Beltane

beltane2Beltane, la partie claire de l’année… Il y a maintenant exactement onze ans, je célébrais mon premier sabbat. Je me souviens exactement de ce que j’ai offert comme offrande, de ce que je portais (cela avait de l’importance pour moi à l’époque. On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans.)


Je repense, sans raison valable, à toutes les rencontres, à tous les changements, les évolutions. Aux périodes de désespoir et aux périodes de grands bonheurs. Je repense aux personnes que j’ai croisé, miraculeusement, alors que je n’avais pas internet. Quand il n’y avait rien pour demander un avis, un conseil. Quand on était seul avec deux pauvres livres trouvés à la FNAC, parce qu’en 2002, on ne trouvait vraiment pas grand chose, et encore moins quand on ne lisait pas l’anglais.

Je repense à mon parcours, autant à celui de ces dix dernières années, qu’à celui de l’année écoulée, et avec plus d’acuité encore, aux six derniers mois. Et je revois celle que j’ai été il y a presque vingt ans, la petite fille qui avait fait un autel dans sa chambre et qui priait avant de s’endormir. Pas que j’ai été élevée dans une famille particulièrement pratiquante, au contraire. Je me souviens de ce que je ressentais et je me rappelle de la perte que j’avais éprouvé quand cette confiance là à disparue, volatilisée, anéantie. Je me souviens de ma hargne adolescente, de ma colère et de mon chagrin parce que malgré tous mes efforts, je n’arrivais pas à retrouver cette ferveur. Je me souviens de cette soirée en Bretagne, où j’ai fracassé mon autel à coup de pieds, aveuglée par la colère, parce que je me disais que ces sentiments là étaient enfuis pour toujours. Je me souviens aussi de mes discussions dans le parc de Cluny, avec un ami (qui de façon amusante, m’a téléphoné aujourd’hui) qui se définit comme un mystique rationaliste. Un chrétien hors des sentiers liturgiques, avec qui j’ai toujours eu des discussions passionnantes, et nos discussions, pendant lesquelles je sentais qu’il manquait quelque chose. Finalement j’ai fait mon deuil de cette lanterne, la pensant à jamais morte, me disant qu’elle était liée à l’enfance et à la naïveté. Je me suis dit avec, pour moitié « raison », moitié cynisme que j’étais adulte maintenant, et que tout était désormais normal. Scellé avec du verre dans un cadre faussement patiné.
Et ironiquement, comme toujours dans les histoires où il semble que l’on pourrait écrire le mot fin à la troisième ligne, on se retrouve précisément à mettre la main sur l’anneau quand on le pense perdu à jamais. On ressent les murmures et les tremblements dans la toile longtemps avant qu’ils se produisent, mais on ne les écoute pas. On ne les écoute que quand on se retrouve dans le noir, à échanger des énigmes avec un être étrange, et qu’en s’enfuyant par un tunnel, on regarde une fois dehors l’objet brillant dans le creux de notre main, sans comprendre encore. Et quand on comprend, et bien c’est là que commence véritablement l’histoire. « Back & Again ».

Une journée ordinaire en quelques sortes, parce que le seul rituel de Beltane qui compte à nos yeux est plus agréable sur un matelas. Parce que je pense définitivement, si toutefois ce mot a encore un sens, que les choses les plus importances ne sont pas visibles, et qu’un autel est juste un domino électrique pour joindre les câbles et faire partir les télégrammes, pas une vitrine.  Se lever, crafter des bougies au miel et en foirer une (qui ressemble pour le coup à une bite, c’est factuel. C’est Beltane.) et  éclater de rire. Boire une bière au sirop de cerise, parce qu’il n’y a plus de violette et se dire que si demain on peut n’avoir que ce genre de regret, alors c’est que tout est parfait.

Faire un tirage de Soul Map, comme à Samhain. Pour faire le point. Se manger « Capitain Obvious » dans la tronche. Et, le détail qui n’a, factuellement rien de marrant, mais qui dans le contexte, vous fait dire que non, décidement… C’est toujours ca de pris, et puis, comme le dit le Classique « le miroir montre des choses qui sont. Des choses qui seront. Et aussi des choses qui ne sont pas. Si vous ne trouvez pas le moyen Frodon de la Comté, personne ne le pourra. » Fuck yourself, magne ton derche ou en d’autres langues : STFU N00B GO PEX. World of Warcraft comme livre saint et des oracles prophétisant en style sms. La Völuspa sur twitter en moins de 150 caractères, quand vous voulez.

Il ne reviendra sans doute pas pour la partie claire. C’est dommage. Après dix années passées en bonne compagnie, il y a des habitudes qui se créée, et quand ils vous déposent à la porte d’une maison, vous aimeriez bien qu’ils restent et que ce que vous pensez sentir sur les autres restent sur les autres. Je pense que c’est souvent nous même que nous décryptons de la sorte, mais comme nous ne le supportons pas, on préfère croire que ca appartient à autrui. Fatal error, system 404 not found.

Demain retour à l’ordinaire.

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