[Odin Project #23 / PBP] X – Xoanon (les représentations d’Odin 1/?)

Note : désolée pour les balises de wordpress et l’emplacement erratique du texte. 
Etant donné la pléthore de mots commençant par un X, il a fallu ruser un peu. En Grèce, un Xoanon est une statue en bois, dédiée au culte. (Merci Wikipédia, parce que je suis complètement nulle en matière de mythes / tradition hellénique) A partir de ce terme, j’ai décidé d’aborder une petite de la question des apparences, de la façon dont Odin est souvent représenté, et qui je l’avoue, ne me parlent pas du tout ou me font lever un sourcil avec un air « WTF ». [article qui pourra être complété par un autre, plus général.]

Auteur inconnu

Auteur inconnu

Sans même entrer dans le sujet des adaptations cinématographiques, pour diverses raisons, je trouve assez « marrante » la façon dont Odin est souvent représenté : un semi-vieux qui se bat à moitié à poil pour dévoiler un torse body-buildé et un casque avec des cornes sur la tête. A mon avis (bien que je puisse me tromper, n’ayant pas été creuser la question) cela vient en grande partie du XIXe siècle (Wagner, le revival celte et nordique, etc…). Cette esthétique me laisse personnellement un peu sceptique, que ce soit dans les anciennes représentations (OMG les casques…) ou chez les
illustrateurs modernes (tous fans de Frazetta, youpi) me laisse personnellement…dubitative dirons-nous. Elle rejoint à mes yeux étroitement la tendance « youpi je suis un grand guerrier -de salon- et Odin est le dieu de la guerre épicétou. » A noter qu’un de ses heiti le désigne plutôt comme un dieu disons, efflanqué ou maigre (Thunn).

Par Annaiceflames sur Deviantart

Autre tendance, celle du « Gandalf ». Odin est un gentil papy magicien un peu roublard, mais quand même très sympa. Il a un grand chapeau, une robe bleue Gibert Joseph (ou Ikea, comme vous préférez) bien propre. Certes, Tolkien a admis (je ne sais plus où je l’ai lu, peut-être dans la biographie que H. Carpenter lui a consacré) s’être inspiré en partie d’Odin pour son personnage de Gandalf (quel scoop en même temps vu ses sources d’inspiration). En ce qui concerne le chapeau, un de ses heiti utilisé pour le désigner est Siðhöttr, « Au chapeau rabattu sur les yeux ». Pareil pour la barbe, les moustaches, certains heiti le désignent comme telle. Idem encore pour la cape.

On le représente, logiquement, avec un œil soit masqué, soit manquant. En revanche, la majorité des illustrations le montrent assez vieux, c’est assez logique, mais explicitement, je crois que rien ne le désigne réellement comme ayant une apparence âgée : il y a bien certaines appellations (comme dans le Dit de Völsi, où on parle « du Vieux et de la Vieille », et d’après les notes de Boyer, ce sont des façons populaires de le désigner, ainsi que Frigg) qui laissent supposer « que », mais, encore une fois, je crois que c’est tout, mais je chercherai à l’occasion.

Par Paul Reid

par Signe-Sanne

Autre classique d’illustrateurs/trices, la pendaison à Yggdrasil, où, généralement, par pudeur un morceau de tissu artistiquement drapé lui couvre pudiquement le bas-ventre. La nudité masculine, c’est vrai, c’est choquant. Le fait d’être pendu à un arbre, par contre, ca ne pose aucun problème…

Je ne sais pas quel pourcentage les trois cas de figures recensés dans cet article forment par rapport au total des illustrations d’Odin. Sur les représentations de la seconde, c’est assez subjectif le degré « air sympa », sur la première, ca me fait souvent rire, quant à la troisième, sans commentaires.

Au départ, c’était parti pour être un article un peu plus sérieux, mais en épluchant mon stock d’images, le « gné ? » du neurone fatigué et la chiantise des balises du code wordpress l’ont  emportés.

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[PBP] T – Tribu

Auteur inconnu

L’importance de la tribu n’est pas dans le fait de pouvoir faire de super rituels de groupe ou de pouvoir faire des festivals païens. C’est sympa, mais ce n’est qu’une façade, la partie visible de l’iceberg.

Les grandes épiphanies, les révélations ne surgissent pas au milieu d’une célébration avec treize personnes, un soir de pleine lune, en plein été au fond de la forêt. Elles ne s’accompagnent pas du glamour d’un bel autel avec un rite parfaitement organisé. Elles se cachent dans le travail quotidien, dans les messages impromptus, dans les tirages en compagnie d’une copine et d’un verre de jus de fruit au milieu d’une nuit d’automne.

Une tribu n’a pas besoin d’être définie, avec le nom des membres couchés sur le papier et d’avoir une page Facebook, un blog et des outils de communications. Votre tribu de Sorciérons, ce sont ceux qui sont proches de vous, sur qui vous pouvez compter quand il y a un coup de mou dans votre pratique, quand il y a des phases de doute. Ce sont ceux à qui vous pouvez téléphoner, parler de ce qui vous tracassent, des phases de changements. Ce sont ceux qui vous écoutent, même s’il ne savent pas quoi vous dire. Ce sont ceux qui savent vous dire quand ils ne sont pas d’accord avec vous, qui sont en mesure de vous dire de faire attention quand cela est nécessaire. Qui vous diront quand ils ne savent pas, quand ils pensent que vous allez vous manger un mur. Qui seront là même si vous vous le mangez, sans vous jeter, même si parfois ils lèveront un sourcil et vous diront qu’ils vous avaient prévenu. Ce sont ceux avec qui vous passerez des soirées d’enfer ou aurez des délires débiles. Avec qui vous partagerez le bon, le meilleur et le moins bon. Tous les sorciérons ne s’entendront pas toujours tous bien : les liens évoluent en permanence, et le fait d’être ami avec deux personnes ne présagent pas que ces personnes le seront entre elles, ni qu’elles doivent essayer.

Plus le temps passe, plus je me demande à quoi cela sert ces questionnements de « je pratique en solitaire mais je voudrais pratiquer en groupe. » « Ah tu as de la chance de pouvoir faire des rituels avec un cercle, moi je ne peux pas. » A mon sens, il n’y a pas vraiment de pratique solitaire opposée à une pratique de groupe. Il y a des phases où on a la possibilité et l’envie de ritualiser de manière formelle au sein d’une structure et des phases pour le travail personnel. Si ces phases peuvent coexister temporellement, ce n’est ni une nécessité ni une généralité.
Je pense que beaucoup de gens confondent « célébration collective » et « cercle de sorciérons ». Une célébration collective purement spirituelle ne demande pas de liens approfondis. Et un cercle de sorciérons n’a pas forcément besoin de se réunir et de pratiquer des sortilèges en groupe. S’il peut et s’il le souhaite, ca peut être génial. Mais ca peut aussi être la bérézina : je ne pense pas que toutes les pratiques magiques, toutes les énergies personnelles et conceptions à ce niveau-là puissent systématiquement s’accorder. Parfois, je me demande si beaucoup de groupes de pratique ne volent pas en éclat parce qu’il est facile de confondre « pratique magique », « pratique spirituelle » et « amitié ». Avoir des croyances communes, des conceptions ou des parcours proches n’est pas forcément un facteur de réussite dans ce domaine.

Vous pouvez trouver relativement des gens pour célébrer un tournant de l’année, mais comme disait Saint-Exupéry « on ne se créé pas de vieux camarades ». Quand  certaines configurations pointent le bout de leurs nez, avoir des personnes qui peuvent vous aider par des tirages, des partages d’expériences, ou simplement une bonne discussion et/ou du réconfort, ca vaut tous les rituels classieux autour d’un feu de camp.

Pratiquer seul/e, par choix ou pour des raisons variées ne fait pas forcément de vous quelqu’un d’isolé. Ce n’est pas parce qu’une personne leade des rituels de groupe qu’elle sera la personne la plus à même de vous conseiller ou de vous écouter. Ce n’est pas parce qu’une personne a seulement 5 ans de pratique et vous 10 que vous ne pouvez pas lui demander de l’aide, que cette aide ne sera pas d’un grand secours. L’âge non plus n’a pas tellement d’importance, c’est plutôt le degré de maturité et d’ouverture d’esprit, de réflexion et d’amour. Je ne parle pas de l’amour neuneu « aseptisé » à grande renfort de citations toutes faites et de phrases bidons. Je parle de la présence et de l’attention, du Regard. Quand vous êtes trempé comme une soupe, les pieds mouillés, en train de claquer des dents, le moral dans les talons avec une nuit blanche derrière vous, vous serez content quand la personne qui arrive vous dise « viens on va se poser, ca va aller ». Dans ce genre d’instant, c’est tout ce qui compte, pas le nombre d’années au compteur, les initiations, les cursus validés et les rituels de groupes leadés.

Aimez les autres pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils représentent (ou bien souvent « pour ce que vous pensez qu’ils représentent »).