[PBP] D – Devotion is always a matter of love

Le terme dévotion vient du latin devotio, qui comporte plusieurs sens dont : 1/action de se dévouer, vœu par lequel on s’engage. 2/dévouement, attachement sans réserve.
Il est intéressant de mentionner que le verbe devoto peut signifier 1/invoquer une divinité. 2/soumettre à des enchantements.
(source)

Dans le sens où ce mot est employé actuellement, je pense que l’on pourrait raisonnablement accepter de définir de manière générique le terme dévotion comme « une action de d’honorer une déité et de lui témoigner notre attachement. »
Cet attachement peut se témoigner de biens des manières, il y a des tâches que nous faisons spontanément, d’autres qui nous sont demandées. Il y a des chemins que nous voulons emprunter, d’autres qui nous sont proposés. Je ne pense pas que l’on soit « obligé » : c’est trop facile de dire « on m’a forcé », c’est une déresponsabilisation. Je pense que nous avons le choix, ou que nous avons eu le choix, et que pour X raisons, nous avons choisi. Mais c’est tellement plus facile de dire qu’on nous a forcé que d’avouer que l’on a accepté, par amour, par curiosité, par égo, par défi, par peur.

Nous n’aimons pas toutes les déités que nous considérons avec la même force, et elles n’ont pas toutes le même impact en permanence dans nos vies. Certaines sont plus ou moins présentes, pour un temps plus ou moins long. Certaines ne font que passer, d’autres restent. Cela ne signifie pas qu’on ne peut pas rendre hommage à une déité de manière plus formelle : les rapports avec les déités ressemblent, à certains égards, beaucoup à nos rapports avec les autres. Nous ne sommes pas obligés d’aimer ou de nous entendre avec tout le monde. On peut parfois être amenés à entretenir des rapports plus formels, ou à présenter nos excuses par rapport à certaines choses (ce qui ne veut pas dire que ces excuses, même dans un « cadre formel » sont dépourvues de sentiments.). Il est possible à mon sens, de « saluer » une déité sans pour autant entretenir un rapport dévotionnel. Pour autant, il n’y a pas de dévotion « mécanique ». Si elle est mécanique, elle est de nature formel et agit comme un lien « social ».

La dévotion est toujours une question d’amour, quel que soit le degré de cet amour ou la façon dont il s’exprime. Dans l’absolu il n’y a pas de sentiers qui valent mieux qu’un autre.
C’est le lien que nous forgeons entre elle et nous, les manifestations de cette réciprocité, notre manière à nous de les soutenir, de les maintenir vivantes, présentes mais aussi de construire, de consolider la relation que nous entretenons. C’est quelque chose d’éminent personnel, d’intime. Je suis toujours un peu perplexe quand des gens expriment publiquement l’amour que leur inspire certaines déités : d’un côté je les admire. De l’autre, je me demande si ce ne sont pas des choses que nous devrions garder pour nous : nous ne savons pas quel impact nos mots ont sur les autres, ce qu’ils ont vécu, peut-être qu’en les étalant à la vue du premier venu, nous dénaturons ces sentiments, leur puissance, leur pouvoir.

Certaines dévotions sont douces comme des pluies de printemps, d’autres nous arrachent le cœur et l’âme, nous entraînant sur des sentiers que nous n’aurions jamais pensé emprunter. Certaines nous réchauffent comme un feu de cheminée et d’autres nous irradient comme des explosions nucléaires.

3 réflexions sur “[PBP] D – Devotion is always a matter of love

  1. Merci pour ce très beau texte, simple mais qui parle de quelque chose de fondamental… La relation avec les divinités, comme avec les autres (humains), chacune différente (et qui parfois réveillent les mêmes émotions que ce qu’on pourra ressentir avec une relation humaine: jalousie, sentiment d’abandon… ou parfois, étant donné que ce sont des divinités, nous sommes plus enclins à donner le meilleur de nous, à aimer plus inconditionnellement…), mais qui parle si justement de la dévotion et de l’amour qu’on y met, que ce soit doux ou très fort le choix de cette relation est toujours très beau.

    Je comprends ceux qui disent qu’ils n’ont pas le choix, car c’est ce que je ressens avec les divinités les plus proches de moi. Je me sens « choisie », le terme est fort et peut paraître pompeux, mais c’est ma vérité… Je n’ai pas le sentiment d’avoir eu tellement le choix non plus dans la voie spirituelochamanique, et d’ailleurs dans certaines traditions le shaman n’a le choix que de répondre aux esprits, sans quoi il ne peut plus vivre (voir l’Anthologie du Chamanisme).
    Mais là où je fais une différence, c’est sur comment on se comporte vis à vis de ça, passé cette impression. Est-ce une façon pour l’ego de se donner une identité, de se mettre en avant, voire de se sentir faire partie d’un groupe (les spiritworkers, païens ou que sais-je) ? Est-ce qu’on prend une image de victime de ses suprasensations, « ho moi pauvre créature extraordinaire » -et on aime ça- ? Est-ce que si une déité nous fait un coucou insistant, on a vraiment aucun moyen de l’affronter et de dire non, est-ce qu’on nous oblige à une pratique qui ne sera pas pour notre bien ou respectueux de notre morale ?
    Mon avis n’engage que moi, mon caractère de cochon et mon propre vécu nombrilesque. Mais je pense qu’on peut refuser une déité, un don -pas forcément avec bonheur, mais on peut- -et ça n’empêche pas forcément la déité de nous faire des coucou plus diffus, comme un Animal peut rester présent malgré tout, mais le fait est que la « relation » n’existe pas/peu-. On peut apprendre à mieux le vivre. On peut même finir par lui courir après. On peut se sentir choisi, et pourtant en même temps dire « oui », parce que je Te reconnais, parce que Tu fais écho en moi, Tu es une partie de moi, parce que si ma morale est perturbée j’accepte néanmoins de Te faire confiance et faire confiance à mes sensations pour sortir de ma zone de confort, mais si c’est trop j’ai aussi le choix de freiner des fers.
    Comme dans une relation avec un proche humain.
    Tout est dans la façon de l’aborder, à l’intérieur de soi-même.

    Et de nouveau, de ma propre idée, clamer son amour ou son lien n’est pas néfaste en soi. Je sais que deux écoles s’opposent là-dessus. La mienne est que la parole est magique: si je dis que j’aime Chériedivine, alors ce lien existe aussi dans la construction de la parole (acte magique), je pose un acte au monde me « définissant » et renforçant donc mon contrat intérieur (c’est utilisé dans d’autres contextes pour se motiver), et ce lien existe pour autrui/dans l’esprit voire les paroles d’autrui. Qu’autrui y pense en se disant « cool » ou en se disant « bouh », il en a même brièvement une pensée qui valide: la relation existe (et c’est d’autant mieux si c’est validé par un entourage bienveillant).
    Donc ça ne peut que rendre une relation plus forte en en parlant, pour ces trois faits.
    Ensuite, sincèrement, j’ai confiance en mon lien avec certains Esprits, qu’ils soient Animaux ou Divins. Je pourrais le tagguer sur tous les murs de Paris et 99% de la population pourrait me traiter de tarée, ou me dire que la vérité est le contraire de ce que je pense, je connais et je sens ces vérités à l’intérieur de moi comme étant absolues. L’un des avantages du caractère de cochon j’imagine, c’est que j’ai quelques convictions inébranlables !
    Donc dans ce cas, papoter dessus, mettre ma relation à jour, ne la met pas du tout en défaut.
    Pour ce qui est de l’intime, je te rejoins aussi: je pourrais dire certaines choses, d’autres non, mais je peux en dire beaucoup selon le cadre. Certaines personnes ne disent rien du tout, d’autres disent tout. Quelques soient les raisons (informer, « impudeur »…), si on le fait tout en gardant à l’esprit le respect de la divinité (c’est-à-dire qu’on en parle clairement non par sorte d’irrespect, parce que c’est « immatériel » et « pas concret », où là personnellement ça me posera question sur la pratique de cette personne) est à l’aise avec ça pourquoi pas après tout. On peut nuancer et je pense que le secret comme l’information aide au niveau individuel comme collectif.

    Merci à toi pour cet article, cette expression de tes pensées et sentiments, qui m’a rendue bien bavarde :p

    • En ce qui concerne cette notion du choix, je pense qu’on l’a toujours. Après, on ne l’a pas forcément au moment où on nous pose la question, mais on l’a eu, même sans en avoir conscience. Nos actions passées déterminent notre présent et mettent de nouvelles possibilités sur notre chemin. Après, sur la question du « pour notre bien », je répondrai que je n’en sais rien. J’ai tendance à penser que c’est un peu humano-centré de se dire qu’on intéresse tellement les déités qu’elles veulent absolument faire des trucs pour notre bien. Certaines sont peut-être comme ça, d’autres non, d’autres parfois à un moment pour X raisons… Ca ne veut pas dire que ca n’est pas possible, ca veut juste dire que ca me parait dépendre de beaucoup de variables relatives pour en déduire une formule applicable à l’équation de chacun.

      Après le partage, ca dépend dans quel esprit c’est fait, à qui, de qui, pourquoi, comment, de la réception… bref, c’est relatif. C’est juste que parfois, j’ai l’impression que c’est un peu « over reacted all the time » et ca ca me gêne. Après c’est peut-être un problème parce que je suis du genre bloquée sur certaines choses, ce qui est une autre histoire. Un beau bordel.

  2. Un peu tardivement, mais j’ai beaucoup aimé ce texte mis de côté pour le lire correctement. J’adhère totalement à ta vision de « dévotion », et je m’interroge aussi sur le « partage » des relations avec nos guides… Je ne suis pas de ceux qui s’étalent à ce sujet, trop pudique, et je trouve cela trop intime aussi. Et tellement aléatoire…Un dessin, une sculpture, oui, on peut la montrer…Après , comme tu le fais justement remarquer, les mots restent, peuvent être mal perçus, et notre perception mal interprétée…

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