Le rêve de l’Aconit

Il y a parfois des synchronicités amusantes.

Cette nuit, j’ai rêvé que je me retrouvais en Finlande, avec un vieux same (Perceval power !) qui m’emmenait faire un voyage à dos de rennes. Une fois descendue du renne, il y avait plein d’aconit partout. J’étais littéralement fascinée, me demandait si cette plante poussait réellement dans cette partie du monde, et je les approchais pour les photographier, avant de me rendre compte qu’au pied de celle que je regardais, il y avait un curieux petit animal, qui ressemblait vaguement à un dragon miniature. Un animal comme je ne pense pas qu’il en existe en Matérialité. Il me regardais, les yeux mi-clos, et je lui demandais si j’avais le droit de le photographier. Il acquiesçait et me faisait comprendre que je pouvais prélever un peu d’aconit si je le souhaitais. Il m’y autorisait. Donc acte, cueillette de la main gauche et remerciements/échanges d’usage. En revanche, il se montrait très agressif envers la personne qui m’accompagnait -pas le vieux, quelqu’un d’autre-  et ne la laissait pas approcher.
Ensuite je testais la plante. je la tenais dans ma main gauche et j’étais complètement tripée. Il y avait à ce moment là beaucoup d’autres gens dans mon rêve, et tous disaient que j’étais folle de faire un truc pareil. Je ne comprenais pas pourquoi, et personne ne voulait me donner un morceau de tissu pour envelopper le végétal. Personne sauf une amie qui expliquait aux gens que « j’étais comme ça ».

En sortant de chez le médecin, j’ai pris un chemin différent pour rentrer, sans raison valable, et je me suis trouvée devant une sorte de « jardin-nature » destiné aux enfants, mais ouvert à tous. J’y suis entrée, par curiosité. Au fond du jardin, il y avait une section « le jardin de sorcières ». Et il y avait de l’aconit, bien cachée au centre de la section. J’en ai pris, avec les mêmes formules d’usage que dans mon rêve.

Je trouve ça marrant.

Par rapport au rêve, ce n’est pas la première fois que le duo plante/animal onirique se présente. J’ai rencontré plusieurs fois la belladone sous la forme d’une espèce de wombat violacé dans mes rêves avant de faire le lien et de comprendre pas mal de choses. La seule chose que je regrette, c’est de ne pas être en mesure de les dessiner, je devrais au moins essayer.

Végétation urbaine au Solstice d’été

Vendredi, l’occasion d’une petite promenade au parc juste à côté de chez moi. En réalité ce n’est pas un parc, plutôt une zone de préservation de la biodiversité : établie sur une ancienne voie ferrée désaffectée pour la partie la plus sauvage, qui ressemble beaucoup à une mini forêt. Je pense que l’autre partie a été prise sur d’anciens jardins, vu les plantes qui y poussent (beaucoup, beaucoup de rosiers et de groseilliers). On y trouve pleins d’oiseaux et toutes sortes de plantes (dont une plante énorme à l’entrée : je pense que c’est de la rhubarbe mais je n’ai pas encore vérifié). Beaucoup de frênes, de sureaux, de bouleaux, d’aubépine, de pruniers et d’ifs. Quelques noisetiers, des cerisiers et des pommiers… Des plantes en pagailles (dont pas mal de « plantes sorcières » quand on regarde bien…) Il y a un nichoir pour les abeilles solitaires, des tas de rondins pour les insectes et les rares coupes faites sur les arbres (histoire que l’on puisse continuer à passer dans les allées) sont rassemblées sur des tas de compost.

ancolieAncolie (mai) aubepineCénelles d’aubépine
trefle4Trèfle à 4 feuilles (mai) gailletGaillet
morelle_douce_amereMorelle douce-amère genetGenêt
parc1Bosquet parc2Entrée
nigelleNigelle de Damas ronceRonce

On décrit souvent les villes comme des zones entièrement bétonnées, pourtant c’est loin d’être toujours le cas : de plus en plus de communes essaient de créer des zones comme celles-ci. Un endroit verdoyant où l’on observe les saisons passer, les oiseaux (et sans compter le « non-visible :p), beaucoup plus agréable que les parcs où tout est bien rangé, bien tondu, bien propret. Les terrains vagues sont aussi des endroits parfois surprenant, parfois au milieu des palissades ou des quartiers en constructions (notamment dans certaines zones industrielles) on trouve encore de vastes terrains où la flore semble s’en donner à cœur joie. Les cimetières sont aussi des endroits intéressants à ce niveau là, surtout les vieux cimetières avec des vieilles tombes toutes abîmées aux stèles effacées.

bouleauBouleaux chevrefeuilleChèvrefeuille
 On dirait une sorte de faux bouillon… à voir  tanaisieTanaisie
 
 Millepertuis
 Une abeille sur une fleur de chélidoine  groseillesGroseilles

Je vais musarder et traîner très souvent dans cet endroit depuis l’été dernier. Un peu moins depuis que mon emploi du temps s’est à nouveau rempli d’occupation regular mais c’est assez fascinant de venir jour après jour dans un endroit, de le voir changer. De voir le mouvement des plantes, les palettes de couleurs évoluer, les zones vides laissées par l’hiver se remplir de verts et de couleurs. Les fruits viendront, et de nouveau le jaune de l’automne et le noir de janvier. Je pense prendre des photos à chaque « tournant » de l’année, mesurer l’évolution, si possible sur plusieurs années, avoir une trace de l’évolution des saisons, des répercussions du climat sur la végétation. On verra mais ca serait intéressant.

[Odin Project – Jour 6] Les plantes d’Odin

Les plantes présentées sont celles que j’utilise personnellement, la liste n’est absolument pas exhaustive. Parmi les plantes citées ci-dessous, certaines sont communément admises, d’autres peut-être un peu moins.

If : On dit souvent qu’Yggdrasil est un frêne, mais la façon dont il est décrit dans la Völuspa pourrait indiquer un if : 1/ c’est un arbre « toujours vert » 2/ des cerfs mangent ses aiguilles. La rune Yr est celle de l’Arbre Monde et de l’if toujours vert. Pour ces raisons -et pour d’autres- j’associe l’if à Odin, mais je n’utilise pas le frêne.

Marrube : De nombreuses sources sur internet (et dans le livre de Galina Krasskova, Northern Tradition for the Solitary Practitioner) indiquent que le marrube est lié à Odin mais je n’ai pas pu en découvrir la raison (d’ailleurs si quelqu’un connaît la raison, il peut m’envoyer un mail). L’étymologie du mot anglais (horehound) n’est pas non plus catégorique, plusieurs pistes ayant été proposées, certaines n’étant pas confirmées. En tout cas, mon hypothèse personnelle après quelques lectures, c’est qu’il y a sans doute/peut-être une confusion entre le marrube blanc (marrubium vulgare) et le marrube noir (la ballote, ballota nigra) : ces deux plantes ont le même nom en anglais. Il pourrait y avoir un lien avec les chiens -YOU DON’T SAY ?- mais surtout, il semble qu’il y ait un lien avec l’empoisonnement, l’intoxication -la ballote est toxique- mais aussi la guérison -le marrube blanc est employé depuis l’Antiquité pour guérir diverses affections, dont les morsures de chiens enragés. On sait qu’Odin est nommé Woden en vieil allemand, et wod- signifie intoxication, fureur (je cite Gundarsson). Bon, en tout cas, en travaillant sur la plante, j’ai constaté qu’il y a effectivement un lien et que ca marche. J’aimerais bien tester avec la ballote, mais je n’en ai pas sous la patte (je fais appel à un(e) généreux/se donateur/trice ^^).

Tabac : Dans certaines  traditions chamaniques, le tabac est employé comme offrande pour les esprits. Ca n’est pas vraiment traditionnel (en même temps, s’il ne fallait faire que des trucs tradz…) étant donné que le tabac a été rapporté d’Amérique (bon historiquement il y aurait de quoi écrire un pavé sur la découverte de l’Amérique, Erik le Rouge et toutes les polémiques autour, mais cela n’est ni le but, ni mon domaine). On peut lui associer le tabac en tant que lien avec les esprits et la mort, et les voyages chamanique. Je suppose que le côté Gandalf joue peut-être un peu dans l’inconscient aussi, mais ca n’est pas forcément contradictoire.

Mousse de chêne : (J’aurais bien une blague graveleuse à proposer, mais je vais me retenir). C’est du purement intuitif, juste une question d’odeur. J’adore celle de la mousse de chêne, elle a quelque chose d’enivrant je trouve, ce sont des considérations tout à fait personnelles qui font que je la rattache à Odin (et pas que à lui d’ailleurs).

Menthe poivrée (et la menthe verte) : La Menthe verte se dit « spearmint » en anglais. Spear, c’est la lance et me fait penser à Gungnir, la lance d’Odin. Il n’y a pas vraiment de raison pour la menthe poivrée, c’est une simple question d’odeur, et parce que la menthe verte est pour moi plus « féminine » et la menthe poivrée plus « masculine ».

Le poireau (mais aussi l’oignon, l’ailgarleac en vieil-anglais, ce qui signifie lance-poireau-) : Ca fait sourire à notre époque, mais le poireau est une plante sacrée dans la mythologie nordique. Ca n’est pas tant à cause de la forme du légumes qu’avec son lien à la rune laguz, qui est le plus souvent interprétée comme celle de l’eau, mais qui était probablement la rune du poireau et donc de l’essence vitale (je fais simple).