[PBP] R – La technique du Rebrousse-Chemin

Le fait de ne pas tenir ses promesses

Le titre de ce poste est spécialement dédicacé à G. Y. 😉 et tiré de la série Kaamelott.

Perceval : 
Bon, 
alors 
maintenant
 la 
technique 
du 
rebrousse‐chemin.
 Mettons 
que
 vous
 soyez
 en 
déplacement
 militaire 
[…] faut 
bien 
retenir 
le 
code
 du
 chef 
de 
file. 
S’il 
dit 
«  À l’attaque »,
 « À 
l’assaut » 
ou
 « Chargez »,
 vous
 partez 
à 
l’arrière
 pendant que 
la 
troupe
 avance
 et 
vous
 rentrez
 à 
Kaamelott.
 C’est 
le 
rebrousse‐chemin.

Les relations que l’on entretient avec les déités / esprits  sont parfois -heureusement ou malheureusement- assez semblables à celles que l’on peut avoir avec des humains. Il y a des hauts, et il y a des bas.
C’est facile de se consacrer à une déité et de prendre des engagements ou de faire une promesse quand tout va bien, quand la relation est agréable. Ca l’est beaucoup moins quand on est dans une période de creux, qu’on se ramasse des gadins, que certaines situations spirituelles se compliquent.

Tout dépend comment l’on considère les choses : prenons le parallèle avec les Handfasting. Certains promettent « pour cette vie et dans les autres », d’autres « jusqu’à ce que la mort nous sépare », d’autres encore choisissent une durée définie quitte à se ré-engager par la suite, enfin, d’autres diront « tant que l’amour durera ». Quitte à passer pour une réactionnaire, je suis dubitative sur cette dernière option. C’est tellement facile « bon, ok, tant que je t’aime, je veux bien être avec toi, mais si on ne s’aime plus, allez, tschüβ » (le β n’existe plus, je sais, mais je l’aime bien, c’est mon côté hipster.) Les tendances sociales actuelles sont tellement dans cette optique là, quand ca ne marche plus, qu’on ne s’éclate plus au pieu, après avoir eu un enfant ou deux, que le partenaire vieillit ou est malade, hop, poubelle. Le partenaire est chiant ou devient bizarre ? Poubelle.
Ben voyons, on prête serment quand c’est facile et quand ca devient un challenge, on adopte le rebrousse-chemin.

Avec les déités c’est un peu pareil.  C’est trop facile de se consacrer  à une déité et de prêter serment pour ensuite dire « ah non, c’est trop craignos, ou tiens, Machin(e) m’attire et me correspond plus, hop, je vais me consacrer à elle/lui. » Franchement, on rigole là ?

Tout dépend du type de serment que vous prêtez, on est d’accord. On est d’accord aussi que, parfois, il y a des évolutions et des événements qui font « que ». Et que parfois, il arrive que les relations changent et que les chemins se séparent, que de nouvelles routes s’ouvrent ensuite à nous.

Certaines personnes choisissent de se consacrer à certaines déités pour un temps donné, ce qui est loin d’être idiot. Plutôt que de faire un comparatif du « mon serment il est plus true que le tien », réfléchissez par rapport ce que vous allez promettre.
J’ai eu l’occasion de constater que quand ca n’allait pas avec une déité, il y en avait parfois d’autres qui se pointaient. Parfois cela apporte d’autres points de vue, de travailler sur d’autres choses qui viennent nous appuyer et de travailler sur nous aussi, lissant la situation emmêlée. Ceci dit, méfiez-vous si l’une d’elle se pointe avec « la solution miracle ». C’est probablement un attrape-couillon (ou c’est dans la tête), il suffit d’avoir un peu de bon sens pour s’en rendre compte : les offres pour gagner des sommes folles sans travailler et en investissant 1€, vous avez, à juste titre, du mal à y croire et vous flairez l’arnaque ? Là c’est pareil. Que ce soit « réel » (on se comprend) ou dans votre tête, ce n’est pas une bonne idée de sauter sur la proposition. Dans le second cas vous allez juste rendre la situation encore plus inextricable et évitez de vous pencher sur ce qui pose réellement problème, dans le premier, vous allez vous retrouver dans la merde.

Le monde actuel semble largement justifier et même encourager les mensonges et les fausses promesses. Combien de fois ai-je entendue adolescente « ah ah, les promesses n’engagent que ceux qui y croient ? », ce qui me rendait folle de rage. C’est encore plus épineux dans le monde professionnel, ou les fausses promesses sont non seulement largement employées, mais en plus valorisées et vous valent de passer pour une personne « rusée et capable ». Mouais. Il n’empêche que même dans le monde humains, ca a des conséquences. Tôt ou tard.

Comment pouvez-vous espérer que l’autre sera réglo dans une situation donnée si vous-même ne l’êtes pas ? Vous finirez par passer pour un/e menteur/se de première, une personne versatile, peu fiable et un jour, vous aurez besoin d’aide et ne la trouverez pas, ou alors vous tomberez sur plus rusé que vous.

Sans aller jusqu’à vouloir se comporter comme un paladin, évitez de faire des promesses à tout bout de champs si c’est au bout du compte pour ne pas les tenir.

Suivant les personnes, il y a différentes conceptions des « codes » de relations avec les déités / esprits. Il y a celles qui considèrent que les rapports sont de l’ordre du donnant-donnant, d’autres qui considèrent qu’ils ne nous doivent rien et qu’il faut au maximum tenter de négocier, mais c’est tout.
Ces deux conceptions influençent pas mal la façon dont on peut réagir si quelque chose se passe mal. A titre d’information factuelle, d’après Boyer, les relations entres les gens et les dieux nordiques dans la Scandinavie ancienne étaient de l’ordre du donnant-donnant, et si quelque chose se passait mal, les gens n’hésitaient pas à mettre un dieu « au coin » pendant quelques temps (toujours d’après lui, ils firent pareil avec Jésus au début de l’implantation du Christianisme. A voir, mais c’est marrant : j’imagine le Père Blaize de Kaamelott expliquer à un viking qu’on ne met pas la statue de Jésus en punition dans la stalle avec les animaux de ferme, bref).

Pour certains on est en droit de gueuler, pour d’autres, on doit fermer sa mouille et endurer. Personnellement, si j’avais envie de fermer ma gueule et de me laisser faire sans protester, j’irais voir dans une autre religion si j’y suis. Mais c’est un point de vue. J’ai tendance à penser qu’une volée d’injures et d’interjections grossières vaut mieux que de rompre une promesse. D’autres hurleraient au blasphème. (ca aussi, c’est toute une notion intéressante : le blasphème existe-il dans un contexte « néo/païen » ? je suis perplexe.)

(Hergé)

Au niveau de la pratique, c’est un peu nébuleux à expliquer, mais j’ai tendance à penser que si l’on brise un serment ou un engagement, même factuel, on « brise » soi-même ses capacités. Un peu comme si on avait un passeport et un visa pour aller à l’étranger, et qu’un fois sur place, on se mettait à enfreindre la loi, et qu’on se faisait confisquer passeport et visa, puis expulser du pays avec interdiction d’y revenir. Parfois vous n’aurez qu’une amende ou une garde à vue, mais vous êtes « grillé » et vous courez potentiellement le risque d’avoir plus de problèmes ou de ne pas être cru si vous avez ensuite un souci. Sans oubliez la baffe cosmique possible (« sans compter ce que va dire Tintin »).

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5 réflexions sur “[PBP] R – La technique du Rebrousse-Chemin

  1. Comme dans tout engagement, il y a aussi une notion de respect. Il m’est arrivé de ne pouvoir tenir certaines promesses ou engagement que j’avais pu faire envers une déité ou à un guide, sur un temps donné. Cela mérite souvent des explications, voire revenir sur l’ambition de ses promesses. Et inversement, je n’ai jamais exigé d’engagements fermes en retour. Et si un éloignement peu s’en suivre, la notion de respect est toujours là.

    • Peut-être pas tout à fait clair ton commentaire…. (pas assez précis dans les allusions). Je crois que je vois ce que tu veux dire, mais je doute. Ca n’est pas parce que tu n’as pas rempli ta promesse qu’il n’y avait pas de respect envers la déité ? C’est bien ça ?

      Cependant, au moins au Nord, une promesse EST une promesse 😉 C’est un engagement hyper fort, pas pris à la légère, si tu n’es pas sûre de la remplir, et bien tu ne t’engages pas, car justement c’est un manque de respect, et ça peut avoir de graves répercussions.

      NB : à noter que ça a des répercussions « graves » quand il s’agit des dieux, mais toute promesse non remplie te dessert de façon générale, parce que cela affaiblit ta force spirituelle. C’est pareil avec les humains ou les dieux, si tu ne vas pas au bout de tes propres mots / engagements… ça coince.

      • Un beau débat en perspective… Je suis d’accord, et … pas d’accord…. Ne pas tenir un engagement peux être lourd de conséquences, d’accord. Et il y a toujours un retour de manivelle. Là où je serais plus pondérée, c’est lorsqu’un engagement, non pris à la légère, mais intenable (soit trop ambitieux, soit parce qu’on s’est fixé un délai trop court…) n’a pu être tenu, il peut « révisé », soit dans les délais, soit dans la forme. çà m’est arrivé. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de réaction, mais bon, on peut aussi avoir un peu de souplesse. Retarder l’exécution d’une promesse, tant que l’on est clair, n’est pas impossible.

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