[PBP] T – Tribu

Auteur inconnu

L’importance de la tribu n’est pas dans le fait de pouvoir faire de super rituels de groupe ou de pouvoir faire des festivals païens. C’est sympa, mais ce n’est qu’une façade, la partie visible de l’iceberg.

Les grandes épiphanies, les révélations ne surgissent pas au milieu d’une célébration avec treize personnes, un soir de pleine lune, en plein été au fond de la forêt. Elles ne s’accompagnent pas du glamour d’un bel autel avec un rite parfaitement organisé. Elles se cachent dans le travail quotidien, dans les messages impromptus, dans les tirages en compagnie d’une copine et d’un verre de jus de fruit au milieu d’une nuit d’automne.

Une tribu n’a pas besoin d’être définie, avec le nom des membres couchés sur le papier et d’avoir une page Facebook, un blog et des outils de communications. Votre tribu de Sorciérons, ce sont ceux qui sont proches de vous, sur qui vous pouvez compter quand il y a un coup de mou dans votre pratique, quand il y a des phases de doute. Ce sont ceux à qui vous pouvez téléphoner, parler de ce qui vous tracassent, des phases de changements. Ce sont ceux qui vous écoutent, même s’il ne savent pas quoi vous dire. Ce sont ceux qui savent vous dire quand ils ne sont pas d’accord avec vous, qui sont en mesure de vous dire de faire attention quand cela est nécessaire. Qui vous diront quand ils ne savent pas, quand ils pensent que vous allez vous manger un mur. Qui seront là même si vous vous le mangez, sans vous jeter, même si parfois ils lèveront un sourcil et vous diront qu’ils vous avaient prévenu. Ce sont ceux avec qui vous passerez des soirées d’enfer ou aurez des délires débiles. Avec qui vous partagerez le bon, le meilleur et le moins bon. Tous les sorciérons ne s’entendront pas toujours tous bien : les liens évoluent en permanence, et le fait d’être ami avec deux personnes ne présagent pas que ces personnes le seront entre elles, ni qu’elles doivent essayer.

Plus le temps passe, plus je me demande à quoi cela sert ces questionnements de « je pratique en solitaire mais je voudrais pratiquer en groupe. » « Ah tu as de la chance de pouvoir faire des rituels avec un cercle, moi je ne peux pas. » A mon sens, il n’y a pas vraiment de pratique solitaire opposée à une pratique de groupe. Il y a des phases où on a la possibilité et l’envie de ritualiser de manière formelle au sein d’une structure et des phases pour le travail personnel. Si ces phases peuvent coexister temporellement, ce n’est ni une nécessité ni une généralité.
Je pense que beaucoup de gens confondent « célébration collective » et « cercle de sorciérons ». Une célébration collective purement spirituelle ne demande pas de liens approfondis. Et un cercle de sorciérons n’a pas forcément besoin de se réunir et de pratiquer des sortilèges en groupe. S’il peut et s’il le souhaite, ca peut être génial. Mais ca peut aussi être la bérézina : je ne pense pas que toutes les pratiques magiques, toutes les énergies personnelles et conceptions à ce niveau-là puissent systématiquement s’accorder. Parfois, je me demande si beaucoup de groupes de pratique ne volent pas en éclat parce qu’il est facile de confondre « pratique magique », « pratique spirituelle » et « amitié ». Avoir des croyances communes, des conceptions ou des parcours proches n’est pas forcément un facteur de réussite dans ce domaine.

Vous pouvez trouver relativement des gens pour célébrer un tournant de l’année, mais comme disait Saint-Exupéry « on ne se créé pas de vieux camarades ». Quand  certaines configurations pointent le bout de leurs nez, avoir des personnes qui peuvent vous aider par des tirages, des partages d’expériences, ou simplement une bonne discussion et/ou du réconfort, ca vaut tous les rituels classieux autour d’un feu de camp.

Pratiquer seul/e, par choix ou pour des raisons variées ne fait pas forcément de vous quelqu’un d’isolé. Ce n’est pas parce qu’une personne leade des rituels de groupe qu’elle sera la personne la plus à même de vous conseiller ou de vous écouter. Ce n’est pas parce qu’une personne a seulement 5 ans de pratique et vous 10 que vous ne pouvez pas lui demander de l’aide, que cette aide ne sera pas d’un grand secours. L’âge non plus n’a pas tellement d’importance, c’est plutôt le degré de maturité et d’ouverture d’esprit, de réflexion et d’amour. Je ne parle pas de l’amour neuneu « aseptisé » à grande renfort de citations toutes faites et de phrases bidons. Je parle de la présence et de l’attention, du Regard. Quand vous êtes trempé comme une soupe, les pieds mouillés, en train de claquer des dents, le moral dans les talons avec une nuit blanche derrière vous, vous serez content quand la personne qui arrive vous dise « viens on va se poser, ca va aller ». Dans ce genre d’instant, c’est tout ce qui compte, pas le nombre d’années au compteur, les initiations, les cursus validés et les rituels de groupes leadés.

Aimez les autres pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils représentent (ou bien souvent « pour ce que vous pensez qu’ils représentent »).

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Et au quotidien ?

Auteur inconnu

Sur News & Liens païens, Morganna a récemment demandé « comment on vivait notre paganisme au quotidien, si on le vivait au grand jour, etc. »

Que répondre ? Au quotidien, je le vis bien, merci, ca baigne.

Est-ce que je le vis au grand jour ?

La famille 
Ma famille est au courant (en même temps je n’ai pas une grande famille), elle est au courant depuis que tout a commencé : j’avais fait un autel et déclaré que maintenant c’était comme ça. Vlan, en plein dans le vif du sujet. En même temps, il y a eu des signes avant-coureurs, puis c’est pas comme si ma mère ne nous avait pas sorti son « Grand Albert » quand j’étais petite, comme si on ne m’avait pas offert mon pendule à l’âge de 6 ans, bref…  Ça n’a pas été facile tous les jours, notamment parce que les parents s’inquiètent, et qu’à l’adolescence, il suffit que vous ayiez des problèmes ou une mauvaise note en maths pour que vos parents mettent cela sur le dos « de vos croyances. » C’est normal, ce sont des parents, ils sont inquiets et leur réaction est normale. C’est plutôt le contraire qui serait surprenant. Je ne vais pas développer le passé, justement parce que c’est le passé. Ma mère est morte depuis (pas de condoléances, merci, ça me lourde) et mon père s’y est fait. Il a même fallu le modérer parce qu’il avait -et a encore- parfois des accès d’enthousiasme, comme annoncer dans un B&B perdu dans le Lake District que ma sœur et moi étions des sorcières. Ou au dîner, il se mettait à dire « oui les Chrétiens ils me font chier, les païens c’est mieux, ils ont une déesse et un dieu, on baise pas tout seul, merde. » « C’est un peu plus compliqué que ça, mais merci Papa. Passe moi le pain s’il-te-plaît ».
Il est toujours aussi open avec les années, même si j’ai eu droit une fois ou deux à : « mais pourtant on vous a élevées normalement, comme se fait-il que vous soyez aussi « hors des sentiers battus ? » (enfin, parfois c’est exprimé de manière moins sympa, il faut le dire). Mon oncle avait fait mon thème astral à ma naissance, et annoncé que j’avais de grandes dispositions pour devenir avocate. Parfois j’ai envie de dire à mon père que pour « l’avocat et le médecin, c’est mort, mais pour la fille-aînée-chelou et la taxidermiste en devenir, c’est en bonne voie. »

Nous avons récemment eu une discussion passionnante sur les mythes nordiques et le chamanisme, suite à ma lecture d’un bouquin de Juha Pentikäinen, et j’en ai profité pour lui dire que pour moi, les dieux ne sont pas des personnages d’histoires ou des archétypes. Qu’ils existent réellement et que je crois en leur existence. Histoire de.

Je suis mariée avec un autre païen, donc au quotidien, pas de problèmes. On a fait un Handfasting il y a quelques années. La mairie, ça faisait chier, donc que avec les témoins. L’union des mains avec famille et amis, chez mon père. On avait fait passer un texte, précisé les grandes lignes du rituel avec explication. Sur le texte que tout le monde pouvait lire, on avait bien ajouté une note, comme quoi ceux qui étaient gênés, parce que cela leur paraissait étrange ou en contradiction avec leurs croyances (mon meilleur ami est chrétien, d’autres sont athées, agnostiques, etc.) qu’ils fassent selon leur cœur. Une des surprises les plus marquantes du rituel, c’est que tout le monde a lu le texte.

Et au travail ?
Au travail, non. Je n’aimerais pas que quelqu’un vienne me parler de sa religion en détail, donc je ne parle pas de la mienne. Je considère que ça n’a pas sa place dans le milieu professionnel, c’est hors de propos. Par contre, il y a déjà eu un collègue qui m’a demandé de but en blanc si je croyais en Dieu. De son propre aveu, il voulait aborder la conversation et croyait choisir un truc neutre. (°__°) Je n’en parle jamais, plus maintenant. Je l’avais fait à une époque où j’avais commencé ma vie pro et où le climat pro était détendu, mais au fur et à mesure, mon environnement professionnel a évolué, idem pour ma religion, et je n’ai plus aucune envie d’en parler. Trop personnel. Par contre, quand/si on me pose une question de but en blanc, sois je ne répond pas ou élude, parfois, je répond franchement. Pour l’instant, je n’ai jamais eu d’hostilités déclarées, même si dans un de mes boulots, un de mes supérieur plutôt cool m’avait averti qu’il ne fallait surtout pas que ça remonte aux oreilles de la direction, sans quoi je pourrais avoir de graves problèmes. Au travail en tout cas, quand j’étais au lycée, c’était un peu plus folklorique.

Pareil, avec le mariage, les questions récurrentes sont « et tu te maries à l’église aussi ou juste à la mairie ? » Dans mon précédent taf, ca avait donné lieu à une discussion absurde avec une collègue, pour qui, si ça n’était pas Christianisme / Judaïsme / Islam, c’était athée. Maintenant si je répond -parfois je laisse la question en suspend et change de sujet- je répond que j’ai fait un mariage religieux, tout en précisant « pas à l’Eglise », sans préciser. Parce que trop souvent, en France, c’est un peu « catholique » ou « athée » dans la tête des gens.

Amis/ connaissances
Ça dépend. Mes amis proches sont tous au courant, à plus forte raison que l’immense majorité d’entre eux sont des sorciérons. Pour les autres, ils savent plus ou moins, sans rentrer dans le détail (et je n’irais pas leurs donner l’adresse de ce blog par exemple.)

À une époque, je portais des signes distinctifs reconnaissables, ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, le symbole en question n’étant pas très connu. J’ai plus tendance à le planquer si je sais que des gens peuvent comprendre, pas par timidité ou peur, juste parce que ça ne les concernent pas et que je n’ai pas envie d’avoir des questions.
À ce propos, j’ai remarqué que quand on reste dans le factuel, « je suis polythéiste », les gens comprennent globalement, on ne rentre pas dans le détail et c’est marre. Le reste, à savoir, le type de pratique, l’implication d’autres esprits, le niveau de relation et toute la cuisine, ça ne regarde personne et je n’en parle pas. Je ne vois pas l’intérêt de parler de médecines alternatives, de « magie » et d’autres trucs, cela ne sert à rien, si ce n’est à créer une sorte de case « bizarre » dans la tête des gens. Il y a un monde entre dire « je suis polythéiste » et dire « je suis polythéiste, on peut parler avec les dieux, faire des voyages etc. » Dans le premier cas, c’est un fait. On est d’accord ou pas avec, mais c’est une donnée. Dans le second cas, c’est la porte ouverte aux emmerdes de tous poils, aux discussions sans fin, et éventuellement à une stigmatisation ou classification. Que quelqu’un me dise « je suis Chrétien ». Ok. « Je suis Catholique et quand je communie, bla bla bla » d’une part cela peut ne pas m’intéresser, peut me mettre mal à l’aise, et je pourrais m’interroger, non sans une certaine légitimité, sur l’état de santé mentale de la personne qui m’explique que le vin et le pain se transforment en chair et en sang. Je sais bien que ce n’est pas « réellement » le cas, mais c’est un exemple, juste pour mesurer la situation.

Quand j’ai débuté, j’aimais bien en parler. Un peu trop sans doute, l’enthousiasme des débutants. Aujourd’hui, plus vraiment, ce en quoi je crois ayant considérablement évolué ces dernières années. C’est un cheminement personnel et je n’ai ni à le partager en détails avec le premier venu, ni à faire un coming out. Cela fait partie de moi : je ne montre pas mes tatouages à tout le monde. Mes croyances, et plus spécialement le « comment, pourquoi » ou « quel degré de relation avec les Déités », c’est pareil.

Je ne le cache pas non plus. Maintenant, j’avoue que si je voulais émigrer dans un pays où on me pose la question de mes croyances, et que cela pouvait me nuire, je ne sais pas ce que je répondrais. Je refuse de mentir, dans le meilleur des cas, j’élude. Mais si ce cas de figure se présentait, je ne sais pas : est-ce que je continuerais de « tenir mes positions » au risque de me voir refuser l’entrée ou est-ce que je ferais profil bas ? Bonne question, pour laquelle je n’ai pas de réponse : c’est typiquement le genre de situation facile à projeter quand on est assis au chaud devant son écran avec une tasse de thé. Quand on y est, et suivant les raisons, c’est une autre paire de manches.

[PBP] Q – Questionnements & évolutions

Amusant le paradoxe que forment les interrogations : on se pose plein de questions, on s’interroge, on cherche, mais le plus souvent, j’ai l’impression que l’on ne voit pas les changements les plus évidents, sous notre nez. On continue à chercher, à remuer ciel et terre pour trouver des réponses à des questions qui ne sont plus d’actualité, et un jour, l’évidence nous saute aux yeux. Le questionnement sur « en quoi je crois, ce que je suis, et comment est-ce que je me définirais » me paraît stérile. Parce qu’il nous fige, et nous définit moins par rapport à ce que nous sommes intérieurement que par rapport aux autres, leur donnant un indicateur pour nous appréhender.

Amusant aussi un autre paradoxe : se remettre en question, s’interroger, ne pas accepter bêtement un paradigme est plutôt encouragé « socialement », par les potes et les moins-potes sorciérons. Par contre, ironiquement, le changement fait peur aux gens : l’entourage veut bien qu’on réfléchisse, mais souvent, c’est à condition que nos réponses personnelles aillent dans la direction que les autres jugent souhaitable, pour eux ou pour nous, souvent un peu des deux. Je vais prendre un exemple tout bête, expérimentable en société. Observez une personne qui dit « je ne veux pas d’enfants » et notez la quantité de personnes qui après avoir demandé pourquoi, font observer que « la personne changera d’avis, qu’elle ne s’inquiète pas ». Observez une personne qui dit « je veux des enfants » : personne ne lui répond de ne pas s’inquiéter, qu’elle changera d’avis.
Voilà un exemple illustrant le propos. « Les gens veulent bien que vous changiez, ils vous encourage même à le faire dans certains cas, à condition que vous validiez certains paradigmes. »

En matière de « spiritualités-religions-croyances- et-machins-trucs-bidules -païens » c’est un peu pareil. J’ai parfois la sensation que les autres acceptent le changement d’une personne seulement s’il répond à leur vision de considérer le monde. Sinon, on tente plus ou moins discrètement de signaler à l’autre que « ce sont des bêtises. ». Tout le monde n’est heureusement pas comme ça ou alors ne le dit pas explicitement. Il faut gratter un peu les remarques innocentes. Inversement, avec l’évolution, on peut avoir tendance à jeter aux orties ce que l’on considérait jusque là comme une réflexion valide et valable. Je me demande parfois si ce n’est pas une des raisons qui font que la Wicca (enfin, « la Wicca » telle que j’en entend parler, c’est la Wicca Eccléctique que chacun malaxe à sa sauce, souvent sans remise en contexte et sans approfondissement) est aussi décriée. On ne lui pardonne pas d’être une voie accessible et populaire. Certes, on pourrait discuter des heures de ses faiblesses, mais même si aujourd’hui l’idée d’un « Dieu et d’une Déesse » me fait lever le sourcil, si les incohérences et les reprises gnan gnan que je vois sur 95% des blogs me font grincer des dents, je ne serais pas là aujourd’hui si je n’avais pas un jour trouvé un bouquin de Scott Cunningham. Après tonton Scott, il y a eu la Wicca traditionnelle, initiatique et tout, avant d’arriver au point où j’en suis aujourd’hui : peu importe quelle branche, cela ne m’intéresse plus et j’ai envie de pouffer de rire quand j’entend certains trucs qui me paraissent ineptes. Quand j’avais 17 ans, j’ai eu une période wiccane fluffy-bunny (pas si fluffy que ca par moment d’ailleurs) et je ne comprenais pas d’ailleurs, que tous les païens n’étaient pas des wiccans. Je ne voyais pas la différence. Aujourd’hui, j’ai 28 ans et je suis une polythéiste reloue (bien que non-reconstructionniste :o) . Comme ca c’est dit. Je crois vraiment que accepter ce que l’on a été et l’assumer aide à ne pas devenir trop chiant et à garder les écoutilles ouvertes. Plus ou moins suivant l’humeur du moment, il faut le dire. Je ne sais pas ce que je serais à 38 ans… (si je suis encore en vie).

J’ai l’impression parfois que les gens ont peur : peur que l’autre leur échappe, Peur qu’il se fasse du mal. Peur qu’il tombe dans un piège. Peur qu’il débloque. Je comprend le fonctionnement, et il existe quelques grandes lignes qui permettent de donner une réponse quant à la question « il y a un problème ou pas ? » mais elle reste plus du domaine du « bon sens » que de l’examen de la religion/spiritualité etc.

Chaque fois que vous changerez, que vous évoluerez, attendez-vous à ce que certaines relations évoluent. Ou plutôt, non : attendez-vous à ce que toutes vos relations évoluent. A ce que certaines n’y résistent pas. A ce que la majorité d’entre elle stagnent avant de se déliter ou d’évoluer, à ce que certaines survivent et à ce que de nouvelles rencontres se fassent.
Je n’ai pas d’amis d’enfance. Je n’ai pas d’amitié du collège ou du lycée. Je n’ai pas d’amis de la fac. Quand j’ai progressivement la route du « paganisme », toutes les relations que j’avais se sont délitées. Certaines parce que l’on m’a dit clairement que « tant que je serais dans ce domaine dangereux qui n’allait me mener nulle part, on préférait ne pas me voir, à moi de me demander ce que je préférais dans ma vie ». Certaines parce que je suis allée trop vite et trop fort, trop entière, toute à ma fougue adolescente, pour ne pas me rendre compte qu’un peu de subtilité et de diplomatie m’aurait permis de conserver certaines amitiés. Mais désirais-je les conserver ?

Probablement pas, ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir de la peine et de regretter certaines relations.
Je suis d’abord un sorciéron. Et entre le fait d’être un sorciéron, et les gens, les styles ou les choix de vie, je choisirai toujours la voie du sorciéron. Je suis claire avec moi même et je ne prend personne en traître, et je suis prête à discuter de toutes sortes de paramètres. Mais si on me disait « c’est moi ou ta « pratique », tu choisis », ce serait ma pratique.

Ma rencontre avec Frigg (Mois pour Frigg)

Il y a maintenant un an que Frigg a déboulé dans ma vie, et avec elle, c’est toute ma vie spirituelle qui s’est trouvée chamboulée.

Elle est arrivée discrètement mais sans crier gare. De façon innocente. Une amie était venue passer quelques jours chez moi pour la première fois, et pendant quelques jours, la Tanière a accueillie toute une meute de sorciérons. J’avais tout préparé pour l’arrivée de mon amie : la maison avait parfaitement nettoyée, rangée. Son lit fait dans la bibliothèque. De bons plats et des friandises avaient été préparés.

Et pendant que nous menions de joyeuses discussions agrémentées de victuailles et autres, on préparait le programme des jours à venir. Me levant pour amener les boissons, surveiller la cuisson des plats. Checker le nombre de convives prévus pour le lendemain, réfléchir à l’organisation du rituel à venir, etc. C’est là que la première boutade est venue. « Tu fais ta Frigg, lol ». Pardon ? Je me suis défendue, moitié amusée, moitié vexée. J’ai maugréé. Les plaisanteries ont continué le lendemain. Le surlendemain. « Merde » répondais-je à chaque fois. D’abord contrariée, parce que le parallèle ne me plaisait pas (le paradigme des déités « classes » et des « moins classes », je l’ai aussi expérimenté), et puis j’ai laissé tomber. « Oui bon ça va. » Qu’est-ce que vous voulez répondre quand plusieurs sorciérons ont un bon mot en tête ? Rien.

C’est là qu’elle s’est ramené. Vraiment. J’avais fini par être plus ou moins intriguée, mais pas vraiment plus que ça. Et un soir, alors que la maison était déserte, l’amie étant partie chez une cousine, je ne suis pas parvenue à trouver le sommeil : à chaque fois que j’essayais de trouver une position confortable pour dormir, j’avais en boucle dans la tête « lève toi et va faire un autel. Lève toi et va faire un autel à Frigg. Vas lui faire un autel. » Je suis têtue. Je me suis dit « ca va deux minutes les conneries ? Je vais pas faire un autel en pleine nuit, ca va pas non ? »

A quatre heures du matin, je ne dormais toujours pas et j’ai capitulé. « Ca va, putain, je me lève, je vais le faire ce bon sang d’autel. Comme si j’avais que ça à faire. » Je me suis dit que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Depuis quand on se relève en pleine nuit pour faire un autel ? Et depuis quand les dieux réclamaient des autels d’abord ? Non, ca devait être dans ma tête. Je l’ai fait. J’ai eu du mal, parce que l’idée de faire une autel à une déité m’apparaissait un peu absurde. Bizarre. J’avais bien un autel, mais il était consacré à la pratique magique. Pas à une déesse. Surtout pas une déesse du foyer.

Quand l’autel a été fait, j’ai remplie la minuscule coupelle de lait frais. Et avec le sentiment du devoir accompli, je suis retournée me coucher. Il n’y a que moi que ca perturbait apparemment. Mes amies ont gloussés : « ca va, tu commences à l’assumer ton côté Daronne ? »

Modérément.

L’amie est repartie, et j’ai commencé à creuser certaines choses. J’ai recommencé à rêver. Des rêves bizarres. Avec une femme habillée en bleu qui me dit que je me suis mise dans une situation très délicate, que je n’ai aucune idée de ce qui va me tomber dessus, et que j’ai intérêt à l’écouter si je ne veux pas avoir de très gros problèmes. Que ma vie va changer, et que « je n’ai aucune idée de ce que j’ai provoqué avec mon attitude passée. »
Dans un autre rêve, après avoir fait certains travaux, elle me donne une liste. Et je me fais remonter les bretelles pour avoir fait une réflexion déplacée. Elle me fait les gros yeux, et je me souviendrais toujours de ce qu’elle me dit : « tu veux venir avec nous ou pas ? » « Oui. » « Alors tu vas apprendre à nous connaître. On ne te demande pas d’aimer ou d’apprécier tout le monde. Juste de montrer le minimum de courtoisie nécessaire pour la diplomatie. Et tu vas apprendre. »

Je n’avais aucune idée de quoi elle parlait à l’époque. Ce n’est pas si vieux. Cela date d’il y a un an. Et en une année, ma vie a radicalement changée. Aujourd’hui, avec un peu de recul, je comprend pourquoi elle est venue, le sens de ses paroles. De choses que je n’auraient jamais du dire. Et si parfois tout n’est pas toujours facile, je suis reconnaissante.
Envers Frigg parce qu’elle a sans doute évité que les choses ne soient encore plus compliquées, plus dures. Parce que même si, contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’est pas « gentille ». Elle sait être protectrice, mais elle est aussi être sévère et intransigeante. Envers les plaisanteries de tous les sorciérons, qui se reconnaîtront, parce que sans leurs plaisanteries, je n’aurais jamais accepté une partie de moi-même et travaillé sur moi à ce niveau là. Et envers l’Amie venue passer quelques jours en août 2012 à la maison, parce que même s’il y avait de nombreux signes avant-coureurs, elle a été le déclencheur du voyage que je n’aurais jamais pensé entamer.

🙂

Deux ou trois trucs / idées à propos de « la fête des Mères »

La fête des mères telle que nous la célébrons aujourd’hui a été remise au goût du jour par Pétain en 1941, bien que l’on trouve d’anciennes célébrations similaires notamment chez les Romains avec les Matronalia (à voir, parce que je ne considère pas Wikipédia comme une source fiable et que je ne suis pas spécialiste des anciens cultes romains) ou même, à froid, ce qui me vient en tête est l’exemple -quoique plus sur le plan symbolique- de la Nuit des Mères (là encore, à creuser, je n’ai pas en tête de références fiables pour écrire un truc étayé et poussé sur la question).

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Avril, Loki et T.S Eliot

D’après mes recherches, jusqu’au XVIe siècle, la nouvelle année civile commençait fin mars et il semble que cette date variait suivant les régions, et non le premier avril comme on l’entend souvent. Ceci étant, les origines de la coutume du 1er avril restent plus ou moins obscures, bien que plusieurs théories existent sur la corrélation entre les plaisanteries et le poisson.

Dans son sens premier -toujours d’après ma source principale, l’article de Wikipédia -à prendre avec précaution comme tous les articles, mais je n’ai pas vraiment de livres ou de références plus sérieuse sous la patte- le 1er avril est le jour des fous, de ceux qui voient la réalité autrement.

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