[SYLPHE] Ces monstres aux mâchoires d’acier dans des boîtes si fragiles

Avec un peu de retard par rapport aux autres, ma contribution au sujet de la peur pour le projet Sylphe.

Nos peurs, soigneusement enfermées à double tour dans le coffre de notre esprit. Nos peurs, bien présentes, que nous connaissons mais préférons ignorer, que nous empêchons de jaillir à l’improviste. La somme de nos craintes : d’échouer, d’être blessé, abandonné, oublié.
Nos peurs sont des clés et révéler leur nature est une arme à double tranchant.
Je pars du principe très simple que s’il faut connaître ses peurs, pour éviter qu’elles ne nous surprennent au moment le moins opportun, il est préférable de ne pas les partager avec le tout venant.
Plus on apprend à les connaître, plus on est à même d’en comprendre le mécanisme : qu’elles soient totalement irrationnelle (le monstre sous lit ou le vélociraptor dans la cuisine) ou qu’elles proviennent d’une source identifiable, savoir comment elles se déclenchent, d’où elles viennent, de quelles manières elles se traduisent, ce qu’elles nous poussent à faire ou ce qu’elles nous empêchent de faire, les réactions que l’on adopte quand elles nous saisissent. Tout cela permet, à défaut de les combattre efficacement, de pouvoir trouver une parade.
Par exemple, si l’on a peur de se faire agresser dans la rue, suite à une agression vécue par nous ou un proche, ou pour des raisons plus générales, pratiquer un sport de défense permet d’ajouter un outil qui permettra, l’éventuel moment venu, de pouvoir, pourquoi pas, réagir, bien que cela ne soit pas aussi simple que cela. (En l’occurrence, concernant les agressions, et plus particulièrement les agressions sexuelles, il y a le phénomène de la paralysie qui peut bloquer totalement la victime. Cette paralysie peut encore ajouter au traumatisme quand la personne se demande sans cesse par la suite pourquoi elle n’a pas réagit alors que, techniquement, elle aurait été en mesure de le faire. C’est encore plus le cas quand les gens, la police et tout le monde, interrogent la/le concerné/e en y mêlant une once de scepticisme.)
En revanche, savoir de quoi une personne a peur, c’est avoir une arme contre elle, un moyen d’exercer une pression, de la rendre malléable ou de lui faire du mal. Je ne pars jamais du principe que la majorité des gens sont bons et gentils, mais je ne pars pas du principe non plus que beaucoup sont intrinsèquement mauvais et prêt à faire du mal pour le plaisir, même s’ils existent indubitablement. La plupart sont surtout lâches et pense en premier lieu à leur gueule et en cas de problème, se rangeront du côté le moins menaçant pour leur routine, leurs préjugés, leurs fesses. Une minorité n’est pas vraiment menaçante mais peut devenir agressive s’ils se sentent menacés dans leur autorité, leur personnalité. En gros, si d’un seul coup une personne trouve que vous êtes, à tort ou à raison, une menace pour son petit territoire, elle peut vous menacer. Une minorité aime bien profiter d’une situation, même très passagère pour se défouler, surtout par le biais d’internet où il est facile de se comporter en nuisible le cul bien posé sur sa chaise. Et ainsi de suite. L’occasion fait le larron dit-on. Je ne rentrerai pas dans les détails de « pourquoi / comment les gens en viennent à agir de la sorte. » D’une parce que ce n’est pas le propos de l’article, de deux parce que je ne suis pas psychologue et que les généralités et la psychologie de comptoir avec une touche de nouvel-âge à la con pour se donner une profondeur et une humanité de facade, bof. Et ensuite parce que cela ne change pas le propos.
Quand vous avez un secret à partager, vous choisissez soigneusement la personne à qui vous vous confiez.
Cela devrait être pareil avec les peurs, on devrait même être encore plus vigilant dans ce domaine qu’on ne l’est avec les secrets. Un secret partagé est de toutes façons un secret qui finira par être éventé, qui remontera à la surface, et pas forcément dans les circonstances où cela vous sera favorable, il y a même à parier que ce sera le contraire. Eviter d’avoir des secrets (ce qui ne veut pas dire étaler sa vie dans les détails à tout le monde) c’est s’épargner une bombe à retardement planqué dans un coin. Eviter de partager ses peurs intimes, c’est éviter qu’un jour quelqu’un dispose d’un arsenal contre vous. Les bons secrets sont temporaires, les « bonnes peurs » canalisées, disséquées, progressivement évacuée. Ainsi, c’est vous qui aurez une longueur d’avance « le jour où ».

Je sais que c’est théoriquement bien joli, mais dans la pratique, plus difficile à faire, surtout que par définition, les peurs sont dans la majeure partie des cas, irrationnelles, notamment concernant les phobies (au pif). Ca m’a toujours tordu la gueule en biais quand, toujours par exemple, une personne dit qu’elle a peur des coccinelles et qu’on lui répond « mais pourquoi, ca n’est pas méchant tu sais ? » Merci Master Of Obvious. (En plus si ca se trouve, la personne a été un puceron dans une vie antérieure, ha ha ha !)
Petite, j’avais peur de me faire interner : c’était une menace que mes parents utilisaient tout le temps. C’était devenu une terreur, une véritable terreur. La seule mention de « on va appeler l’asile et tu n’en sortiras pas » provoquait une crise de nerfs et de terreur redoutable. Cela a continué jusqu’à ce que je devienne majeure. Et puis un soir, la crise de trop, mon père a appelé je ne sais quel numéro et un internement sur demande a été demandé. Il est arrivé triomphant dans le bureau en me disant que ca y est, j’allais être enfermée chez les fous et que je n’en sortirai jamais. La terreur de mon enfance et de mon adolescence matérialisée devant moi.
Pourtant, de manière complètement inattendue, il y a eu un déclic. Je suis là, recroquevillée dans un coin. Déjà païenne, bossant à cette époque de manière très soutenue avec la Morrigan. Cette sensation tenue et grandissante de « tu as le choix. Ou tu fais face à tes peurs, et tu gagnes. Ou tu les laisses te dévorer et tu es foutue. Il n’y aura pas de seconde chance. »
La psy est arrivée. Interrogatoire. La nana qui essaie de me provoquer un peu, qui me saisit les bras pour bien en exposer les marbrures. A l’intérieur, le calme fluide et lointain d’une présence solide comme du granit qui m’intime l’ordre de rester tranquille. Etonnament, j’y arrive. En définitive, il n’y a pas eu d’internement. Etant majeure, mes parents ne pouvaient pas le faire, et la psy n’avait rien vu dans mon comportement ou dans mes réactions quelque chose qui le justifiait. Et quand j’ai entendu sa voiture partir, je me souviens être rentrée dans la cuisine et avoir lâchée froidement à mes parents que premièrement, ils s’étaient foirés s’ils voulaient se débarrasser de moi, et que de deux, maintenant, c’était quelque chose dont je n’aurai plus jamais peur.
Je ne me considère pas comme particulièrement courageuse. Il y a des périodes où j’arrive à encaisser pas mal de trucs et des périodes où cela marche beaucoup moins bien. Mes peurs ne sont pas constantes, elles dépendent des circonstances, de mon humeur, des lieux, de mon entourage. J’ai parfois peur de trucs très cons. Parfois j’ai eu peur pour rien et rien ressenti dans des moments plus risqués.
Je sais qu’on ne les contrôles pas, j’essaie juste de ne pas laisser de zones de nids de poussière sous le tapis. Je sais quelles zones sont parfois un peu crade à ce niveau là. Je ne sais pas forcément pourquoi. Certaines partiront, d’autres ne partiront sans doute jamais. Les peurs font parties de notre personnalité, de notre histoire et probablement aussi de notre histoire familiale.

La peur dans ma pratique

D’une certaine façon, dépasser ses peurs (ou au moins essayer de) est un acte que je considère comme une offrande. Comme quand j’allais sauter du haut du plongeoir de la piscine quand j’étais petite fille, pour repousser mes limites un peu plus loin et m’entraîner à devenir plus courageuse.
Au sein de la pratique proprement dite, j’essaie autant que possible de distinguer la peur du doute, même si les deux notions sont parfois « relativement » proches.
Est-ce que la peur instille le doute ? Ou est-ce que le doute, quand il grandit, devient une peur ?
Par exemple, la peur de la folie ou du « c’est dans ma tête » qui semble relativement répandu quand on bosse avec les Esprits. Garder une part de doute raisonnable ne m’apparaît pas comme quelque chose de problématique, bien au contraire. C’est accepter à la fois sa potentielle défaillance, permet de garder les pieds sur terre et évite de se mettre à prendre des vessies pour des lanternes. Mais si ce doute raisonnable -que l’on peut choisir d’écouter ou de ne pas écouter suivant les configurations- grandit au point de paralyser totalement l’action (pour faire simple), alors probablement, le doute est devenu une peur, et de cette peur, il peut advenir que l’on ait besoin de se rassurer, ce qui peut engendrer d’autres types de problèmes.
Douter des Esprits, des Dieux est sans doute un moyen de fonctionner pour éviter de se retrouver piéger. En avoir peur, (en français il y a moins de nuances à ce niveau là, mais en anglais, on peut traduire la peur « simple » par « fear » et la « peur respectueuse, pleine de ravissement » par « awe », ce qui permet plus de finesse) dans le sens le plus « simple » (fear) risque d’ouvrir des « portes » et de mettre en branle certains types de processus qui finiront par nous piéger exactement comme on ne le voulait pas. Dans le même ordre d’idée, pendant un rituel de groupe en forêt, si une personne se met à flipper et que par réactions en chaîne d’autres se mettent à flipper, il y a des chances pour que l’on soit en position de flipper soi-même (phénomène du groupe) même si ce n’est pas notre genre, mais en prime, on risque d’attirer plus de problèmes, d’Esprits et d’Entités pas franchement cool.

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[SYLPHE] Dans les poches d’un Sorciéron…

Je suis un sorciéron indiscipliné-ciéron. Comprendre par là que généralement, mes affaires sont toutes en vrac dans mon sac ordinaire. Mis à part un « crane bag » qui regroupe des éléments en lien avec certains esprits et/où un taf particulier en cours (contenu que je ne montre pas, sauf rares exceptions), le reste de mon « matos » se trouve pêle-mêle avec mes affaires ordinaires, ce qui génère des « Et meeeerde, j’ai perdu mon pass Navigo ! » (phrase récurrente, suivie de quelques minutes de recherches fiévreuses avant de découvrir que non, il est soigneusement rangé, pour ne pas le perdre, dans la poche du sac de mon tambour, pour la plus grande exaspération de mes coreligionnaires… Pardon les gars.) « Merde, je sais plus ce que j’ai foutu de mon flacon d’ocre ! » Au fur et à mesure de mes pérégrinations, j’accumule toutes sortes de trouvailles dans mon sac : mousse, petits os, cailloux etc. Du coup, quand j’arrive au travail le lundi matin, c’est toujours un joyeux bordel entre mes affaires regular, et la boussole / cran d’arrêt / allume-feux / encens.

Le matos le plus important, celui à avoir toujours sur soi, c’est à mes yeux plutôt du matériel « de bon sens » : boussole, couteau, allume-feux, cordelette. Suivant mes déplacements, j’y ajoute une lampe frontale, une lacrymo, une trousse à pharmacie -avec couverture de survie, pince à tiques, par exemple. Parce que si vous vous savez que vous êtes en accord avec les énergies bienveillantes de la Terre-Mère (sarcasme), les tiques, elles, ne sont pas au courant, et que la maladie de Lyme, c’est de la merde.

Finalement, après le mois d’août passé à courir après mes affaires, j’ai utilisé un reste de laine qui m’avait servi pour un autre projet pour crafter un pochon un peu plus grand histoire de rassembler mon merdier (ou au moins essayer). J’avais déjà un pochon pour mes runes que j’avais acheté chez Claire, mais celui là, il était important que je le fabrique moi-même. La bête a été fabriquée avec de la laine de base et de la fat über laine des Ateliers de l’Awen qui déchire sa race (celle qui est bleue/jaune/verte etc).

Le pendentif date d’il y a 10 ans. Je l’avais acheté quand je faisais ma prépa en Bretagne. J’avais fait un rêve où je portais un médaillon avant de tomber sur celui là dans une boutique, l’exacte reproduction de celui que je portais dans mon rêve. (Y’avait un mec tout chelou genre habillé à la scandinave qui me disait « on ne tue pas les porteurs de ce signe, en désignant mon médaillon. J’avais trouvé ça marrant.)
Je vais tâche de me discipliner et de mettre toutes mes affaires au même endroit. Dont ma « pierre de foyer » et mes perles de prières. La pierre de foyer c’était un délire de l’époque où je jouais à World of Warcraft, elle sert à revenir « chez soi », et j’en avais faite une en pâte fimo et je l’utilisais dans le cadre de certaines de mes pratiques. C’est toujours plus ou moins le cas. (Perte de crédibilité : 50 points à votre réputation). Quant aux perles, j’ai beau en fabriquer des très belles en pierre, je préfère utiliser celles en bois, toutes bêtes, pour la simple et bonne raison qu’elles me servent pour tout le monde, et que je les trimballe en toutes circonstances, y compris au lit. Autant qu’elles ne soient pas fragile, mon matos ayant intérêt à être tout terrain.
S »y ajoutent toutes sortes de merdier. J’avais au départ brodée une pochette pour les rêves, mais en fait, je m’en sers davantage pour ranger plantes et encens. J’ai pas assez de discipline pour avoir des pochettes pour chaque pratique, des carnets pour tel ou tel type de récit, des colliers réservés à ci ou à mi. Pareil pour le couteau, par sa lame courbe, il sert surtout à couper les plantes etc, mais en fait, j’ai souvent uniquement le Muela offert par mon père, qui avait la manie de m’offrir des couteaux de là où il allait en voyage. Parfois je rajoute un canif etc. Un jour je vais me faire contrôler par un flic et j’aurai des ennuis. L’encens c’est bien pratique, mais j’avoue que j’en ai rarement spontanément sur moi.

(And now you shall see Odin)

Parmi les bricoles que je mets dedans, des baumes, des os, des trucs ramassés sur le bord des chemins (plus mes poches, souvent pleines de détritus que je ramasse quand je suis en forêt ou sur la plage. Parfois, contribuer à nettoyer un peu l’endroit de la saleté déposée par les humains, c’est les meilleurs offrandes. Il n’y a pas forcément besoin d’avoir toutes sortes de trucs sophistiqués. D’autant que certains Esprits des Lieux n’aiment pas trop qu’une personne surgit de nulle part se mette à faire des offrandes spontanées etc.) Avoir un ou deux cathéter c’est pratique quand on doit prendre du sang, c’est plus simple et plus « sécuritaire » que les couteaux. Généralement j’en ai deux, cela permet d’en passer un à quelqu’un si besoin. Evidemment, ils sont à jeter après usage : on n’utilise pas de cathéter déjà utilisé (sauf si on le garde strictement pour soi) si on les passe à quelqu’un d’autre. On remet la canule après usage et on le jette. (Risques HIV / hépatites, toussa… Je sais je suis reloue avec ça, mais malheureusement, c’est une donnée qui tend à être de plus en plus zappée à l’heure actuelle.)

Et sinon, des huiles / baumes / onguents de fabrication perso. De l’ocre et autres. (PAs tout en même temps, c’est suivant les périodes, l’inspiration et les nécessités du moment…)

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[SYLPHE] D’ac-corps.

Auteur inconnu

Après les différents articles sur le sujet des signes, le deuxième « round de recherche » du groupe SYLPHE porte, au choix, sur le corps ou sur les sacs de sorcière.

La thématique du corps est riche, vaste, complexe. On retrouve fréquemment des axes semblables, par exemple le chemin vers l’acceptation de soi, l’épanouissement, ou encore le côté sacré du corps.

Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont la société actuel perçoit le corps, et les nombreux partages, souvent sensibles, sur les difficultés rencontrés, sur le long parcours nécessaire pour se détacher des postulats parasites sont autant d’illustrations de ces paradigmes.

Certains angles reviennent fréquemment, notamment celui qui vise à redonner au corps son aspect sacré. « Mon corps est un temple que je vais apprendre à honorer » (en gros) probablement par opposition au diktat du « corps impur et imparfait, sale et tabou qu’il convient de cacher ».

Je n’ai jamais été une grande adepte du précepte visant à faire de mon corps un « temple sacré ». Pendant longtemps j’y étais même assez violemment opposée, complètement rebutée par le côté « passif » du concept. Pas intrinsèquement -après tout chacun fait ce qu’il veut- mais parce que je ne voyais pas en quoi cela allait apporter quoi que ce soit de constructif dans mon parcours et par rapport à ma manière de voir la vie.

J’ai longtemps considéré mon corps comme un outil qui avait intérêt à être fonctionnel et opérationnel, n’hésitant pas à me malmener au besoin. Je suis un peu plus détendue sur la question aujourd’hui, mais je comprend toujours pas en quoi on devrait opposer :

* un aspect dit « sacré », avec tout l’attirail qui accompagne généralement ce terme : discours plus ou moins complaisant, déballage de récits où la personne explique en détail qu’elle a pris un bain parfumé et qu’elle s’est mis de la crème pour le corps, qu’elle honore la Déesse au moment de ses cycles menstruels et que ca y est, elle se sent trop femme et qu’elle est bien dans peau. Tant mieux pour toi Chérie (ce n’est pas ironique). Je suis ravie de savoir que des gens se sentent bien dans leur peau et heureux, mais franchement je vois pas en quoi je dois me sentir concernée. Je comprend qu’on tente de combattre les vieilles antiennes sournoisement insérées par l’éducation et qu’on encourage les petits gestes de réappropriation de soi au lieu de se brimer, surtout quand les personnes ont vécues tout un tas d’expériences plus ou moins traumatiques qui les ont déconnectées de leur corps. Je comprends qu’en partageant le bien-être apporté par cette expérience, la personne essaie d’encourager les autres à faire de même. Je trouve ca chouette, ne vous méprenez pas. Sauf que sur moi, c’est un procédé qui ne marche pas. C’est comme la pub ou les discours des commerciaux, j’y suis hermétique (c’est plus ou moins le même procédé que le « oh cette nana a l’air trop bien dans sa peau avec son nouveau shampooing, ses cheveux sont beaux, tiens je vais tester.)

* un aspect plus martial, plus fonctionnel.

C’est assez intéressant cette mise en opposition quasi-systématique et souvent inconsciente, comme si on rattachait l’aspect « sacré » et tout le toutim à un appareil symbolique féminin et l’aspect martial à un appareil symbolique masculin. C’est aussi con que les gens qui pensent qu’une fille féminine ne peut pas être lesbienne parce qu’elle ne correspond pas à l’image / l’idée que EUX se font d’une lesbienne.

Pour moi, ces deux aspects ne se contredisent pas du tout, ce sont juste des « composants »  par contre, ce qui change, c’est la vision de la personne.
Je ne sais pas comment les autres pensent, et encore une fois, je ne suis pas eux, je ne vais pas extrapoler en pensant que je peux penser comme eux et en faire une vision imaginaire très certainement faussée. Par contre, je peux tenter d’expliquer de quelle manière je perçois les choses.

Quand j’étais enfant, ce que je voulais, c’était m’entraîner à repousser mes limites de résistance physique (ce qui s’est traduit à l’adolescence par un certain nombre de pratiques plus ou moins limites. Comme se graver les runes dans le bras pour s’entraîner à encaisser la douleur. En réalité, c’est assez peu judicieux, d’une parce que le paganisme n’a pas besoin qu’on le torpille en adoptant des comportements pouvant conduire les gens qui n’y connaissent rien à faire des généralisations dangereuses. De deux parce que de toutes façons, entre encaisser de la douleur en étant en mode « stoïque » et en état de stress intense parce que dans un contexte de danger, ca n’a rien à voir, à cause de l’adrénaline etc), apprendre tout ce qui pouvait être utile pour la survie, etc. Concrètement, j’apprenais tout ce que j’avais la possibilité d’apprendre au cas où ca me serve un jour. (Allumer un feu, me servir d’une boussole, et j’en passe). Je me souviens avoir piqué une crise quand on m’a dit que les filles ne faisaient pas le service militaire, et que de toutes façons, bientôt il serait supprimé. Du coup j’avais décrété que les filles en Israël, elle avait de la chance parce que elles, elles pouvaient intégrer Tsahal. (Ca a fait hurler de rire mon père qui m’a dit que je n’avais qu’à m’engager dans l’armée. Ma mère a moins aimé par contre).

Ca ne m’empêchait pas d’aimer porter de belles robes (j’avais horreur des pantalons), de jouer à la petite fille modèle et de vouloir un jour me  marier à l’Eglise (mais sans robe blanche parce que le blanc, c’était moche et que je voyais pas l’utilité d’avoir une robe neuve juste pour une journée) et avoir huit enfants.

(Bon, maintenant, ceux qui me connaissent IRL arrêtent de se tenir les côtes ^^).

D’un point de vue pragmatique et factuel, prendre soin de soi au niveau physique, aimer son corps etc, peut aussi être une arme, et une arme redoutable. En fait, quand on y réfléchit, développer ses capacités physiques, que ce soit sur le plan de l’endurance, des arts martiaux, de la confiance en soi, des connaissances intellectuelles, des méthodes de survies, des pratiques sexuelles, de la meilleure façon de se mettre en valeur physiquement, etc, rien n’est intrinsèquement inutile si on sait quand et comment l’appliquer.
Je pars du principe que le corps étant la seule chose que l’on emporte partout avec soi (cette phrase est sponsorisée par Captain Obvious), autant mettre le maximum de chance de son côté en prenant soin de lui, en apprenant à le connaître et en respectant ses besoins, en connaissant ses limites parce qu’on ne sait jamais quand on sera obligé de tirer sur la corde. Parfois ca peut-être pour des choses marrantes dans un cadre sécuritaire, et parfois ca peut être pour des raisons nettement moins drôles. Mais ca, on ne le sait jamais en avance.

En matière de pratiques magiques, ca vaut aussi, aussi bizarre que cela puisse paraître. Parce que certains rituels vous vident. Parce qu’il est préférable de se connaître, d’être honnête et réaliste par rapport à ses forces et ses faiblesses, physique et mentales, sinon ca peut vite virer au merdier intégral. Pas obligatoirement dangereux, mais qui peut au minimum péter gravement l’ambiance. J’ai un souvenir de ce style là, pas très reluisant pour moi, mais j’avais trop cru que j’avais dépassé certains problèmes, sauf que non. Encore aujourd’hui, j’en suis pas fière mais ca m’a servie de leçon.
Certaines pratiques sont plus fatigantes que d’autres, la pratique de la transe par exemple, suppose d’avoir une condition physique de base pas dégueulasse.

Bien qu’elle puisse paraître froide, cette approche n’est pas, à mes yeux, en contradiction avec le fait de s’aimer (ou d’apprendre à s’aimer, quitte à travailler sur certains points, et au niveau psychologique et au niveau physique) et d’honorer son corps.
Nous ne sommes pas égaux en la matière, que ce soit en considérant nos capacités, notre apparence physique, notre état de santé. Il y a un certains nombres de paramètres sur lesquels il est possible d’agir (si on a un problème de déséquilibre alimentaire et que l’on n’aime pas son apparence physique, il est possible, dans une certaine mesure, d’essayer de résoudre une partie du problème, mais aussi de prendre conscience et de tenter de guérir ce qui est à l’origine du problème. Il ne s’agit pas de prétendre que « c’est très simple et qu’il n’y a qu’à » ou de faire des simplifications abusives : mais il y a sans doute des processus et des gestes qui peuvent aider la personne a transformer un cercle vicieux de  destruction en quelque chose de positif. De ce point de vue là, effectivement, le fait d’essayer de porter un nouveau regard sur son corps sans le malmener et en appliquant par exemple certaines méthodes telle que celle expliquée dans le paragraphe sur le sacré, peut produire une charge positive pour la personne, au moins dans certains cas. )

Concernant l’état de santé, la question est autrement plus casse-gueule. Nous avons nos forces et nos faiblesses en la matière, et si certains points peuvent s’améliorer ou être soigné, ou la vie de la personne rendue plus facile avec le temps, certaines choses resteront impossibles. A ce niveau là, les encouragements maladroits et les avis à l’emporte-pièce ou les réflexions déplacées sont plus ou moins courants et pas facile à gérer. Combien de fois j’ai entendu des phrases comme « mais comment tu fais pour être aussi myope ? » ou « mais tu vas devenir aveugle ? » ou « mais à ce niveau là en fait, tu es handicapée ». Ou plus sournois les gens qui ne disent « ah mais ca n’est pas vrai que tu sois myope, souvent tu ne mets pas tes lunettes. » « Oui, dans ces cas là, il y a un truc qui s’appelle les lentilles de contact tu sais ». Une fois, ca passe. A force, j’avais juste envie de leurs coller un taquet dans la face. Je ne suis pas toujours très douée pour savoir quoi dire quand une personne me parle de certains de ses soucis / état de santé, du coup, je tend à la fermer et à me contenter d’écouter, évitant les « je comprends » (bah non, on peut comprends intellectuellement, mais on n’est pas la personne, donc on évite de faire comme si on savait exactement ce qu’elle vit) ou « mais tu as essayé de » et les conseils médicaux ou « tu verras quand » (au pif, quand une personne vous dit qu’elle essaie de concevoir depuis X mois et que ca ne marche pas, ne répondez pas « ca viendra quand tu ne t’y attendras pas » ou « tu es trop stressées » ou « psychologiquement tu n’es pas prête ». Je connais plusieurs personnes qui ont été ou sont dans ce cas là, et franchement, même si votre remarque se veut « gentille et pleine de compassion », si elle rentre dans cette optique, fermez votre mouille.)

Auteur inconnu

Il y aurait encore beaucoup à ajouter, notamment sur la vision d’un corps idéal, et de sa représentation dans les différentes branches du paganisme actuel. Parce que même si cette représentation se veut quelque peut différente des critères de la société de consommation, on assiste quand même à l’élaboration d’un modèle : celui d’une beauté naturelle, de certains marqueurs de féminité (et masculinité, mais je suis moins au fait pour en parler)  dans le rapport à certains grands thèmes comme la maternité ou les règles. Et j’ai souvent l’impression que, consciemment ou non, un certain nombre de personnes essaient de se positionner -en pour ou en contre- par rapport à ce modèle plus ou moins défini.

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[SYLPHE] Le Jeu du pendu : les signes.

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Pour en savoir plus sur le groupe SYLPHE.

Réfléchir sur l’instinct, l’intuition, les signes que l’on reçoit ou que l’on croit recevoir. Vaste sujet de réflexion dont voilà quelques bribes. Je resterai uniquement centrée sur les signes, par commodité.

En linguistique, le signe, c’est l’unité qui unit un phénomène acoustique et un concept. Le signe est donc composé d’un signifiant (le phénomène acoustique) et d’un signifié (le concept).

On peut considérer que le signe au sens où il est entendu ici est semblable : il est considéré comme étant un écho (je préfère le terme d’écho au terme de message, il y a une différence de nuance assez importante dans ce contexte ci) de « L’Autre Monde » apportant un marqueur sur une potentialité. A noter que je dis bien « il est considéré comme » et non pas « il est » : sa véracité (est-ce qu’il est réellement ou bien nous choisissons de le traduire comme tel ?) est de l’ordre de l’hypothétique, de l’hypothèse que nous choisissons de considérer comme « probable » en raison de nos marqueurs référentiels. C’est pour des raisons similaires que le terme écho est utilisé par rapport au terme « message », l’écho étant la réflexion d’un son, non pas le son lui même. Enfin, cet écho, suivant la nature de notre recherche, de son expression et de son contenu apporte une indice, un élément d’indication au sein d’une masse d’information, il nous permet éventuellement de faire certains choix à partir de la manière dont nous percevrons et analyserons ce contenu. Intrinsèquement, il est en quelque sorte « neutre ». Ce qui nous influencera c’est la façon dont nous le recevrons et dont nous le décoderons. Je tend à considérer que le « signe » reçu est un simple indicateur factuel auquel nous prêtons plus ou moins d’attention, un regard plus ou moins biaisé, et que nous pouvons tout à fait « distordre » de multiples manières suivant les calques de décryptages que l’on appliquera.

En des termes plus simples, le signe est un écho neutre nous indiquant une information que nous pouvons tout à fait mal comprendre, d’autant plus si nous nous cantonnons à un écho unique. Parfois, un graffiti sur un mur est juste un graffiti sur un mur.

De la façon dont je perçois les signes, ils sont semblables aux lettres de l’alphabet : une lettre n’est pas encore un mot, pas une phrase et encore moins un texte. Ce n’est que lorsque nous connectons un certain nombre de lettres que nous formons un mot, et par une suite de mots, une phrase, puis par développement, des textes. Le signe est une lettre. Seul il ne signifie pas grand chose. Ce n’est que lorsque plusieurs signes se combinent qu’ils constituent un ensemble intelligible. Isolé, il ne signifie rien d’autre que lui même, bien qu’il soit possible de commencer à percevoir certaines structures, un peu comme dans le jeu du pendu, quand nous n’avons qu’une seule lettre et un ensemble de cases vides et que nous réfléchissons à ce que cela peut former comme mot. Le contexte joue un rôle dans l’interprétation du signe : pour reprendre l’exemple du Jeu du pendu, nous réfléchissons au mot crypté parce que nous sommes dans le cadre d’un jeu dont les règles sont connues des participants et dans le laps de temps durant lequel ce jeu s’exerce. Sorti de ce contexte, il est probable que nous ne nous prêtons pas à ce type d’exercice. Pour le signe, c’est pareil : c’est parce que nous avons soit une interrogation particulière, soit que notre contexte personnel s’y prête que nous sommes plus porté sur l’analyse d’un éventuel signe, et que, par ricochet, nous aurons davantage tendance à adopter telle ou telle grille de décryptage une fois qu’il nous semble saisir un écho.

Nous avons donc trois phénomènes qui structurent la perception du signe :

Le signe en lui-même, ou plutôt l’information qui est perçue / ressentie comme tel. (Je serai même tentée de dire « l’ensemble de signes » puisque pour reprendre de manière synthétique la théorie énoncée plus haut, le signe est une lettre, et une lettre n’est pas un mot.)
Le contexte dans lequel le signe s’inscrit, le cadre de la recherche, des raisons pour lesquelles nous aurons tendance à être réceptif à sa réception.
L’angle d’analyse, la réception proprement dite, son décryptage.

De bons présages ?

Le signe, en tant qu’information, est neutre. On peut parler de « mauvais présage » ou de « bon présage », mais c’est davantage une donnée  posteriori. Le fait qu’il y est une information est en soi, neutre. Il ne donne d’indication sur le fait d’agir ou de ne pas agir que si nous y appliquons une grille de lecture (et quelle grille de lecture convient-il d’appliquer ?) Le signe est là, il tend à indiquer de continuer sur cette route. Pour autant, cela ne présage en rien de la nature de la route, sans même prendre en compte le fait que certaines routes, si elles sont nécessaires, ne sont pas pour autant agréables, en tout cas jusqu’à un certain point.

Comment on sait si c’est un signe ?

Etant du genre à attendre d’avoir un nombre de données conséquentes avant de me risquer à quoi que ce soit, et au risque de me répéter, j’ai tendance à dire que c’est la répétition d’un signe dans un laps de temps défini qui fait le signe. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas capable de percevoir des indices sommaires, ni que je ne possède pas d’intuition, plutôt que je les regarde du coin de l’œil, comme une information pouvant potentiellement prendre de l’importance.
L’autre donnée à prendre en compte, c’est l’évolution constante de la trame : tout se réajuste en permanence.

Si l’on considère que l’on attend, entre autre, d’un groupe de signe qu’il nous indique la route la plus favorable pour nous, un bon indice pour savoir si oui ou non l’on est sur la bonne route, est d’observer la nature des événements sur cette route. Globalement, j’ai pu observer que quand on est sur le « bon » chemin, les obstacles sont parfois présents, mais tendent soit à se tasser, soit à présenter d’autres ouvertures. La façon dont je conçois les choses rend cependant cette optique davantage pertinente pour les opportunités matérielles que pour la résolution d’une problématique spirituelle et/ou émotionnelle (qui peut ainsi s’avérer ardue jusqu’à ce que l’on résolve le nœud de la problématique, qui tient souvent d’une difficulté personnelle).

Le signe est quelque chose de personnel. Même si on retrouve des grilles d’interprétations communes, des façons d’aspecter des problématiques similaires chez des individus parcourant des routes semblables, l’écho est déchiffré de manières différentes suivant les personnes. Pour reprendre une image faisant appel à des fonctions cognitives, c’est un peu comme la perception des couleurs, qui varie plus ou moins suivant les gens. Allez demander à tout bout de champs si tel ou tel phénomène est un signe, ou en faire des caisses dés qu’on trouve une plume par terre est pour moi une façon de se rassurer, à la fois parce qu’on est pas sûr de son interprétation, parce que l’on doute de soi. En se référant au jugement d’autrui pour quelque chose qui est de l’ordre de l’intime, c’est en quelque sorte faire dans la validation sociale, ou pire, chercher à se donner de l’importance.

Ce n’est pas qu’il ne faille pas parler des signes que l’on a reçu (pour autant qu’il puisse exister des signes infaillibles, pour autant que l’on soit dans une démarche dans lequel on souhaite partager ce genre d’infos etc… encore une fois, tout est affaire de nuances, de cadres, de perceptions, d’interprétations, de structures…) c’est juste qu’à mon avis, les autres n’ont rien à foutre dans notre cheminement, d’une. De deux, cela m’évoque parfois une certaine forme d’hystérie collective : quand tout le monde se monte la tête mutuellement, qu’on devient inchiable et que l’on hurle au signe pour tout et n’importe quoi. D’où l’importance de la fonction de répétition de signes similaires et la nécessité de prendre du recul. Si on veut voir des signes partout, on peut en voir partout. Mais une des particularités des signes est aussi d’être une aspérité, une altérité dans un quotidien. S’ils ont lieu en permanence, alors ils perdent cette faculté d’exception et ne doivent plus être considéré comme des signes, mais juste comme une donnée régulière.
Si vous vivez dans un endroit où les corbeaux abondent, croiser un corbeau le matin devrait être sujet à plus nuance sur sa pertinence en tant que signe que si vous croisez un colibri.

Davantage que la percée d’un ou plusieurs signes, j’ai tendance à être sensible à ce que j’appelle des phénomènes d’accélération. Le phénomène d’accélération commence par une sorte de coïncidence/s, la plupart du temps assortie de rêves (le rêve est-il un signe ? Pas pour moi, pas dans ma manière de percevoir et de définir le signe. Ceci dit, le rêve est un sujet complexe.)  quelque chose qui émet un son pratiquement imperceptible. Puis le son s’amplifie. Et alors même que l’on tend l’oreille, on observe une multitude de corrélation autour, pas des signes extérieurs, plutôt un alignement de fait qui constitue une sorte de route que l’on emprunte. Et alors même que l’on commence à arpenter la route, tout se met naturellement en place. Et une fois arrivé au premier relais, on peut, en se retournant sur les faits passés, noter une cohérence certaine.

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