[Odin Project – Jour 28]

Herjan « seigneur des armées », Hjalmberi « porte-heaume », Herteitr « joyeux parmi les guerriers », Hnikarr « qui frappe », Sigfödr « père de la victoire », Valfödr « père des occis », Atridr « assaillant », Biflindi « secoueur de bouclier », Vakr « alerte », Ofnir « provocateur », Herjafödr « père des armées »… nombreux sont les noms d’Odin qui se rapporte à sa fonction guerrière.

Au-delà de l’aspect purement guerrier qui a déjà été plus ou moins abordé au cours du mois écoulé (notamment par rapport à la fureur guerrière ou par rapport à son lien avec la mort), Odin est lié à la stratégie militaire, à l’art du combat. C’est un calculateur avisé et redoutable qui sait exactement quand frapper et comment utiliser la ruse pour remporter la victoire.

Les origines d’Odin sont floues et il fort probable qu’il ne possédait pas au début tous les attributs qu’on lui rattache maintenant. Sans doute un dieu mineur à l’origine, il a sans doute gagné progressivement du galon avant d’évincer d’autres dieux pour parvenir à une position dominante. Odin était un dieu craint et il est mentionné quasi systématiquement que sans doute, la vénération dont il faisait l’objet était empreinte de crainte et de superstition. C’est Dumézil qui introduit la notion de société tripartite, divisant le monde en trois classes : les rois, les guerriers et les agriculteurs (en gros). La première classe est aussi généralement en possession du pouvoir divin. Odin,  Thor et Freyr peuvent être considérés comme les dieux principaux de ces trois classes.
Odin n’avait clairement pas la préférence du peuple, à la fois parce qu’il était le dieu des classes dirigeantes et sans doute parce qu’il n’était pas considéré comme fiable.
Chez Odin, les fonctions de « Père du Ciel » (qui sont sans doute à mettre en parallèle avec son mariage avec Jörd, déesse de la Terre) et celles liées à la guerre sont étroitement corrélées aux attributs de base du dieu Tyr. Au fur et à mesure de l’évolution de la société, Tyr a progressivement perdu son statut de guerrier et de défenseur pour devenir l’image d’un dieu lié à la justice et au droit. Freya Aswynn suppute que Tyr était sans doute au départ pourvu de la ruse et de la malice, avant qu’Odin ne les « récupère ». Je préfère quant à moi une autre théorie (l’idée ne vient pas de moi) : au fur et à mesure de l’évolution de la société, Odin s’est progressivement retrouvé lié aux classes dirigeantes, et son statut de guerrier aurait alors été « entaché » par la corruption et la ruse qui les caractérisaient. Son lien avec les arts militaires devant également venir de là.

Avec cette évolution peut s’expliquer son second mariage avec Frigg, qui est une sorte de « raffinement » des fonctions de Jörd. Je pense que l’histoire de Rind sert surtout d’explication eschatologique, comme le Ragnarök et l’introduction de Balder.

Source : Les noms d’Odin cités au début de l’article sont tirés du livre de Edred Thorsson, Runelore : Manuel de runologie ésotérique, Pardès, 1994, traduction de Anne-Laure et Arnaud d’Appremont

PS : Il est évidemment que je n’aurai pas le temps d’aborder toutes les autres notions restées dans ma sacoche d’ici le 30 novembre. Par contre, je pense prévoir une bibliographie succincte pour le dernier jour, en plus de mon blabla. Je suis désolée de ne pas avoir à chaque fois les références précises, je n’aurai jamais pensé en venir à des articles comme cela sur mon blog, et puis je ne suis pas en train d’effectuer un travail universitaire ou d’écrire un livre non plus

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[Odin Project – Jour 25] Considérer les aspects délicats d’Odin

C’est un sujet assez délicat à aborder, et j’y pensais hier soir. Le fait est que ce matin, grâce à un groupe Facebook, j’ai eu l’occasion de suivre un lien pointant sur un article qui aborde justement cette question.
Si l’auteure de l’article parle principalement d’Apollon, elle mentionne aussi Odin au passage. Et il faut le reconnaître, c’est totalement justifié. Les présentations basiques d’Odin incluent sa fonction de Père de Tout, de dieu lié à la guerre, à la magie et à la sagesse. En général, ce sont les trois principales fonctions qui sont mises en valeur et elles donnent une vision d’Odin que je trouve exagérément méliorative. En même temps, ma vision est complètement personnelle.
J’ai longtemps considéré qu’il était avant tout un menteur, un tricheur, un meurtrier, un arnaqueur, un violeur, un fourbe, un traître et une grande-gueule (comme ca c’est dit). Même si je n’ai plus la même approche de lui qu’il y a huit ans et que mon ressenti personnel à clairement changé, cela ne veut pas dire pour autant que j’ai oblitéré ces aspects de ma vision de lui. C’est quelque chose de très compliqué à expliquer pour moi parce que de nombreux paramètres parfois contradictoires entrent en ligne de compte, je vais tâcher de faire ca le plus simplement possible, et pour que ca soit plus compréhensible et pour ne pas me perdre.

* Ainsi que je l’ai déjà expliqué avant, je considère que les Déités sont clairement au-dessus des clivages traditionnels « bien » ou « mal » et que nous ne pouvons en réalité pas vraiment les englober, les comprendre dans leur totalité.
* Je pense que les aspects qui se présentent à nous ET qui nous posent problèmes sont en grande partie révélateur de nos propres  problèmes ou/et de notre personnalité.
* Paradoxalement, se focaliser uniquement sur les cotés « positifs » ne nous protégera pas des autres, pas plus que se focaliser sur les « mauvais » ou délicats ne nous en protège mais que cela ne les « provoquera » pas non plus. (Mais si un travail ne nous apporte rien, pourquoi l’entreprendre ?)

Je ne pense pas que les dieux soient particulièrement sadiques ou sympathiques au point de prendre en compte nos considérations personnelles, ou qu’ils en aient tellement à faire de notre avis qu’ils veuillent s’attacher à nous prouver le contraire sur un détail de leur « personne » : je pense que, globalement, les raisons pour lesquelles ils débarquent ne sont pas prédictibles ou explicables -même si on comprend (parfois)  pourquoi après coup– et que c’est pour ca que pleurnicher « ouin pourquoi moi » est 100% stérile comme attitude et à part nous focaliser sur notre nombril, ca n’apporte pas grand chose.
Le seul vrai truc que notre attitude peut changer, c’est notre capacité à accepter certaines choses, certains faits, certains changements et à rester debout et à ne pas tomber dans certains pièges.
Supposons que j’ai peur disons, du chaos et que je travaille avec Loki (j’essaie de prendre un exemple qui ne me touche pas directement, c’est plus factuel) : la nature de Loki est intrinsèquement chaotique, ne pas avoir peur du chaos et l’accepter pleinement ne m’empêchera pas de me retrouver confronté(e) avec son chaos, exactement comme en avoir peur ne l’accentuera pas. La seule et unique chose que ma peur va influence, c’est la façon dont je vais personnellement réagir et éventuellement rebondir.
Pour Odin c’est pareil, ce n’est pas parce qu’une personne ne redoute pas un de ses aspects qu’elle ne s’y trouvera pas confrontée, ce n’est pas parce qu’elle le redoute qu’elle va s’en manger une double dose : différents aspects relativement désagréables -pour ne pas dire très- font partie intégrante de sa nature, et qu’on l’accepte ou pas, il en a stricto sensu rien à branler. Par contre, si on se focalise dessus, on peut passer à côté de certains aspects nettement plus faciles, et si on en rigole en pensant que « lâcher prise » à ce niveau là va nous permettre d’éviter les gouttes, on se fourre le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate. J’ai eu l’occasion, au cours du mois écoulé, de me ramasser deux gamelles bien monumentales. Là aussi c’est factuel : quand vous travaillez avec un dieu, il n’y a pas de « règles de sécurité » pour empêcher une tuile de vous écraser façon Tex Avery. Que vous soyez conscient ou non, que vous travaillez sur vous ou non, que vous soyez sceptique ou non, ca ne changera pas la trajectoire du projectile. Par contre, votre travail sur vous et ses nombreuses ramifications changeront radicalement la façon dont vous encaisserez la tuile sur le crâne. C’est en fin de compte le seul point sur lequel j’ai peut-être évoluée en dix ans, et encore, je n’en suis pas certaine finalement. Se juger soi-même, sans se transformer en pauvre victime ou en bourreaux sanguinaire mais en essayant de rester neutre est sans doute la chose la plus délicate sur terre.

Au début du projet, j’ai parlé de l’histoire d’Odin et de Rind. Je crois que c’est, avec l’histoire de Narvi et Vali, et l’exil des enfants de Loki et d’Angerboda, les trois choses que j’ai le plus de mal à accepter : mais en même temps, qu’est-ce que vous voulez accepter ? Il n’y a pas d’avis à avoir ou de position à prendre, c’est peut-être ca qui est le plus difficile.
C’est vrai que c’est très déroutant d’avoir dans sa pratique un lien avec Narvi -dont les intestins ont servis à attacher Loki à son rocher, pour rappel- et avec Odin, qui a transformé Vali en loup et qui l’a poussé à massacrer son frère. Il faut passer au-dessus de ca, le savoir et pourtant parvenir à ne pas se permettre d’éprouver une opinion. Ca n’a pas directement de rapport mais on ne peut pas dire que j’ai la moindre affinité pour Tyr, pourtant je me rappellerai toujours un rêve que j’ai fait cet été dans lequel je me faisais sermonner par Frigg qui me disait « on ne te demande pas ton avis et on ne te demande même pas d’apprécier ou de considérer tout le monde, on te demande juste de nous connaître, d’apprendre nos alliances, de savoir qui on est, le reste ca n’est pas ton problème. » Well done…

Ca n’est simple pour personne, et d’une certaine manière, ca ne devrait pas l’être : que cela ne le soit pas signifie que nous réfléchissons, que nous tentons d’agir sur ce que nous sommes pour devenir ce que nous souhaitons être. Nous avons beau savoir que les déités ne sont pas parfaites, je pense que c’est très difficile à assumer pour nous à l’heure actuelle. Je pense que ca l’est encore plus quand on attend de nos croyances qu’elles nous donnent un code morale ou un garde-fou pour savoir comment faire. Même si nous sommes influencés par les autres religions et croyances (j’inclue l’athéisme dedans) dans lesquelles nous avons grandis, nous avons souhaité en sortir et nous nous retrouvons « libres » en quelque sorte.
Et avoir le pouvoir de décider de sa liberté est une responsabilité écrasante et je pense que plus nous acceptons d’être libre, moins nous avons besoin de trouver des modèles, et moins nous avons tendance à rechercher des modèles de perfection : chercher un modèle de perfection quelque part, c’est attendre qu’on vous dise comment vous comporter, comment vivre, comment croire, comment aimer, comment mourir. Alors, oui, bien sûr, on retrouve ces aspects gnomiques dans le Hávamál, mais à aucun moment ce n’est une obligation ou une règle absolue. Odin se contente de partager ce qu’il a appris, je pense qu’il se moque pas mal de savoir ce qu’on va en faire. Lui en tout cas se contente d’être ce qu’il est, c’est nous qui ne supportons pas de savoir qu’il peut aussi être un parjure ou un assassin. Et le réduire à ces qualificatifs comme tenter de les effacer ne change rien.
Même Balder, une fois devenu invulnérable, se met à se comporter comme un vantard et à faire son kéké, lui non plus n’est pas parfait, même si sa description tend à montrer qu’il s’agit probablement d’un dieu plus tardif, un peu comme certaines descriptions et attributs de Hela.

On dit souvent que la société a évoluée, et que donc il est normal que certains de ces aspects nous gêne. Je suis sceptique. Dans le cas d’Odin, je pense qu’il a toujours fait peur : d’après différentes sources que j’ai pu lire, il était plus souvent vénéré par superstition ou par crainte, par respect ou par obligation que par amour ou ferveur.
Odin est assez craignos, il faut le reconnaître. Et je pense que c’est pas nouveau, et on le sent quand beaucoup d’auteurs utilisent des périphrases pour décrire certains de ces actes, j’ai parfois l’impression qu’il y a une gêne ou une volonté de minimiser certains aspects plutôt atroces ou concernant tout ce qui a trait au sexe.

Je ne sais pas vraiment comment je fais au quotidien. J’ai beau savoir tout ce que j’écris, j’ai beau ne pas aimer certains de ses côtés (notamment le côté possessif) ca ne change rien à mon ressenti. C’est paradoxal je sais, et je ne saurais pas vraiment expliquer comment ou pourquoi.  (Que je sois peut-être juste stupide ou masochiste n’est pas à exclure.) Pour répondre à un point exprimé dans l’article, je pense qu’il faut faire une distinction entre ce que nos déités sont et ce que nous essayons d’encourager comme valeur. Se baser sur notre valeur et ne pas prendre les leurs comme une indication.

Je ne sais pas si les Déités peuvent changer, mais clairement, nous, nous pouvons changer et contribuer à faire changer le monde.

[Odin Project – Jour 24] Un Voyageur déguisé

Note : ce n’est pas exhaustif hein. De toutes façons, pour être exhaustif avec Odin, il faudrait dix ans de boulot ca donnerait 30 000 pages de trucs trippés d’informations.

La figure d’Odin comporte de très nombreux aspects différents, et l’un d’eux est celui du voyageur. C’est sans doute un de ceux que je connais le mieux. Un des noms d’Odin est Vegtam, familier des chemins. C’est un petit peu délicat de les cloisonner parce que ses différents visages ne sont pas vraiment séparables, ils constituent des facettes qui sont toutes liées les unes aux autres.
Odin est un dieu errant qui au fil des différents textes et autres approches, revêt plusieurs apparences en fonction de sa mission. Bien qu’il ait une résidence « fixe » il ne semble pas y rester longtemps et part fréquemment vadrouiller un peu partout dans les neuf mondes, au besoin en se déguisant. Un autre de ces noms est Svipall, d’apparences changeantes, et encore un autre est Grimnir, qui signifie Masqué ou Au Capuchon et ce sont des attributs qui me semblent corrélés à la figure du voyageur.
Odin partage avec Loki ce goût pour les voyages, le déguisement, et j’ai bien envie de dire que les deux aiment bien en profiter pour tirer leur épingle du jeu ou arnaquer les gens (Odin m’apparaît globalement plus fourbe que Loki). Certains voyages ont des buts clairement définis, quand par exemple, après la mort de Balder, il se rend voir une völva (Vegtam est d’ailleurs le nom qu’il emploie pour se présenter à elle).
D’autres sont plus troubles, comme dans le lai de Barbe-Grise (le Lai de Hárbardr ou Hárbarðsljóð), un texte assez « savoureux » où Thor se retrouve à échanger des imprécations avec un vieux nommé Hárbardr, qui ô surprise, s’avère être Odin déguisé. Hárbardr mène habillement la discussion et se vante longuement de toutes ses conquêtes et prouesses sexuelles (de façon assez peu délicate il faut le dire) et demande constamment à Thor ce qu’il a bien pu glander pendant ce temps, ce à quoi Thor, franc et honnête comme il est, énumère ses victoires sur les géants et autres. Ceci étant, il y a des fois où le déguisement ne met pas à l’abri des emmerdement, comme dans le lai de Grimnir (Grímnismál), où Odin est attrapé et torturé par erreur par le roi Geirröth (j’ai bien envie de dire que, pour une fois, ca lui apprendra au Borgne :p)

Toute cette énumération amène un parallèle intéressant, celui entre le voyageur et l’aspect chaman d’Odin, sa capacité à changer de formes, mais aussi son lien avec les Berserkers (lien avec les ours) et les Ulfhednar et Varyngjur (loups et louves), des guerriers et des guerrières qui avaient la capacité d’entrer en transe avant de combattre et qui revêtaient des peaux d’animaux. Il est par nature un être changeant, peut-être encore plus que Loki. Loki a une nature chaotique et de cette nature chaotique proviennent ces changements, j’ai l’impression que pour Odin c’est un peu l’inverse. Il change constamment et ses changements de caractères, d’attribution varient en fonction de ses métamorphoses mais en même temps, il est intrinsèquement à la fois un et plusieurs et il est difficile de savoir quelle facette de lui est précisément là à un certain moment, d’autant qu’elles ne sont pas forcément bien distinctes. Alors que Loki, en quelque sortes, est toujours Loki. C’est une nuance que j’ai, là aussi, du mal à expliquer, donc bon, je ne m’étendrais pas là-dessus.

Je suppose que ce n’est pas un hasard si Odin est un dieu qui semble avoir un goût particulier pour débarouler dans n’importe quel rêve (rêve ou voyage d’ailleurs ?) et s’incruster tant qu’il estime n’avoir pas fini de dire/faire ce qu’il avait en tête. Malheureusement, en raison de son goût prononcé pour les déguisements, il n’est pas toujours facile à reconnaître, et il me semble qu’il se fait rarement annoncer, il préfère vous laisser mariner comme un hareng moisi en chipant successivement plusieurs formes, y compris celle de gens que vous connaissez, sauf qu’à chaque fois, ces apparences ont un truc qui cloche ou une énergie qui ne correspond manifestement pas du tout à la personne en question.

La Cailleach et Holda (Dame Holle / Hel)

Holda

Holda

Holda, parfois également appelée Dame Holle est une déesse germanique protectrice des enfants, des femmes enceintes, des animaux, du foyer mais aussi de l’hiver. On retrouve le personnage de Dame Holle dans de nombreuses légendes, notamment dans le conte éponyme des frères Grimm. Hel, la déesse des enfers glacés de la tradition nordique, fille de Loki et de la géante Angerboda, est certainement un développement plus tardif de certains des aspects de Holda. Holda et Dame Holle sont également liés à  l’hiver, à la sorcellerie et à la mort. Holda peut se rapprocher d’un certain nombre de déesses comme Cerrydwen, Baba Yaga ou encore La Cailleach, et serait elle-même reliée à Berchta et Nerthus.

Des déesses psychopompes et de transformations

Une réprésentation de La Cailleach, très proche de celle de Hel

Une représentation de La Cailleach, très proche de celle de Hel

La Cailleach est considérée comme la gardienne des sources sacrées et des puits, puits qui est dans le conte la demeure de Dame Holle dans le conte de Grimm. Les puits sont des portes vers l’autre monde, le monde d’en-bas, puits que traverse d’ailleurs la petite fille du conte. Freya Aswynn note que Holda a donné son nom à la Hollande, en anglais Netherlands (Pays-Bas), ce qui suggère un lien avec les mondes inférieurs chamaniques, caractéristique directement reliée à Hel. Holda possède également un bassin par le biais duquel les âmes des enfants à naître pénètrent dans notre monde et de nombreux bassins et fontaines lui étaient consacrés.
Hel guide les âmes des morts, spécialement ceux qui sont mort de maladie, de vieillesse ou qui ont été assassinés. Elle veille spécialement sur les âmes des enfants, des nouveaux-nés et des mères mortes en couches.
Les lieux consacrés à La Cailleach sont les lochs, les montagnes et les cairns. Ces derniers balisent des sentiers, marquent le sommet des montagnes ou des sites funéraires. Holda, Dame Holle, Hel et La Cailleach ont en commun d’être des déesses psychopompes associées à la mort.

Sorcellerie, Séduction, Souveraineté

Holda et La Cailleach partagent l’aspect de la Sorcière. En Allemagne, Holda est la meneuse de la Chasse Sauvage tandis que le terme cailleach est utilisé pour désigner les sorcières, dans les textes folkloriques écossais et irlandais.
En revanche, il n’y a guère que La Cailleach qui soit liée aux aspects de souveraineté et de séduction, en cela, elle m’évoque la Morrigan ou même la Sheela-Na-Gig.

Des archétypes de Déesse-Mère

Si pour Holda le rapprochement avec la Déesse-Mère est évident, il l’est sans doute un peu moins pour La Cailleach. Elle n’est peut-être pas directement associée aux femmes enceintes et au foyer, mais elle est décrite comme la créatrice des lochs et des  montagnes qu’elle façonne avec son marteau. Elle est en outre, comme nous l’avons dit plus haut, liée à la souveraineté et donc directement à la terre, au pays. La Cailleach est une déesse de la Terre-Mère. Le fait que l’Écosse ne soit pas une terre des plus hospitalière, au climat rude et aux terres difficiles à cultiver explique sans doute que le visage de celle que l’on dit être sa créatrice ne soit pas des plus faciles.

Leurs représentations

La Cailleach et Dame Holle présentent un certain nombre de traits communs. Tout d’abord dans la manière dont elles sont représentées. Ces deux déesses sont des figures de l’hiver autour desquelles tournent des légendes similaires : en Écosse, lorsque la neige tombe, on dit que La Cailleach secoue son plaid, tandis qu’en Hollande, on dit que « Dame Holle secoue son édredon ».

Au niveau de leur représentation respective, on retrouve des caractéristiques communes : de manière générale, leur aspect physique est globalement repoussant et présente des caractéristiques effrayantes : La Cailleach est décrite comme une vieille dame aux traits si émaciés qu’ils la font ressembler à une tête de mort, à la peau bleu. Holda n’a pas toujours l’aspect de la déesse bienveillante et est parfois décrite comme une vieille sorcière au physique ingrat. Cependant, pour Holda et plus encore pour Hel, la christianisation semble les avoir dôtés d’aspects négatifs qu’elles ne possédaient pas forcément au départ.

Extrait du site Thalia Took

Hel est décrite comme ayant le visage séparé en deux parties distinctes : l’une resplendissante de beauté et l’autre pourrie et rongée par les vers.Bien que cette comparaison soit à nuancer, on peut remarquer que La Cailleach et Bride sont parfois décrite comme étant les deux aspects des saisons. Dans certaines versions, La Cailleach et Bride ne sont qu’une seule et même déesse qui change de forme (ce changement de forme se retrouve aussi dans les contes relatifs aux aspects séducteur de La Cailleach, aspect lié à la souveraineté), dans d’autre, elle laisse simplement la place à la jeune Bride, attendant le retour de la saison froide.

La Cailleach, comme la Dame Holle du conte de Grimm ont des dents d’une taille démesurée : celles de La Cailleach sont de couleur rouge, couleurs associée à l’autre monde dans les traditions celtes et elle est parfois dépeintes comme ayant des dents d’ours ou de sanglier. Ces dents sont associées à la mort mais sans doute peut on les rapprocher du processus de démembrement chamanique.

Un très bel article de La Fille d’Airmeith sur Holda qui m’a été d’une aide précieuse pour écrire le mien.