[PBP] F – Futhark

Note : cet article ne traite que de la divination et des énergies des runes, j’essayerai de faire un jour une autre partie sur les utilisations magiques des runes

Première(s) rencontre(s)

Ma première rencontre avec les runes… et en le relisant, gros « hum, pardon les conneries ». « Le rune » mais lol… source Le monde des alphabets, paru en 1998

Je ne me souviens pas précisément du moment où j’ai fait la connaissance des runes : il me semble que cela remonte bien avant ma découverte du paganisme. J’étais passionnée par les alphabets anciens, les langues et les codes secrets et on m’avait offert un livre dessus quand j’étais au collège (je devais avoir aux alentours de 13 ans). Je passais des après-midi à essayer de comprendre les glyphes maya, en piquant des crises de rage parce que je ne pouvais pas lire ce qui était marqué, et quand je lisais que les savants n’avaient pas réussi à toutes les déchiffrer. Ca me mettait dans une colère noire de penser que tout avait été détruit et que nous étions maintenant privé de cette connaissance. Bref. Dans ce livre, il y avait aussi l’alphabet cyrilliques et les runes, et je m’étais mis à les apprendre tous les deux, pour pouvoir m’en servir pour écrire sans que l’on comprenne. En 3e, avec une amie, nous échangions nos petits mots comme ça, parfois en mixant les deux alphabets pour être certaines que personne ne pouvaient comprendre.
Je pensais à l’époque que plus personne ne savaient les utiliser, qu’elles étaient désormais inutiles et cela me rendait triste. Je me disais qu’un jour, j’aimerai les comprendre comment elles étaient utilisées, pourquoi. Pourquoi elles avaient disparues (puisque c’était ce que le livre disait).
Et puis j’ai un peu grandi et j’ai eu d’autres sujets de préoccupations. Quelques années de creux avant qu’elles ne reviennent un jour, mentionnées dans des livres. J’allais à la bibliothèque de ma fac et je cherchais les livres dessus (j’étais dans une fac avec un département nordique).

Le début du travail avec les runes

Ce n’est qu’en rencontrant la personne qui est devenue par la suite ma meilleure amie que j’ai commencé à travailler avec. Je me souviens de la tonne de recherche que j’ai fait à cette époque, puisque ce n’est qu’à ce moment que j’ai eu internet chez moi (et que je me suis rendue compte que, ô miracle, je n’étais pas toute seule, cela parait fou dit maintenant).

Je les ai d’abord synthétisées, comme on le voit souvent. Fehu = le bétail etc. Je me suis mise à lire deux ou trois trucs de mythologies nordiques, mais je ne faisais pas le lien. Je travaillais avec elles de manière désincarnées, on peut dire. C’est triste à dire, mais pour moi, c’était un outil de divination et un système d’écriture. Point. Je les ai appris relativement vite et j’ai commencé à essayer la méthode conseillée par Freya Aswynn : dessiner les runes sur des gâteaux et les manger. Cela n’a jamais donné grand chose pour moi : à la fois parce qu’avec le recul je pense que la façon dont nous souhaitons approfondir la compréhension d’un système dépend de notre personnalité, et parce que de toutes façons, je ne voyais pas le lien avec les mythes et encore moins avec Odin (je ne vais pas revenir sur la question des rapports entre le Vieux et moi, j’en ai déjà parlé) cela me gonflait qu’on me dise que je ne pouvais pas les comprendre si je les sortais du système : j’estimais me débrouiller très bien avec, que je m’intéressais suffisamment à la linguistique et à leurs significations, et basta. Puis j’ai découvert les oghams, et je me suis mis à mieux les comprendre que les runes, que j’ai laissé de côté niveau divination pour ne les employer que dans des travaux magiques.
Quelques années plus tard, j’ai testé les fameuses « positions runiques » décrites par Edred Thorsson avec Ulvaten. Cela faisait un moment que je n’avais plus remis la tête dedans, et je me souviens d’ailleurs m’être trompée de rune, confondant Ansuz et Fehu (bravo). Toujours est-il qu’à part des crampes dans les bras et des fous rires, cela n’a pas du tout été concluant comme expérience, cela nous a vite gonflé et on a laissé tomber.

Méthode de travail personnelle

J’y suis revenue « vraiment » l’an dernier, après plusieurs années de haut et de bas à tenter de creuser la question plus profondément, et il m’est alors venue en tête une idée.
M’inspirant des principes du journal créatif, je me suis plongée dans l’étude des runes de la manière suivante : d’abord un travail sur le souffle, en m’imprégnant de l’énergie de la rune et en la chantant. Ensuite une méditation/voyage. Noter les rêves qui se présentent et leurs significations, et puis dessiner la rune telle que je la ressens. Sans chercher à étudier le concept ou relire les travaux d’autres auteurs en parallèle.
Au départ, je publiais les dessins sur mon blog perso, et puis très vite c’est devenu trop personnel pour que j’ai envie de le partager, même avec des ami(e)s (j’en ai partagé un pour l’occasion).
Je me suis rendue compte que les rêves que je faisais étaient systématiquement en lien avec la rune étudiée, et que des connexions entre les différentes runes se faisaient, alors que je n’y aurais jamais pensé auparavant, des utilisations magiques pas forcément toujours citées. En tout cas, cette méthode est la plus pertinente pour moi : cela ne veut pas dire que, intrinsèquement c’est la meilleure, mais en tout cas, c’est celle avec laquelle j’ai les résultats les plus concluants.
Le plus flagrant, c’est que toutes sortes de choses se sont débloquées suite à ce recommencement d’apprentissage ; en parallèle, je me suis plongée dans l’étude des textes, et il faut bien reconnaître que cela n’a absolument rien à voir avec des fiches de présentation de chaque rune. Je ne sais pas si c’est le fait de commencer à avoir de la « reconnaissance » de leurs background respectifs qui a fait que j’ai mieux compris certaines subtilités, ou si c’est le fait de les étudier de manière « organique » qui m’a amenée à considérer ce background comme quelque chose de primordial, mais le fait est que l’angle d’étude a considérablement évolué.

Divination runique ?

Je ne sais plus trop quoi penser de ces histoires de divination par les runes. D’un côté, cela donne indéniablement de « bons » résultats (suivant les cas) et même s’il n’est pas historiquement avéré qu’elles servaient à la divination, nombreuses sont les personnes qui le font aujourd’hui et nos pratiques ne sont pas celles des premiers siècles. De l’autre, je comprend ceux pour qui les runes ne sont pas un outil de divination. Elles ont vraiment une énergie et une histoire particulière et si je l’ai beaucoup fait à une époque, l’idée de me lever le matin et de piocher « la rune du jour » me laisse plus que perplexe aujourd’hui. Je reconnais ne pas avoir d’attitude stable à ce niveau là (après avoir été un peu casse-couille cet automne à ce sujet), bien que je tende à réserver le tirage des runes pour des cas particuliers ou quand la question est en adéquation avec certains travaux ou certaines personnes. Ceci étant, étant donné la quantité d’imbécilités que j’ai faites dans le passé (et pas seulement avec les runes, hum), je ne me vois pas trop donner d’avis péremptoire sur la question et je préfère laisser chacun réfléchir à ce qu’il souhaite faire.

L’énergie des runes

Les runes possèdent des énergies vraiment particulières, propres à chacune : pour cette raison, je trouve qu’il est souvent plus efficace de faire ses recherches et un travail personnel pour ensuite mieux les comprendre : certaines nuances, certaines indications peuvent être très personnelles et ne pas se retrouver forcément partout. Quand je tire les runes, je serais souvent bien en peine de mettre le tirage par écrit en le résumant. Parce qu’elles ne sont pas résumables à des significations précises. Tirer « laguz » et dire, « c’est la rune de l’eau, de l’inconscient » n’est pas toujours pertinent : je sais qu’elle apparait parfois pour désigner des cycles temporels, mais des cycles liés à l’évolution personnelle, pas forcément aux saisons ou à une durée calendaire. C’est un peu si on se branchait sur un canal particulier, et que chaque rune venait murmurer son histoire, son message à l’oreille. Dans le même ordre idée, je tire rarement une nombre de runes précis quand j’ai besoin d’expliquer une situation ou de creuser une piste. Je me contente de demander aux esprits des runes si l’un deux à quelque chose de spécial à me dire, et là commence l’histoire. Comme dans les histoires écrites, parfois il y a une introduction et une mise en situation, et parfois tout commence directement, in medias res. Parfois, la réponse possède même un « style » particulier, exactement comme celui d’un écrivain : j’ai refait récemment l’expérience suite à un changement qui m’a beaucoup perturbée, et je me suis retrouvée à 4h30 du matin, assise devant l’autel, à écouter l’histoire, jusqu’à ce que Perthro tombe, indiquant ici « suite dans le prochain tome à paraître ». Comme il n’est la plupart du temps pas encore écrit, je sais que ce que je vais faire, les tressaillements qui seront engendrés (par moi aussi bien que par d’autres) seront peut-être très différents.

Chaque rune possède plus ou moins son caractère, et elles n’interagissent pas exactement de la même manière avec tous le monde. On s’entend bien avec certaines, avec d’autres, c’est parfois plus difficile. Il peut, à mon sens, même arriver que certaines runes très positives dans les tirages d’une autre personne soit plutôt mauvais signe dans le sien. Ce n’est pas quelque chose de figé : il y a des runes qui me crispaient il y a dix ans et avec lesquelles cela va aujourd’hui, et vice versa. Il y a des runes qui parfois, me font juste l’effet d’une blague énorme genre « Ha ha ha ha ! See you next time. Ha ha ha ».

Cela se complique quand on fait des tirages pour une autre personne, parce qu’il faut distinguer ses relations personnelles, et ce qu’elles vont exprimer à l’autre personne : il faut arriver à savoir si l’on est qu’un simple « canal » et que la réponse est directement liée à autrui (ce qui arrive souvent quand l’autre personne connaît aussi les runes) ou bien si c’est à vous que l’on parle. Ce n’est pas toujours simple et il n’y a pas de règle précise et absolue. Il arrive qu’une personne ne connaisse rien aux runes et que pourtant, la réponse lui soit directement adressée.

Qui parle ?

C’est un peu le même type de « problème » par rapport à Odin : parfois j’ai l’impression que chaque rune parle dans une langue et sur un registre différent, et qu’il faut effectuer une traduction simultanée de chaque signal. Parfois, quand on teste plusieurs signaux pour une même rune, le message sera complètement différent, et pourtant chacune des réponses demeure pertinentes. Ce n’est que mon ressenti, bien sûr, et il vaut ce qu’il vaut, mais parfois c’est lui qui répond, parfois les runes directement, et si demander un angle pur décrypter la réponse aide parfois, il faut dire que parfois on vous laisse vous démerdez -en se marrant un bon coup à vos dépend en prime quand vous pédalez dans la semoule.

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