d’agir, que l’on soit d’accord ou pas avec cette conception du monde.

Le « Syndrome de la Déesse Patronne »

Parfois quand on débute, on est tenté se chercher une déité référente, ou deux. Ou on cherche absolument à se trouver une patronne -plus rarement un patron. On épluche les bouquins pour piocher dans les panthéons qui nous plaise les figures que l’on trouve parlantes par rapport à nous-même et à notre vie, on cherche fiévreusement les siiiiiiiiiignes. Tant qu’à faire, on essaie de chercher les plus « trues » possibles : les plus darkos / polyvalentes / inconnues, hipster-pagan power.
En fait on pédale dans la semoule et on se met le nez dans le guidon : c’est ce que j’appelle le Syndrome de la Déesse Patronne. Que l’on considère que sa déité patronne relève d’un choix personnel et conscient ou d’un « appel », je ne vois personnellement pas l’intérêt de faire des listes pour essayer d’établir celles qui nous parlent. C’est un peu comme de vouloir choisir un conjoint en regardant des fiches de sites de rencontres : ce n’est pas parce que sur le papier tout correspond que cela donnera quelque chose de constructif.

La véritable question, si vous êtes êtes dans la recherche plus ou moins frénétique, c’est « pourquoi cherchez-vous une déité patronne ? » Est-ce que c’est une façon pour vous de vous sentir protégé(e) et aimé(e) pour palier un manque affectif ? Qu’est-ce que vous pensez que cela va vous apporter ? Est-ce que c’est par manque de repères, parce que vous vous sentez perdu(e) ? Est-ce que, par le biais de cette recherche, vous essayez en fait de mieux vous connaître ? Est-ce que c’est pour appartenir à « un groupe », même de manière figurative ? Est-ce que c’est juste par curiosité ? Et une fois que vous l’aurez trouvée, ou que vous penserez l’avoir trouvée, qu’est-ce que vous ferez ? Vous allez dire « je suis prêtre/sse de Machin ou de Bidule ? » Pourquoi faire ?

Encore une fois, il n’y a pour moi pas de bonnes ou de mauvaises manières de procéder ou de raisons de le faire. Il est simplement important d’être conscient de ses motivations personnelles, ca évite de potentiels et dantesques emmerdements par la suite.
A une époque, j’étais comme ça. Je me suis frénétiquement cherché une « déesse patronne », j’ai épluché les bouquins, j’ai demandé des signes comme on demande des bonbons, sans réfléchir. Et parce que je ne savais pas gérer certaines choses, certains détails, je n’ai pas vu ce qui s’approchait en réalité et le tout a été méchamment hard core à démêler. Il n’y a pas eu que du mauvais : si je n’avais pas été dans cette recherche, je n’aurais pas fait certains choix, et sans ces choix, je n’en serais pas là aujourd’hui et honnêtement, même si j’avais cette possibilité, je ne changerais rien, ou presque. Je serais juste peut-être un peu moins aveugle, et encore. Mais étant donné la façon dont tout s’est débloqué, il est possible qu’un jour j’ai un autre discours, et que je me rende compte que finalement, ca m’a amené à un dramatique point de non-retour. C’est une possibilité que je n’exclue pas, mais je n’ai aucun moyen de le savoir.

Déités patronnes, tutélaires, guides, etc.

Note : Ces tentatives de définitions sont corrélées à ma façon de voir le Schmilblik 😉 Ca ne veut pas dire que les autres façons de considérer les choses sont plus ou moins valables, juste qu’elles sont différentes et à prendre comme tel. 

La déité patronne 

Pas forcément toujours celle qui a la place la plus importante en terme de temps de pratique, mais qui occupe une place à part. Celle qui « chapeaute un peu tout ce qui se passe sur le territoire breton » comme dirait l’autre dans Kaamelott.
De la manière dont je considère les choses, il n’y a qu’une seule déité patronne : c’est clairement elle qui se pointe au moment où elle le juge opportun, et sa venue peut faire évoluer un certain nombre de choses, que ce soit au niveau de la pratique, des conceptions spirituelles ou de la vie quotidienne.

Ce n’est pas forcément une déité que l’on apprécie, au moins au début, mais on apprend à faire avec. Je tend à considérer qu’on a le choix dans notre pratique, mais un choix qui se pose de manière parfois un peu tordue, Il n’est pas impossible que la DP nous offre le choix : oui ou non, mais tous les choix ont des conséquences, et parfois refuser peut foutre autant le boxon que d’accepter. Tout dépend des gens, des sentiers, des déités, des potentialités, bref, il me paraît délicat d’établir une vérité générale quand il y a autant de variables à prendre en compte.

L’autre paramètre ambivalent concerne l’hypothétique « ressemblance personnelle » : j’ai cherché pendant la déesse qui pourrait être ma patronne, et je m’arrêtais toujours sur celle qui me paraissaient être en adéquation avec mon caractère ou mes centres d’intérêt. Aujourd’hui, je pense que c’est une optique de recherche un peu stérile ; la DP n’est pas un pote et elle n’a pas forcément à nous ressembler. J’ai souvent lu des avis disant « je me demandais pourquoi j’étais attirée par telle déité / pourquoi cette déité se pointait et c’est parce que j’ai ci et ca comme centre d’intérêt / parce que je suis comme ça / parce que j’aime ca ». Je suis plutôt dubitative : non pas qu’il n’y ai pas de raisons valables, non pas que ca soit toujours faux, mais plutôt parce que j’ai l’impression qu’on cherche à justifier ou à légitimer quelque chose qui n’a pas à être légitimé ou justifié. Sauf si on n’existe que par le biais de la validation sociale, ce qui est une autre paire de manches.

Dieu patron ou Déesse patronne n’est pas non plus synonyme de protecteur/trice. La DP n’est pas un ange gardien qui est là pour nous protéger, pas plus que les autres guides ou esprits. Ils peuvent avoir cette fonction là mais ce n’est pas leur rôle, et tout dépend de leurs caractères. Il y en a qui vont vous prévenir ou mettre un filet de sécurité quand d’autres vont vous regarder vous planter et vous dire froidement « bon, maintenant tu sais que ca n’est pas une bonne idée. La prochaine fois tu réfléchiras. »

La question du « à quoi ca sert une déité patronne (encore plus si elle peut potentiellement foutre le bordel dans sa vie ») est déjà pour moi plus controversée Je ne vois pas trop l’intérêt de se poser une telle question, premièrement parce qu’on ne se réveille pas en se disant « tiens j’aimerais bien avoir une déité patronne », d’une part. Ensuite parce que l’important, c’est « quelle genre de personne vous devenez » . On peut avoir un cheminement que certains considéreraient comme tordu et être heureux. On peut avoir une spiritualité socialement acceptable et ne pas être heureux. Et vice-versa. L’important n’est pas ce dont vous ou votre spiritualité avez l’air. L’important est ce que vous ressentez. ce que vous vivez.
Certains redressent les gens et leurs arrachent les masques qu’ils portent pour les pousser dans la « bonne » voie. D’autres viennent et vous obligent à travailler sur vous pour guérir, pour que vous soyez ensuite en mesure de faire certaines choses. D’autres encore vous vous mettre au pied du mur et vous forcent à affronter vos peurs pour que vous vous en débarrassiez… etc. Effectivement. Mais il en a aussi qui vous remettent le nez dans la merde, encore et encore, jusqu’à ce que vous vous leviez et que vous assumiez vos actes ou que vous vous bougiez le derche pour faire évoluer votre vie. Je ne crois pas qu’ils se pointent dans nos vies pour nous sauver ou au nom d’un quelconque « amour rédempteur » (mais l’amour n’est pas absent pour autant, loin de là) ou pour nous punir, par sadisme ou quoi. Je pense qu’ils procèdent simplement de la manière qui sera la plus efficace. Suivant la personnalité, la manière la plus efficace revêt différents aspects. Je pense qu’ils ont un intérêt à se manifester dans la vie de bipèdes, et je ne vois pas en quoi c’est choquant. Vous donnez et vous recevez. Je me demande si l’éponge que j’achète pour faire la vaisselle va bien me servir. Je ne me demande pas si l’homme que j’aime va me servir à quelque chose. Pareil pour les dieux que je prie. Si les dieux et les humains doivent obligatoirement « servir » à quelque chose pour vous, franchement j’ai peur.

Est-ce que tout le monde a une DP ?
J’avoue que je n’en sais rien. Au sus et au vu de que j’ai lu / entendu, je serais tenté de dire qu’il est probable que non. Mais que la réponse soit oui ou non, j’avoue qu’elle me gêne autant parce que dans un cas comme dans l’autre, cela sous entend une sorte de condescendance et de prétention par rapport aux autres, à leurs chemins et à leurs évolutions. Et je ne suis pas omnisciente.

Est-ce que l’on peut changer de DP ?
Franchement j’ai du mal avec cette optique. Autant les déités tutélaires peuvent changer, venir et repartir, et encore plus les déités guides, autant, pour moi, le ou la DP ne change pas. On n’est pas forcément toujours hyper « en phase » avec eux et les rapports ne sont pas toujours facile, mais se dire « nan celle là ne me va pas, j’en veux une autre », c’est un peu comme essayer de modifier la structure de son visage par une opération de chirurgie esthétique : l’apparence sera différente, mais vos caractéristiques génétiques ne changeront pas.

Pareil au niveau des engagements : parfois j’ai l’impression que la conception des engagements spirituels est devenue assez similaire à la façon dont certaines personnes considèrent le mariage : c’est pour le meilleur et si le ou la partenaire déçoit ou ne correspond plus aux attentes, hop on divorce et on va chercher mieux. Qu’une relation soit spirituelle ou physique, je considère que c’est du boulot pour tout le monde : l’harmonie n’est pas toujours obtenue en un claquement de doigts. Le fait de se consacrer à une déité n’est pas anodin, et si parfois il y a des choses qui peuvent changer, des passations qui peuvent se faire dans certains cas, l’idée de dire « ah je me suis consacrée à toi mais en fait non »… comment dire… c’est foireux ?
Les cas où je comprends mieux la démarche des personnes  qui font ca a été expliqué précédemment, mais dans mon fonctionnement, très concrètement, si je me pointe voir mon DP pour lui dire « ah ouais mais non », je vais juste me ramasser une balayette et me manger une beigne dans la tronche.

Les femmes ont une déesse patronne, les hommes un dieu patron :
Rien à voir. Là honnêtement, quand je lis des trucs pareils, j’ai juste envie de me bidonner. Vous pouvez être une femme et avoir un dieu patron. Ca ne fait pas de vous « une femme incomplète qui refuse sa féminité, qui n’assume pas son pouvoir féminin » ou je ne sais quelle connerie. Et vice-versa.
Franchement ce genre d’idée me parait aussi absurde que le fait de considérer que hors du couple hétérosexuel à visée reproductive, point de salut.
Nan mais sincèrement, imposer à une personne une piste de pratique basée sur son genre biologique, que ce soit par similitude ou complémentarité, c’est aussi con que les gens qui disent à une lesbienne que c’est ‘passager et que c’est parce qu’elle n’a pas rencontrée le bonhomme qui lui faut.’ Primaire et bas de plafond comme raisonnement.
Inversement, le fait d’être un homme avec un dieu patron ou une femme avec une déesse patronne ne fait pas de vous quelqu’un qui a « un problème ou qui refuse la complémentarité ». Sans rires.

Les déités tutélaires

Le cas des déités tutélaires est quelque peu différents. Ce sont en quelques sortes celles qui sont nos « référentes », mais subalternes à la DP. Pas qu’elles soient moins importantes en soi, c’est juste qu’elles ont un peu moins d’influences, ou des « consignes » plus restreintes, pour le reste elles sont très proche de la conception du DP que l’on retrouve généralement.
Autant je considère qu’on n’a qu’une seule déité patronne, autant je pense qu’on peut avoir plusieurs tutélaires. Dans le cas de mon cheminement, j’avais expliqué sur un forum particulier m’être consacrée à une certaine déesse. Ceci étant, elle n’est pas ma « patronne » au sens où je tends à définir ce concept, mais davantage une tutélaire. Le pourquoi du comment est somme toute assez factuel.

Les déités guides

Les déités guides sont celles qui viennent et reviennent de façon régulièrement,  suivant les cycles de l’année, les périodes personnelles ou suivant leurs propres « agenda » (enfin, en ce qui concerne « l’agenda », je tend à penser qu’ils en ont tous un, les dieux et les déesses ne sont pas à notre service, quand on a besoin on réclame, mais c’est un autre sujet.) Les rapports sont plus « libres » dans le sens où il est plutôt rare que l’on ait un engagement sur le long terme avec une déité guide, contrairement au « patron » (suivant les déités en question, certaines sont plus ou moins exigeantes en la matière d’ailleurs.)
Je n’inclue pas dans les déités guides celles qui ne viennent qu’une seule fois pour un travail ou passage précis et qui peuvent ne plus jamais revenir ensuite.

[Odin Project – Jour 18] Un dieu lunaire

Parce que nous sommes imprégnés de culture grecque et latine, nous avons l’habitude que la lune soit associée au féminin et le soleil au masculin. Dans la culture germanique et nordique, c’est le contraire : la lune est masculin et le soleil féminin.
Dans la mythologie nordique, Máni (lune) et Sól (soleil) sont les enfants de Mundilfœri. Agacés par la prétention de Mundilfœri, les dieux placèrent le frère et la sœur dans le ciel. Sól conduit le chariot du soleil et Máni le cycle de la lune. Ils sont poursuivi par les loups Sköll et Hati, qui finiront par les attraper et les dévorer, avant que Fenrir et Loki ne se libèrent, amenant le Ragnarök. En allemand, pour ne citer que cette langue là, Der Mond, la lune est du genre masculin, tandis que Die Sonne, le soleil, est féminin.

Pourtant, certains dieux sont très solaires, comme Balder par exemple : je me demande s’il n’y a pas un moment où, soit dans le temps, soit par influence chrétienne -puisque certains textes sont très tardifs et ont sans doute été imprégnés de Christianisme, notamment en ce qui concerne le Ragnarök- soit simplement en raison de l’évolution de la société, les dieux se sont retrouvés progressivement associés à des influences solaires. Je n’ai pas de sources ou de bases précises sur lesquelles m’appuyer, mais cela pourrait expliquer que, par exemple en ce qui concerne Odin, il soit associé à la force du Soleil dans l’histoire de Rind (Rind qui est alors associée à la terre gelée et hivernale). Pourtant, Odin m’apparaît comme un dieu éminemment lunaire, il n’a pas grand chose de solaire pour moi, et cette corrélation dans l’histoire en question me gêne un peu.
J’ai déjà raconté l’histoire de son sacrifice, et mentionné que pendant très longtemps, j’ai cru que son œil était en fait la lune. Je ne saurais pas dire pourquoi j’ai cru cela pendant très longtemps, ni d’où cela me vient. Je suppose que j’ai du mal lire quelque chose, mais c’est une erreur que je trouve malgré tout intéressante.
À la question de savoir quel œil Odin a sacrifié revient parfois, savoir si c’est le gauche ou le droit. Je partage l’avis de Freya Aswynn qui opte pour le droit, celui ci étant relié au cerveau gauche, c’est à dire à la logique, à l’analyse et à la rationalité.

Odin présente des caractéristiques qui font que je l’associe à la lune :  son côté errant et changeant que j’associe aux transformations de la lune au cours de ses différentes phases. Le fait que l’œil soit dans la source de Mimir est également intéressant, puisque cette source est gardée par les Nornes. Sa capacité à intervenir et à se présenter par le biais des rêves -bien que cela soit une approche très personnelle- mais il est aussi parlant de rappeler qu’il pratique le Seiðr, dont la pratique était réservée aux femmes et jugée dégradante pour les hommes, puisqu’il était dit qu’elle les dévirilisait (et on sait quelles allusions fait Loki dans la Lokasenna). Odin et Loki sont, à cet égard, deux dieux extrêmement ambivalent, à la fois féminin et masculin, à ma connaissance, ce sont les seuls qui adoptent la forme d’une femme, la vieille guérisseuse se proposant pour soigner Rind dans le cas d’Odin, la vieille venant soutirer des informations à propos de Balder à Frigg dans le cas de Loki -pour ne citer que cet exemple puisqu’il y en a d’autres.

Se dégage également une autre interrogation, par rapport à la connaissance, issue du Wyrd : Frigg file la matière avec laquelle les Nornes vont travailler, et il est dit qu’elle sait absolument tout, même si elle n’en parle pas. Les Nornes, sont bien évidemment au courant, en revanche, Odin est couramment présenté comme n’ayant qu’un accès « de seconde main » en quelque sorte. Pourtant, mon avis est que, s’il n’avait pas eu un aspect éminemment féminin,il n’aurait tout simplement pas eu la possibilité d’y avoir accès, sacrifice ou pas, « connaissance de seconde main » (mais quelle idée…) ou pas. J’ai l’impression qu’il a également de grandes connexions avec le Wyrd, bien qu’il y soit soumis, ce qu’on voit bien dans le mythe de la mort de Balder, c’est une sensation diffuse, celle qu’il connaît les Nornes beaucoup plus qu’on ne serait en mesure de le penser.

Mon approche, si j’ai tenté de me l’expliquer et de chercher des arguments pour l’étayer dans les textes, est cependant assez personnelle, j’en conviens. C’est surtout dû à des rêves que j’ai fais par le passé, et à des synchronicités entre quelques rêves, voyages et le cycle lunaire ou mon travail par rapport à la lune et à l’archétype de la déesse lunaire. Chaque fois que j’entreprends ou traverse quelque chose en rapport avec la lune, c’est Odin qui se pointe. Jamais une déesse. Toujours lui, et spécialement à la pleine lune.